Kinnamos, IV, 8, pp
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218 CHAPITRE VIl
camp des Grecs on vendait dix bœufs pour un statère d’or et cent trente brebis pour le même prix. Quand Doukas réclama des habitants de Monopoli l'exécution de la promesse qu'ils avaient faite de livrer la ville au basileus, il se heurta à un refus, et dut entreprendre le siège de la ville !. La flotte grecque arriva sur ces entrefaites et bloqua le port de Monopoli. La résistance ne fut pas de longue durée. À Monopoli, comme dans les autres villes de la Pouille, nous constatons l'existence d’un parti hostile aux Normands. Bientôt, Doukas entra en rapport avec les mécontents qui négocièrent la reddition de la place. Ce fut en vain que Flameng réussit à faire pénétrer dans la ville un secours de cent chevaliers. Malgré ces renforts, le parti grec l’'emporta et introduisit les Byzantins. Quand Flameng arriva avec de nouveaux renforts, il était trop tard et déjà les bannières impériales flottaient sur les remparts.
Si rapides et si brillants que fussent les succès remportés
jusque-là, Doukas n'avait pas avec lui les forces nécessaires pour occuper effectivement toute la région. En outre, l'accord avec ses alliés normands était loin d’être complet. La question des renforts préoccupait donc le général grec et nous savons qu'il
avait sollicité le basileus de lui envoyer des secours. Il espérait pouvoir ainsi se passer tout à fait des seigneurs normands, dont il redoutait une trahison ?, et surtout être en état de résister avec succès au roi de Sicile, qui, comme le bruit s’en répandit alors, réunissait des forces considérables pour entrer en campagne. En attendant l’arrivée des renforts, Doukas tenta de s'emparer de Brindisi, une des places les plus importantes de l'Italie du sud *. Par Ostuni qu'elle prit au passage, l'armée byzantine gagna Brindisi. Le 14 avril elle parut devant la ville. Le siège ne commença qu'après Pâques. Les murailles, qui entouraient la ville étaient, en grande partie, de construction antique, mais elles avaient été si solidement bâties que Doukas renonça bientôt à se servir des machines de siège. Il se borna à faire lancer par
. Kinnamos, IV, 9, p. 154 et suiv.