‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 472 sur 742 · LA CONDITION DES TERRES · texte numérisé non relu

LA CONDITION DES TERRES

que le comte de Sicile ait fait aux chrétiens qu'il trouva établis dans l’île, des concessions à titre gracieux !. Cette opinion ne repose sur aucun texte, et les passages de Malaterra Imvoqués pour la soutenir me paraissent ne lui fournir aucun appui ?. L'idée de concession sans obligation de service me paraïît trop contraire aux idées et aux mœurs des Normands pour pouvoir être admise. Ce n’est pas là, à mon avis, qu'il faut chercher l'origine des terres libres dont nous constatons l'existence. Il faut, en effet, remarquer que si le système féodal ainsi établi régla de bonne heure les rapports des Normands entre eux, il n'en fut pas tout de suite de même en ce qui concerne les populations conquises et les terres qu’elles occupaient. Ce n'est que peu à peu que l’organisation féodale fit des progrès, se généralisa et finit par s'imposer sans restriction. En effet, il est certain que la conquête n’a pas été immédiatement suivie d’une confiscation générale. Iln'est pas douteux que de nombreuses violences aient été commises, en particulier, sur les terres éloignées des villes *. Mais, d’une part des traités furent conclus avec nombre de villes qui réussirent à sauvegarder plus ou moins leur indépendance. nous voyons à une époque assez tardive, des con-

D'autre part,

fiscations prononcées pour cause de rébellion sous l'invocation, de la loi lombarde, ce qui prouve qu'elles n'avaient pas été opérées antérieurement 4. Enfin de nombreux actes privés attestent

l'existence de terres demeurées libres après la conquête.

Comme dans tous les pays où se développa la féodalité, nous trouvons dans l'Italie du Sud et en Sicile deux sortes de terres : les terres nobles et celles qui ne le sont pas. Les terres nobles sont celles qui ont été concédées à titre de bénéfice, soit par le suzerain à un vassal noble, soit par celui-ci à un sous-vassal. Le vassal n’est tenu vis-à-vis de son suzerain pour la terre qu'il reçoit en fief qu’à des services réputés nobles.

1. Battaglia, 1 diplomi inediti relativi all'ordinamento della proprielä fondiaria in Sicilia, p. 34.

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