‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 702 sur 742 · Assise, L. XXXWV · texte numérisé non relu

Assise, L. XXXWV

k. CE. supra, t. {, p. xxtm, note 3.

Comme on le voit, la législation normande présente bien ce

caractère composite que nous retrouvons partout ailleurs, dans la civilisation. Certes, l'influence romaine y prédomine : toutefois, malgré le prestige qu’exerça sur le roi normand ia Byzance impériale, il reste dans les Assises, un élément personnel et original, qui témoigne du sentiment qu’eut Roger de la nécessité, pour une monarchie nouvelle fondée sur des bases féodales, d’une loi nouvelle aussi où le principe féodal se mélerait habilement au principe monarchique, tel que les droits romain et byzantin l'avaient formulé. Au surplus, l’inexpérience du style et la naïveté maladroite de certaines prescriptions dénoncent dans le législateur normand, un disciple encore novice des grands juriconsultes impériaux, dont l'autoritaire concision et la majestueuse hauteur furent admirées souvent, imitées quelquefois, Jamais égalées.

C'est encore Byzance qui fournit au roi normand l’idée dominante de sa conception religieuse. Le souverain, nous l'avons vu, est un interprète divin et un prêtre. La monarchie normande, comme la monarchie byzantine, est théocratique et s'appuie sur la religion. Mais les circonstances font à Roger une nécessité de mitiger ce principe par la tolérance. Ce n’est pas, en elfet, un symbole unique que le souverain doit adopter ici et inscrire en tête de sa Constitution : ce sont plusieurs religions différentes et même ennemies quil lui faut respecter, favoriser d'une égale protection el faire bénéficier d'une même liberté. On comprend fort bien ce double aspect de la politique religieuse de rois normands, si l’on considère tour à tour leur lutte avec la papauté et leurs rapports avec leurs sujets. S'agit-il de conquérir sur le pontife romain l'indépendance et la souveraineté, les princes normands, respectueux d'ailleurs des formes consacrées, implorant humblement la bénédiction du pape qu'ils ont fait prisonnier, maintiennent l'intégrité du principe théocratique, et imposent victorieusement à leur adversaire des prétentions égales à celles que firent Jamais valoir les empereurs byzantins. Il n'est d’ailleurs que de voir sur les murs de la Martorana la représentation en mosaïque du roi Roger : c'est des propres mains du Christ qu'il reçoit la couronne et le grand manteau impérial

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