Ibid., p
chevaliers et une flotte de cinquante galères tout équipées et de prendre part lui-même à l'expédition de Sicile : chevaliers et vaisseaux devaient demeurer pendant un an au service de l’empereur !. Ce dernier réussissait ainsi, non seulement, à enlever à Tancrède l'appui éventuel du roi d'Angleterre, mais encore il prenait des garanties contre les prétentions que Richard avait un moment élevées sur la couronne de Sicile. Finalement, le roi d'Angleterre moyennant le paiement d’une somme de 30.000 marcs d'argent, fut dispensé de prendre part à l'expédition impériale et, le 2 février 1194, il recouvra sa liberté. Au mois de mars 1194, Henri VI obtint un succès très important ; il réussit à faire cesser la révolte du parti guelfe. Henri le Lion et Henri de Brunswick firent leur ‘soumission. Le dernier nommé dut s'engager à accompagner l’empereur en Italie ?. Peu auparavant, le rétablissement de la paix dans l'Italie du Nord, avait été un non moindre succès pour la diplomatie impériale. Le traité de Verceil (12 Janvier 1194) #, conclu grâce aux efforts d'Henri VI, entre les villes lombardes, donna à ce dernier l'assurance que, lors de sa descente dans l'Italie du Sud, ni le pape, ni Tancrède ne trouveraient d’alliés parmi les villes italiennes où l'influence impériale était alors prépondérante.
La fortune seconda d'une manière singulièrement favorable les desseins d'Henri VI, car c'est au moment même où il pouvait, se félicitant des succès déja obtenus, envisager l'avenir avec confiance, qu'il dut apprendre la mort de Tancrède. La disparition du successeur de Guillaume IT facilitait singulièrement la tâche de l’empereur, qui, au lieu d’un souverain habile homme de guerre, n'allait plus avoir à combattre qu'une femme et un enfant.
1. Roger de Hoveden, dans M.G.H,SS., t. XXVII, p. 164. Sur les griefs d'Henri VI, et sur toutes les négociations qui précédèrent la mise en liberté de Richard, cf. H. Bloch, Forschungen zur Polilik Kaiser Heinrichs VI in den Jahren 1191-119%, p. 59 et suiv. Il est toutefois à noter que Pierre d'Eboli, v. 1140, mentionne dans l’armée de Henri VI la présence d’un contingent anglais :
« Mitil et ignivomas Anglia mille manus. »
2. Ann. Stederburg., M.G.H.SS., t. XVI, p. 229; cf. Toeche, op. cit., p. 304 et suiv.