‹ Histoire de la filiation et des migrations de peuples (volume 2)Chapitre 16 sur 39 · LIVRE VIL · texte numérisé non relu

LIVRE VIL

CHROlVOEiOGIB COMPABlftB*

Utilité des livres saints dans les rechercbes chronologiques. — Les ebroiiologies des anciens peuples s'accordent ayec rÉcrltare*«r* En chronologie générale, il n*y a d'erreurs que celles qui tombent sur des mécomptea de plusieurs générations. *^ CSonclnsiOBS tlréef des calculs des liyres précédents. ^ Mesure du temps chez les anciens peuples. ^ Calculs chronologiques pour fixer l'époque de la création.—Différence entre la Ynlgate et les Septante.— Les Septante s'accordent seuls ayec les profanes. — Autorité de cette yersion. — Son histoire ; — admise par les Juifs; — par les âyangélistes.; — • par les Apôtres; — par Tégllse de Rome; —par les Juifs dispersés; — ordonnée par Justinien; — approuvée par les écrivains ecc]éslas«> tiques ; — elle se lie à la loi de progrés. — Des supputations de temps. — Le monde , à Tavénement de Jésus-Christ, était dans le sixième millénaire. — Calcul le plus vraisemblable sur la snpputiH tion des Septante. — Concordances justifiées par ce calcul. — Observations sur les vers sybllllns par rapport an calcul des âges. — Sur les plus anciens peuples les plus méridionaui de l'Europe. — Sur Varron. — Conclusion.

Accoutumés, comme nous le sommes, à entendre rejeter sans examen les chronologies invraisemblables des anciens peuples, nous avon^ peine à nous défendre d'un sentiment de pitié

pour les vanités nationales , quand nos yeux tombent sur ces chiffres énormes que leur impossibilité condamne à prendre place parmi les &bles dont nos aïeux amusaient la crédulité populaire. Ces chiffres méritent pourtant d'être examinés, étudiés avec une scrupuleuse attention • Au lieu de les repousser avec dédain et de les déclarer indignes de l'attention des hommes sérieux, il aurait été plus sage de chercher à reconnaître s'il n'y avait pas quelque chose à recueillir de ces extravagances apparentes. Plus d'une donnée pouvait mettre sur la voie les observateurs attentifs. On savait que les observations astronomiques avaient présidé à l'établissement religieux des peuples; on savait que les cosmogonies avaient totiles le caractère religieux , les calculs astronomiques devaient donc avoir leur importance dans ces séries monstrueuses , devant lesquelles l'imagination reculait. On pouvait observer que ces chiffres n'étaient que des multiples les uns des autres, ou des nombres ajoutés, superposés; er la coïncidence de leurs bases pouvait faire supposer -qu'il était possible d'arriver à la vérité , en les réduisant tous- par un procédé qu il Caillait chercher. Une fois sur la route, la loi qui a présidé

à tous les calculs ne serait pas restée Iong4emps voilée ; c'est ce que les recherches modernes nous ont appris. Il est vrai que les éléments de ces calcals ne nous sont eux-mêmes mieux connus que depuis peu de temps; que Flnde , par exemple^ ne nous a donné ses générations à lappui de ses diiffres que depuis les voyages des missionnaires, et mieux encore , depuis l'établissement des Anglais. Mais la vérité^ qui se fait jour à l'aide du rapport de tant de travaux , nous apprend aussi à nous défier de nous-mêmes et de ces jugements trop hâtés que l'avenir éclaire. Examinons donc avant de prononcer, et sachons convenir que, sous les apparences les moins favorables, un germe de vérité peut se développer un jour, et nous guider dans des recherches difficiles et laborieuses.

Les livres sacrés nous sont d'un très grand secours pour les recherches chronologiques. Ce n'est pas qu'ils déterminent d'une manière précise et en chiffres les différentes époques, c'est parce qu'ils ont fixé antérieurement à toutes les découvertes modernes, et conformément à ces découvertes, le calcul des générations. C'est là que nous le trouvions reproduit , et que l'origine

des peuples est présmtée d'une manière assez

exacte»

€ La terré est habitée par une seule famille. ^ Les nations qui la couvrent sont toutes des rejetons d'une même souche, et tiennent Tune à

l'autre par une souche commune La véri*-

table tradition fut étouffée par un amas d'erreurs bizarres; chaque nation apparaît successivement , comme un jour sans s^trore ; de là , tant de systèmes contradictoires sur l'origine des peuples. Les écrits de Moïse ouvrent les sources de l'histoire. >

Il y a sans doute quelque chose à modifier dans cette opinion. Tous les peuples n'émanent pas de la souche hébraïque; mais si Tassertion n'est pas exclusivement vraie , il est certain que ces livres répandent un grand jour sur l'histoire, et confirment ce que l'examen des documents anciens et modernes, orientaux et occidentaux, conduisent à croire.

te Tous les fragments des annales du monde, € réunis avec soin et discutés de bonne foi, con-

^ ^H!Qd,\d9tMeKhùt.,i 18, p. S»iO.

