‹ Histoire de la Faculté de médecine d'AvignonChapitre 10 sur 53 · PLORIDA ME GENUIT, DOCUERE LUTETIA MONS ET · texte numérisé non relu

PLORIDA ME GENUIT, DOCUERE LUTETIA MONS ET

PESSULUS : AVENIO DELICIOSA TEN1 AUFEROR ANTE DIEM *. QUOD SI MIHI LONGIOR JS.TXS,

ifiQUASSEM COUM, PERGAMENUMQUE 8ENEM 1

(i) o 15 februarii 1 578, Mannus Albertus doctor medicus huius Uni vers ïtatis

fuit aggregatus in medicina. » (Archives de l'Université, D. 67.)

(3) Mention de cette promotion est faite en ces termes dans le registre, D, 67, des actes des gradués de l'Université : « Die 5 augusti 1579, dominus Antonius Fianceus diocesis Byzuntinensis accepit doctoratum in medicina sub Philippo Guilhelmy. »

(3) Cette peste dura un an. du 5 septembre 1580 au 18 septembre 1581. On doit à M. Bertrand, docteur agrégé de l'Université, dont le petit-fils Jean Bertrand fut plus tard vice-gérant, un journal de « ce qui s'est passé de plus remarquable dans cette ville d'Avignon, du mois <àe juillet 1552 jusqu'à la fin de juin 1567, et depuis le mois d'août 1580 jusqu'au mois d'octobre 1582. »

Une copie de ce manuscrit, fort intéressant en cela surtout qu'il donne jour par jour la relation de la peste dont Avignon fut affligé en 1580, se trouve dans le tome XV de la collection mss. Massilian, au muséum Calvet d'Avignon. M. Duhamel, archiviste du dép , a reproduit en partie ce journal dans X Annuaire de Vaucluse de 1885.

En même temps que Fiancé, fut aussi reçu au doctorat Denis Chrétien, appelé à devenir l'un des plus illustres régents de notre Faculté (i). Le 23 mars i58o, il y eut l'agrégation d'André du Laurens, reçu docteur à Avignon le 1 5 octobre précédent. Il était frère de Charles du Laurens, déjà agrégé (2). Le 3 octobre i58i, agrégation de Denis Chrétien (3). Un doctorat pour chacune des années i582, 1 583 et 1584. Le 16 juillet 1 586, doctorat et agrégation de Paul-Antoine de Rhodes, d'Avignon, dont le fils Henri et le petit-fils Jean devaient également faire partie un jour de la Faculté. Originaire d'Espagne, cette famille s'était transplantée à Avignon sur la fin du XVe siècle, dans la personne de Bernardin de Rhodes'. Jean, fils de ce dernier et père de Paul-Antoine, avait lui-même pratiqué la médecine avec succès dans cette ville. Quatre doctorats pendant l'année 1587, parmi lesquels celui de Pierre Richer de Belleval, natif de Catalogne.

La peste ayant éclaté de nouveau à Avignon, l'Université ferma ses portes du mois d'août de cette année au mois de janvier de l'année suivante. Il n'y eut d'ailleurs qu'un seul doctorat en 1 588, mais en revanche nous y trouvons, à la date du 2 janvier, l'agrégation de ce même Pierre Richer de Belleval, qui devait être plus tard le célèbre professeur de botanique de la Faculté de médecine de Montpellier (4). Richer de Belleval, comme André du Laurens, nous appartient donc bien réellement. Nos archives donnent sur ce point pleine raison à Riolan, lorsqu'il affirme contre Astruc que « les sieurs de Laurens et Richer, pour exercer des lectures royales qu'ils avaient obtenues, tous deux estant docteurs d'Avignon, furent contraints de prendre leurs degrés à Montpellier» (5). Tous deux sont également l'honneur de notre école, mais le premier ne le cède pas en mérite au second. Il naquit à Tarascon en 1 558, de Louis du Laurens, docteur en médecine, et de Louise de Castellan, sœur d'Honoié Castellan, médecin du roi. Après avoir pris

{1)0 25 augusti i579,DionisiusChristianus loci Dammartini dioecesis Meldensis, accepit doctoratum in med. sub Philippo Guilhelmy. » [Arch., D. 67.)

(2) « 23 maii 1580, Andréas Laurentius Tharasconensis fuit aggregatus in medicina ; acceperat doctorat. 3 octob. 1579? sub Philippo Guilhelmy et domino Carolo Laurentio eius fratre, doctore medico aggregato. » {Id., D. 67.)

