‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 264 sur 742 · GUILLAUME L* ET HADRIEN IV · texte numérisé non relu

GUILLAUME L* ET HADRIEN IV

clairement de cette mesure que l’on comprenait à la cour de Palerme, toute l'importance de la partie engagée en Italie et que l'on voulait y consacrer toutes les forces de la monarchie normande. Malheureusement les sources nous fournissent peu de détails sur toutes les négociations qui eurent lieu alors, et nous

ne pouvons que constater que Guillaume Ie" est l'âme de toutes

les intrigues.

À Ja cour pontificale, le roi de Sicile a su se créer un parti très important. Au début, les partisans de Guillaume Ie" paraissent avoir été une minorité puisque nous savons qu'ils nepurent obtenir l'excommunication de Barberousse !. Évidemment à ce moment, les cardinaux impérialistes l'emportent. Mais le roi de Sicile S’appliqua à se créer des amis, et, peu après, le parti sicilien triompha du parti allemand. Il semble bien qu'un certain nombre de cardinaux se soient laissés gagner par l'or sicilien, et que Guillaume [* n'ait rien négligé pour assurer à cexx qui le soutenaient la majorité dans le sacré collège ?. C’est à propos des affaires de Milan que nous constatons pour la premiére fois avec certitude que le-parti sicilien l'a emporté à la cour pontificale. Nous savons, en effet, que ce fut à l'instigation du roi de Sicile et du cardinal Roland, chancelier de l'Église romaine, que les Milanais se soulevèrent contre l'empereur #, En même temps, Guillaume 1° et Hadrien IV cherchaient à organiser pour l'opposer à l’empereur une ligue des villes du nord de l'Italie.

La révolte de Milan, qui pendant plusieurs années devait occuper toutes les forces de l'empire, fut le premier succès remporté par le roi de Sicile. Pendant l'été 1159, un résultat dont l'emportance n'était pas moindre fut obtenu. Au mois de mai, le pape quitta Rome et se rendit à Anagni où il était en juin À. Très probablement Hadrien IV ne se sentant plus en süreté à

1. Otton de Freisingen et Ragewin, Gesta, IV, 52, dans M.G.H.SS., t. XX, p. 473.

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