‹ Histoire de la Faculté de médecine d'AvignonChapitre 13 sur 53 · FAIRE · texte numérisé non relu

FAIRE

« La première chose, luy faut demander son nom, surnom, d'où il est, de quel diocèse.

« Puis luy faut dire à combien se montent tous les droits, les lettres comprises.

« Il faut luy demander les dits droits, et s'il les vous baille, en faut faire deux borderaux, l'un pour celuy qui baille l'argent et l'aultre pour vous. Plus fault faire reconnaître l'argent, s'il est bon et de poids.

« Plus luy faut demander s'il a une question de médecine préparée et s'il la sait par cœur. Plus s'il a ses actions de grâce et s'il les sait par cœur. Car pour l'aphorisme d'Hippocrate, il se prend ad aperturam libri.

« Cela estant faict, il le faut conduire et présenter à celuy qui est régent en médecine; lequel, s'il veut l'examiner, lui demande : Es ne ca-

THOLICUS? HABES-NE LIBROS ? Es NE LEGITIMIS PARENTIBUS ORTUS? Es-NE

orthodoxus ? L'aspirant devra répondre : ha. Et en cas qu'il aye une question en médecine, il faut qu'il la monstre au régent qui la considérera, et s'il y a du superflu, la rayera ou adioustera ou diminuera.

« Et si vous avez l'argent luy dire : Monsieur, j'ay le dépôt et séparément du dict aspirant donner au dict régent qui est tousiours promoteur pour lui : 16 liv. 12 sols.

« Doncques, le dict aspirant, estant prêt et sachant toutes les affaires par cœur, faut prendre heure du régent pour advenir les docteurs de venir à l'assignation des points, laquelle en esté se faict ordinairement à 5 heures du soir, en ceste forme :

« Hodie hora 5 pro assignatione punctorum.

« Et en hyver se faict à 8 ou 9 heures du matin, en ceste forme :

« Cras hora 8 pro assignatione punctorum.

« Ayant donc prins l'heure, il faut prévenir chacun des docteurs. »

Nous ouvrons ici une parenthèse pour insérer la note de notre secrétaire, qui nous confirme ce que nous savions déjà, que, pour la Faculté

de médecine, aussi bien que pour les autres , les docteurs agrége's n'étaient pas tenus de résider à Avignon :

«Nota. Qu'il faut tousiours advenir à bonne heure Monsieur Albert, à Garpentras, afin qu'il aye loisir d'estre et adsister au docteur, par un porteur express ou par le messager de Garpentras, s'il est en ville. »

« Il faut aussy advenir l'archevesque, s'il est en ville, sinon son vicechancelier de la dicte assignation des points. ,

« Faut aussy advenir M. le primicier, lequel dispense ordinairement pour ne prendre la peyne d'aller chez lui, si ce n'est une fois après qu'il est esleu primicier.

« Faut aussy advenir celuy qui doibt prendre ses points et se rendre à telle heure assignée chez le régent ; ou estant et l'heure estant venue, si l'archevesque est en ville, faut prendre la robe et la verge et s'en aller vers le dict archevesque, avec l'aspirant qui doibt avoir une robe et le régent aussy, et les autres docteurs sans robe. Ou estant, l'on salue l'archevesque, auquel le régent présente l'aspirant, et puis le dict archevesque ouvre le livre des aphorismes et donne un aphorisme, et puis le régent dict : Alterum thema est.

« Si ceux qui doibvent argumenter au nombre de trois sont là présents, per turnum, vous ne vous mettes en peyne de leur porter les points ; sin contra, vous allés à la maison du régent, qui vous donne les dicts points et en faictes les billets pour ceux des dicts argumentants qui n'ont assisté aux points, lesquels vous portés aux dicts sieurs qui doivent argumenter.

« Le jour du doctorat venu, se faut rendre à bonne heure à la maison du régent, avec la. robbe, masse et bonnet avec un floc rouge. Où estant avec le dict aspirant, lequel prend sa robbe comme dessus, vous allés le premier, l'heure estant venue, jusque dans la salle de la chancellerie, et vous mettes vostre masse, bonnet et l'estatut sur la table; dans lequel estatut il y doibt tousiours avoir les billets d approbo et quelques billets blancs, et il faut une escriptoire prête en cas que quelque docteur voulut inscrire des reprobo. Et M. M. le chancelier, primicier, régents et docteurs venus, le dict aspirant commence ses points à la coustume.

« Et auparavant que le docteur commence, faut prier tous lesestrangers de sortir hors de la dicte salle ; et cela faict, vous fermés la porte, et après faites venir celuy qui doibt passer à la table au mitan de MM. les examinans, tout droit, la teste découverte; et avant de commencer ses points, le régent se lève droit et dict : « Laureandus petit ingressum pro quatuor aut quinque parent ibus, si pi ac et r> ; et vous demandés à l'aspirant quels il désire qu'y entrent, et vous les faictes entrer et nul

autre, hors les docteurs 'aggrégés, sans permission de M. le primicier que vous lui allés demander tout bellement, en luy disant: Monsieur, Monsieur tel vous prie rentrée ; et s'il le permet vous faites entrer; sinon non.

« Les deux points achevés, et quand il a dit : « Nunc çonverto me ad Dominos meos me ar guère volentes, quorum humanitatem imploro », il faut aller fermer la porte à la clef et la remettre à Monsieur le primicier, et n'ouvrir plus la porte même à des docteurs aggrégés, si ce n'est quand les suffrages ont esté leus. »

Le bedeau distribue alors à chacun les droits qui lui reviennent.

« Les arguments une fois finis, vous priés civilement les estrangers de sortir hors de la salle et de se retirer en bas dans la chambre avec l'aspirant ; où estant vous prenez le roole des docteurs présents et ayant achevé de balloter, vous allés prendre les estatuts sur la table et venés au-devant M. le chancelier et ouvrés le livre des estatuts sur lequel vous mettes tous les billets et les lises l'un après l'aultre tout hault ; ce que aschevé, vous allés ouvrir la porte et appelés ensuite le prétendant et le faictes mettre à genoux devant Monseigneur le chancelier, où estant, il lit la profession de foy. Laquelle finie, s'il est subiect du roy, le primicier lui dict : Promittis fidelitatem christianissimo Francorum Régi? Et il répond : Promitto (1).

« Et après il se lève droict, et vous prenésjle livre des estatuts et accompagnés le prétendant à sa place derrière la table, où estant, après que le secrétaire de l'archevêque a leu la permission qu'il donne à son promoteur de ly donner le bonnet.,... »

[La formule en est ainsi conçue : « Nous, par la grâce de Dieu et du St-Siège, archevêque d'Avignon, chancelier de Palme Université de cette ville, à illustre Monsieur N....,docteur médecin agrégé, régent ordinaire en la Faculté de médecine, et promoteur, salut en Notre-Seigneur.

