‹ Histoire de la divination dans l'antiquitéChapitre 9 sur 163 · LE TEMPLE DANS LA DIVINATION TOSCANE · texte numérisé non relu

LE TEMPLE DANS LA DIVINATION TOSCANE

Définition du temple, — Le lituus étrusco-romain. — Le temple céleste à forme circulaire. — Division et orientation du temple : systèmes divers.

— Le temple fulgural à seize maisons : caractère astrologique du système.

— Le temple terrestre. — Forme quadranguiaire et orientation du temple terrestre.

Le sens des phénomènes observés dans l'espace, qu'il

[•] L. Bellus, De Templi attguralis partibus (Grœv. Thesaur. V, p. 542-590), 0. MuLLER, Etriisker, II', p. 128-164).

H. NissiiN, Dos Templum : antiquamche Unierauchungcn . Berlin, 1869. — Veber Tempel-Orientirung (Rhein. Mus. XXVUI [1873], p. 513-oo7). H. UsENER, Templum (Jahrbb. fur PhiloL 1878, p. 50-62).

s'agisse des sillons tracés dans les nues parla foudre ou du vol des oiseaux, dépend de la position de l'objet observé par rapport à l'observateur. Le premier soin de celui-ci devait donc être de partager le champ de la vision en régions distinctes, suivant certaines règles traditionnelles, de façon à en faire un temple^ autrement dit un espace orienté, limité et divisé^ d'après un système convenu avec les dieux révélateurs.

La théorie du temple, à peu près absente de la divination hellénique^ et réduite par l'art augurai des Romains à sa plus simple expression, est le trait caractéristique et peut-être l'invention propre de la science toscane. Elle était particulièrement développée dans les libri rituales^ dans lesquels était expliquée, au rapport de Festus^, la manière de fonder les villes ou d'asseoir un camp, de consacrer autels et sanctuaires, de partager les peuples en curies, tribus, centuries, d'ordonner une armée, et de diviser la durée en siècles {sœcula)f laps de temps mesurés par la science divinatoire.

1) Varron {Ling. /a^, VII, 6-13) et Verrius Flaccus (ap. Paul., s. v. Contemplan) dérivaient avec raison contetnplari de templum; mais ils en concluaient à tort que templum vient de tueri et signifie «champ de la vision.» On s'accorde généralement aujourd'hui à dériver templum, équivalant à peu près au grec t^jjlîvoç, de la racine tsjjl- iTijAveiv, temnere) avant le sens de cou-' peVj diviser. D'après H. Usener, templum et xz^lz^qç viendraient d'un radical TEjxnsa*, qui aurait donné par dérivations parallèles tempus et templum (pour tempu{s)lum), c'est-à-dire l'idée de temps engendrée par l'idée de lieu (Cf. extempiOj tempestas, etc.). De toute façon, le mot n'est pas étrusque, pas plus que les autres termes techniques propres à la divination toscane, les notions que nous en avons nous ayant été transmises par voie gréco-latine. R n'en faudrait pas conclure avec Nissen {op. cit , p. iO-1 1) que la limitation du temple a été de tout temps en usage chez les races italiques et n'est pas originaire de l'Étrurie. Que les vestiges de constructions lacustres découvertes à Castellaccio soient ou non orientés, ce sont là des temples bien problématiques, et il n'y a aucune raison suffisante de rejeter Topinion de Varron : Limitum prima origo, sicut Varro descripsit, a disciplina Etrusca (Frontin , Delimit., p 27Lachm.). — 2)Voy. vol.'l, p. 137-139. —3) Fest., s. V. ritualeSy p. 285. Cf. Censorln., 17, 5.

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