‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 227 sur 742 · LES REBELLES À BUTERA · texte numérisé non relu

LES REBELLES À BUTERA

gravité que pouvait présenter le mouvement commencé; 1l comprit que, si on laissait à la rebellion le temps de s'étendre, la Sicile tout entière pourrait être entraînée dans la révolte. La tâche du roi serait devenue alors singulièrement difficile, car 1l aurait été obligé de soumettre l’île avant de pouvoir marcher contreles Grecs. ILimportait, en outre, de montrer à la population musulmane, que l'autorité royale n'avait rien à craindre des rebelles, car déjà une certaine agitation se manifestait parmi les Musulmans, et les événements d'Italie avaient leur contre-coup jusqu'en Afrique !.

Informé par son ministre de la situation créée par l’insurrection de ses vassaux siciliens, Guillaume [*", cédant à sa nonchalance naturelle et ennuyé de quitter son palais, songea d’abord à négocier avec les rebelles. Il envoya à Butera le comte de Squillace, Evrard, demander aux insurgés ce qu'ils réclamaient *. Evrard s'acquitta de sa mission et rapporta la réponse suivante: les seigneurs révoltés assuraient Guillaume I de leur fidélité ; leur seul but, disaient-ils en prenant les armes, avait été d'empêcher Maion d’assassiner le roi ; ils accusaient l'archevêque de Palerme d’avoir été de connivence avec le grand émir et terminaient en promettant de venir se jeter aux pieds du roi pour solliciter leur pardon, dès que les deux traîtres auraient reçu le châtiment qu'ils avaient mérité.

Guillaume [** ne se laissa point convaincre par ces protestaions, et la fuite du comte de Montescaglioso, qui quitta alors Palerme pour aller se joindre aux rebelles de Butera, montra au roi que Maion s'était à bon droit défié de la fidélité de ce personnage.

Les événements de Butera eurent leur contre-coup jusque dans la capitale, où éclatèrent des troubles très sérieux. La population de Palerme, travaillée sans doute par les agents des seigneurs rebelles, tenta de se soulever contre le roi ; elle demandait la mise en liberté du comte Simon de Policastro, arrêté à la suite de ses démêlés avec le chancelier Ascelettin *. Maion com-

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