(1) Depuis l'obtention des lettres patentes de 1650, qui lui reconnurent la qualité de régnicole (Voy. le chapitre suivant) , l'Université d'Avignon fit prêter à tous les candidats, sujets du roi de France, le serment de fidélité. Ainsi de ce Michelet (15 février 1685) : « Nota quod dictus Michelet, praestitit juramentum fidelitati Régi Franciae, quia eius subditus, etc. » Par analogie, tous les candidats de nationalité étrangère prêtèrent un serment semblable en prenant leurs grades Le 28 avril 1665, Pierre Gaillard, de Franche-Comté, reçu docteur, « praestitit juramentum Philippo IV, Dei gratia Hispanias et Indiarum potentissimo Régi catholico, féliciter regnanti »; et le 16 mai 1686, Joseph Duciny, de Lucques, et Nicolas Palmarius, de Gênes, sont reçus docteurs en prêtant le même serment, le premier « Serenissimae Reipublicas Luceni, » et le second, « Reipublicas Genuensi. » {Archives de l'Université, D. 140, folio 336.)

« Il est juste que celui qui, renonçant à l'oisiveté et à la satisfaction des plaisirs frivoles de la vie, consacre ses veilles au travail et à l'étude de la science, obtienne des honneurs et des distinctions, afin que son exemple soit pour les autres un stimulant et un motif de persévérer dans leurs bonnes résolutions. Attendu que noble N.... a subi en notre présence les examens difficiles et rigoureux auxquels il a été soumis, avec un succès tel qu'il nous a paru digne, ainsi qu'aux docteurs agrégés de sa Faculté, du doctorat qu'il sollicite : Nous chancelier, certain de sa capacité, de l'honorabilité de sa vie, et de ses mérites, ainsi que du tout il nous a fait apparaître dans ses examens ; et attendu que de son propre mouvement, il a fait à genoux, et entre nos mains, la profession de foi catholique, apostolique et romaine, suivant les termes de la bulle du pape Pie IV; qu'il a prêté le serment particulier aux médecins et tous ceux requis en pareille circonstance, donnons et conférons par ces présentes, à vous N...., médecin agrégé en la Faculté de médecine, régent ordinaire et promoteur, le droit et le pouvoir de lui conférer dans la forme accoutumée les insignes doctoraux. Fait à Avignon, en nostre palais archiépiscopal, etc. (i). »]

« Vous ly faites lire tout haut le serment qui est après la profession de foy et, le dict serment fini, vous mettes le bonnet auquel est le floc rouge que vous avés attaché avec une espingle sur la masse que vous tenés droicte au devant du régent (2).

<r Puis le docteur estant passé, l'oraison dite et la promotion finie, vous allés avec la masse droicte jusqu'au maître-autel de Notre-Dame; le nouveau docteur un cierge à la main allumé faict son oraison, et celle-ci finie, vous vous levés et passés tout le premier jusqu'au dehors la porte de l'église, où le docteur remercie Monsieur le primicier.

« Et si le docteur veut aller par la ville jusqu'à sa maison avec les haut-bois ou sans les haut-bois, vous passés tousiours le premier, la masse droicte, et allés bellement jusqu'à sa maison, où vous vous retirés après l'avoir félicité (3) ».

(1) Voy. à l'Appendice de ce volume le texte latin de cette autorisation.

(2) Cf. ce cérémonial avec celui en usage, à la même époque, à la Faculté de médecine de Montpellier et décrit si spirituellement par Locke. {Life of Loke, by lord Rinç ; traduction d'Aimé Martin.)

(3) Une délibération de l'Université du 2 janvier 1605 avait restreint la pompe de cette conduite. Antérieurement à cet arrêt, il était d'usage, dit Paul Achard, que l'étudiant qui passait docteur traversât la ville, au milieu d'un grand concours d'amis à pied et à cheval, précédé d'un corps de ménétriers et de quelques bouffons qui, par leurs lazzis, provoquaient les rires de la foule. On l'accompagnait ensuite avec le primicier jusqu'à son domicile.

Avant de continuer à enregistrer des actes qui témoignent de l'inten* tion qu'avait l'Université de relever le niveau des études, d'augmenter le prestige des grades et la valeur de son enseignement, il convient de relater un épisode qui met une fois de plus en relief sa profonde dévotion pour le St»Siège.

Nous avons parlé longuement des serments qu'avaient* à prêter, au milieu du XVIIe siècle, ses gradués et ses suppôts, et dont le plus important était la profession de toi prescrite par le concile de Trente et formulée par le pape Pie IV. Mais après la condamnation du livre de Corneille Jansenius et des propositions de Quesnel, on trouva que cette profession de foi n'était plus suffisante pour une Université si essentiellement pontificale, et qui, par cela même, devait se distinguer entre toutes, autant par son zèle pour la religion que par l'excellence de sa doctrine; en conséquence, il fut résolu qu'à l'avenir un registre serait tenu sur lequel les gradués de toutes les facultés auraient à signer le formulaire d'Alexandre VII contre la nouvelle hérésie.

Cette décision ne suffit même point à l'orthodoxie de notre Université. Dans la séance mémorable du 18 décembre 1657, on vit les docteurs agrégés tous réunis, se mettant à genoux les uns après les autres, jurer individuellement, entre les mains du primicier et sur les saints Evangiles, l'observation des nouvelles bulles, puis signer de leurs mains leur acquiescement sans restrictions au formulaire.

Quelques jours après, un régent était nommé à la première chaire de médecine (22 février i658). Après que l'élection fut faite, le primicier ayant exposé que la volonté du pape Alexandre VII était que tout élu à l'une quelconque des chaires de l'Université eût à promettre et à jurer l'observation des bulles et constitutions apostoliques contre les cinq propositions, tous les membres se levèrent et votèrent à l'unanimité, « nemine penitus atque penitus discrepante », d'obéir aveuglément à la volonté du Saint-Père, non seulement dans cette circonstance, mais aussi bien « pour tout aultre qu'il plaira à Sa Sainteté ordonner à la dicte Université. »

François Ferrare, le nouveau régent, parut alors et, à genoux, prêta dans les conditions déterminées le solennel serment. Désormais,la même cérémonie se renouvela à chaque élection, et de même aussi, aux nombreuxserments qu'ils prêtaient déjà, les graduésdurent ajouter celui là(i).

(1) On en connaît le texte :

«Ego N... constitution! apostolicse Innocentii X, datae die 31 maii 1653, « et constitutioni Alexandri VII. datae die 16 octobris 1656, summorum Pontifi- « cium, me subjicio et quinque propositiones ex Cornelii Jansenii libro cui no- « men Augustinus excerptas et in sensu ab eodem auctore intento, prout illas « per dictas constitutiones Sedes apostolica damnavit, sincero animo rejicio ac « damno, et ita juro. Sic me Deus adjuvet et haec sancta Dei Evangelia. »

• Après leur'dévotion à l'Église orthodoxe et à son chef, nous ne sachions rien dont nos docteurs se soient plus opiniâtrement montrés jaloux que de leurs prérogatives de noblesse. Sentiment qui n'était point fait, du reste, pour déplaire au St-Siège. Car la fidélité en son endroit, par le seul fait qu'elle émanerait d'un corps dont les membres seraient plus haut placés dans la hiérarchie sociale, devait donner un exemple susceptible de plus salutaires effets.

