PÉRIODE DE 1855 A
a) Service giniral.
n y avait deux amphithéâtres : le plus petit, à deux fenêtres, donnait sur le quai et pouvait contenir au plus quarante auditeurs; c'est là qu^avaient lieu les cours de Mathématiques et d'Histoire naturelle; une grande table, surélevée de quatre marches, servait de chaire. Le grand amphithéâtre, rectangulaire, était occupé dans ses deux tiers Nord par des gradins très élevés ; une barrière fut installée un peu plus tard entre les bancs du public et la table à expériences pour éviter des disparitions trop fréquentes d'appareils. Cet amphithéâtre était fort mal éclairé par des impostes pratiqués dans le mur Est ; il fallut toute Tingéniosité du professeur Gripon pour disposer un jeu d*héliostats, qui, par un trou percé dans le mur, arrivaient, quelquefois, à introduire un pinceau de soleil dans ce sombre local. Une centaine de personnes pouvaient s'asseoir dans cet amphithéâtre qui servit aux cours de Physique et de Chimie jusqu'en 1895.
La galerie vitrée qui suivait le mur le long de ce grand amphithéâtre servait à la fois de passage, de salle de préparation des cours et de laboratoire pour les manipulations des élèves.
b) Service de la Chimie.
Cet important service se composait d'une grande pièce servant de laboratoire général, située dans le pavillon Nord-Est avec trois fenêtres, l'une sur le quai et les deux autres sur le square ; elle est employée actuellement au dépôt des périodiques et utilisée
comme salle de lecture réservée «nux professeurs; nous la nommons vulgairement « la glacière »^ ce qui me dispensera d'insister sur le genre de sensations que l'on y éprouve. Des hottes et des paillasses en faisaient le tour ; une table en fer-à-cheval en occupait le milieu. A côté se trouve une toute petite pièce, dont Tétage est coupé en deux par un plancher; elle servait, en bas, de cabinet au professeur, qui y avait quelques balances, ses livres et ses papiers; en haut était un petit musée de produits chimiques, dont quelques-uns, fort beaux, sont encore aujourd'hui des témoins de Thabileté de Malaguti. Une seule fenêtre, coupée en deux et s'ouvrant sur le quai, éclairait ces deux rudiments de laboratoire. Derrière cette pièce se trouvait un petit cabinet noir où s'entassaient les produits sans valeur et d'usage courant. Enfin, un prolongement de la galerie vitrée, dont on vient de voir plus haut les usages multiples, servait encore de laverie et renfermait un fourneau où le professeur préparait certains corps exigeant une haute température. Comme les cours se faisaient dans le grand amphithéâtre, dont l'entrée était fort éloignée du laboratoire, c'était un incessant va-et-vient de produits, de verrerie, qu'il fallait perpétuellement enlever pour faire place au cours de Physique qui suivait. On voit que ce n'était pas sans raison que Malaguti refusait de quitter le Présidial, où au moins son laboratoire était contigu à la salle des cours.
c) Service de la Physique.
Une grande pièce, occupant tout le rez-de-chaussée du pavillon Sud-Est, complètement entourée de vitrines, était parcourue à mi-étage par un balcon supportant un second rang d'armoires vitrées. Les gros instruments étaient placés à terre et sur des
tables étaient disposés les moins volumineux. Une colonne, sortant d'un meuble hexagonal, occupait le centre de la pièce. Rien n'a été changé dans cette salle, sauf que les instruments ont été remplacés par des livres : c'est aujourd'hui la salle de lecture publique de la Bibliothèque universitaire. Une petite pièce donnant sur la rue Touiller servait de cabinet au professeur; comme à la Chimie un plancher la coupait à mi-étage. Il y avait, en somme, au Palais Universitaire un dépôt d'instruments mieux installé qu^au Présidial, mais il n'y avait ni laboratoire de Physique, ni la possibilité d'instituer des expériences demandant quelque étendue ; il ne fallait pas non plus songer à placer des appareils à demeure dans la salle de cours en vue d'expériences de longue durée, puisqu'il fallait l'évacuer tous les jours pour faire place aux autres enseignements.
d) Services de la Zoologie et de la Botanique.
Au Présidial une seule pièce renfermait toutes les collections d'Histoire naturelle et le professeur n'avait de laboratoire, ni pour lui, ni pour les élèves. Dans le Palais Universitaire, l'installation primitive ne fut pas meilleure. La collection fut apportée en 1855 dans une pièce qui^ sous le péristyle du Palais, fait le pendant du logement du concierge; elle fut d'abord seulement prêtée à la Faculté, en attendant que le rentoilage des tableaux du Musée fût terminé, ce qui, un peu plus tard, laissa libre la grande salle au-dessus de la Physique, dont il a été question plus haut. Dujardin continua donc, comme précédemment, à travailler chez lui. En 1857 ou 1858, lorsque la réparation des tableaux fut achevée, la salle du premier étage fut divisée par des cloisons en quatre parties inégales : un petit vestibule, une
grande pièce avec une fenêtre au Nord et une à l'Est, une plus petite éclairée à l'Est et au Midi, enfin une dernière avec fenêtre au Midi. Des armoires vitrées furent disposées contre les murs et reçurent les collections de Zoologie et de Botanique. Il était impossible, à cause de l'encombrement, dy faire des recherches; aussi Dujardin, qui organisa ce petit musée pendant les deux dernières années de sa vie, n'y travailla- 1- il jamais. Lorsqu'en 1860, M. Sirodot lui succéda, il fut heureux de trouver l'hospitalité pour son microscope chez la mère de son préparateur et collaborateur^ M. Gallée, dans un petit pavillon, rue de Paris. Cest là qu'il fit ses belles recherches sur les Lémanéacées et les Batrachospermes. Il faut dire cependant que l'on avait mis au service de la Zoologie, pour y faire les dissections, un réduit sans lumière et sans eau dans les combles de l'édifice ; on ne put jamais en tirer aucun parti.
e) Service de la Géologie et de la Minéralogie,
Durocher, pas plus que Dujardin, n'avait de laboratoire au Présidial. Dans le Palais Universitaire, le professeur n'obtint qu'une toute petite pièce au premier étage, entre le grand amphithéâtre de la Faculté de Droit et les salles de la Zoologie qui viennent d'être décrites ; elle était très mal éclairée par une seule fenêtre où la lumière, en grande partie arrêtée par la saillie du pavillon Sud-Est, ne pénétrait qu'en bien faible quantité. Des planches, contre les murs, « offraient un développement de cinq mètres carrés pour y installer les collections » ; on avait construit au fond un petit fourneau avec une hotte. Cette installation misérable n'était sûrement pas un progrès sur celle du Présidial ; Durocher n'en a pas connu d'autre. Lorsque M. Massieu lui
succéda, la collection de minéraux fut transférée au rez-dechaussée dans le local s'ouvrant sous le péristyle, où nous avons déjà vu les collections zoologiques faire une première station. Les minéraux y restèrent jusqu'au moment où la chaire de Botanique fut créée (1878). La petite pièce occupée primitivement par Durocher fut donnée au service de la Zoologie, qui Tutilisa comme débarras ; elle passa vers 1880 à la Bibliothèque universitaire.