(3) « 3 octob. 1581, Egregius dominus Dionysius Christianus doctor jam medicus Univ. Aven, fuit aggregatus in collegio medicorum. » {Id.} D. 67.)

(4) a 2 januarii 1588, Petrus Richerius de Belleval, Catalanensis, doctor medicus huius Universitatis fuit aggregatus in medicina. » {Id. D., 67.)

(5) Curieuses recherches sur les Bscoles tde médecine de Paris et de Montpellier , Paris, 1651.

^struc prétend sans fondement qu'André du Laurens n'était que docteur de Montpellier.

son doctorat à Avignon, il exerça quelque temps la médecine à Carcassonne, puis, amené à la cour par la comtesse de Clermont-Tonnerre, il fut fait successivement, à la recommandation de cette dernière, méde» cin par quartier du roi Henri IV et professeur royal à la Faculté de médecine de Montpellier, puis médecin de la reine en i6o3 et premier médecin du roi en 1606; il mourut le 6 août 1609. Nous parlerons de ses oeuvres dans le tome IIe de cet ouvrage. Qu'il nous suffise pour le moment de rappeler l'éloge aussi concis qu'éloquent qu'en fait Etienne Strobelberger : « Quid de Andréa Laurentio dicam? Nonne in scriptis suis anatomicis universo inclaruit orbi? » (1)

Deux doctorats en 1689. Le 17 mars 1590, agrégation de Claude Cnanuel, praticien de Garpentras et docteur en médecine, — on ne dit pas de quelle Faculté ■— (2). Le 3 avril, Esprit Eymeric d'Embrun passe son doctorat et s'agrège le 19 octobre suivant (3); soit en tout, pour cette année, deux doctorats et deux agrégations. Les registres relatent pour l'année suivante le décès de Philippe Guillien,, régent, infirme depuis quelque temps, et son remplacement par Charles Robert,- un des agrégés de la Faculté (4). C'est à l'occasion de cette indisponibilité de Philippe Guillien que nous voyons être fait application de l'article V des statuts de 1 577, par lequel il était spécifié que le régent titulaire de la chaire de médecine, qui, en vertu de l'article II de ces mêmes statuts, était le promoteur de droit au doctorat, serait suppléé, en cas d'absence ou d'impossibilité absolue, par le plus ancien agrégé. Ainsi le 3 octobre i582, Emmanuel Ribère, « antiquus doctor medicus huius universitatis », fut appelé à remplacer dans un doctorat ce même Philippe Guillen « propter infirmitatem domini Philippi Guiihelmy, dictas facultatis regentis ».

Gharles Robert inaugura très heureusement sa régence. La première année (1 591), du mois de mai au mois de septembre seulement, il promut jusqu'à sept docteurs. Jacques Fontaine, le même qui plus tard professa avec tant d'éclat à Avignon et à Aix, est compris dans ce nombre. Nous reviendrons très longuement sur ce dernier personnage dont

(1) Etienne Strobelberger : Historia Monspeliensis, etc.. Nuremberg, 1625. — Réimpression par A. Germain, dans son étude sur l'école de médecine de Montpellier, 1880.

(2) & 17 mart 1590 : Claudius Chanuelus, doctor medicus habitator Carpent. fuit aggregatus in medicina. »

(3) « 19 octob. 1590 : Spiritus Eymericus Ebredunensis, doctor medicus huius Universitatis, fuit aggregatus in collegio medicorum.

(4) « Nota quod hoc anno 1591, dominus quondam Philippus Guilhelmus, regens medicus, obiit, in cuius îocum dominus Carolus Robertus. » \Arch. univ.% D. 67.)

l'enseignement à notre Faculté eut une durée de plus de vingt ans et fit époque (i). L'année suivante fut également fructueuse. Il y eut six doctorats, dont deux avec agrégation. Ce sont celles de Pierre Julian, docteur en médecine de Padoue (2), et de Jean Ballaguier, natif d'Avignon (3). Le premier, en vertu de l'article VII des statuts, paya comme docteur étranger doubles droits. Six doctorats aussi en 1 5g3. Celui de Philippe Villeneuve, de Vaison, fut honoré de la présence de Jean du Laurens, proprimicier de l'Université. Le dernier docteur promu cette année est, d'autre part, Pierre Fresquière, de l'Isle, au diocèse de Cavaillon, fils de Bernardin Fresquière, pareillement docteur en médecine, Pierre Fresquière fut agrégé le même jour à la Faculté (4). Il eut pour promoteur Denis Chrétien au lieu et place du régent Charles Robert, alité depuis plusieurs semaines.

