CABINET
du PKEMIbR PRÉSIDENT
Monsieur le Maire,
Hier niâtin j'eus une longue conférence avec le nouveau Ministre de rinstruction Publique qui, plus encore que son prédécesseur, a de grands projets sur notre ville, où il voudrait créer une sorte d't7HiV^r5//^' hreionnCy nous donner de suite une V^cnXxt des Sciences cl renforcer notre École secondaire de Médecine pour Y élever plus lard au rang de Faculté, telles sont ses intentions au succès desquelles il attache une haute importance. Mais en retour de son bon vouloir, il demande que la Ville de Rennes fasse quelques sacrifices et s'exécute enfin pour procurer aux quatre Facultés dont elle serait dotée un logement convenable. La construction d'un édifice spécial lui semble nécessaire. Dés le jour où commenceront les travaux il demandera aux Chambres des fonds suffisants pour élablir la Faculté des Sciences et créer un cabinet de Physique, Chimie et Histoire naturelle. 11 se propose aussi de nous faire don d'une belle statue en bronze de Descartes qui ornera le Palais de notre Université. Enfin, s'il était encore Ministre, il se ferait un plaisir de se rendre à Rennes pour inaugurer la construction.
Ces projets offriraient tant d'avantages à notre ville, qui deviendrait un grand centre d^ études, que je ne doute pas du zélé que vous apporterez à en faciliter raccomplissement. Il serait glorieux pour vous, Monsieur le Maire, de les voir se réaliser sous votre administration.
Je vous serai obligé de me faire connaître les dispositions du Conseil municipal et les délibérations qui seront prises.
Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
G. DE Kerbertik,
Député de Rennes.
Quelques jours après l'arrivée de cette lettre, le Maire de Rennes en reçut une autre de Victor Cousin, en date du 7 avril 1840. On remarquera que cette lettre, dont l'original, signé de V. Cousin, est aux Archives municipales, commence par ces mots : Monsieur le Maire, et se termine par ceux-ci. Monsieur le Recteur. J'en extrais les passages les plus intéressants :
Monsieur le Maire,
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'adresser le 25 mars au sujet de la création projetée d^une Faculté des Sciences à Rennes.
Tout mon intérêt, Monsieur le Maire, est acquis à ce projet dont je me suis empressé de reprendre l'examen, d'après les communications de M. Gaillard de Kerberlin. Mais j'ai dû prévenir cet honorable magistrat que rien ne pouvait être fait immédiatement sans l'adoption préalable des devis. Je transmets aujourd'hui même, à M. le Recteur, ces devis qui ont été délibérés en Conseil royal de l'Instruction publique. Je lui exprime en même temps, et je vous confirme, Monsieur le Maire, mon intention arrêtée de demander, dés à présent, un crédit législatif spécial qui permette de mettre la Faculté des Sciences en activité dés le commencement de l'année 1841
Je ne puis que vous inviter. Monsieur le Maire, à insister auprès du Conseil municipal pour que ses délibérations â ce sujet aient un prompt et heureux résultat. Vous reconnaîtrez sans doute dans ces explications mon désir sincère de doter la Ville de Rennes de l'utile établissement qu'elle réclame.
Le Conseil municipal ne devra pas non plus perdre de vue, en s'occupant de l'établissement définitif des Facultés, que la Ville de Rennes est naturellement destinée à devenir un grand centre d'instruction pour les populations de l'Ouest. Il est à désirer, dans l'intérêt de ces projets, que rien ne soit épargné dans la distribution de l'édifice qu'elle a en vue d'élever, pour que les divers établissements auxquels il est destiné puissent recevoir dans le plus prochain avenir tous les développements
que comportent Timportance de la Ville et son zèle éclairé pour les hautes études universitaires.
Recevez, Monsieur le Recteur, l'assurance, etc.
Lt Pair de France, hUmstre de VInstraction publique,