€ courent à faire regarder h Gmèse coibme le c plus aathenttque des andeofi moQurneirts. ^ » . Sbfas entr^ dans cette comparaison des difie*» rents degrés d'audienticité , c'est du moins, toute discussion réservée , celAi de tous qui peut être regardé comma le plus complet dans Tencliahie»ment non interrompu des générations et des kits. Il ne faut pas s'attendre à trouver dans la £i6/e rhistoire de tous les peuples, mais s^aliràiient ube histoire mieui suivie que e^e des autres» et suir* tout une chronologie plu» raisoimabte , <pK>iqt^ susceptible encore d'observations. C'est en c9tte qualité . qu'elle nous sert de ba^e et de poîilt dé oompàraison, et qu'elle remplit en chrondàgie une fonction ^ûialogue à celle de l'unité dans les calculs uUmérkfues.

« lia »cbr6n0logie des Chinois méftie, malgré < son opposition apparente, s-accorde parfaite^ « ment atec celle de Moise , comnie l'a démontré K Freret. ' »

Ce ïi'est^pas seulement la chronologie des Chinois qtii s'accorde avec celle de l'Ëcriture, ce sQiit

1 Aend. âéi rkêc. hint., i, i8,.p: s^io.

toutes les chronologies des anciens pettpl^» réduites anx proportions que les procédés scientifiques nous ont fait connaître comme véritables , et que nous avons déjà' signalés dans les livres (H^édents. Notre but dans celui-ci est d'en présenter l'ensemble, afin de donner aux oonoordances générales une évidence plus sensible et plus appréciable.

Cependant des controverses actives, passicmnées même , ont eu lieu sur cette chronologie de l'Ëcriture. Les uns ont adopté la leçon donnée par la Tulgate, les autres tiemient pour la chronologie des Septante. Si l'on veuf «arriver à là concordance avec tous les anciens peuples, il Êiut nécessairement opter pour l'un de^ deux syslè* mes , et celui qui doit prévaloir nous par^ nécessairement être celui dés Septante. Le rejeter, c'est se condamner d'avance à rejeter tous les calculs et toirtes les traditions des peuples ^ c'est anéantir l'histoire. Certes, si l'un de ces systèmes pwtait tous, les caraclèreg de la vérité, il n'y aurait pas à hésiter; mais , dans le sein de r%Use même, l'incertitude n'a jamais été détruite, et les écrivains ecclésiastiques., en adoptant le texte hébreu de la Vutgate^ n'ont cessé de présenter

comme respectable la traduction des Septante ; ils ont même laissé voir que leur respect pour f autorité reconnue et une fois admise du texte héfareu, pouvait seul les faire renoncer à 1 adoption d une chronologie que leur raison leur offrait comme la plus vraisemblable. C'est là ce qui fait qu'ils en pariait toujours comme d'une autorité grave et comme d'une version au-dessQS de toute espèce de soupçon. Jiùas reviendrons bientôt sur cette question; mais, avant de l'aborder, nousdevous oÊ&'ir la réunion des diverses conclusions chronologiques auxquelles nous a vonsT été amenés dans les livres qui précèdent.

Nous commençons par ces observations prélimtoaires : que la chronologie ancienne est rarement prédse; que l'obligation d'avoir recours à des successions de règnes a dû engendrer des erreurs, et n'offre aucune garantie d'exactitude rigoureuse; que, contraints, d'un autre côté, de s'en tenir à des approximations fondées sur les calculs astronomiques, les chronologistes ont pu et dû se trouver en opposition sur des faits incertains ou^es doctrines hypothétiques.

Nous en concluons que nous ne devons pas être arrêtés pair des erreurs minimes, surtout en

raison de réloignement des temps, et que les seules erreurs notables sont celles qui tombent ter dès mécomptes dé plûsiemrs générations» Cette dernière obtervation, importante dans le cas de la chronologie particulière de tel ou tel peuple, est beaucoup moins applicable ici, où nous nous occupons de ces grandes périodes marquées par l'apparition ou la chute des grands empires, périodes comprises dans les calculs astronomiques appliqués à la durée générale des temps ânté*historiqués , et dévoilées seulement par les genèses et les cosmogonies des anciens peuples.

Pour résumer ces comparaisons historiques, que nous avons cherché à faire ressortir, et surtout à rendre claires, nous pénséns qu'il est utifê de présenter réunies les différentes conclùsioDS chronologiques auxquelles nbus avons été âme^ nés :

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