LES AUSPICES PUBLICS D'IGUVIUM
€ son siège à Tauspiciant : « Je stipule que tu observes l'éper- € vier à droite, la corneille à droite, le pic à gauche, la pie € à gauche, les oiseaux volants de gauche et les oiseaux € chantants de gauche étant favorables* »•
«Que Tauspiciant stipule ainsi: «Je les observe, Tépervier « à droite, la corneille à droite, le pic à gauche, les oiseaux « volants de gauche et les oiseaux chantants de gauche étant « favorables pour moi, pour le peuple iguvien, dans ce tem- « pie déterminé ».
« Quand celui qui va observer les oiseaux chantants aura « pris position, qu'on ne fasse aucun bruit, que rien ne tombe « et que celui qui observe ne se retourne pas. S'il se fait « quelque bruit ou si quelque chose tombe, le jour est défa- « vorable» ».
Comme on le voit, les conditions préalables sont nettement posées. L'auspiciant stipule que les oiseaux favorables lui apparaîtront à gauche et les oiseaux défavorables à droite. Si les choses se passent ainsi, il est en droit d'en conclure que les dieux approuvent le pacte et que les présages sont heureux. Il doit se garder pourtant des signes fortuits, des omina qui pourraient troubler son observation. La chute d'un objet quelconque {auspicia cadicca) est un présage fâcheux par lui-même; les bruits de toute nature [dirœ obstrepentes) le sont également, parce qu'ils se produisent contre le gré de Tauspiciant et en dépit de ses précautions. Un incident semblable suffit pour « vicier » la journée, comme on disait à Rome, et pour obliger à attendre une occasion plus favo-
i) Poei angla aseriato eest, eso tremnu serse arsfesture ehveltu : Stiplo aseriaia par fa dersvaf cumaco der8va,peicomerstOypeica mersta : mersta auvei, mersta angla esona {Tab,y VI a, <-2). — 2) Arsfertur eso anstiplatu : Ef aserio, Farsfa dersvay cumaco der8va,peico mersto, peica mersta\ mersta aveify merstaf anglaf esona mehe, tote ijoveinCy esmei stahmei stahmeitei, — Sersi pirsi sesust pci angla aseriato est, erse neip mugatUy nep arsir andersistu : nersa courtust porsi angla anseriato iust* Sve mujeto fust, oie pisi arsir andersesmtf disler aUnsust (Tab., VI a, 3-5).
172 DIVINATION LATINE ET 0MBR0-8ABBLLIQUE
rable\ Le rituel iguvien déclare expressément que, si à là fin de la cérémonie on s'aperçoit de quelque oubli, il faut retourner au point de départ et tout recommencer*.
Après cette première prise d'auspices, le dignitaire Âttidiea puriûe la colline Fisienne et procède, soifpar lui-même, soit par le ministère de l'augure assistant, à la délimitation du nouveau temple augurai. Nous savons, par les incertitudes qui planent sur le tracé du temple étrusque, combien sont difficiles, dans l'état actuel de nos renseignements, ces questions de géométrie liturgique. Le document ombrien n'offre rien qui aide à préciser les points obscurs. Il indique la position des quatre angles du carré et les lieux que traversent les lignes idéales du temple^, mais l'on ne saurait dire si ce temple est orienté par ses axes ou par ses diagonales, quelle est la position des faces antérieure et postérieure, droite et gauche, par rapport aux points cardinaux, et celle de l'augure par rapport au temple lui-même. Nous continuerons donc à supposer que l'usage ombrien, semblable à l'usage étrusque, était de tracer et d'orienter le temple par les diagonales et les angles extérieurs. C'est, du reste, de ces angles que s'occupe tout d'abord le rituel iguvien.
« Dès que l'auspiciant a récité la formule pour la puriflca- « tion de la colline, alors il limite ainsi le temple. Depuis « l'angle inférieur, qui est près de l'Autel Divin, jusqu'à « l'angle supérieur, qui est près des Pierres-aux-Oisillons, € et de l'angle supérieur, près des Pierres-aux-Oisillons, « jusqu'à la limite publique (du terroir); de l'angle inférieur, « près de TAutel-Divin, jusqu'à la limite publique (de l'autre
i) Sur tous ces détails, voy, le chapitre suivant. — 2) Tab., VI 6, 46. — 3) « L^énumération des lieux qui marquent les limites extérieures du temple, dit M. Bréal {op. cit., p. '49), est intraduisible : c'est un fragment du cadastre iguyien que le hasard de la conservation de ces tables met devant nos yeux ».