FRÉDÉRIC BARBEROUSSE ET MANUEL COMNÈNE
le basileus. En effet, jusqu'en 1153, Barberousse n'eut pas, semble-t-il, de rapport avec le basileus; la mort d'Eugène III (8 juillet 1153) modifia les dispositions impériales, et ramena un moment l'empereur à l'idée de l'alliance byzantine, Peut-être aussi, pour expliquer ce changement d’attitude, faut-il tenir compte des projets de Barberousse, contre la Hongrie t et de l’influence de Wibald partisan de l’alliance grecque ?.
Dans le courant de l’année 1153, Barberousse reçut des envoyés de Manuel Comnène, chargés de lui faire des ouvertures, dont nous ne connaissons pas l’objet. En même temps, Wibald, abbé de Stavelot, recevait une lettre de Manuel, qui le priait d'user de son influence pour amener Barberousse, à entrer dans ses vues Ÿ. Le registre de la correspondance de Wibald contient une lettre qui est certainement la réponse de Barberousse, à cette première missive de Manuel. Frédéric parle des excellents
Prius op cu... 1; p 48
Wibald, Æpistolae, n° #10, p. 549.
: Id:Fanr Alt, pD:550.
4, J'établis les diverses ambassades de la façon suivante. Il résulte de la correspondance échangée qu'il y a eu :
Cd 1 —
A) Une ambassade grecque. Wibald, Epist., n° 410, p. 548. B) Une ambassade allemande. 7d., n° #10, p. 5#8. C) Une ambassade grecque du 22 novembre 1153. 1d., n° 424, p. 561.
D'autre part, Otton de Freisingen mentionne, à la date de septembre 1453, l'envoi d'Anselme de Havelberg comme ambassadeur à Constantinople. Nous ne trouvons pas mention de ce dernier en Allemagne, de juin 1153 à janvier 1154, et de mai 1154 à 1155, cf. Kap-Herr, op. cit., p. 148; d'autre part, le 9 avril 1155, Anselme est à Thessalonique (Cf. J. Schmidt, Des Basilius aus Achrida Erzbischofs von Thessalonich, bisher unedierte Dialoge [Munich, 1901}, in-8°), et, en mai 1155, il était de retour, Otton de Freisingne, Gesta, II, 20.
On a remarqué, avec raison (Kap-Herr, op. cit., p. 149), que les données synchroniques d’Otton de Freisingen s'appliquent à 1154 et non à 1153. Il faut donc placer une ambassade d’Anselme en septembre 1154. Cette opinion me paraît confirmée par la lettre de Wibald (n° 432, p. 568) à Manuel, dans laquelle il lui recommande les envoyés impériaux et ne parle plus du projet de mariage.
Par ailleurs, Kinnamos nous fournit l'indication de trois ambassades : {1° Ambassade de Frédéric faisant des ouvertures matrimoniales, cette ambassade est certainement à identifier avec B; il s'agit du mariage de Fré-
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rapports de son prédécesseur avec la cour byzantine et insiste sur ies conseils que Conrad lui a donnés, relativement à l'alliance grecque; 1l termine en annonçant pour l'été prochain sa descente en Italie. Cette lettre est, d'une part, postérieure au 23 mars, date du divorce de l'empereur : il semble que, d'autre part, la date assignée à l'expédition de Pouille doive la faire placer dans l'été 1153. L'apparente contradiction, qui existe entre les clauses du traité de Constance et la demande d'alliance, tend à me faire croire que cette dernière est postérieure à la mort d'Eugène III.
Quoi qu'il en soit, le 22 novembre 1153, Manuel répondait en envoyant une nouvelle ambassade chargée de traiter la question du mariage projeté depuis si lontemps !. Kinnamos nous apprend qu'il fut alors question du mariage de Marie, fille du Sébastocrator Isaac ?.
La mission grecque ne put aboutir à une entente. Kinnamos nous dit que les envoyés de Manuel trouvant que Frédéric manquait de sagesse dans les négociations, se décidèrent à reprendre la route de Byzance ; ils avaient d’ailleurs eu soin d'obtenir qu'une ambassade allemande les suivrait de près el viendrait traiter directement avec leur maître les questions en litige. Il serait fort intéressant de connaître exactement les motifs de cette rupture. Malheureusement les chroniques sont muettes à cet égard. Il semble ressortir du récit de Kinnamos que Frédéric a commencé
déric avec Marie, fille du Sébastocrator Isaac.
20 Ambassade de Manuel qui échoue dans sa mission; cette ambassade est sans doute à identifier avec C.
3° Les envoyés byzantins obtiennent l'envoi d’une nouvelle ambassade allemande à Constantinople; celle-ci est sans doute l'ambassade de septembre 1154, dont font partie Anselme et Alexandre de Gravina. L’entente n'ayant pu se faire, Manuel se décida à envoyer une ambassade en Italie. Il ya plus d’une difficulté au sujet de cette ambassade. D’après Kinnamos, IV, 1, p. 435, 1l semblerait que les envoyés byzantins arrivèrent en Italie avant que Barberousse eut franchi les Alpes; c'est du moins ce qui parait résulter, au premier abord, de la façon dont les ambassadeurs grecs interprètent leurs instructions. Toutefois les renseignements que nous possédons sur le séjour en Grèce d'Anselme de Havelberg ne permettent pas cette interprétation, et, comme on le verra plus loin, il est difficile de placer avant le printemps 1155 l’arrivée desenvoyés de Manuel. Cf. infra, p. 190.