Il nous paraît que, déjà à cette date, Denis Chrétien était le candidat désigné à cette régence, dont on prévoyait la vacance prochaine. Et en effet, Charles Robert étant mortdans les premiers jours de janvier 094, c'est lui qui fut appelé à le remplacer par la majorité des suffrages du collège des agrégés ès-droits. Cette élection est ainsi rapportée au folio 1 18 du registre D. 67 :

v Die 28 jan. 1 694, vacante regentia medicinae ob mortem domini « Caroli Roberti, dum viveret regentis medicinae huius Universitatis, a congregato collegio in auditorio nostro Vice-Gerentiae, ad provi- <x dendum de alio régente et pluribus propositis, tamen a majori parte « dominorum fuit provisus dictas regentiae per suffragia in scrutinio « exquisita dominus Dionysius Christianus, doctor medicus aggrega- « tus dictae Universitatis, et juravit. »

Ce procès-verbal a lui-même son importance. Car, en même temps qu'il nous donne des détails très circonstanciés sur le lieu de la réunion, le mode d'élection, leserment prononcé par l'élu, etc., il nous montre aussi que la Faculté, la première intéressée, n'était pas appelée à voter, que l'élection se faisait absolument en dehors d'elle et que le collège des

(1) Voy. le tome IIe de cet ouvrage.

(2) « i4.mart. 1592 : Petrus Julianus, doctor medicus Universitatis Pataviae, fuit aggregatus in^medicina et solvit jura duplicata, quia non est filius huius Universitatis. »

(3) « 9 aprilis : Joannes Ballaguerius, Avenionensis, accepit doctoratum et aggregationem in medicina sub Carolo Roberto régente medico ordinario, eius promotore. » [Arch. univ. au fonds départ., D. 67.)

(4) c 31 décemb. 1593 : Petrus Fresqueria,insulanus,diocesis Cavalicensis, filius spectabilis domini Bernardi Fresqueria, doctoris medici eximii, accepit gradum doctoratus in medicina sub domino Dionysio Christiano pro domino Carolo Roberto régente una cum aggregatione. (D. 67.)

agrégés ès-droits, qui s'était attribué le régime et fie gouvernement de l'Université, lui imposait son choix en souverain maître. Cette anomalie, bien faite pour blesser l'amour-propre de nos médecins et paralyser la vitalité de notre Faculté, souleva bien souvent dans la suite de violentes réclamations, et ;nous verrons qu'au XVIIIe siècle elle fut le point de départ d'un procès retentissant que la Faculté engagea contre le collège des docteurs ès-droits, et dont elle eut la bonne fortune de sortir victorieuse au grand avantage de la science et de la justice.

Le nouveau régent promut en 1694 quatre docteurs et reçut un agrégé : Claude Cachet de Chambéry, déjà docteur d'Avignon ; il en promut neuf, dontftrois avec l'agrégation, en 1596. Ces derniers sont les deux frères Michel et Loup Ribère, fils d'Emmanuel, docteur agrégé de la même Faculté, et Pierre Sarpillon d'Avignon. Les deux Ribère furent promus exceptionnellement par leur père et par égard pour les mérites de celui-ci. Ce fut là, on ne doit point l'oublier, une dérogation formelle aux statuts de la Faculté, qui voulaient expressément que les candidats prissent toujours leurs grades sous le titulaire de la régence (1).

Remarquons aussi que, sous Denis Chrétien, le doctorat des médecins prend un caractère de solennité plus grande que sous ses prédécesseurs, et que celle-ci se rapproche de très près de celle usitée pour le doctorat en droit. Ainsi maintenant assistent à la cérémonie, pour en rehausser l'éclat, le chancelier et le primicier. Leur présence, qui jusque-là . n'était qu'exceptionnelle et la marque d'une considération toute particulière en faveur de certains candidats de noble famille ou de grande marque, devient en quelque sorte une loi générale.

