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du cadavre ensanglanté de Maion. On reconnaît la victime, et le peuple témoigne bruyamment sa joie de la mort du ministre impopulaire. Le corps du grand émir est jeté au milieu de la rue; on le foule aux pieds, on lui arrache la barbe. Le tumulte va toujours grandissant, et les rumeurs de la foule donnent l'éveil au palais royal, où bientôt le connétable Eudes informe le roi du
tragique événement. Guillaume I° est outré de la nouvelle qu'il
apprend et donne aussitôt les ordres nécessaires pour réprimer l’'émeute qui gronde dans la ville. Sur son ordre, des troupes vont occuper le palais de Maion pour en empêcher le pillage ; en même temps des patrouilles commencent à parcourir les rues de la capitale et dissipent les rassemblements. On ne put toutefois empêcher le pillage des maisons des proches de Maion.
Le lendemain, on apprit que Mathieu Bonnel et ses complices avaient pendant la nuit quitté Palerme en toute hâte, et avaient gagné la forteresse de Caccamo !, où 1ls attendaient les événements. La situation de Guillaume [°" après l'assassinat de son ministre était fort difficile ; Le roi ne cerut pas un instant les accusations portées contre Maion, mais malgré les objurgations de la reine, il hésita à punir les assassins. Il sentait, en elfet, que le peuple de Palerme et l'aristocratie presque tout entière étaient favorables à Mathieu Bonnel ; il ignorait si les conjurés n'avaient pas des intelligences jusque dans son entourage, et si sa vie elle-même n’était pas menacée. En sévissant de suite contre les coupables, Guillaume I* dut craindre d'amener un soulèvement général qu'il n’était pas en mesure de réprimer. Aussi, malgré l’animosité de la reine contre Mathieu Bonnel, le roi se décida-t-il à dissimuler sonressentiment et àremettre le chàtiment des assassins. Le 11 novembre, Guillaume I° appela au palais l’archidiacre de Catane, Henri Aristippe et lui donna la charge de Maion à exercer par intérim. Ce fut désormais Henri Aristippe qui remplit les fonctions de chancelier et traita avec le roï de l'expédition des affaires.
Il ressort clairement de la chronique de Falcand et de celle de Romuald de Salerne que le choix d'Henri Aristippe fut une