En vertu de l'article du Code Romain qui voulait que la science du droit civil rendît très noble celui qui la possédait : « Meritum scientiae juris civilis reddit ipso jure peritum nobilissimum », et par extension aux autres sciences, extension acceptée et validée par les papes en ce qui concernait leurs domaines temporels, le doctorat en médecine, comme celui en droit, pris à l'Université d'Avignon, conférait la noblesse, non pas seulement la noblesse personnelle, mais encore la noblesse transmissible aux descendants. C'était là un privilège fort recherché qui ne contribuait pas peu à attirer les étudiants à l'Université et auquel bon nombre de familles existant encore aujourd'hui doivent leurs titres et leurs parchemins. L'Université en affirma à diverses reprises la possession par des délibérations et des actes, parmi lesquels nous citerons l'attestation que le primicier délivra, le i3 août 1692, aux héritiers d'Etienne Mirabeau, de Pertuis, en témoignage de ce que celui-ci avait été reçu docteur agrégea la Faculté de médecine d'Avignon, le 4 mai 1 6 1 5, et dans laquelle on lisait : « Nous certifions, en outre, que de temps immémorial, tous ceux qui ont pris le doctorat dans l'Université d'Avignon, tant en droit qu'en médecine, ont été qualifiés sur leurs diplômes de nobles, qu'ils possèdent en effet ce titre, et jouissent de tous les privilèges attachés à cet état, aussi bien à Avignon que dans tout le ressort de la légation (1) »

Nous devons reconnaître, toutefois, que cette noblesse résultant du doctorat était basée seulement sur la tradition et la coutume, mais ne pouvait invoquer en sa faveur ni brefs, ni constitutions apostoliques. Ce n'est pas qu'à diverses époques on ne se fût occupé d'asseoir ces tities sur un fondement plus solide que celui de la simple tolérance. Dans le courant de l'année 1698, notamment, le primicier fit faire des recherches à Rome, dans la chancellerie et à la secrétairerie des brefs.

(1) « insuper fidem facimus et attestamur

omnes accipientes gradum doctoratus in dicta Universitate Aven, eoque décor atos tant in utroque jure quant in medici?ia, esse et fuisse ab omni tempore immemoriali qualificatos in litteris eorum doctoratus nobiles, illosque haberi et censeri nobiles etgaudere privilegiis ?iobilium tam in prœsenti civitate quam in tota legatione Aven. >

(Voy. archives de l'Université d'Avignon, D. 38, folio 12, verso.)

SUITE DE LA PREMIÈRE PÉRIODE D'ÉTAT i5g

On croyait d'après certaines indications qu'entre les années 1 5g3 et 1600, il y avait eu en effet un bref accordé par le pape "en faveur des docteurs, et portant que le doctorat constituait véritablemenr un titre primordial de noblesse. Les recherches coûtèrent 25 livres, monnaie du roi, mais n'aboutirent point.

Le 16 février 1 685, on apporta dans la durée des régences une modification qui témoigne du soin que mettait la Faculté à faciliter les études et à les rendre profitables. Jusque-là, ces régences, au lieu de finir à la St-Luc, se prolongeaient jusqu'au 21 février, mais le professeur arrivé à la fin de sa troisième année scolaire, voyant qu'il n'avait plus que quelques mois d'exercice, au lieu de reprendre son cours à la St-Luc suivante et de le continuer jusqu'au 21 février, cessait définitivement ses leçons et ne paraissait plus en chaire. De leur côté, les élèves, au courant de cette habitude, n'arrivaient plus eux-mêmes qu'en février, ou allaient étudier dans les autres facultés du royaume, où les cours reprenaient dès le mois d'octobre. Remède fut apporté en établissant que la régence en médecine commencerait et finirait rigoureusement à la St-Luc.

Une des questions qui revient le plus souvent à l'ordre du jour des délibérations de notre Faculté est celle du tarif de ses grades. Celui de 1629 n'avait pas tardé à subir des modifications, surtout en ce qui concernait les droits de l'agrégation.

Il résulte de nos recherches qu'en l'année 1 65 1 le doctorat en médecine coûtait 38 écus royaux (nummos regios) et 20 sols ; l'agrégation, 7 écus d'or d'Espagne. Le candidat au doctorat ou à l'agrégation, s'il était fils d'agrégé, ne payait plus que 3 écus même monnaie, indépendamment, bien entendu, des dragées obligatoires pour tous et pour tous les grades, et du festin traditionnel. Pour la licence, les droits étaient les mêmes que pour le doctorat. Le baccalauréat était revenu, comme en 1629, à 3o livres i5 sols.

Mais à partir de i65r, peu d'années se passent sans de nouveaux changements, justifiés soit par la situation de la Faculté et les besoins du moment, soit par les réclamations des divers intéressés, soit enfin pour des raisons qui ressortiront des documents que nous allons reproduire.

Le 26 août 1 653, les agrégés en médecine votent qu'à l'avenir tout médecin qui se présentera à l'agrégation devra en payer intégralement les droits, sauf déduction de 100 livres déjà payées pour son doctorat, et qu'il ne sera statué sur sa réception que lorsque la somme aura été versée (1). En conformité de cette délibération, quand le 20 avril sui-

(1) Voy, aux archives de l'Université d'Avignon, D. 15.

i6o ORIGINES ET ORGANISATION

vant le sieur Hugues Dalen, docteur de la Faculté d'Avignon, se présenta à l'agrégation, il paya toute la somme, moins les dites ioo livres. Une autre délibération (16 janvier 1 658) tend à mettre un terme aux demandes de réduction que ne manquaient pas de faire individuellement les docteurs, quand plus tard ils visaient à l'agrégation:

« L'an 1 658 et le 16e jour du moys de janvier, le collège de Mes* « sieurs les docteurs aggrégés en la Faculté de médecine de l'Univer- « site du général estude d'Avignon, ayant esté convoqué dans la mai- * son de noble et spectable personne Monsieur Gabriel Olivier, « docteur régent ordinaire de la dicte Faculté de médecine, pour « recepvoir en la dicte aggrégation de médecine Monsieur Pierre « Amiel, du lieu de Barbentane, lequel avoit prins son doctorat en la « dicte Faculté de médecine dans l'Université du dict Avignon, puis « quelques années, où furent présents nobles et spectables personnes « Messieurs Gabriel Olivier, régent susdit, Claude Bonet, doyen de la « Faculté, Gabriel Crivelli, Jean de Sudre, Henry Ribère, Henry a Félix, François Ferrare, François Morelot, Michel Olivier et a Claude Blanc, tous docteurs aggrégés en la dicte Faculté de méde- « cine, la moyenne et sanieure partie d'iceluy collège faizants et re- « présentants. Et advant que procéder à la dicte réception, le dict sieur « Olivier, régent, auroit exposé à tous les messieurs susnommés qu'il « se glissoit un grand abbus au dict collège, lors et quand quelqu'un « ja docteur en la dicte Faculté de médecine vouloit se faire recep- « voir en la dicte aggrégation, en demandant diminution des droits a de la dicte aggrégation ; ce que redonde au très grand préjudice a du dict collège, puisque tous ceux qui se sont aggrégés auparavant « ont tousiours payés ces droits entiers au collège sans diminution. A « quoy voulant le dict sieur Olivier, régent du collège, obvier, auroit « fait la proposition suivante :

« Qui trouvera bon que les docteurs ja receus en la dicte Faculté de « médecine, voulant en après se faire recevoir aggrégés, ne pour- « ront avoir aucune diminution des dicts droicts, ainsi despositeront « auparavant que de se présenter au dict collège de médecine touts les « droicts entiers, sans aucune diminution, comme dict est et tout ainsi « que sera ici exprimé, ospinera affirmativement; qui au contraire, néa gativement. Lors, touts les dicts sieurs docteurs aggrégés se seroient a levés et auroient unanimement approuvé la dicte proposition et a conclud que nul ja docteur médecin ne pourra s'aggréger, qu'il ne « depposite auparavant touts les droicts d'aggrégation, comme s'en suit:

« Premièrement à Monseigneur l'Archevêque et chancelier six escus d'or d'Espagne, en desduisant 12 livres qu'il a baillées à son doctorat.

