‹ Histoire de la domination normande en Italie et en SicileChapitre 708 sur 742 · Bertaux, op. cit., p. 312 et suiv · texte numérisé non relu

Bertaux, op. cit., p. 312 et suiv

2, On ne connaît pas la date exacte de la construction de San Calaldo.. Siragusa, op. cit., t. I, p. 145 et L. IT, p. 9 et suiv. en attribue la fondation à Maion. Saint-dean-des-Ermites fut fondé par Roger IT, cf. Pirro, op. cul., t. II, p. 1109.

3. Cf. Clausse, op. cit., L. IT, p. 53, et Siragusa, op. cit, €. IT, p. 140.

4, Cf. Clausse, loc. cit.

Ré dd,rop.-cit.. 2: p.74.

L'ART SICULO-NORMAND 127 pale, soit encore à la haute coupole sur plan carré qui surmonte la croisée du transept ; quant à l'influence septentrionale, elle est attestée par les tours qui flanquent le portail à Monreale et à Cefalu, par les séries d’arcatures entrecroisées. qui, à Cefalu comme à Monreale, servent à l'ornementation de la façade ou encore par les gros piliers ronds qui ornent l'église du Saint- Esprit, à Palerme !. Les deux chefs-d'œuvre de cet art composite sont la chapelle Palatine de Palerme et la cathédrale de Monreale.

La chapelle Palatine reproduit en petit, le plan d’une basilique à trois nefs?. Cinq marches élèvent le transept au-dessus des nefs: et en avant de l’abside principal un bêma augmente les dimensions du chœur qui est séparé de la nef par un chancel de marbre. Tous les détails contribuent à l'effet de sveltesse et et d'élan : « les arcades surplombent sur le nu des colonnes » et les arcs en tiers-point sont terminés « par des portions droites qui en augmentent l'élévation ». À la croisée du transept, s'élève une haute coupole sur plan carré que supportent quatre colonnes.

La basilique de Monreale, avec ses trois nefs, séparées par deux rangs de colonnes de granit oriental *, présente encore par l'ensemble un plan analogue. À la différence de la chapelle Palatine, elle est largement éclairée par des fenêtres ouvertes dans les murs de la grande nef et dans ceux des nefs latérales. Le transept déborde les nefs et s'élève de quelques marches audessus de leur sol : sur le transept, s'ouvrent les trois absides dont l'une, celle du milieu, est précédée d’un vaste bêma, 1e1 1l n'y à pas de coupole, mais une lanterne centrale.

La cathédrale de Cefalu présente avec celle de Monreale de

{. Cf, Enlart, L'architecture romane, dans Michel, Histoire de l'Art, LT, 2, p: 556.

2. Cf. le plan dans Clausse, op. ceil., LH, p. 61; Paulowski, Iconographie de la chapelle palatine, dans la Revue archéologique, 3° série, t. XXV, p. 310 et suiv.; Terzi, La Cappella di San Pietro nella reqia di Palermo (Palerme, 1879), in-fo, et Busceni, Notizie della basilica di san Pietro (Palerme, 1840), in-4°.

3. Cf. le plan dans Clausse, op. cit., t. Il, p. 85 et Serradifalco, Del duomo di Monreale et de altre chiese siculo normanne ragionamenti tre (Palerme, 1838), in-f°,

grandes analogies ; si l'on peut parler d'imitation, ce sont les artistes de Monreale qui auraient imité ceux de Cefalu, dont l'œuvre était achevée dès 1148 1.

La décoration des églises présente des éléments empruntés à

chacun des arts dont leur construction et leur plan nous ont révélé l'influence. Deux ordres d'artistes ont contribué à l’ornement des édifices normands: les sculpteurs et les mosaïstes. Nous comprendrons, dans la sculpture, les chapiteaux des colonnes, les archivoltes, les fenêtres, les portes monumentales, les portes de bronze.

