Holzbach, op. cit., p. 34, note
Histoire de la domination normande. II. — CHaALANDoN. 17
dant assez longtemps, il n’a pu se décider à prendre une attitude nette et à rompre ouvertement avec Barberousse; il s'est laissé influencer par son entourage, écoutant tour à tour les cardinaux impérialistes et les cardinaux favorables à l'alliance sicilienne. Les documents que nous possédons ne nous permettent pas de suivre exactement ces variations de la politique pontificale ; nous ne pouvons que les constater. Les événements ont été plus forts que la volonté indécise d'Hadrien IV et l’ont obligé à se déclarer ouvertement. À mesure que le conflit avec Barberousse devenait plus aigu, le pape était obligé de se rapprocher de Guillaume I. En avril 1159, Milan se soulève contre Barberousse ; or, nous savons que le roi de Sicile et le pape ont encouragé les Milanais à se révolter contre l’empereur. Il semble donc que l’on doive placer en 1158, au plus tard, le rapprochement définitif du pape et du roi de Sicile; peut-être a-t-1l été motivé par les négociations du Sénat de Rome avec Renaud de Dassel!.
Guillaume I et le pape cherchèrent à créer à Frédéric Barberousse tous les embarras possibles, afin de le retenir loin de Rome et de l'Italie méridionale. Leur tâche fut d’ailleurs singulièrement facilitée par les difficultés avec lesquelles l’empereur se trouva aux prises dans l'Italie du nord. L'installation des podestats suscita en effet un mécontentement général et amena toute une série de troubles que l’empereur dut réprimer. Milan, qui déjà s'était révolté une première fois en 1158, se souleva de nouveau au printemps 1159, et, pendant trois ans, toutes les forces impériales furent employées à la soumettre. Tous ceux que mécontentaient les projets de Frédéric I®" trouvèrent dans le roi de Sicile un appui et un soutien.
Les affaires d'Italie sont alors devenues le principal objet des préoccupations de Guillaume I et de son ministre, et c’est à ce moment que, sur les conseils de Maion, Guillaume I‘ se décida à abandonner ses possessions africaines et rappela ses troupes
d'Afrique, renonçant à défendre les établissements fondés par les Normands sur les côtes de l'Algérie et de la Tunisie ?. Il résulte