Livre 4. . perse
Nous avons rappelé, et noils retimârons sur ce point dans ce livre, à l'ôccaâion des Septante, que la chronologie de Josèphe donne o»£^ ans.
Dés rap[m)cheiiients aussi frapjmnts ne permelteni pas de douter que des traditions corn* muiieiï n*aietff préi^dé à toutes ces chronologies.^ Leur a<!ëord pi^oiive de plus, qu'indépendamment de cette origine commune , les séries de règnes et d'époques historiques ont été observées régulièrement, et que chacune d'elles peut être considérée comme fidèle.
L'Inde, totijoufs immobile dans ses usages et s(m ot^àiiisation polibque et religieuse, tandis que les autres nations subissaient rinfluehcé du teitaps et du joug étranger, et passaient par des transformations qui ont rayé quelques-unes d'entre elles du rang des peuples, peut donc présenter à rétofinement dfeâ hommes et aux études de rhistorien une filiation suivie presque jusqu'à nos jours. La chronologie nationale n'a cessé d'être comptée par les Indous qu'en 1550, lorsque la domination des descendants de Tamerlan fût reconnue dans toute la presqu'île. Le fait le plus remarquable, c'est que la durée qu ils donnent à leur empire s'accorde avec la chronologie dès Septante; c'est-à-àire que tout l'édiafâudage j'im-
* Baïlt^v, AtiTon. ind., dise, prélim , cxxxvhj.
possibilités, basé sur la plus ou moins grande antiquité des peuples, sur la faaisseté des calculs de l'Écriture, arsenal à l'usage de toutes les attaques irréfléchies, tombe devant le fait incontestable de l'identité réelle des supputations de tous les peuples.
Ainsi, de la rectification d'un seul £aiit» et on ne peut raisonnablement la contester, de la substitution du calcul des Septante à celui de la Yuigate, résulte une concordance qui répond au flm grand nombre des objections.
c Les fables les plus absurdes défigurent toutes ces chronologies; mais nous ne devons pas {ierclre de vue, dit Bailly, que les fables ne sont quei des ornements, et qu'elles se rattachent à un.fond de vérité. Nous ne devons pa& les rejeter sans examen parce qu elles sont ainsi défigurées, c'est au contraire une raison d'y appliquer plus de soin et d'attention, pour séparer de cp& récits les vérités qui en sont la base. >
Nous avons examiné, dans le livre ccmsacré aux Arabes, ce qui.se rapporte à la chronologie des Égyptiens; nous avons, au livre des Indou^, parlé de celle des Perses; nous n'avons pas cru devoir scinder les rapprochements de généra-
tîoDsqaenous avons établis dans ce même livre des Arabes, entre les Hébreux de la race de Gain et de celle de Seth, les Phéniciens et les Ghaldéens. C'est ici le Ueu d'entrer dans, quelques détails sur les calculs de ces peuples.
Les mesures de temps employées par les an*^ ciebs peuples ont singulièrement varié, et le mot s^uaée qqe uovs sommes habitués à prendre comme mesure unique , nous induirait en de sin-? gulières erreurs, si nous l'acceptions sans exflW cation.
Le Bagavadam ^ nous dit qu'une révolution du soleil, depuis un lever jusqu'à l'autre, fait un jour ; quinze jours font un paccham; deux pacchams un mois des hommes. Ce mois des hommes n'est qa un jour pour les devatas. Deux de ces mois font un roudou; trois roudous, ou six mois des hommes, font yn aianam^ et deux aianams un an. Un an des hommes est un jour des dieux ; cent de ces années font l'âge de l'homme.
Le mot jour a donc des significations différentes, suivant qu'on l'applique aux hommes, aux dieux ou aux génies, appelés devatas. Il ne signi-
' Liv, 5, p. 66 et suiv.
fie donc proprement que révolution de temps; le mot sare des Ghaldéens ne signifie pas autre chose.
Nous voyons dans Pline ^ que les observations des Ghaldéens remontaient à 720,000 ans. Suivant les historiens d'Alexandre , Gallisthènes trouva qu'elles remontaient à 1,903 ans seulement. En comptant ces 720,000 ans pour des jours, on aura 1,971 ans solaires. Ëpigènes, cité par Mine, peut avoir vécu 68 ans après Gallisthènes, et son calcul serait alors d'une justesse par&ite. Ainsi, les Ghaldéens comptaient leurs observations par jours.
Nous venons de voir que les Indous avaient une division d'un demi mois lunaire; les Ghinois ont l'usage de partager le zodiaque en vingtquatre parties.
La révolution entière de la lune donne lieu à cette année de trente jours dont parle Diodore.*
La période de soixante jours , employée à la Ghine, répond au roudou ou intervalle de deux
* Pline, Hist. nat., liv. 7, c. 56.