Le chapiteau antique est celui qu'on trouve d’abord : le fût de colonne monolithe et de matière précieuse est transporté tel quel dans l'édifice en construction, on le couronne de son propre chapiteau, on d'un chapiteau antique rapporté. Le premier effort des sculpteurs tendit à reproduire aussi exactement que possible, le modèle ancien : nous trouvons ces imitations dans les églises de Campanie; l’acanthe romaine ou byzantine, fait tous les frais de l’ornementation *. À Saint-Nicolas de Bari, le stvle antique se mélange de style oriental : « à côté du décor végétal, se trouve un décor animal de figures humaines et de figures fantastiques ». On trouve, à Troia, la même combinaison de ces deux décors : à Tarente, des figurines humaines alternent avec des représentations d'animaux. C’est tantôt l'élément antique qui domine, comme à Capoue, tantôt, comme à Salerne l'élément byzantin ou oriental. Il faut, encore, mentionner l’apparition d'une autre influence : celle de la sculpture lombarde, à laquelle se rattachent les monstres représentés avec une imagination fantastique et une étonnante variété dans les archivoltes d'Alife et de Capoue. Enfin, on retrouve une influence bourguignonne dans les sculptures de certaines églises, telles sont les sculptures du clocher de Monte Sant'Angelo, celles de la face intérieure du portail de Trani.

Le cloître de Cefalu, avec ses portiques à arcs aigus, ses colonnes géminées, que surmontent de riches chapiteaux, fait entrevoir ce que les sculpteurs de l'époque normande tireront de la combi-

4. CL le plan dans Clausse, op. cil., L I, p. 109. 2. Bertaux, op. cif., p. 457 el suiv.

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naison des différents arts où ils choisissent leurs modèles. À côté des motifs d'ornementation empruntés au règne végétal, et où se retrouve l'influence antique, les chapiteaux de Cefalu présentent des seènes tirées de l'Ancien Testament, où l’imperfection de la facture ne saurait faire méconnaître une certaine ingéniosité de dessin. Il faut admirer, malgré quelques faiblesses, la création d'Eve, et le retour de la colombe dans l'arche, d’où sortent les animaux. Les motifs et la façon de les traiter furent, sans doute, fournis aux sculpteurs de Cefalu par les artistes byzantins, tailleurs d'ivoire ou ciseleurs de coffrets, tandis que certains chapiteaux æodronnés permettent aussi de constater une influence normande. Mais le chef-d'œuvre de la sculpture sicilienne, c'est le cloître de Monreale. Comme à l'intérieur de la cathédrale, il y a dans l'ornementation du cloître, des traces aisément reconnaissables de l’art toscan, de l’art campanien et de celui de la Pouille l: de plus, l'influence des maîtres byzantins et arabes. à contribué à enrichir et à varier indéfiniment le détail du décor. Tantôt l'ornement est plaqué sur le fût même de la colonne, à la façon d'une fine ciselure ou d’une broderie, tantôt au contraire les artistes ont recours au relief, faisant émerger du feuillage des figures humaines habillées ou nues, soit isolées, soit composant ensemble la représentation d'une scène biblique. Si les coffrets byzantins, ici encore ont été mis à contribution, ils sont loin, toutefois, d'expliquer toute la richesse d'un pareil décor, où l’on peut relever plus d’un détail non byzantin. Enfin les figures de monstres, mêlées à l'ornement végétal, n'ont pas fourni aux artistes de Monreale le moins originaux et les moins caractéristiques de leurs chapiteaux. Si dans l’ensemble de l'œuvre, malgré la variété des détails, on doit faire une large part à l’imitation de la seulpture antique, certains chapiteaux historiés font songer aux chapiteaux de Saint-Trophime d'Arles ou de Saint-Pierre de Moissac, tandis que les archivoltes à zigzags qui entourent le portail de la cathédrale nous révèlent une influence normande. Parmi les œuvres importantes des sculpteurs de l’école de Palerme, à l’époque nor-

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