L. Cf. Venturi, op. cit., t. IT, p. 624 et suiv
mande, il convient de mentionner encore le candélabre du cierge pascal, conservé à la chapelle Palatine. Le socle en est formé
par des lions: des palmettes, des oiseaux, des monstres en
ornent le fût. Au milieu, devant le Christ, un personnage vêtu de la dalmatique est agenouillé, dans lequel les uns ont voulu voir un roi normand, les autres seulement un archevêque de Palerme. Dans la manière dont sont traités les hommes nus qui soutiennent le chapiteau de ce candélabre on reconnait nettement une imitation de l'antique !.
Enfin, les cuves de porphyre qui forment les sarcophages de Roger Il, de Guillaume [°", d'Henri VI, de Frédéric Il, ces deux derniers monuments datant du règne de Roger IT, nous attestent que les sculpteurs de l'époque normande connaissaient à fond la technique de leur art, et qu'ils avaient appris, peut-être des Musulmans, des secrets de métier inconnus en Occident *.
La présence de portes de bronze dans quelques édifices normands doit être expliquée par une influence byzantine *. Les portes de bronze fondues à Constantinople et apportées en Italie au cours du xi* siècle sont très nombreuses : on connait l'origine de celles d’Amalfi, du Mont-Cassin, de Saint-Paul-hors-les- Murs, de Monte Sant Angelo, de Trani, et de Salerne. L'art byzan tin fait encore les frais de la plupart des portes fondues dans l'Italie méridionale. A Troiïa, par exemple, Oderisio de Bénévent. grave encore sur des plaques d'argent les figures et les mains des personnages. Cette gravure damasquinée est appliquée sur le bronze. Toutefois, les personnages semblent déjà exécutés d'après nature, et les figures d'animaux, comme le décor végétal, sont représentés en plein relief. Les portes du tombeau de Bohémond, à Canosa, sont l'œuvre de Roger d'Amalli : ici, plus de figures niellées en argent, toutes sont sculptées en relief. L'influence orientale se fait visiblement sentir dans le décor, où apparaissent, avec des rosaces recouvertes d'arabesques, des caractères coufiques. Il convient de rapprocher ce détail d'ornementation des inserip-
1. Cf. Venturi, op. eül., L. 1IE, pp. 637 et suiv.; Bertaux, La sculpture en Italie de 1070 à 1260, dans A. Michel, Histoire de l'Art, L. 1, 2, p. 684.
2. Venturi, op. eit., L. II, p. 614 et suiv.; Bertaux, loc. cit.