‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 59 sur 163 · AUSPICES ET AUGURES · texte numérisé non relu

AUSPICES ET AUGURES

mots augurium et augur aient représenté, à l'origine, la divination raisonnée, exercée par des spécialistes, en face de la divination banale ou superficielle, représentée par les termes plus anciens et déjà affaiblis d'avspicium^ aicspex. Plutarque assure que les augures romains étaient d'abord connus sous le nom à'ait^fnce$\ et la chose n'a rien d'invraisemblable. Ils auraient pris, plus tard, le nom d'augures pour se distinguer de tous ceux qui consultaient les auspices sans avoir fait de la question une étude spéciale. Ce qui est certain, c'est que les grammairiens ont fait des efforts inutiles pour conserver au mot augurium une signification plus restreinte et plus précise que celle d'dwspicmm. Tantôt l'awywrmm est l'auspice correct, demandé et apporté par certains oiseaux déterminés, tandis que Vauspicium est un signe imprévu ou oblatif, fourni par un oiseau quelconque ^j tantôt le caractère distinctif de Yaugurium est d'être attaché aux coutumes nationales et au sol de la patrie, au lieu que n'importe qui peut observer les auspices, même à l'étranger^. Ces réserves n'empêchent pas que l'atifjfwrmm, défini, comme l'auspice usuel, «consultation de la volonté divine, sur un objet particulier, par le moyen des oiseaux ou des signes^ », ne perde ailleurs sa qualité de signe impétratif, pour être indistinctement impétratif ou oblatif*. Comme signe impétratif, il représente au besoin tous les présages cherchés, y compris V « oracle » ou révélation directe • ; comme signe oblatif, il comprend tous

dernier et admet rexisience d'un verbe latin archaïque grwrere (f réquentatif ^ustore) ajantdonné régulièrement avi^ur et au^ur. n est inutile de mentionner, autrement que pour mémoire, les fantaisies des savants qui tirent au hasard ougwr— 06 amum cura (Lloyd), du celtique (?) aug- [Foie] et gur [homme] (PKzaoN),de TaUemand Aii^ f U'r(MoRiN) ou Auge (LiNDEMANN).Une manque à cas tentatives que l'appoint accoutumé des hébraïsants d'autrefois, gens qui croyaient devoir tout dériver do Thébreu, considéré comme la langue du couple adamique.

i) Plutaach., QuaBst, Aorn., 72. — 2) Serv., Mn., I, 398. — 3) Serv., JEn., UI, 20. — 4) Skhv., JSn., II, 702 ; HT, 89. — 5) Serv., ^n., VI, 190, Cf. cidessous, p. 184, 1. — 6) Serv., ^n., lU, 89. Schol. Veron., i£n., VII, 260.

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les présages fortuits, prodiges et allusions ominales*. Il n'est pas jusqu'àrinflueace permanente attachée à certains objets qui ne figure parmi les auguria, comme augurium stativum^.

Il est donc superflu de chercher une fois de plus à établir sur des vocables aussi ondoyants des classifications analytiques. Cependant, comme l'extension abusive du sens des mots n'en oblitère pas tellement l'acception propre qu'il soit impossible de reconnaître celle-ci, on peut retirer de la circulation banale les termes d*ai<spicia et auguria, et leur rendre une valeur technique que leur ont enlevée les catachrèses. Les auspices et augures désigneraient alors en commun les présages convenus, envoyés par les dieux sur la demande de l'impétrant et dans les limites d*un temple. Ce sont làlesauspices réguliers, nettement distingués, par leurs allures méthodiques, de la révélation prodigiale et des présages fortuits. Si l'on veut, pour plus de précision, distinguer entre les deux synonymes, un examen attentif des textes de la bonne époque permet de dire qu^à Rome on appelait spécialement auspicia les signes envoyés officiellement par les dieux aux magistrats, et auguria les observations faites par les augures au cours des cérémonies ordonnées par leur rituel, ou, au besoin, ces cérémonies elles-mêmes. Mais il faut attendre, pour tracer des lignes de démarcation si nettes, que nous soyons obligés de parler la langue du droit augurai romain. Les auspices par excellence, ceux dont la définition est contenue dans le terme lui-même, sont les présages fournis

1) Serv., Mn,, II, o, 683; III, 90; I, 346; V, 7; XI, i9. De mémo, injure augurali auspicium diciiur quod non petentibus nobis jure ominis offertur (Serv., JEn. l\, 340), ce qui est exactement le contre-pied de la déÛnitiou ordinaire. Servius n'a ici d'autre tort — si grande est la confusion en cette matière — que de prendre Texception pour la règle : sa définition convient très bien blu. juge auspicium (Cic, Divin,, II, 36), qui était un présage fortuit. — 2) Serv., ^n., IIÏ, 8i; X, 423. Cf. Annal, dell' Inslit. diCorr. arcli.J86<}, p. 28.

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