CARACTÈRE DE LA LÉGISLATION
mande d'anciens corsaires arabes ou syriens. Les Grecs semblent n'avoir pas Joué un rôle important dans l'administration.
Il faut distinguer, pour ia législation, le droit privé et le droit public. Le principe qui domine le droit privé est nettement formulé par Roger Il, dans le préambule des Assises : « Les lois nouvellement promulguées par notre autorité, décrète-t-il, oblige tout le monde... mais 1l n’est porté aucune atteinte aux mœurs, coutumes et lois des peuples soumis à notre pouvoir, chacun en son particulier... à moins que l'une de ces lois ou coutumes ne s'oppose manifestement à nos prescriptions! ». Le diplôme de franchise de Catane nous offre un autre exemple de ce respect pour les institutions existantes. « Les Latins, les Grecs, les Juifs, les Sarrasins, seront jugés chacun suivant la loi? ». Aux habitants de Bari, il est accordé que nul ne pourra faire abstraction de leurs lois et de leurs coutumes, sans leur propre volonté, On trouve des allusions aux coutumes locales dans les actes relatifs à Melfi, à Eboli et à Corneto, à Comino, et Falcand parle des coutumes de Messine. Ainsi, au point de vue du droit privé, chaque sujet est régi par sa propre coutume. Quelle est cette coutume ? Elle varie suivant les régions. Le droit romain s’est conservé dans la région du Mont-Cassin; dès la fin du xi° siècle, l'abbé Didier faisait copier une partie des /ns{itutes ; en 1117, le prévôt de Sant'Angelo in Formis, accorde aux habitants de San Pietro Scafati, le droit d'être jugés suivant la loi romaine. En Sicile, c'est encore le droit de Justinien que nous rencontrons concurremment avec le droit musulman. M. La Mantia a montré que, même après la conquête normande, les familles grecques, anciennes ou récentes établies en Sicile, restèrent étrangères aux innovations byzantines, et continuèrent de vivre sous la règle du régime dotal, empruntée à la coutume romaine”: En Calabre, au contraire, certaines coutume locales sont inspirées non par le droit