CHAPITRE PREMIER LA CONDITION DES TERRES
Î. LES TERRES CUMSERVITIO — II]. LES TERRES ABSQUE SERVITIO. ITT. Les FIErs.
I convient de marquer d’abord l’état dans lequel les Normands trouvèrent les différentes provinces qu'ils allaient soumettre à leur domination. Les principautés de Salerne, de Capoue et de Bénévent appartenaient aux Lombards, la Calabre et une partie de la Pouille aux Byzantins ; la Sicile aux Musulmans. Il n’entre pas dans notre sujet d'étudier en détail les diverses Organisa-
tions de ces provinces antérieurement à la conquête normande ; ce point a d’ailleurs été suffisamment éclairci. Retenons simplement que les Lombards plutôt que d'introduire en Italie des institutions nouvelles, s'étaient contentés de modifier à leur profit et sous l'influence de leur droit l’ancienne organisation impériale !, Cette organisation, les Byzantins l'avaient conservée dans
1. Au sujet de l’organisation des principautés lombardes au moment de la conquête normande, mon confrère et ami M. Poupardin veut bien me communiquer la note suivante :
« Au début du xi° siècle on trouve dans l'Italie méridionale, comme à la fin du vire, des comtes, des gastalds etdes judices. Est-ce à dire que ces personnages jouent encore le rôle des anciens fonctionnaires lombards dont-ils portent le nom ? Il est difficile de répondre affirmativement, puisqu'on les voit se convertir en seigneurs indépendants et tenir en général assez peu de compte de la souveraineté du prince de Bénévent ou de Salerne, Faut-il donc les considérer comme placés vis-à-vis de ce dernier dans la même situation par exemple que les barons français vis-à-vis d’un des grands vassaux du royaume ? Mais jamais, dans les actes lombards on ne trouve, à ma connaissance, de terme impliquant entre le prince, les comtes et les gastalds, l'existence de liens de vassal à senior. En admettant même que l'usage du serment de fidélité prêté au vim® siècle par les hommes libres au roi où au duc se soit conservé, ce n’est pas un serment de fidélité vas-