‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 391 sur 742 · SIÈGE DE THESSALONIQUE · texte numérisé non relu

SIÈGE DE THESSALONIQUE

mois d'octobre, était très importante, et les représentants des nations occidentales y accouraient en foule, pour trafiquer avec les marchands juifs et arméniens !. La ville comprenait tout un quartier habité par des Latins, parmi lesquels les Normands surent bientôt se créer des intelligences.

Nous possédons sur le siège de Thessalonique un fort curieux document, c’est le récit composé par l'archevêque Eustathios, témoin oculaire des événements. Si l’on fait abstraction du parti pris de l’auteur, et si l’on surmonte l’ennui que cause sa rhétorique ampoulée, on se trouve en présence d’un document de premier ordre. D'ailleurs Eustathios est notre source unique pour

l’histoire du siège, car Nikétas Choniatès n’a fait que le copier,

comme suffit à l'indiquer la simple comparaison des textes.

Au moment où commença le siège, la ville était commandée par un certain David Comnène qui paraît avoir été le type de l'officier courtisan ; il ne devait qu'à la faveur d’'Andronic d’avoir obtenu un poste qu'il était incapable de remplir ?. Eustathios a fait de David le bouc émissaire chargé de toute les fautes commises par les assiégés ; bien que nous ne puissions les contrôler, ses accusations semblent fondées. Non seulement le gouverneur, quoique prévenu de l’arrivée des Normands, n'avait rien fait pour mettre la place en état de défense *, mais encore il avait diminué la garnison en donnant à prix d'argent des escortes aux riches habitants de la ville qui, à l'approche de l'ennemi, achetèrent à David la permission de s'éloigner en emportant avec eux leurs biens les plus précieux #. L'incurie du gouverneur était telle qu'il ne songea même pas à faire réparer les citernes de la citadelle qui laissaient l’eau s’enfuir ?, et qu'il oublia de faire préparer des pierres pour les machines de jet et des flèches pour les archers 6.

Les Normands commencèrent par entourer la ville à l’ouest, depuis les portes jusqu’à la hauteur de la citadelle ; à l’est du port

. Cf. Heyd, op. cit., t. I, p. 244.

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