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mands. Tandis qu'il s'y trouvait, la flotte grecque vint attaquer les Normands, il s'en fallut de peu que Louis VII ne fût fait prisonner. Il fit arborer l'étendard d'allié des Grecs, et réussit à s'enfuir, mais la plupart de ses compagnons furent pris et le roi lui-même perdit tous ses bagages. Ce ne fut qu’au bout d’un certain temps que Manuel donna l’ordre de rendre les captifs français à la liberté, et se décida à restituer au roi de France ce qui lui avait été enlevé !.
Une source vénitienne me paraît exagérer l'importance du suc-
cès remporté par les Byzantins; d’après elle, quarante vaisseaux normands auraient été pris, d’autres auraient été coulés, et le reste de la flotte aurait à grand'peine regagné les États de
Roger ?. Ces renseignements ne paraissent pas exacts. Nous savons, en effet, que quarante vaisseaux normands réussirent à attemmdre Constantinople 3. Les Normands arrivèrent jusqu'à la hauteur de l’île de Damalis, et tentèrent de débarquer, ils furent repoussés, et tout se borna au pillage de quelques villas de la côte asiatique du Bosphore. Tandis que les Normands regagnaient la Sicile, ils auraient, d’après la chronique de Dandolo, subi un nouvel échec. La flotte gréco-vénitienne leur aurait fait perdre dix-neuf vaisseaux. Les autres sources ne parlent pas de ce combat qu'il convient peut-être d'identifier avec le suivant : nous savons, en effet, que les Normands en revenant de Constantinople rencontrèrent les vaisseaux grecs, qui transportaient à Constantinople les impôts de l’île de Crète #, et les attaquèrent. D’après Kinnamos, les Normands auraient encore été
1. Sigeb. Cont. Premonstr., M.G.H.SS., t. VI, p. 454; Anonymus ad Petrum, éd. Kugler, op. cit., p. 19; Kinnamos, IT, 19, pp. 87-88 ; Dandolo, Loc. cit. Certaines sources paraissent indiquer que le roi de France, guetté par les Byzantins, aurait été fait prisonnier par eux et délivré par les Normands ; cela paraît peu probable.
2. L'auteur de l'Hist. duc. Venet., loc. cit., et Dandolo, Chr., loc. cit., me paraissent parler de la première bataille, plutôt que de la seconde, en disant que le combat eut lieu près du cap Malée. Cf. Kinnamos, II, 5, p- 106, où les deux batailles sont clairement distinguées. Caspar, op. cil., p. 394, me paraît faire erreur à ce sujet.
3. Kinnamos, IT, 5, p. 101 ; Ibn el Athir, B.A.S., t. I, p. 476.