^ Liv. is;, p. 22-25. Édit. Rhodom.
mois des Iiidous. Cette année de deux mms a été mise en usage en Egypte.
TrcHS rmdous font chez les Indous un aianam .
ou six mois. Les Âparnaniens comptaient aussi par années de six moiç. ^ Ainsi, ces révolutions diverses ont été consa-
crées chez tous les peuples.
Les quatre âges indiens, soumis à cette méthode de réduction en jours, fournissent une pé« riode de douze mille ans, qui se retrouve chez les Perses, chez les Étrusques, chez les Ghaldéens.
4,800 ans. ..... 1,728,000 jours.
ia,000 ans.
Nous avons vu la division de cette période en quatre âges. Les traditions antiques des prêtres de Sais remontaient à 9,000 ans. Ainsi les Égyptiens rayaient aussi adoptéç.
Nous avons , dans le calcul des générations chaldéennes^ évalué à 432,000 ans, ou 120 sares,
^ FrerbT;, Acad, des Insc, t. 16, p. 540.
la durée de ces générations. Berose évalue le sare à 3,600 ans; or, cette mesure de 3,600 ans n'ayant rien qui puisse lui servir de base dans le système céleste ou terrestre, il est singulier que cent vingt fois cette durée représente juste le dernier terme de la période indienne, qui remonte de Tun à l'autre, par cette même somme de 432,000.
Or, cette période de 432,000 ans étant subordonnée à la division en sares, il est nécessaire de savoir ce qu'on doit entendre par ce mot.
Suidas ^ dit que cent vingt sares font chez les Ghaldéens 2,222 ans. Nous les voyons évalués par d'autres à 3,600 ans. Ce mot sare ne peut donc signifier que révolution.
Freret* les regarde comme des périodes chaldéennes de 6^585 jours un tiers, ou de 223 mois. Il en compte deux espèces : l'une de 223 mois était astronomique, l'autre était de 222 mois ou de 18 ans lunaires.
Les 120 sares , ou les 432,000 ans chaldéens , ainsi réduits, nous donnent une période anté-dilu-
^ Suidas, au mot o-apoç.
* Chronol., t. 5, p. 52.
vienne que Suidas nous dit être de 2,222 ans ; et cette période est très près de celle des Septante , adqptée par Thistorien Josèphe, 2,256 ans/
Nous venonsde dire queFreret* regarde les sares comme des périodes de 223 mois. Il donne à ces mois 29 jours 12 heures et quelques minutes. Le sare contenait 6 neres de 1,097 jours 14 heures chacun, c'est-à-dire de 37 lunaisons et quelques jours, ou de trois années solaires et 44 heures. Le nere contenait 10 sosses, chacun de 109 jours 18 heures 12 minutes; ce qui fait 4 mois de 27 jours 10^ heures 33 minutes. Suivant ce calcul, les 120 sares qui ont précédé le déluge donnent 2,156 ans. Ce qui diffère si peu des calculs des Hébreux, que Ton ne peut douter que les traditions chaldéennes apportées par Abraham ne se fussent conservées, et que Moïse ne les a pas perdues de vue dans ses ouvrages.
La durée du temple du soleil à Tyr est de 30,000 ans. Ce rapport, avec les 30,000 ans du règne du soleil en Egypte, peut bien faire conjec-
^ Bailly, Mi. ind,, dise, prélim., cxxv. » Chronologie, t. 5, p. 55-58.
turer que |e . même calcul a dà présidai; à leur adoption.
En réduisant en tableau ce que nous avons trouvé jusqu'ici, nous pouvons présenter le résultat suivant, que nous trouvons d'accord, à très peu de chose près, avec celui de Bailly. Accord des recherches chronologiques, où nous avons
étudié et suivi principalement Freret, William
Jones et Anquetil , et des recherches astronomiques, où nous avons suivi Tillustre et malheu* reux auteur de V Astronome indienne.
Les Septante 2,2S6 ans,
Ghaldéens 2,222
Égyptiens 2,542
Perses, depuis lé commenpeoient de Ka-
yoùmarats 2,000
Suivant le calcul de RicdoH 2,005
Indiens 2,400
Calcul des générations indiennes. . . 2,340
Nous reproduisons ici Tobsa'vation que les Indons placent entre le troisième et le quatriènïe âge, un intervalle de quatre cents ans, mais seu-lement dans leur calcul général des époques. Le calcul des générations n en tient pas compte, et il
se rencoiibre, à soixante a&s près, avec Taoû^. Les Perses, en calculant Kayùmarats à 3,501 ans avant notTû ère, et à 5,506 ans la durée totale du monde juscp'à cette même ère, ne donnent donc qne 2,005 ans aux temps antérieurs, et placent évideinment sur le quatrième âge ce que les In* dons placen|; entre le troisième et le quatrième; différence qui ne détruit pas Fégalité dç la somme totale , mais qui la répartit d'une autre manière. Sauf cette inégalité de répartition, le chiffre %MiQ ou 2,405, suivant Riccioli, pour les Perses, serait donc le même ppur les deux peuples.