Parmi les neuf docteurs reçus l'année suivante, deux avignonais furent aussi appelés à l'agrégation, savoir : Philippe Fabry, fils -de feu Joseph Fabry, en son vivant docteur agrégé, et Elzéar du Roure, qui appartenait sans doute encore à l'illustre famille de Jules II. Claude Marin de Carpentras, fils de feu Marin Albert, docteur agrégé en médecine, est reçu docteur et agrégé le 2 mai 1 598, en présence de l'archevêque Jean-François Bordini, chancelier de l'Université et vice-légat par intérim. La même année furent promus au doctorat huit autres candidats.

Mais ce qu'il convient surtout de noter, c'est que le 21 août de cette

(1) « Die 19 augusti 1596 : Nobiles et egregii domini Michael et Lupus Riberii Avenionenses, filii spectabilis et egregii domini Emmanuelis Riberii hujus Universitatis doctoris medici aggregati, consequuti fuerunt lauream doctoratus dictse Facultatis una cum aggregatione, sub eodem domino Emmanuele pâtre, coram 111100 Cancellario et primicerio. » {Arch. de\VUniv., D. 67.)

année, 16 maîtres ès-arts, dont les noms sont donnés -an folio 54 du

registre D. 6j, furent créés par Denis Chrétien : a Hi numéro sex-

« decim magistri artium creati sunt sub domino Dionysio Christiano, a doctore medico régente. »

Le fait est assez important pour mériter quelques explications.

La Faculté des arts, dont les études correspondaient à ce qu'on appelle aujourd'hui les classes supérieures des lettres (seconde, rrfe'torique et philosophie), était une des trois Facultés qui, d'après la bulle de Boniface VIII, devaient constituer l'Université d'Avignon. Jean XXIII l'avait positivement installée, puisqu'il avait accordé à tout ecclésiastique le droit de faire des leçons sur les arts libéraux et de conférer après examen le degré de maître. Et de fait, des hommes célèbres enseignèrent les arts libéraux à Avignon pendant les XVe et XVIe siècles. Il nous suftira'de citer Guillaume Imbert, docteur fameux de Montpellier, qui vint professer chez nous la physique et la philosophie * Achates Long, célèbre rhétoricien, maître de grammaire, de rhétorique et de poésie; Gilles Bernardin, son successeur, auteur du premier ouvrage connu qui soit sorti des presses avignonaises, le Luciani Pâli* nurus. La ville faisait à ces lettrés des appointements annuels de cent cinquante, florins. Vers le même temps (1497), Barthélémy de Riquetis fondait, sous les auspices de l'Université, dans le couvent des Dominicains, un collège pour vingt-trois novices de l'ordre, qui devaient y apprendre la grammaire, les arts libéraux, le chant et la théologie (i). Enfin, n'oublions pas que César Nostradamus étudiait lui-même, en 1 520, lesarts libéraux à Avignon. Mais il n'en faut pas moins convenir que l'éclat de cette Faculté ne fut pour ainsi dire qu'intermittent et qu'à des périodes brillantes et de pleine activité ne succédaient que trop souvent de longues années ,où les chaires étaient sans lecteurs, et la décadence complète ; destin qu'elle partageait, du reste, avec la Faculté de médecine. Il n'en fut plus de même du jour où s'ouvrit à Avignon le collège des Jésuites. Une véritable renaissance s'en suivit pour les lettres, et bientôt on vit affluer dans cet établissement jusqu'à seize cents et deux mille élèves.

Or, en Tannée 1596, les Jésuites, étant dans l'intention d'instituer dans leur collège un cours de philosophie et de former des bacheliers et des maîtres ès-arts libéraux, a sous le nom cependant et sous l'auto- « rite de l'Université et de son primicier, ainsi qu'ils avaient l'habitude et de le pratiquer dans leurs collèges situés près d'autres Universités », s'ouvrirent de leur projet au primicier Gilles de Benoît. Celui-ci con-

(1) Jean Mahuet : « Prœdicatorium Avenionense seu historia Conventus Avenunensis Fratrum prœdicatorutn, Avcnione, 1678. »

voqua immédiatement le collège des agrégés ès-droits et, après un examen attentif de la question, étant reconnu que la proposition des Jésuites était tout en faveur de l'utilité publique, il fut décidé que dorénavant les élèves munis de certificats d'études délivrés par les professeurs de philosophie du collège seraient admis à se présenter aux épreuves du baccalauréat et de la maîtrise ès-arts devant l'Université ; que les examinateurs seraient désignés par le primicier, etc., etc., (16 décembre 1596) (i).

