Id, D: ddr
dx 10; D: 048:
vieille église, bâtie par Dreux sur le plan de la basilique romaine, un grand édifice inachevé, dont la caractéristique est un chœur à déambulatoire.: ce n’est pas là, comme on la cru longtemps, une église commencée par Robert Guiscard : M. Bertaux y a exactement observé les caractéristiques de l'architecture de Cluny, et a montré, en outre, que ce modèle à servi de type aux églises d'Aversa et d'Acerenza. Dans l'église des Saints-Nicolas et Cataldo. à Lecce, bâtie à la fin du xu° siècle. on perçoit d'une manière sensible le mélange de deux styles | tandis que l'extérieur, avec sa coupole, ses toits hémisphériques, les chapiteaux de ses colonnettes, reproduit le type byzantin, l'intérieur rappelle les églises monastiques de Bourgogne auxquelles est emprunté le vaisseau élancé, dont la voûte en berceau brisé est supportée par des doubleaux retombant sur des colonnettes : à la croisée de la nef et du transept est une lanterne surmontée d'une petite coupole ; les bas côtés sont voutés d’arêtes : au lieu de colonnes antiques, des colonnes appareillées. Saint-Nicolas de Bari représente au contraire l’école normande selon les observations de M. Bertaux *. on doit placer cette
église entre Saint-Etienne et Saint-Nicolas de Caen; la façade,
avec sa grande muraille nue, régulièrement percée de fenêtres. flanquée de tours, et surmontée d'un pignon triangulaire, offre exactement l'aspect extérieur des églises de Normandie. On retrouve à l’intérieur, si l’on fait abstraction des remaniements subis. la haute nef centrale couverte d’une charpente, les bas côtés voûtés d’arêtes et surmontés de tribunes. De même encore, l'alternance des colonnes avec des piliers rectangulaires flanqués de deux fûts monolithes fait penser à l'église de Jumièges, bien qu'à Bari les colonnes antiques soient couronnées de chapiteaux byzantins. De Saint-Nicolas dérivent, dans la même région, toute une série d'églises, qui sauf quelques légers changements reproduisent pour l'ensemble le plan de cette église type. Les plus importantes sont celles de Barletta, de Trani, et la cathé-
drale de Bari.
Bertaux, p. 332 et suiv.
Id., p. 33%.
L'ART SICULO-NORMAND 725
Pour compléter l'énumération des influences septentrionales, il convient de citer celle de l’école pisane, dont M. Bertaux a reconnu la trace dans la partie la plus ancienne de La cathédrale de Troia et à San Basilio de Trani !. Les arcatures, les pilastres, à l’intérieur, les médaillons losangiques. les incrustations polychromes à dessins géométriques, les ares surhaussés du portail, et les soubassements continus des pilastres extérieurs paraissent inspirés de San Casciano de Pise.
Signalons, en passant, une église de cette région, qui présente un type exceptionnel : c'est la cathédrale de Canosa, dont les einq coupoles surmontant une nef centrale, que flanquent deux nefs latérales voûtées en berceau, rappellent l'architecture de Saint-Marc, à Venise, avec cette différence que la croix grecque du plan de la basilique vénitienne est ici remplacée par une croix latine *.
| Dans toute la région de la Pouille, on rencontre une série d'églises voûtées, couvertes d'une ou de trois coupoles, parmi | lesquelles Saint-André de Trani, Saint-Pierre d'Otrante, pour la. première catégorie, pour la seconde, Saint-Benoît de Conversano et l'église d'Ognissanti. Il semble bien qu'il faille expliquer avec M. Bertaux, ce mode de couverture, non par une influence de l'architecture byzantine, mais par une influence
| locale, en rapprochant ces églises à coupole des frulli indigènes *. Nous trouvons en Sicile, un exemplaire de l’art gréco-byzan-
| tin; c'est l'église Santa Maria dell’Amiraglio. Elle présente la forme | d'une croix grecque inscrite dans un plan quadrangulaire et surmontée, à la croisée des branches, par une coupole que supporte
un tambour octogonal. Les analogies sont faciles à saisir entre
cette église et celles de la Théotokos etdu Pantocrator de Constantinople, ou encore l'église byzantine de San Marco à Rossano ‘.
La première mamfestation de l'art arabe, dans les États nor-
Bertaux, p. 352.
Id., p. 386.
. Id., p. 380 et suiv.
x. Patricolo, La Chiesa di Santa Maria dell Amiraglio dans Arch. st. Sicil., N. S. t. I, p. 137 et suiv.; Diehl, L'art byzantin, p. 220, cf. le plan de l'église dans Clausse, Basiliques el mosaïques chrétiennes, L. IE, p. 39.