‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 86 sur 163 · D. — USAGE OBLIGATOIRE DBS AUSPICES · texte numérisé non relu

D. — USAGE OBLIGATOIRE DBS AUSPICES

On hésite à parler d'obligation en présence des facilites de toute sorte qu'offraient les règles sophistiquées au gré des besoins ou des caprices du moment. Cependant, il ne faut pas oublier que l'histoire romaine ne commence pas par la fin et qu'il y eut un temps où s'affermirent, par un usage ré* gulier, les principes que l'on s'étudia plus tard à surcharger de tant d'exceptions. A la suite du miracle d'Attus Navius, dit Tite-Live, « les signes auguraux et le sacerdoce des augures furent entourés d'une telle considération que, par la suite, rien ne se fit à la guerre ou dans la ville autrement que sous la garantie des auspices, et que les assemblées du peuple, les armées réunies, enfin, les plus grandes opérations étaient abandonnées dès que les oiseaux les contremandaient^ ».

C'est, comme on l'a vu, dans le domaine militaire que les nécessités pratiques ont eu le plus vite raison des obstacles opposés par la théorie'. Les Romains ont largement usé de la complaisance des dieux nationaux qui, en bons citoyens qu'ils étaient, ne mettaient rien au-dessus des intérêts de la défense. Pour eux comme pour le héros troyen, le meilleur auspice était la conscience de combattre pour la patrie. Un général pouvait aller contre les signes observés, avoir des auspices irréguliers ou n'en avoir d'aucune espèce, il n'en avait pas moins le droit d'être obéi. La science augurale s'est gardée en tout temps de ménager des excuses à l'indiscipline du soldat.

1) Liv., I, 3G. — 2) Cicéron voudrait maintenir l'obligation dans les deux domaines : Quique agent rem duelli quique popuUxrem atispicium prœmonento illique obtemperanto (Cic, Legg,^ II, 2J).

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