‹ Histoire de la Faculté des sciences de RennesChapitre 16 sur 49 · PLAN DE RENNES · texte numérisé non relu

PLAN DE RENNES

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Président du Conseil des Ministres, chef du pouvoir exécutif, et aux Citoyens membres du Conseil ». On faisait valoir que sur les 37.500 francs de l'annuité promise, l'État n'avait payé que 3.750 francs; que la Ville avait déjà dépensé, tant en travaux effectués qu'en achat de matériaux rendus à pied d'œuvre 206.299 francs; que plus de deux cents malheureux ouvriers allaient se trouver sans travail, dans la mauvaise saison qui approche; qu'enfin le paiement des annuités dues serait « une garantie de plus de la continuation de la tranquillité publique que nous avons été heureux de maintenir dans notre ville jusqu'à ce jour ». Il fut ensuite décidé que l'on demanderait au Conseil général d'adhérer à la pétition. Le Préfet, on ne voit pas clairement pourquoi, fit tous ses efforts pour empêcher le Conseil d'appuyer cette réclamation ; il employa toutes sortes de moyens dilatoires. Finalement une pétition spéciale fut annexée à celle du Conseil municipal.

Les choses s'arrangèrent cependant; l'État ne versa rien pour 1848, mais la Chambre vota une loi qui rétablissait l'annuité de 37.500 francs, de 1849 à 1856, au total : 296.250 francs, qui, avec les 3.750 francs payés^ reconstituaient les 300.000 primitivement promis. Cette loi de finance est du 20 février 1849; elle est promulguée par Armand Marrast, Président de l'Assemblée nationale, M. de Falloux étant Ministre de l'Instruction publique, le quatrième depuis le 24 février (Hippolyte Carnot, Vaulabelle, Freslon).

La Ville, une fois encore, dut modifier son tableau d'amortissement. La construction marcha dès lors régulièrement. La cérémonie de la pose de la première pierre, ajournée en 1847, eut enfin lieu, le bâtiment étant d'ailleurs assez avancé, le 4 mai 1849, sous la présidence du Préfet, M. Caffarelli,

M. Théry étant Recteur et M. Pongêrard, Maire. La pierre, qui contient des médailles, est placée à l'angle Nord-Ouest du bâtiment, sous la pièce qui sert actuellement de cabinet au Directeur de l'École de Médecine.

En 1852, l'École de Médecine put s'installer dans son local. En 1853, le Conseil vota un crédit supplémentaire de 1.750 francs pour sculpter le fronton de Tédifice. En 1854, à la suite de quelques modifications apportées à l'aménagement intérieur, la dépense fut arrêtée, le 3 février, au total de 666.100 francs.

La Faculté des Sciences commença à s'installer, à peu près en même temps que celles des Lettres et de Droit, en 1854-35, sauf cependant le service de la Chimie qui ne fut accepté par Malaguti qu'en 1856.

Ce Palais Universitaire, dont nous venons de résumer très brièvement l'histoire, fut en grande partie bâti dans le lit de la Vilaine dont le cours venait d'être rectifié par la construction des quais. La rivière faisait là, après le pont Saint-Georges, une boucle qui entourait sur sa rive droite une presqu'île basse, sur laquelle repose actuellement la façade Nord de l'édifice. La façade Sud est entièrement construite dans le lit de la rivière ; il en est de même pour les bâtiments latéraux. Cette circonstance exigea l'établissement de pilotis.

Le Palais n'empruntait qu'une minime parcelle de terrain sur la rive gauche, dans le jardin du Collège.

Cette partie de la Ville était alors considérée presque comme la campagne, et Malaguti prétendait qu'on voulait Texiler en transportant son Laboratoire de P autre côté des ponts! La construction des quais et du Palais Universitaire marqua le commencement d'une transformation complète de ce quartier; elle fut continuée plus tard par le percement de l'avenue de la Gare, le

comblement du bras gauche de la rivière, la suppression du vieux Collège qui fut remplacé par le beau Lycée que nous voyons actuellement. Plus tard, la nouvelle Faculté des Sciences vint compléter ce « Quartier Latin » de Rennes.

Le plan, que Ton peut voir ici, a été obtenu en superposant le plan de 1855 à celui de 1830. Les lignes pointillées marquent les quais et l'avenue de la Gare; le Palais Universitaire est indiqué en hachures; on peut ainsi se rendre compte de la place quMl occupe sur la rivière ancienne.

Voici, maintenant) en quoi consistait ce Palais Universitaire. (^Plan p. 7/.) Sa forme générale est un rectangle dont un des longs côtés constitue la façade du quai de l'Université \ Tautre façade parallèle donne sur la rue Touiller ; à TEst et à TOuesr, une petite cour extérieure détermine une échancrure, bordée au Nord et au Midi par deux pavillons attenant au bâtiment principal. Le centre de la bâtisse est occupé par une cour entourée d'une galerie à arceaux de granit, formant cloître, dans le style en plein cintre de beaucoup de constructions rennaises.

Dans ce bâtiment, qui avait environ 65 mètres de long sur 43 de large, le rez-de-chaussée était destiné : à l'Ouest et au Nord, à l'École de Médecine; au Midi, à la galerie des Beaux- Arts; à l'Est et au Nord, à la Faculté des Sciences.

Le premier étage était réparti entre la Faculté des Lettres à l'Ouest et la Faculté de Droit à l'Est ; la galerie de peinture occupait le Midi. Au second étage étaient les bureaux de l'Académie, et l'appartement du Recteur, la bibliothèque de l'Académie, et quelques pièces réservées au service des Beaux- Arts.

L'École de Médecine occupa les locaux qui lui étaient réservés deux ou trois ans avant les autres services. Mais le public ne

pénétra dans le nouveau Palais qu'en 1855, à l'occasion d'une Exposition régionale de machines agricoles, manufactures, arts industriels, etc. Pour cette solennité, les statues furent, pour la première fois, exposées dans la grande salle du rez-de-chaussée sur la rue Touiller, et les tableaux dans la salle du premier étage. Ces toiles avaient été, pendant fort longtemps, roulées et dispersées dans divers locaux ; beaucoup étaient en fort mauvais état et durent être réparées; ce travail, qui dura plusieurs années, fut effectué dans une grande salle du premier étage du pavillon Sud-Est, faisant suite au Musée. Cest ce qui empêcha de livrer immédiatement ce local aux services de l'Histoire naturelle.

A la fin de cette Exposition, les pièces de la Faculté des Sciences furent en état d'être habitées : la Physique s'y installa de suite; la Chimie, un an après.

On peut dire que la Faculté des Sciences ne gagnait absolument rien à quitter le Présidial : sauf le service de la Physique qui se trouva un peu plus au large, les autres étaient aussi à rétroit qu'auparavant. Les laboratoires n'existaient pour ainsi dire pas. Aussi n'est- il point étonnant que l'illustre chimiste Dumas, qui vint à Rennes en 1854, ait laissé voir son mécontentement, et demandé, avant même que le Palais fût fini, la construction d^un pavillon supplémentaire sur l'emplacement qui forme aujourd'hui un square au coin de l'avenue de la Gare, et qui n'était alors qu'un terrain vague en contre-bas du quai. Cette demande n'eut d'ailleurs pas de suite.

Nous allons voir maintenant comment les divers services de la Faculté se trouvèrent organisés au moment où elle prit possession de la part qui lui revenait dans le Palais Universitaire.

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