« A Monseigneur le primicier, cinq escus d'or d'Espagne, en desdui- « sant 18 livres qu'il a reçeu auparavant au doctorat.

« A Monseigneur le régent, neuf escus d'or d'Espagne, en desduisant « 16 livres qu'il a reçeu auparavant au doctorat.

« A Messieurs les cinq vieux docteurs aggrégés, cinq escus d'ord'Es- « pagne pour chascun, en desduisant 8 livres qu'ils ont receu pour « chascun au doctorat.

« A chascun de Messieurs les jeunes docteurs aggrégés, trois escus « d'or d'Espagne.

« A l'Université, deux escus d'or d'Espagne, en desduisant 3 livres « 1 5 sols qu'elle a reçeu au doctorat.

« A moy bidel et secrétaire soubsigné, quatre escus d'or d'Espagne, « en desduisant 6 livres que j'ay reçeu au doctorat, sans comprendre « les lettres d'aggrégation pour lesquelles celuy qui s'aggrègera payera « 9 livres ip.

« Au Secrétaire de l'archevesque, i escu d'or d'Espagne, en desdui- « sant i5 sols qu'il a reçeu au doctorat.

« Plus payera celui qui voudra s'aggréger une boicte de dragées du ce poids au moins d'une livre, sçavoir, à Monseigneur, seigneur Parie chevesque, à Monseigneur le régent, à chascun de Messieurs les doc» ce teurs aggrégés et à moy bidel et secrétaire; oultre ce, faira un festin « à tous les susnommés, hors à Monseigneur, seigneur, et à son se- « crétaire.

« Laquelle conclusion et délibération ainsi faicte, touts les dits doc- « teurs susnommés ont requis insérer dans le livre des conclusions de « la dicte Université, pour s'en servir lors et quand l'occasion s'en préce sentera, et se sont soubsignés et ont requis révérendissime seigneur « Monsieur Charles-Joseph de Suarés, primicier de l'Université, la « vouloir approuver, confirmer et autoriser.

« ApprobamuSjConfirmamus et autorisamus. E. J. Suarés, primice» « dus, rector et conservator [sic signatus).

« E. G. Oliverius, regens; Bonet, decanus ; Sudre Gabriel, « Grivel, H. Ribère, H. Félix, Fr. Ferrare, Fr. Morelot, « M. Olivier, C. Blanc, ainsi signés. » « Ainsi proposé, conclud et délibéré.

« Bernardus, secretarius (i). »

(i) Extrait des archives de l'Université d'Avignon, D. 37. La délibération porte en tête : «Conclusion faicte par Messieurs les docteurs aggrégés en médecine, par laquelle les droits d'un qui est ja docteur en ladite Faculté, se voulant aggréger, sont réglés. »

i62 ORIGINES ET ORGANISATION

En réalité, cette décision n'est, pour ainsi dire, qu'un retour pur et simple à la stricte exécution du tarif de 1629; il suffit, pour s'en convaincre, de comparer les deux documents.

Il n'en est plus de même de celle du 2 3 octobre 1677. En lisant la requête adressée au primicier le 5 du même mois par les agrégés en médecine, on se rend compte des raisons invoquées à l'appui de la surélévation des droits qui y fut votée :

« Les soubsignés docteurs aggrégés en la Faculté de médecine de la « présente ville d'Avignon, considérant qu'il est de l'honneur et de « l'advantage de l'Université de cette dicte ville et en particulier de a leur Faculté, que les droicts de leur aggrégation ne soient pas d'un « beaucoup moindre prix que ceux des autres deux Facultés de théoce logie et des lois, comme ils le sont à présent ; et surtout l'advantage « qu'ils se proposent devant aussy redonder en partie au profit du « corps de Messieurs des lois, puisque les droits de Monsieur le priée micier et de la masse sont augmentés à proportion :

« Supplient humblement Monsieur le primicier de la susdicte Unic versité de vouloir agréer et authorizer la conclusion qu'ils ont résolu « de faire, touchant les droicts de l'aggrégation dans leur dicte Faculté, « qui est d'augmenter les dicts droicts d'un escu d'or pourchascun des « nommés cy-dessous, qui ont interest et part aux dicts droicts, à sa- « voir pour Monseigneur l'archevesque, chancelier de l'Université, a pour Monsieur le primicier, pour la masse de l'Université, pour a Monsieur le régent de médecine, pour chascun des docteurs agrégés « en médecine, tant vieux que jeunes et pour le bedeau. Ce qu'ils en- « tendent seulement à l'égard de ceux qui voudront s'aggréger à la dicte « Faculté de médecine et qui ne seront pas fils naturels et légitimes « d'un docteur aggrégé en la même Faculté de cette ville; ne prétendant <c aucunement toucher à ce qui regarde les fils des docteurs aggrégés en « la dicte Faculté qui seront reçus com.ne auparavant, en payant les « droicts accoustumés; et ce faisant, les suppliants prieront Dieu pour « la félicité et prospérité de Monsieur le primicier.

« Faict à Avignon, le 5e jour d'octobre de Tannée 1677.

« Du Sudre,doct. med. agg. regens etdecanus; F. Ferrarius, D. M . agg. ; Morelot, id.; de La Font, id.; P. Ferrare, id.; J.-J. Alphon, id. (ainsi signés) » (1).

(1) L'original est aux archives de l'Université, D. 209.

Le primicier ayant acquiescé à cette requête et donné l'autorisation demandée, la Faculté prit donc, à la date du 23 octobre, une conclusion conforme (1). D'ailleurs, dès le 2 octobre de la même année, il avait été arrêté que les candidats au doctorat et à Tagrégatbn payeraient les droits d'avance, et que s'ils ne subissaient pas les épreuves dans les trois mois à compter du jour du dépôt, celui-ci serait définitivement acquis à TUniversité.

Cette augmentation cependant ne suffit point. Nos docteurs agrégés ne voyaient pas sans envie que dans les Facultés de théologie et de droit les argumentants « avoient un droict estably pour les peynes et « soings qu'ils prennent par se préparer et argumenter sur les points « qui estoient donnés par le chancelier à celuy qui doibt passer doc- « teur 0, alors que dans leur Faculté les trois argumentants per turnum ne percevaient 'absolument rien de ce chef. Est-ce à cette cause que l'on devait le manque d'argumentateurs, car souvent on en trouvait à peine deux, alors que réglementairement il en fallait au moins trois, et encore s'accordait-on à reconnaître que l'argumentation dénotait une préparation insuffisante? Joseph Brun, régent en médecine, semblait le croire, et il était d'avis qu'il fallait chercher un prompt remède à une situation qui compromettait à la fois l'honneur de la Faculté, la prospérité des études médicales et le crédit des diplômes. Làdessus, il réunit ses collègues sous la présidence du primicier (6 mars 1690) et leur exposa qu'il serait désirable « qu'à l'advenir, il y eut trois « docteurs aggrégés qui argumenteroient contre les docteurs qui passece roient. savoir deux sur la question et le dernier sur Y aphorisme; que « chacun des argumentants reçut un droict de vingt sols grosse « monnoye, valant en tout un escu, et deux sols de monnoye du roy, « qui seroient déposités entre les mains du secrétaire de l'Université, a comme il s'est pratiqué de tout temps ; que se trouvant un ou deux « d'iceux qui ne voulussent ou ne pussent argumenter par maladie, « absence ou aultrement, que ce fut à celuy ou à ceux qui viendroient « après celuy ou ceux qui n'auroient voulu argumenter, et que ceux « qui argumenteroient tireroient vingt sols grosse monnoye; qu'à ces « fins, les droicts au doctorat fussent augmentés d'un escu de monnoye, « en façon qu'à l'advenir les droicts d'un docteur, comprises les lettres, « montassent à la somme de 3y escus monnoye du roy. » Gomme cette proposition ne rencontra aucun opposant, le primicier y donna son assentiment et l'approuva dans toute sa teneur (2).

