‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 405 sur 742 · Epistola, pp · texte numérisé non relu

Epistola, pp

2. À Salerne même, nous voyons que l'archevêque Nicolas, fils du chancelier (Paesano, op. cil., t. Il, p. 226), et l’archidiacre Audri sont les chefs des deux partis opposés. Pierre d'Eboli, vv. 388 et 457.

3. Cela résulte clairement de la conduite des habitants de Salerne vis-àvis de Constance, en 1191. A l'approche d'Henri VI, le parti opposé aux Normands fait recevoir l’impératrice dans la ville; après l'échec du siège de Naples, le parti opposé livre l'impératrice à Tancrède. Cf. infra, p. 458.

4. Capoue livrée à Henri VI est rendue à Tancrède par une nouvelle trahison. Cf. infra, p. 459. Dans la campagne de 4191, on verra divers exemples analogues. s

D Pierre dÉbDOl 60 tci v4112 et Suiv.

faculté de juger avec une entière liberté de l'état des esprits, dans un pays où depuis tant d'années il exerçait le pouvoir !. Il semble bien, en effet, que Gautier se soit rendu compte qu'aucun des partis nationaux que nous allons voir aux prises n'aurait la force, après avoir fait triompher son candidat, de repousser l'invasion allemande que l'exclusion de Constance rendait inévitable. Peutêtre voyait-il dans la soumission pacifique de la Sicile à la fille de Roger II, le seul moyen d'éviter à son pays d'adoption une longue suite de guerres inutiles, dont l'issue, étant données les divisions de l'aristocratie, ne devait pas lui paraître douteuse. Sans doute, les vues de l'archevêque de Palermeétaient Justes, mais elles avaient tort de ne pas tenir compte des sentiments de patriotisme dont nous avons constaté l'existence chez les Siciliens. Ceux-ci ne voyaient plus dans Constance la fille d’un de

leurs rois, mais simplement la femme d'un prince allemand, futur

héritier de l'empire. C’est sur ce sentiment national que comptaient les deux autres partis en présence pour faire triompher les candidats qu'ils opposaient à Constance ?. Les uns proposaient de donner comme successeur à Guillaume IT, l’un des principaux vassaux de la couronne, Roger d'Andria, grand chambrier, qui avait joué un rôle important sous le règne précédent, et avait été l'un des négociateurs de la paix de Venise. Les autres mettaient en avant le nom de Tancrède, comte de Lecce, grand connétable et justicier de la Pouille et de la Terre de Labour, bâtard du duc Roger, le fils de Roger Il. Les partisans de Tancrède avaient à leur tête le rival de l’archevêque de Palerme dans la faveur de de Guillaume IL, le vice-chancelier Mathieu d’Ajello. Ce dernier fut vraiment le chef du parti national ; détestant les Allemands, très attaché à la dynastie, il mit au service de sa cause toute l'habileté que lui avait donné sa longue pratique des affaires publiques, toute l'influence qu'il avait su acquérir en raison de ses fonctions.

1. Si l'on admet, ce qui est probable, cf. supra, t. T, Études des sources, que la lettre du trésorier Pierre était destinée en réalité à être mise sous les yeux de l'archevêque de Palerme, on peut voir dans tout un passage, p. 172 et suiv., une réponse aux idées de Gautier sur l'inutilité de la résistance.

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