‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 384 sur 742 · Œ NN · texte numérisé non relu

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n'était, sans doute, qu'une simple assurance prise par les rois de Tunis pour sauvegarder leurs sujets de toute attaque de la part des corsaires siciliens, pour leur garantir le libre accès des ports de la Sicile et la faculté d'y acheter du blé en franchise quand leurs récoltes auraient été insuffisantes |.

Peu après la conclusion de la paix avec les Almohades, Guillaume IT, poursuivant la réalisation de plus vastes projets, renonça pour un temps à la guerre musulmane, et concentra toutes ses forces contre l'empire byzantin. La période de troubles, qui suivit la mort de Manuel Comnène (1180), fournit au roi de Sicile l’occasion d'intervenir dans les affaires de l'empire d'Orient. Guillaume II, en effet, vit son concours recherché par l’un des compétiteurs à la couronne, et crut que l’occasion lui était offerte de reprendre et de conduire à bonne fin la conquête de l'empire grec, dont ses prédécesseurs avaient toujours rêvé. Il s'en fallut de peu que, grâce à lui, l'épopée héroïque commencée en Italie par les fils de Tancrède de Hauteville ne s’achevat en une triomphante apothéose par la conquête de Constantinople.

Manuel Comnène, en mourant, laissait comme héritier un fils en bas âge, Alexis IT. La régence fut exercée par la veuve de l’empereur défunt, l'impératrice Marie, mais en réalité le pouvoir appartint à l'amant de la basilissa, le protosébaste Alexis, l’un des neveux de Manuel. Sans entrer dans le détail des événements dont Byzance fut alors le théâtre, nous rappellerons seulement qu'Andronic, fils d'Isaac, l'oncle de Manuel Comnène, profita du mécontentement général causé par le gouvernement

de la régente, pour s'emparer du trône, après avoir fait disparaître successivement la basilissa et son fils (118%) *.

Dans tout l’empire, en Europe comme en Asie, l’usurpation d’Andronic fut la cause d’une série de troubles ; tandis que le roi de Hongrie, Béla, sous prétexte de venger l’impératrice Marie, franchissait la frontière, Lampardos, Théodore Cantacuzène, Isaac l’Ange, se révoltaient, et les villes de Pruse et de Lopadion imituient leur exemple. En même temps, à Chypre, Isaac Com-

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