C'est donc en vertu de cette dernière clause que fut dévolue en 1598 la fonction d'examinateur des candidats à la maîtrise ès-arts à Denis Chrétien., honneur rendu non pas seulement aux mérites du régent, mais auss#i bien à la Faculté de médecine dont l'importance s'affirmait de jour en jour. Ce fut là d'ailleurs un précédent, et quand, un siècle et demi plus tard, en 1759, les classes de physique, de mathématiques et de logique du même collège furent agrégées définitivement à la Faculté des arts, alors rénovée de l'Université, le VIb article de la convention rédigée à cet effet entre les parties, spécifia que les élèves qui se présenteraient à la maîtrise seraient examinés par le premier professeur de la Faculté de médecine; ce qui par le fait déclarait celui-ci agrégé' né en la Faculté des arts (2).

A peu près vers le même temps, se produisit un autre fait de nature aussi à bien mettre en évidence l'importance croissante qu'avaient prise à la fin du XVIe siècle les médecins agrégés et la place considérable que tenait la Faculté de médecine.

Le 9 juin 1597,1e primicier Sébastien de Sissoigne réunit le collège des agrégés ès-droits dans la salle d'audienc^ de la Vice-Gérence, Il s'agissait de délibérer sur une affaire qui avait mis en émoi tout le corps universitaire. Les docteurs simples et les docteurs agrégés, qui jusque-là avaient toujours été dispensés de la garde des portes, même dans les circonstances les plus critiques, venaient de voir tout d'un coup, en raison de la gravité exceptionnelle de la situation faite à la ville par l'approche des Huguenots, leur privilège d'exemption considérablement réduit. Il était d'autant plus urgent d'aviser là-dessus qu'à propos de certaines négligences commises par eux, le générai des armes de sa Sainteté s'était plaint au conseil de ville que les docteurs s'acquittaient mal de leurs devoirs, tant en ce qui concernait la garde des portes que les rondes de nuit, et qu'il avait menacé de les amender tout comme les autres particuliers, pour les forcer à remplir strictement leurs obligations. Cette fois les agrégés ès-droits ne crurent pas devoir

(1) Voy. la teneur de cette convention aux archives de l'Université. (D. 222.)

(2) Id. Archives de l'Université. (D. 222.)

se passer des lumières de leurs collègues de la Faculté de médecine, et trois d'entre eux, Denis Chrétien, Jean Ballaguier et Loup Ribère, furent appelés officiellement à l'honneur insigne de délibérer et de voter avec eux sur les mesures à prendre. On reconnaissait ainsi, d'une part, que la Faculté de médecine faisait partie intégrante de l'Université, et, de l'autre, que les privilèges attachés à la qualité de docteur étaient communs aux médecins et aux légistes.

L'année 099 termina brillamment le XVIe siècle. Notre Faculté ne reçut pas moins de dix nouveaux docteurs. C'est le chiffre le plus fort que nous ayons relevé jusqu'ici. Elle comprenait aussi à ce moment seize agrégés, savoir : Emmanuel Ribère, doyen, Denis Chrétien, régent ordinaire, Paul Antoine de Rhodes, Claude Chanuel, Esprit Eymeric, Pierre Julian, Jean Ballaguier, Pierre Fesquet, Claude Cachet, Michel Ribère, Loup Ribère, Pierre Sarpillon, Philippe Soubé, Elzéar du Roure ou de la Rovère, Claude Marin Albert, Honoré Jacques ; absen* tes ordinarii : Jean Ballaguier, Michel Ribère et Claude Marin Albert.

Ainsi, après une longue période de gestation, notre Faculté avait enfin vu le jour. Certes, son enfantement avait été des plus laborieux, et l'Université, après l'avoir portée péniblement dans son sein, n'avait pas eu ensuite beaucoup de tendresse pour cette rille mal venue. L'enfant, quoique privée jdes caresses maternelles et sans appui dans ses premiers pas, après être restée longtemps chétive, avait fini cependant par grandir et de force s'était fait place à côté de ses aînées, au foyer de la famille. Puis, avec le temps, elle avait, par ses mérites, son assiduité au travail, ses succès et l'estime dont elle jouissait au dehors, forcé les résistances et commandé tout au moins la sympathie. Maintenant l'Université ne la regarde plus comme une étrangère, et les temps sont arrivés où elle la montrera avec quelque orgueil.

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