‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 78 sur 163 · LE TRIBUNAT ET LE DROIT D'AUSPICES · texte numérisé non relu

LE TRIBUNAT ET LE DROIT D'AUSPICES

que la nécessité de ces retouches était démontrée*. Que les magistrats plébéiens aient eu ou non des auspices particuliers ^ on peut croire que, quand ils furent en mesure de pré-

1) La question est, comme tant d^autres, objet de controverse. Th. Mommsen et L. Lange soutiennent encore les deux thèses opposées, et avec des arguments sérieux. Lange pense que le droit d'auspices a été reconnu aux tribuns par les lois de Publilius Philo (339). En effet, — !<> Zonaras (YII, 19. cf. 15) affirme le fait, même pour une époque antérieure : en 449, selon lui, les patriciens xouç S7]{jiip^ouc ottovooxoTcCa Iv ou^Xà^otç XP^^*^*^ Si$(2>xoimv. — 2o On rencontre en 293 des tribuns vitio creati (Liv., X, 47), et en 202 des édiles plébéiens dans le même cas (Liv., XXX, 39), ce qui prouve qu'ils étaient élus auspieato et avaient le droit d'auspices. ^ 3» Tib. Gracchus, tribun, prend les auspices sur le Gapitole avant de présider les comices électoraux (Val. Max. [Nepot. Epit.], I, 4, 3). — 4o Les tresviri créés par la loi Sempronia (131) ont eu les auspices, ayant été élus sous la présidence de Tib. Gracchus, et Ruilus, suivant cet exemple, veut aussi donner les auspices majeurs aux siens, qui seront élus sous sa présidence (Cic, Leg. agr,f n, 12). — 50 Vobnuntiaiio ou conflit d'auspices (voy. ci-dessous) est employée par les tribuns et contre eux. — 60 Enfin, Cicéron dit d'une manière générale : Omnes magistratus auspicium habento (Cic. Leg,, III^ 3 § 10). Ces raisons peuvent ôtre réfutées point par point. — lo L'assertion de Zonaras s'explique par la confusion qu'il a dû faire entre les comices plébéiens et les comices plébéio-patriciens qui, depuis 449, sont présidés par des magistrats avec auspices : elle est démentie p ar les textes suivants^ qui ont bien plus d'autorité. — 2© Tite-Live (VI, 41) dit, & la date de 358, pkbeius magisira- , tus nuUus auspieato creatur, Denys va plus loin : il affirme que, jusqu'à son époque, les comices ont fait ta tS&v S7](jLdlp^fa)v xa\ âppavtffjKov à^-^atptalot, tlyijx o^bivSiv Te xa\ dfXXr^ç ôrreCaç iffdbriÇ (Dion., IX, 49). Les élections cassées l'ont été à cause de l'apparition de diras, qui comptent pour tous les actes publics et privés, avec ou sans auspices. — 3o Tib. Gracchus, au moment où il prenait les auspices, n'était pas seulement tribun ; il était encore triumvir colon, deduc, — 4o Les magistrats extraordinaires élus sous la présidence des tribuns n'avaient Vimperium et les auspices que par loi curiate (Cic, ibid.). — 50 Vobnuntiatio n'est pas toujours un conflit d'auspices : c'est l'annonce de signes fâcheux, quels qu'ils soient, faite en vertu d'un droit réservé aux magistrats. — 60 Le texte de Cicéron ou ne s'applique pas aux tribuns, qui ne sont pas des magistrats, ou exprime le vœu que, dans la constitution perfectionnée, il n'y ait plus que des magistrats avec auspices. La cause entendue, il est certain que la thèse affirmative est fort ébranlée, et que la négative parait plus sûre. On comprend ainsi beaucoup mieux le caractère exceptionnel et révolutionnaire que conserve jusqu'au bout le tribunat. — 2) Mommsen (Stoat^r. II *, p. 272, l)fait observer que, dans un te:^te de Messala (ap. Gell., XUI, io),patriciorumauspicia suppose plebeiorum. La conclusion n'est pas rigoureuse ; mais il est fort possible que les tribuns

tendre aux auspices publics, ils attachèrent peu de prix à une conquête dont ils auraient pu être embarrassés.

Les magistratures plébéiennes échappent ainsi aux classifications que le droit augurai dut établir, une fois le mécanisme gouvernemental achevé, pour mesurer à la dignité relative des magistrats la valeur de leurs auspices.

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