NÉGOCIATIONS ENTRE BARBEROUSSE ET MANUEL COMNÈNE
tion qui, aux prétentions de l'empire, va opposer les forces réunies de la papauté, de la Sicile et de l'empire byzantin.
Après l’entrevue, qui eut lieu près d’Ancône, pendant l'été 1155, entre Frédéric Barberousse et Paléologue, l’empereur allemand avait envoyé l’abbé de Stavelot, Wibald, à Constantinople pour y poursuivre les négociations. Wibald revint au mois de juin 1156 ; il ramenait avec lui des ambassadeurs de Manuel Comnène !. À ce moment, l'empereur allemand, très mécontent des succès remportés par les Byzantins en Italie, était décidé à franchir bientôt les Alpes pour aller arracher aux Grecs le fruit de leurs conquêtes ?. Quand il apprit l’arrivée des envoyés du basileus, Frédéric non seulement se refusa à les recevoir, mais encore parla de les faire exécuter comme traîtres ?. Ragewin nous donne de la colère de Barberousse l'explication suivante. Les envoyés grecs, sans doute Paléologue et Doukas, auraient rédigé de fausses lettres par Lesquelles l’empereur allemand cédait au basileus tout le littoral de l’Adriatique ; communiqués par les Byzantins aux habitants des diverses places de l'Italie du sud, ces documents auraient décidé beaucoup de villes à faire leur soumission aux représentants de Manuel Comnène. Quelle valeur convient-il d'attribuer à ce récit ? On ne saurait se prononcer à cet égard. Le fait important à noter est la colère que ressentit Barberousse, quand il apprit que les Byzantins avaient occupé la Pouille. Évidemment, au mois de juin 1156, Frédéric connaissait seulement les succès des Grecs et n'avait pas encore reçu la nouvelle des victoires de Guillaume Ier, À cette date, l'empereur ne songe nullement à l'alliance byzantine : bien plus, il était décidé à revendiquer par les armes les territoires occupés en Îtalie par le basileus.
Les craintes qu'avait conçues Barberousse furent bien vite dissipées, quand il apprit les défaites que Guillaume Le avait infligées aux Grecs. L'empereur renonça à son dessein d'aller attaquer les Byzantins en Italie #4, et nous pouvons constater
1. Otton de Freisingen, Ges{a, IT, 29, dans M.G.H.SS., t. XX, p. #13. Wibald, Epist., n° 442, p. 575,