LA POLITIQUE EXTÉRIEURE DE GUILLAUME 1° APRÈS MAION
Les événements que nous venons de raconter eurent leurcontrecoup sur la politique extérieure du royaume de Sicile et empéchèrent pendant quelque temps Guillaume Ie" de remplir son rôle de protecteur du Saint Siège. On se rappelle la part prépondérante prise par le roi de Sicile à l'élection du successeur d'Hadrien IV. Le choix du nouveau pape avait été un succès personnel pour Guillaume Ier, puisque les voix des cardinaux s'étaient portées sur le chef du parti sicilien, notoirement connu pour son hostilité envers l'empereur d'Allemagne. L'élection d'Alexandre III fut fort mal vue de Barberousse, qui ne pardonnait pas au cardinal Roland le rôle qu'il avait joué dans les événements des dernières années, et le regardait comme ayant inspiré la politique du pape défunt !. Guillaume I, au contraire, en apprenant le choix des cardinaux se hâta d'envoyer une ambassade féliciter le nouveau: pape ?. Le roi de Sicile pouvait, en effet, légitimement espérer que dans la guerre, dont le menaçaient toujours les prétentions impériales, il serait assuré de l'appui d'Alexandre II, qui paraissait fermement décidé à ne pas laisser Barberousse établir son autorité dans le nord et dans le sud de la Péninsule. L'événement devait justifier ces prévisions. Ce serait sortir de notre cadre que de raconter les démélés de Barberousse et d'Alexandre IIL; nous nous bornerons à montrer le rôle joué par le roi de Sicile dans la lutte que le pape soutint contre l'empereur,
On sait comment, mécontents du choix d'Alexandre III, les cardinaux impérialistes, sur le conseil des envoyés de Barbe-
PS
rousse, procédèrent de leur côté à l'élection d'un nouveau pape,
1. Oratio advocati Victoris IV in concilio habila, dans M.G.H.SS., in-40, Const. imp. el reg., t. 1, pp. 258-260.