Si nos médecins agrégés avaient été bien inspirés, en s'autorisant

(1) Elle est aux archives de l'Université, D. 38, folio 58.

(2) Voy. aux archives de l'Université, D. 141, folio 144.

i64 ORIGINES ET ORGANISATION

de l'exemple de la Faculté de droit, pour réclamer le même bénéfice pour les argumentants au doctorat en médecine, ils ne le furent pas moins lorsque cinq ans plus tard, trouvant insuffisants les droits que payaient les candidats à l'agrégation, ils invoquèrent encore auprès du primicier le même exemple à l'appui de leur projet de les augmenter.

La délibération est du 19 mai 1695.

« Le sieur Chardon, docteur agrégé et régent, expose à ses collègues « réunis chez lui, que MM. les docteurs aggrégés aux lois ne rabat- <c toient pas les droicts des docteurs simples, quand ils se vouloient ag- « gréger à leur corps, bien que le droict de leur aggrégation montât à la « somme d'environ mille escus, et que cependant leur collège étoit en « coustume de rabattre le droict du doctorat simple, lorsqu'un docteur « simple se vouloit aggréger à leur Faculté, à proportion de ce que a chascun avoit reçu du droict du dict doctorat ; et qu'il arrivoit très « souvent que ceux qui avoient reçu le dict droit étoient morts lorsque a le dict docteur simple s'aggrégeoit, et que par ainsi il falloit que ceux « qui avoient succédé à la place des dicts docteurs morts, bien qu'ils « ne fussent pas même docteurs lorsque le dict docteur simple avoit « passé, quittassent une grande partie de leurs droicts à celuy qui s'ag- « grégeoit, ce 'qui causoit ordinairement de la dispute lorsque quelce qu'un se vouloit aggréger; en façon que pour remédier à ces sortes « d'inconvénients, il étoit du sentiment de ne rabattre plus aux dicts « docteurs simples le droict de leur doctorat, lorsqu'ils se voudront a aggréger.

« Le dict sieur Chardon expose encore que le droict de leur aggré- « gation qui ne montoit qu'environ 48 ou 40 pistoles de 12 livres et « 5 sols de roy chascune, comprins le droict de doctorat simple, étoit « si peu de choses en comparaison du droict de l'aggrégation ès-lois « qui montoit à environ mille escus, que, pour se conformer en quela que façon à un corps si illustre, il étoit d'avis d'augmenter leurs « droicts d'aggrégation de 35 sols de roi par pistole (1).

Ces résolutions furent votées à l'unanimité, et désormais les docteurs simples voulant s'agréger à la Faculté de médecine eurent à payer :

« Au chancelier 49 livres de roy.

« Au primicier . , 42 id.

a Au régent et promoteur 70 id.

a A chascun des cinq docteurs vieux, . . 42 id.

(1) La pistole d'Espagne, qui avait aussi cours, valut, à partir de 1656, 11 livres 8 sols, en monnaie d'Avignon, et l'écu d'or sol, 5 livres 18 sols même monnaie.

« A chascun des docteurs aggr. jeunes . . 28 livres de roy.

« A la masse de l'Université 21 id.

« Au secrétaire de FUniversité 21 id.

« Au même pour les titres de l'aggrégation. 3 e'cus.

« Au secrétaire de l'archevesque .... 6 livres et 5 sols.

« A l'imprimeur. i5 sols. »

D'autre part, les candidats au doctorat et à l'agrégation réunis payeraient, outre les sommes ci-dessus, et à l'instar des docteurs simples, 3 écus pour le droit des arguments, à diviser entre tous les docteurs agrégés jeunes, et un écu à chacun des trois argumentateurs, per turnum, mais au cas seulement où ceux-ci auraient réellement argumenté.

« Aux estafiers du chancelier 3 livres et 10 sols

a y compris les 10 sols du droict de la porte, a Au sacristain de Notre-Dame 10 sols. »

Suit l'inévitable complément :

a Outre ce, donneront au chancelier, au primicier, au régent, àchas- « cun des docteurs aggrégés, au secrétaire de l'Université, et à celui a de l'archevesque une boîte de dragées peinte aux armes de chascun a et d'au moins une livre pièce. Plus le dîner au primicier, au régent, « à tous les aggrégés et au secrétaire. »

Pour les fils des agrégés, rien ne fut changé quant au festin et aux dragées, mais les droits du doctorat et de l'agrégation étaient notablement réduits :

« Au chancelier. . 18 livres de roi 7 sols 1/2

q Au primicier 12 livres 5 sols

« Au régent et promoteur .... 18 livres 7 sols 1/2

« A chaque agrégé 6 livres 2 sols 1/2

a Aux trois argumentateurs , per

turnum j livre à chacun.

a A la masse de l'Université , . . 12 livres ■ 5 sols « Au secrétaire de l'Université, 12 livres 5 sols, plus 9 livres pour les « lettres de doctorat et d'agrégation.

« Au secrétaire de l'archevêque. . . 6 livres 2 sols \\2 « A l'imprimeur de l'Université . . i5 sols

« Aux estafiers du chancelier, 3 livres 10 sols, compris les 10 sols du « droit de la porte.

« Au sacristain de Notre-Dame . . 10 sols (1). »

(il Voy. aux archives de l'Université, D. 140, folio 157, verso.

Cette délibe'ration ne sortit ne'anmoins son effet qu'à partir de l'année suivante, leprimicier ne Payant approuvée qu'à la date du i3 septembre 1696,

Tandis que la Faculté accroissait ainsi ses revenus, elle augmentait aussi le prestige de ses chaires en obtenant pour ses professeurs une tenue qui, aux yeux des profanes, devait les rendre les égaux des professeurs de droit.

A la fin du XVIIe siècle, le costume officiel des premiers ne consistait encore qu'en une longue robe noire à larges manches, un rabat blanc, le bonnet carré (pileus quadratus) en drap noir surmonté d'une houppe de soie cramoisie, et une perruque ajustée suivant la mode. Il leur manquait la chausse ou épitoge, cet ornement que les gens de robe portaient en souvenir de [l'antique chaperon, marque d'une haute dignité, insigne aussi du professorat, et dont étaient ornés les régents des Facultés françaises. L'épitoge était depuis longtemps l'objet de leurs convoitises. Eux seuls, au sein de l'Université, ne la portaient point, car, depuis le 3 août 1 633, le professeur de théologie avait la sienne en soie blanche. La Faculté de médecine en voulait une bordée de rouge, couleur adoptée par les régents des écoles françaises (1). En 1698, les circonstances lui parurent favorables pour tenter auprès du primicier une démarche tendant à obtenir cette faveur. Gomment le collège des agrégés ès-droits la leur aurait-il refusée, alors que, s'étant réservé longtemps l'épitoge pour eux seuls, ils avaient enfin consenti à en gratifier les théologiens, et que la Faculté de médecine, dans un état véritablement prospère à cette époque, était digne à tous égards du même honneur ?

