INSIGNIFIANCE DES SORTS ITALIQUES
à côté des mantéîons helléniques. Ils représentent une divination facile, mais triviale, et qui a pu se glisser jusque dans les sanctuaires de Dodone et de Delphes * sans y perdre sa grossièreté native. Le perfectionnement même de leur méthode tendit à les rendre inutiles. Pendant longtemps, leur puissance fatidique resta attachée à des amulettes miraculeuses ; puis, on jugea que le hasard providentiel pouvait tout aussi bien trouver ses allusions révélatrices dans des phrases gravées de main d'homme ; enfin, on livra au caprice de cette exégèse mystique les œuvres d'Homère et de Virgile. Mais, ces œuvres étant du domaine public et le hasard pouvant conserver en tous lieux sa clairvoyance, il n'était plus nécessaire d'aller chercher dans un lieu déterminé des ressources que l'on trouvait partout. Les oracles cléromantiques, en raison même de la facilité avec laquelle leurs procédés se détachaient de leur lieu d'origine, ne purent atteindre, ni en Grèce ni en Italie, à la haute fortune de certaines méthodes rivales, fixées au 90I et tenues ainsi en dehors de l'usage vulgaire.
Les sorts italiques ont eu sur ceux de la Grèce cet avantage qu'ils n'avaient point à lutter contre la concurrence d'autres instituts indigènes. Ils sont restés les seuls oracles de la péninsule, et Ton s'en aperçoit encore à l'habitude qu'ont les auteurs latins de désigner même les oracles helléniques par le nom de sortes.
i) V07. vol. II, p.304 et vol. m, p. 82 et 91 (en note).