‹ Histoire de la Faculté de médecine d'AvignonChapitre 25 sur 53 · ORDONNANCE CONTRE LES TAPAGEURS · texte numérisé non relu

ORDONNANCE CONTRE LES TAPAGEURS

« Esprit-Joachim de Guilhermis, docteur aux droits, agrégé," audi- « teur de la sacrée rote du palais apostolique, et pro-primicier (1) de « l'Université d'Avignon, informé par Messieurs les professeurs que « quelques étudiants ne donnent aucune attention à leurs explications, « qu'ils parlent entr'eux et souvent si haut que MM. les professeurs ne « peuvent se faire entendre, et voulant remédier à un aussi grand abus, « avons ordonné et ordonnons aux étudiants, non seulement d'écrire « mais encore d'être attentifs à écouter les explications que MM. les a professeurs leur donnent, et d'être en classe comme il convient qu'ils « y soient, sans y apporter le moindre trouble ni empêchement quelce conque, sous peine aux contrevenants pour la première fois, d'être « privés du droit de leurs inscriptions pour l'année courante, et au « cas de récidive, d'être chassés de l'Université et sous autres peines à « nous arbitraires; et pour que nul ne puisse arguer de son ignorance, « mandons que cette présente ordonnance sera publiée et affichée à « l'Université.

« Fait à Avignon, le 5 février 1748.

« (Signé :) Esprit-Joachim de Guilhermis, pro-primicier (2). »

(1) En l'absence du primicier.

(2) T es ordonnances que nous venons de reproduire nous serviront de transition pour dire un mot du local affecté à la Faculté de médecine dans les bâtiments

de l'Université.

Il est probable que, jusqu'au XVIIe siècle, la Faculté de médecine n'eut pas de local spécial pour ses classes. On se rappelle qu'en 1493 elle n'était encore représentée que par un seul professeur, lequel devait faire ses cours et ses leçons dans sa propre maison ; il en avait été du reste ainsi pendant longtemps pour la Faculté de droit elle-même, qui cependant avait tout un passé à Avignon. Quand l'enseignement de la médecine eut été organisé sur des bases moins précaires, ce qui ne remonte pas plus haut que le commencement du XVIIe siècle, les Cours se firent dans un local spécial appelé des chirurgies^ situé derrière la classe de

Mais, tout en mettant un frein à la turbulence des étudiants et à leur dissipation, le primicier n'avait jamais oublié qu'à l'Université seule incombait le droit de les punir et qu'ils n'étaient justiciables

théologie. (Voyez notre mémoire sur les bâtiments de l'université dans l'introduction du second volume du Cartulaire) . Un siècle plus tard, à la suite d'un incendie qui avait détruit une partie des bâtiments universitaires, de grands remaniements s'étant faits dans l'assiette des divers locaux, notre Faculté obtint pour son usage un bâtiment qui, à défaut de confortable, présentait du moins une superficie plus grande. C'est celui qu'elle garda jusqu'à la fin. Elle était installée en cet endroit dès l'année 1627, sinon avant, puisque nous trouvons à la date du 21 novembre de cette]année une note signée de Bernard, secrétaire de l'Université, portant diverses réparations faites à la classe de médecine, et notamment le remplacement des châssis des fenêtres. Ce local, situé au levant de la place des Études, touchait à la salle qui devint, en 1656, la nouvelle classe de théologie. Le lecteur n'a qu'à se reporter à la gravure représentant l'ensemble des bâtiments universitaires pour se rendre compte de la situation respective des diverses Facultés. L'archevêque Dominique de Marinis, qui fit construire à ses frais la nouvelle classe de théologie, eut aussi des libéralités pour celle de médecine, et c'est à son instigation, et en partie avec son argent, qu'en l'année 1655, Henri du Laurens, primicier en exercice, put y faire les travaux et réparations dont il nous a conservé le détail dans le Journal de ses deux primicériats . Ce fut en particulier la pose d'une magnifique porte « d'aube en façon' de noyer >, surmontée d'un chérubin en pierre, au dessous duquel il fit placer cette inscription en lettres d'or sur pierre blanche :

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