Le 26 août 1698, les médecins agrégés adressèrent à cet effet une requête au primicier (2), dans laquelle ils exposaient leur zèle à rem-

(1) L'épitoge des docteurs régents de la Faculté de Paris était écarlate. Cet ornement se portait sur l'épaule gauche. En ville, ils s'habillaient comme le public, du moins à l'époque qui nous occupe.

(2) « Perillustri domino primicerio et collegio DD. doctorum, aggregatorum in « utroque jure.

a Exponunt regens et doctores aggregati in medicina facultatis Avenionensis, 0 quod, cum muneribus partibusque suis undequoque adimplendis sedulo diligen- $ terque incumbant, nihilque omnino praetermittant eorum quae nedum propriae « privatasque laudi conducere, sed et quae ad famam decusque almae hujus Unice versitatis pertinere posse arbitrentur, ut, sive in solemnibus praelectionibus « cum apparatu faciendis, sive in habendis publicis, privatisque lectionibus ac « anatomiae demonstrationibus et recentiorum ac saniorum opinionum explana- « tionibus, neenon variis eruditisque dissertationibus etiam in lucem editis, ac « demum, quod caput est, in frequenti et rigorosa doctorum inauguratione, ii f ubique bene se prestent. Cum igitur praeclara haec medicinae facultas splendes-

plir leurs devoirs professionnels, le souci qu'ils prenaient de l'honneur et de l'éclat, non point seulement de leur faculté, mais aussi bien de l'Université tout entière, soit par la solennité de leurs leçons publiques d'ouverture, soit par leur exactitude à faire leurs cours et répétitions à la Faculté et dans leurs domiciles privés, soit par l'impulsion vigoureuse qu'ils donnaient aux études anatomiques, au moyen des leçons théoriques et des démonstrations sur le cadavre, soit par leurs doctes commentaires sur les théories médicales nouvelles et leurs ouvrages imprimés, soit enfin par le nombre des candidats qu'ils recevaient au docnrat à la suite de rigoureuses épreuves, etc., etc., sans qu'en retour de pareils services ils eussent une marque distinctive du commun des docteurs. Ils suppliaient donc que le collège des agrégés ès-droits voulût bien accorder au régent en médecine l'autorisation de porter sur l'épaule, à l'instar de ce qui se pratiquait dans les autres académies de l'Europe, une chausse noire bordée de soie rouge.

Le primicier, avec le consentement du collège, acquiesça à cette supplique, et désormais le premier régent en médecine put paraître aux actes universitaires et dans les cérémonies aussi honorablement que ses collègues des autres Facultés, distinction que partagea bientôt le régent d'anatomie, car la Faculté, ayant réclamé en sa faveur le même

« cat in dies magis, dolent illius professores tamen non solum nullis honorum « ac privilegiorum insigniis decorari quibus in reliquis Europae academiis summa « cum dignitate illustrari consueverunt, sed et nullo prorsus ornamento, nulla a honoraria tessera distinctos incedere. Quare supplicant ut liceat facultatis me- « dicinee regenti Epomidem honorariam ex serico heteromallo nigro et simbria serica « villosa ptirpitrei aut violacei coloris laciniatam pênes se habere et gestare quando a et ubi opus erit ; quod et sibi honorificum futurum sit, et ipsimet Universitati « non indecorum. Praefati vero regens et domini doctores medici pro perillustris « sui primicerii ac vivorum patrum incolumitate ac felicitate,beneficii memores, « perpetuo exorabunt. J. Brun, regens ordinarius, F. Morelot, Eymeric, du Su- « dre, F. Athenosy, Fanton, Jacobus-Paulus Chardon, Alphon, Parrely, Pet. « Pinard, de Sarrepuy, Henricus Ferrare, de Sarrepuy filius, Philippus Chardon, « J. Alphon, F. du Sudre, Dominicus Olivier, sic signait in originale. »

Suit au bas de la requête l'autorisation du primicier :

« Attentis narratis et de consensu DD. doctorum aggregatorura de collegio, « concedimus D. Domino regenti ordinario medicinae dictam Epomidem rosei co- « loris laciniatam et laeva manu gestandam et ut petitur, non obstantibus quibus- « cumque. Jonquerettes primicerius, sic signatus in originale. Datum Avenioni, in « sedibus solitas residentiae dicti perillustris domini primicerii, die vigesima sexta « augusti, anno a nativitate Domini millesimo sexcentesimo nonagesimo octavo, « Pontificatus Sanctissimi in Christo patris et domini nostri domini Innocentii, « divina providentia papas duodecimi,anno ejusdem octavo. Bernard, secretarius, « sic signatus. » (Original : Archives de V Université, D 208}

privilège dans une nouvelle supplique, portant la date du 1 1 novembre 1698, eut la satisfaction de voir cette fois encore ses souhaits réalisés (1).

Ce n'était d'ailleurs que justice, car le lecteur a pu déjà apprécier tout ce que cette Faculté avait dépensé de volonté, de constance et de généreux dévouement pour mettre sur un pied digne de celui des grandes écoles françaises son organisation et le niveau de ses études. Récemment encore (3 juillet 1696), elle venait, grâce aux instances du docteur de la Font, d'obtenir la création d'un théâtre anatomique et avait traité avec l'hôpital Ste-Marthe, pour la remise annuelle d'un certain nombre de cadavres destinés aux démonstrations pratiques (2).

Aussi bien, ses efforts avaient-ils été couronnés d'un plein succès; rien ne le démontrera mieux qu'un rapide coup d'ceil sur son état moral pendant cette période d'un demi siècle.

De i65i à 1700, le nombre des gradués est de 61 3; soit une moyenne de 12 par an.

D'autre part, on compte en 1 655 deux étudiants en médecine : Jean- Vincent Rey, de Bédouin, et Joseph de Sarrepuy, d'Avignon. Chiffre bien faible, il est vrai ; mais il est à remarquer que, cette année là, les trois Facultés réunies n'en comptaient que 25. En 1657, leur nombre s'élève à i3 (3). En 1659, 16 élèves, suivent simultanément les cours des deux professeurs, « sub domino Francisco Ferrare, régente medico « ordinario, et sub domino Johanne de Sudre, doctore medico aggre- « gato et professore publico (4). »

En 1660, il y en a 21 (5). Ce chiffre descend à 16, l'année suivante. Trois professeurs leur font des cours : Jean de Sudre, régent ordinaire, François Ferrare et Piere Amiel, professeurs publics (professores publici). Nous en relevons 10 en 1664 et 1 5 en 1666 (6). Ils sont i3 en 1672 (7) et 14 en 1675, étudiant cette année-là « sub Guillelmo « Fanton, doctore medico aggregato et régente ordinario, et sub do- « minoJacobo Paulo Chardon, doctore medico aggregato et professore « publico (8) ». Nous en trouvons 17, le 6 novembre 1678, « matricua laii in medicina sub dominis de Sudre, régente etdecano, Guisony, a régente designato, et Alphon, lectore anatomico (9). »

(1) Voyez le chapitre IX de cet ouvrage.

