L'ART SICULO-NORMAND TA
ans, et dans la seule Sicile apparaissent des chefs-d'œuvre comme la cathédrale de Cefalu, Saint-Jean-des-Ermites, Santa-Maria dell’ Amiraglio, la chapelle Palatine, la cathédrale et le cloître de Monreale, la cathédrale de Palerme.
Qu'il s'agisse de l’architecture proprement dite, de la sculpture, ou de la décoration, l’art normand nous apparaît composé des mêmes éléments, indigènes et étrangers, combinés selon des formules nouvelles.
Le plan des églises normandes, sur le continent, reproduit souvent celui des basiliques romaines, soit par une imitation directe, soit suivant le modèle intermédiaire fourni par l'église du Mont-Cassin, bâtie dans la seconde moitié du xr° siècle !. C’est un édifice à trois nefs, séparées par une double rangée de colonnes antiques. La cathédrale de Gérace présente exactement le type d'une basilique romaine ?. À Salerne, la cathédrale, bâtie au temps de Robert Guiscard, est précédée d’un atrium, entouré d'une colonnade où figurent des fûts de granit oriental et de vert antique, provenant des ruines de Paestum : les chapiteaux | des colonnes sont également antiques ; on lit encore, au-dessus de la porte, les noms de Guiscard et de Jourdain. L'intérieur de l'église a été considérablement modifiée : mais deux colonnes primitives, demeurées en place, permettent de reconstituer le | plan de l’ancienne église, qui est celui d'une basilique romaine : | l'influence de l'église bâtie par Didier au Mont-Cassin est incon-
| testable. C'est encore la basilique romaine qui a servi de tvpe
| aux églises de Capoue, de Calvi, de Caserte et de Saint-Clément de Casauria, sauf de légères modifications : la nudité des murs extérieurs y est souvent interrompue par des arcatures courant au-dessous du toit, et retombant parfois sur des pilastres ou des colonnettes adossés, qui font songer aux bandes lombardes.
Un autre groupe d'églises atteste des influences d'origine française : soit celle de l'architecture clunisienne. soit celle de l'école normande. On trouve à Venosaÿ, à côté d’une
l. Bertaux, op. cil., p. 160. Pour tout ce qui concerne l’art dans le midi de Ia péninsule j’emprunte beaucoup à cet ouvrage,