Falcand, p
prit le danger que ferait courir à l'autorité royale un soulèvement des habitants de Palerme et décida le roi à céder à leur désir. Le comte de Policastro sortit de prison et fut invité à accompagner Guillaume qui se décida à prendre lui-même le commandement de l’armée et à marcher contre Butera. La libération du comte Simon suffit à calmer les esprits et permit à Guillaume I" d'entrer en campagne.
Le siège de Butera dura très peu detemps. Guillaume [°', conseillé par son ministre !, fit preuve envers les rebelles d’une très grande modération, qui s'explique facilement par la gravité de la situation en Pouille. Par l'intermédiaire de Maion, les révoltés de Butera traitèrent avec Guillaume Ie qui leur promit la vie sauve en échange de la place assiégée, mais les obligea à prendre l'engagement de quitter le royaume. Maon, l'archevêque de Palerme et la plupart des comtes de l’armée royale se portèrent garants de la parole royale.
Le reddition de Butera suffit à amener la pacification de la Sicile et Guillaume Ie" put donner tous ses soins à la préparation de la campagne d'Italie. Le roi se rendit à Messine : C'est là, semble-t-1l, qu'il réunit ses troupes et sa flotte. Pendant le séjour à Messine, le chancelier Ascelettin vint à la cour ; accusé par le comte de Policastro de nombreux crimes, 1l fut arrêté et jeté en prison ; sa captivité se prolongea plusieurs années, et il mourut sans avoir recouvré sa liberté. Falcand ne nous dit pas quelles sont les accusations qui ont été portées contre Ascletün ; il est très probable que Maion le rendit responsable des revers éprouvés en Pouille et l'accusa d’avoir été de connivence avec les seigneurs rebelles ?.
Un autre incident marqua le séjour de la cour à Messine. Geolfroi, comte de Montescaglioso, qui s’apprêtait à s'embarquer, fut arrêté sur l’ordre du roi, qui craignait sans doute qu'il n'allât se joindre aux rebelles #. Avant d'entrer en campagne,
1. Romuald de Salerne dans M.G.H.SS.,t. XIX, p. #28, mentionne expressément l'intervention de Maion. Falcand n’en dit pas un mot et fait jouer par le comte de Policastro le rôle de pacificateur.