‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 403 sur 742 · Pierre d'Eboli, De rebus siculis carmen, v. 120 et suiv · texte numérisé non relu

Pierre d'Eboli, De rebus siculis carmen, v. 120 et suiv

chez un chroniqueur anglais, Guillaume de Neubourg!. Il semble que ces idées anti-allemandes aient été très développées surtout chez les Siciliens. Sous la domination normande, il s'était formé en Sicile un sentiment national assez puissant. Attachés àda dynastie royale, les Siciliens avaient rarement pris part aux grandes insurrections de l'aristocratie. Ils avaient presque toujours témoigné à leurs souverains des sentiments d'un loyalisme très réel, et l'on peut dire que ce sont eux qui formaient le fond véritablement solide sur lequel reposait la monarchie normande ?. Parmi les villes de la Sicile, Palerme avait, au point de vue politique, le rôle Le plus important ; elle s’enorgueillissait de sa situation de capitale qui procurait maints avantages à ses habitants 3. La perspective de se perdre dans l’immensité de l'empire allemand était peu faite pour plaire aux Siciliens en général, et aux Palermitans en partieulier. Notons, toutefois, que dans certaines villes, à Messine, par exemple, l'hostilité contre les conquérants subsistaient toujours ‘.

Il ne semble pas que dansles autres parties du royaume, l'attachement à la dynastie régnante ait été aussi grand qu'en Sicile. Nous pouvons toutefois constater l'existence de ces sentiments de loyalisme dans une partie de la région des Abruzzes, et en Calabre. Au contraire, dans les régions où le développement de la vie municipale avait été très intense, nous constatons des sentiments d'un ordre tout différent. Dans les villes de la Pouille nous rencontrons des partisans actifs et résolus de l’autonomie municipale. Les Normands étaient peu aimés et la population urbaine était toujours prête à favoriser les troubles qui lui permettraient de reconquérir son indépendance poli-

tique. À diverses reprises, nous avons vu les villes s’allier à l'aristocratie féodale, pour tenir en échec l'autorité royale 6. En général, il semble que dans toute cette région les habitants

aient eu peu de sympathie pour un pouvoir éloigné, et qu'ils aient été disposés à saisir toutes les occasions que le hasard leur

Guillaume de Neubourg, dans M.G.H.SS., t. XX VII, p. 236. . Cf. Richard de San Germano, dans M.G.H.SS., t. XIX, p. 324. . Epistola, p. 177 et suiv. Cf. Edrisi, BAS: EE h"p. 00 el sui: &. Ambroise, L’estoire de la querre sainte (éd. G. Paris), v. 615-617, p. 17. 5. Geoffroi de Viterbe, M.G.H.SS., t. XXII, p. 334.

. Epistola, p. 172.

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