(2) Id. même chapitre.

(3) 31 en théologie et bz en droit.

(4) 26 en théologie et 38 en droit.

(5) En théologie, 38; en droit, 28. En 166 1, il n'y a plus aussi que 34 étudiants en théologie et 24 en droit.

(6) En théologie, 25 ; en droit, 27.

(7) En théologie, 32; en droit, 24 ; et 113 en philosophie.

(8) En théologie, 48 ; en droit, 28 ; et 45 en philosophie.

(9) En théologie et philosophie, 79 ; en droit. 26.

Cette matriculation ou inscription est faite jusqu'alors par le professeur, qui seul est responsable de l'assiduité des élèves à ses leçons. Mais, à partir de 1679, nous voyons les étudiants inscrits maintenant de leur propre main sur les registres matricules. La mesure concerne les deux Facultés de droit et de médecine. On lit, en effet, cette note dans le registre D. 139, à la date du 22 juin 1679 : C( Nomina dominorum scholarium tam juris canonici quam civilis, necnon medicinae, studentium in nostra Universitate, sub clarissimis dominis antecessoribus eiusdem Universitatis, nimirum Ludovico de Garcin, legum comité, Gabrielle Maria "Croseto, Thomas Tonduty et Petro Payen (ce sont les quatre professeurs de droits), et Petro Guisony, régente in medicina ; existente primicerio, etc. ; qui omnes dicti domini scholares se subscripsere ut infra, die 22 junii 1679 ». Suivent 29 signatures et parmi elles sept noms d'étudiants en médecine.

Depuis, la règle est constante. Ce sont toujours les étudiants qui signent eux-mêmes leur matricule sous cette forme ;

« Die . . , nobilis , . , loci . . , diocesis . . • , a fuit matriculatus sub . . , et se suscripsit (1). »

De 1680 à 1699, *a moyenne des étudiants en médecine est de 16 à 20. Ils sont 16 au 18 octobre 1680 (il y en a 53 en théologie; 39 en philosophie; et 32 en droit) ; 14, en i685 ; 19 en 1687; 12 en 1691 ; 20 en 1696 ; i5 en 1698 et 17 en 1699.

Parmi ces étudiants, les uns, et c'était le plus grand nombre, vivaient chez eux, en chambre, dirions-nous, à la manière des étudiants de nos Universités modernes, les autres trouvaient gratuitement dans les collèges fondés près de l'Université, par la munificence éclairée de quelques princes de l'Église ou la libéralité de certains particuliers, le logement, la nourriture et l'entretien, sous l'administration d'un recteur qui veillait plus particulièrement aussi sur leur conduite privée. Ces collèges, au nombre de sept, ne recevaient pas tous indistinctement des étudiants en médecine. Le collège de St-Nicolas d'Annecy, ceux de St-Bernard, dit aussi de Sénanque, de St-Martial et de

(1) De même, à partir du ier trimestre de l'année scolaire 1679-80, on trouve désormais pour chaque trimestre la liste des étudiants immatriculés. Ainsi on ht à la date du 18 octobre 1680 : « Escholiers en médecine soubs messieurs Pierre Guisony, régent ordinaire, et Jacques-Pol Chardon, régent anatomique, qui sont matricules depuis le 18 octobre 1680 : 16. Parmi eux sont Joseph Morales, de Valreas, Philippe Bajuly, de Pernes, Jean-Baptiste Vincent, d'Arles, Pierre Larnac, d'Uzès. »

Dijon ou de Jujon, n'en avaient point (i). Dans ceux du Roure, de St-Michel et de la Croix il y avait, au contraire, un certain nombre de places gratuites pouvant être occupées par eux. Celui du Roure, devait, aux termes de la fondation faite par le cardinal Julien de la Rovère (22 juillet 1476), recevoir trente-six pauvres étudiants en droits civil et canonique ou en médecine. Ces derniers y furent sans doute toujours en fort petit nombre, et les bourses allèrent de préférence aux légistes, mais nous avons pu néanmoins relever leur présence à diverses époques et surtout au XVIIe siècle, qui correspond à la période de pleine activité de notre Faculté. Nous trouvons, par exemple, au folio 3o2 du registre D. 140 des archives universitaires cette mention:

« Die 10 mensis septembris 1680, nobilis et eruditus dominus Johannes Antonius Ratti Savoniensis, collegiatus venerabilis collegii de Rnvere, post propugnatas thèses pro doctoratu de universa medicina, obtinuit gradum doctoratus in facultate medica sub clarissimo Petro Guisony... etc. »

Le même registre porte que le 20 janvier 1681, un autre boursier de ce collège, Jean-François Gontier, deBollène, fut également reçu docteur en médecine dans notre Faculté.

Nous avons été moins heureux dans nos recherches sur le collège St- Michel, destiné à sept écoliers légistes ou médecins (Jean Isnardi, docteur ès-droits, fondateur, (1483), et sur celui delà Croix, établi en 1 55o par Pierre Riccy, docteur ès-droits, pour douze écoliers étudiant tant en droits civil et canonique qu'en médecine. Peut-être qu'en ce qui concerne ces deux collèges les intentions des fondateurs furent peu suivies. Il est à remarquer d'ailleurs, que, faute de ressources, ils ne furent jamais ni l'un ni l'autre dans un état bien prospère, et que leur disparition eut lieu précisément au XVIIe siècle, alors que notre Faculté de médecine était seulement en situation de réclamer les droits qu'elle avait dans l'octroi des bourses. Car son état d'infériorité ne lui

(1) Le collège de St-Nicolas d'Annecy, ou des Savoyards, fut fondé le 24 janvier 1424, par le cardinal J. de Brogniac, pour 24 écoliers du diocèse d'Annecy, étudiant en droits canonique et civil. On l'appelait aussi le Grand Collège. Celui de Sénanque, ou de St-Bernard, le fut en 1471 par J. Casaleti, abbé de Cîteaux, pour sept élèves de l'ordre qui voudraient étudier en droit canon et en théologie. Le collège de St-Martial eut pour fondateur Jacques de Causans, abbé de Cluny, et était destiné à l'entretien de douze moines de cet ordre, étudiant en droit canon et en théologie. Le collège de Dijon ou de St-Eutrope, établi vers le milieu du XVIe siècle par un abbé du monastère de Montmajour-lez- Arles, avait place pour dix religieux suivant les cours de droit canon ou de théologie. (Voy. sur ces divers collèges les notes insérées aux pages 72, 74, 110, 154 et 209 du premier volume de notre Cartuiaire de V Université^)

avait guère permis jusqu'alors de faire valoir ses revendications et Pavait toujours contrainte de céder au collège des agrégés ès-droit, qui naturellement favorisait plutôt les légistes que les étudiants des autres Facultés. Peut-être aussi nos recherches ont-elles été insuffisantes sur ce point.

Quoi qu'il en soit, pour les collégiés comme pour les étudiants libres, la durée des études médicales était, au XVIIe siècle, de cinq années complètes. Ainsi on dit d'un certain Pierre Gaillard, natif de Franche- Comté, qui fut reçu docteur à Avignon le 28 avril i665 :

« Fuit apposita in litteris clausula : verum medicinae quinquen- « nium, scilicet cursum integrum, summo professorum plausu perfecit « in nostra Universitate, et anatomicas dissectiones tum publicas tum a privatas assidue frequentando » (1).

