‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 701 sur 742 · CARACTÈRE DE LA LÉGISLATION · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE LA LÉGISLATION

cette disposition qui était déjà pratiquée dans la partie grecque de l'Italie méridionale, fut étendue par Roger à tout son royaume.

Quant au droit germanique, tel que ies Lombards l'ont apporté en Italie, le roi normand semble le considérer avec un certain mépris; il ne voit guère dans la coutume lombarde qu'un ensemble de pratiques barbares et surannées qu'il condamne au nom de la civilisation et de l'esprit moderne. Faisant allusion à une prescription de l'édit de Rotharis, il s'écrie: « Quelle absurdité que d'attribuer la même importance au fait de couper la queue d'un cheval et celui d'arracher la barbe à un homme honorable ! ». Il retient seul ce dernier fait comme délictueux et le punit d'une amende de six sous, ou de trois sous, s'il s'est produit au cours d'une rixe *. Cependant, on reconnaît l'esprit du droit germanique dans le principe, nettement formulé par le législateur normand, que la gravité de la faute est proportionnelle à la qualité de celui contre qui elle est commise : « Que les juges, écrit Roger, apportent le plus grand soin à considérer dans l'action d'injure, la dignité des personnages de la Cour et qu'ils rendent leur sentence suivant la qualité des personnes, à savoir, des personnes à qui l’injure à été faite et de celles qui l'ont faite ; du temps et du lieu où l'acte a été commis... En effet, l’injure adressée aux personnes de la cour, ne concerne pas seulement ces personnes mêmes, mais rejaillit sur la dignité du palais *. » Il est intéressant de rapprocher cette déclaration des textes du droit romain classique qui établissent le principe directement opposé. Peut-être faut-il encore rattacher au droit lombard la licence accordée au mari de châtier lui-même sa femme coupable et le complice de la faute “: car, dans le texte normand, il n'est plus question de maintenir les distinctions qu'avaient établies les lois romaine et gréco-byzantine.

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