ALIÉNATION DES FIEFS
possédait trois fiefs, il pouvait en aliéner ou en engager un, ou encore en constituer un en dot, mais seulement dans le cas où le roi est consentant au mariage, sinon la convention passée est frappée de nullité. Si un baron ou un chevalier possédant trois fiefs se marie, il peut de l’un d'eux constituer le douaire de sa femme. Dans le cas où il a moins de trois fiefs, 1l peut constituer un douaire en argent, suivant l'importance de ses fiefs. Dans le cas où un chevalier ou un baron possède plus de trois fiefs, il peut constituer le douaire en donnant un fief sur trois. Le comte ou le baron qui tient des châteaux peut en constituer le douaire de sa femme, mais réserve est faite pour celui des châteaux qui donne son nom au comté ou à la baronie !.
À diverses reprises, nous avons parlé des registres conservés à la cour de Palerme et où étaient inscrits les limites des terres concédées, les noms des serfs qui y habitaient et l'énumération des services dus par ces derniers. Le Cataloque des barons nous montre qu'il existait aussi d’autres registres où étaient inscrits avec le nom des possesseurs des fiefs l'indication du nombre de chevaliers et de sergents que le fief devait fournir à l’armée. Certains passages du Cataloque permettent de dire qu'en dehors des registres généraux tenus par la curia, il existait d'autres registres relatifs à une partie du royaume; c’est ainsi qu'il est question des registres du Principat de Tarente où sont inscrits quelques détails qui manquent aux registres de la curia ? Pour inscrire les fiefs on a usé des procédés suivants. On inscrit d’abord le nom de lieu principal, par exemple, Comitatus Gravinæ ; vient ensuite le nom du feudataire in demanio, suivi de l’'énumération de chacun des fiefs qu’il détient et de l'indication de la valeur de ces fiefs évaluée comme il a été dit plus haut. Viennent ensuite les noms des sous vassaux pour lesquel en général on inscrit les mêmes indications. À la suite des sousvassaux ou mélangés parmi eux se trouvent les noms des arrièrevassaux suivis des mêmes indications. Il arrive toutefois que
4. Const., III, t. 13, p. 128-129 (attribuée au roi Guillaume), Const., TE 416 et.17; pp. 130-131.