Les uns et les autres aussi font partie de la corporation des étudiants, non plus, comme dans les siècles précédents, d'une façon précaire, mais au même titre que les étudiants en droit. Comme eux, ils sont convoqués à l'élection de l'abbé faite en présence du primicier et des professeurs en droit : « Convocatis scholaribus tara utriusque juris « quam medicinœ Universitatis Avenionensis », lit- on dans les archives, à la date du 22 juin 1679. Comme eux, ils prennent part au vote. Ainsi, dans l'élection qui eut lieu le 5 août 1677, sur 32 écoliers votants, on compta 9 étudiants en médecine. On en compta 23 en droit et 8 en médecine dans celle qui eut lieu le 2 juillet 1664.

Ils pouvaient même prétendre à l'abbaye. Leur droit est certain. En vain voulut-on quelquefois le leur contester; leur élection finit toujours par être validée.

Le 2 août 1682, le nommé Barbier, élève en médecine, fut élu abbé des étudiants par 2S suffrages contre 20, donnés à Barrier, étudiant en droit. La minorité protesta, et avec elle les deux régents ès-lois, Crozet et Garcin, prétendant que, lorsqu'il se rencontrait un légiste acceptant l'abbaye, il devait être élu de préférence, quoique ayant moins de voix qu'un élève d'une autre Faculté. L'affaire eut un certain retentissement, et le vice-légat dut intervenir (2). Pour donner quelque satisfaction à la Faculté de droit, il fit procéder à une nouvelle élection le 28 du même mois. Mais Barbier, ayant eu cette fois encore la majorité, prit l'abbaye, au grand contentement et triomphe des étudiants en médecine. En 1695, on conteste de nouveau aux étudiants en médecine le droit d'être élu abbé des écoliers. La réunion du 21 janvier,

(1) Archives de l'Université, D. 139, folio 153.

(2) Id. D. 139. folio 143.

où légistes et médecins étaient assemblés chez le primicier pour faire cette élection, fut des plus orageuses. Les premiers prétendaient que les étudiants en médecine avaient dans l'élection de l'abbé voix active, mais non voix passive, et que par conséquent eux seuls légistes étaient éligibles ; naturellement les médecins soutenaient leur droit d'élire et d'être élus. Gomme on ne put s'entendre, le primicier décréta que, provisoirement et sans rien préjuger des droits d'un chacun (per modum provisionis et sine attributicne alicuius juris), l'abbé ancien continuerait ses fonctions jusqu'à ce qu'on pût procéder à une nouvelle élection (i). Bientôt, en effet, tout cet orage se calma et l'élection se fit dans les conditions ordinaires.

A ce nombre considérable d'écoliers relevant de notre Faculté dans la seconde moitié du XVII9 siècle, correspond un chiffre élevé de docteurs qui y prirent l'agrégation et en devinrent ainsi partie intégrante. On n'en compte pas moins de 38 durant cette période de cinquante ans. Nous en donnons les noms avec la date de leur agrégation dans la liste générale des médecins agrégés, mise à I'Appendtce de ce volume. Ils forment un collège respectable, tant par leur nombre, qui atteint jusqu'à 27, que par leur science et leur grande réputation professionnelle : pépinière toujours féconde, qui continue à fournir aux chaires de la Faculté les plus brillants sujets (2).

Aussi, n'y a-t-il point lieu de s'étonner de la place considérable qu'occupe maintenant la Faculté de médecine, et n'est-ce que justice si, en 1 683, l'archevêque d'Avignon en fait le plus grand éloge dans le compte rendu de sa visite pastorale, vante sa parfaite organisation et en célèbre les bienfaits. Le temps est bien loin où, humble et délaissée, elle végétait dans l'ombre sans élèves et sans crédit. Elle a conquis désormais sa grande place au soleil, et, si à l'intérieur elle se livre à de rudes labeurs, au plus grand profit de la science et des écoliers, si toujours et partout elle est à la peine, elle est aussi à l'honneur, quand

(1) Archives de l'Université, D. 41, folio 150.

(2) L'enseignement de la Faculté de médecine n'ayant jamais chômé pendant la seconde moitié du XVIIe siècle, et les professeurs s'étant succédé dans les chaires très régulièrement et dans les conditions imposées par les délibérations que nous avons rappelées, nous avons jugé inutile de donner ici leurs noms puisque le lecteur doit les retrouver tous dans les séries chronologiques placées à l'Appendice de ce volume.

En 1680, le collège des docteurs agrégés en médecine se compose de : Jean du Sudre, doyen; François Ferrare, Thomas Albert, François Morelot, Jean-Raymond Eymeric, Michel Olivier, Charles de Lafont, Michel Brun, Jean-François âUhenosy, Guillaume Fanton, Jacques-Paul Chardon, Philippe Parelly, François Olivier, Jean-Joseph Alphon, Esprit-Joseph Parelly.

l'Université se produit au dehors, dans les solennités religieuses, les fêtes publiques, les présentations solennelles, les entrées des archevêques et des vice-légats, les passages des grands personnages, etc., etc.

C'est ainsi que nous la voyons le 1 3 décembre 1 688 prendre part en corps aux réjouissances faites par l'Université, en l'honneur de la prise de Philisbourg par les Français; fête magnifique, dans laquelle, après un Te Deum chanté en musique dans l'église de St-Didier, le primicier, accompagné des régents et des docteurs, précédés des trompettes, vint allumer un feu de joie, au milieu de la place des études, au bruit des boîtes et des fusées tirées du haut du clocher de St-Didier; tandis que, en 1673, elle va en grande cérémonie, et pour son compte personnel cette fois, souhaiter la bienvenue à illustre personne Monsieur de Ghoquenot, chancelier de l'Université de Montpellier, un instant l'hôte de la ville d'Avignon (1).

Tout ceci montre bien que, malgré les guerres, malgré les pestes, le XVIIe siècle fut au demeurant une période de véritable prospérité pour notre Faculté de médecine. Elle le fut aussi malgré les procès sans nombre qu'elle eut à soutenir contre les Universités voisines, toujours en guerre contre ses privilèges et surtout contre le droit qu'avaient ses gradués de pratiquer la médecine en France. C'est à exposer cette longue rivalité, se traduisant par l'interdiction de pratique, l'amende, la prison, et des vexations de toute nature, contre les docteurs d'Avignon, que nous allons consacrer le chapitre suivant.

(1) « Le 26 juin 1673, Monsieur Guillelme Fanton, docteur en médecine de l'Université de Montpellier, et après aggrégé et régent en médecine de l'Université d'Avignon, accompagné de tout le corps de MM. les docteurs aggrégés en ladite Faculté de médecine, sont allés faire la révérence, ledict sieur Fanton avec sa robe doctorale et son bonnet et les autres messieurs avec leurs manteaux et moy aussi la robe et la masse, à M. de Choquenot, chancelier de ladicte Université de Montpellier, qui estoit logé dans le couvent des Cordeliers ; lequel sieur de Choquenot respondit doctement à la harangue dudict sieur Fanton, et témoigna d'estre fort obligé audit corps de médecine. » (Archives de l'Université, D. 140, folio 144, verso.)

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