‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 281 sur 742 · Romuald de Salerne, dans M.G.H.SS., t. XIX, p · texte numérisé non relu

Romuald de Salerne, dans M.G.H.SS., t. XIX, p

et élirent le cardinal Octavien, qui prit le nom de Victor IVE Celui-ci fut aussitôt reconnu par le Sénat de Rome, que ses démélés avec Hadrien IV avait décidé depuis quelques années à se rapprocher de l'empereur. On comptait certainement dans le clan de l’anti-pape que Barberousse ferait tous ses efforts pour empêcher un adversaire aussi déclaré que le cardinal Roland de ceindre la tiare. Ces calculs se trouvèrent exacts, et l’on sait comment, en février 1160, à Pavie, Barberousse reconnut Victor IV comme le pape légitime?. En déchaïnant ainsi la guerre religieuse, l’empereur commit une faute qui pesa lourdement sur toute sa politique. L'obligation d'assurer à son pape une clientèle religieuse devint pour lui la nécessité dominante de sa politique et « c’est à cette œuvre ingrate autant que puérile qu'il épuisera désormais le génie et les forces que la Providence lui avait départis3 ». Mais cette faute de Barberousse, si elle fut nuisible aux

intérêts qu’il avait la charge de défendre, eut pour le royaume le) y Ÿ

de Sicile les conséquences les plus avantageuses, en lui permettant de traverser les crises dangereuses que nous avons racontées, sans que l’empereur, occupé à défendre la légitimité de son pape, pût profiter des embarras de Guillaume I*" pour intervenir effectivement dans les affaires de l'Italie méridionale. Pendant les dernières années de son règne, Guillaume [°* demeura toujours fidèle à Alexandre IT, et se montra constamment disposé à soutenir, autant que le lui permettaient les circonstances, la cause de la papauté. Dès les premiers Jours de son pontificat, Alexandre [IT eut recours à la protection du roi de Sicile. Le pape ne put en effet se maintenir dans Rome ; assiégé dans le Vatican, il fut délivré par Eudes Frangipani qui le conduisit hors de la ville (17 septembre)“. Alexandre III, en se

4. Vila Alexandri LIL, dans Lib. Pont., t. II, pp. 397-398; Otton de Freisingen et Ragewin, Gesta, IV, 49, dans M.G.H.SS., t. XX, p. 469 et suiv. Cf. M. Meyer, Die Wahl Alexanders IT und Victors 1V (Güttingen, 1871), Reuter, Geschichte Alexanders des dritten, t. I, pp. 64 et suiv., et Gregorovius, op. cit., t. II, pp. 554 et suiv.

Page 1