Nous sommes en droit de coAclure de Tensemble de ces nipports que tous les peuples que nous avons examinés jusqu'ici ont conservé un souvenir à peu près semblable des temps antérieurs au déluge; que tous les peuples se rattachent plus ou moins directement, mais aboutissent tous au point le plus élevé de l'Asie; que tout ce que nous avons vu de leurs usages, de leurs langues, de leurs traditions religieuses, les rapprochent également. Si ce dernier point n'est pas suffîsam* ment éclairci, nous nous proposons d'y revenir d'ane manière spéciale , et nous pouvons dire par
avance que nos recherches ultérieures confirmeront toutes nos conclusions.
Les calculs chronologiques qui t^h^chent à fixer l'époque de là création sont en grand nombre. Riccioli ^ en donne une table qui présente soixante-dix opinions, qui toutes cependant se réduisent à deux principales : celle qui se fonde sur la Yulgate» et celle qui. prend pour base le calcul des Septante. C'est ce dernier que nous avons préféré» parce qu'il est d'accord, à quelques années près, qui ne sont pas des différences, quand il s'agit d'époques si éloignées et de faits aussi embarrassés.
Les deux opinions de la Yulgate et des Septante présentent à la vérité, dans leurs diver-i gences, une différence énorme. Aucun des calculs faits sur cette double base ne monte à un chiffre plus élevé que 7,000 ans, jusqu'à l'avènement du Christ; a^cun ne descend plus bas que 3,700; c'est 3,300 ans qui représentent cette différence^
Faisons observer à ce sujet que les méthodes de calcul varient singulièrement, et que les faits peuvent rester les mêmes , en dépit de toutes lesi
^ Chronol. réf., p. 292. Voir Pièces justif.
méthodes d'appréciation. Il y aura certainement autant de chiffres que d'hommes qui voudront supputer les temps ; car on ne peut prescrire à personne les limites rationnelles entre lesquelles il doit renfermer la durée des générations. Il est
évident que le calcul même de la Yulgate, en donnant 1,656 ans pour dix générations, s'éloigne de toute base appréciable, humainement parlant. Ce qui est à constater, c'est que les variantes portent sur des époques que nous pouvons dire an té-chronologiques , et que la concorde entre tous les historiens commence lorsque les documents deviennent plus nombreux et plus authentiques. Nous constaterons encore que les concordances les plus exactes se trouvent entre les cal«
culs propres aux peuples anciens , et que les différences sont plutôt aux calculateurs modernes qu'aux anciens, dont les chiffres énormes réduits, comme nous l'avons montré au commencement de ce livre, s'accordent à peu de chose près. De ces deux remarques, nous pouvons conclure que les différences viennent plutôt des hommes que des faits.
La distance qui sépare ces deux versions, les Septante et la Yulgate, ne doit pas infirmer,
même chrétiennemient pârldnt, le mérite db la {première. Les écrrrains les plus ôrthcMioies eh ont parlé avec respect. ''
Le concile de Trente,* dans le décret sur les
écritures canoniques, défend bien de rejeter la Vulgate, mais il ne défend pas de Tînterpréter. Et voïci comment il s'explique sur le mode d'interprétation.
Il décrète que personne, par trop de confiance dans son propre jugement, surles matières delà foi et les coutumes qui touchent à la doctrine chrétienne, ne fasse prêter à ses idées la sainte Écriture, contre le sens qu'a adopté et adopte la sainte mère Église, à laquelle il appartient de juger le sens des livres saints et de l'interpréter, ou ose interpréter la sainte Écriture, contre le sentiment unanime des Pères.
Il n est donc pas défendu d'interpréter> pourvu qu'on ne s'éloigne pas du sentiment des Pères. Or, l'Écriture ne dit pas» et l'avis unanime des Pères ne dit pas davantage, qu'il faille préférer, pour les années des patriarches, le calcul de là
* Sess. 4.
Volgate à cèllit des Sepfiidte. Saint Augustin^ dit même formellement le contraire , quand sur cette questidn précisément il s'exprime ainsi :
c Quand les nombres ne sont pas nécessaires à rintélligéncè des choses et n'ont pas d utilité apparente, ils sont rapportés négligemment, et supputés plus négligemment encore. »
Le même docteur * observe que personne n'a osé corriger toutes les variantes qui se rencontrent dans les Septante en plusieurs endroits où ils diffèrent du texte hébreu, c Gela fait voir, dit-il, qu'on n'a pas crû que cette diversité fût une îauté, et je ne le crois pas non plus. Mais, à la réserve de celles des copistes, lorsque le sens est con-^ formé à la vérité, il faut croire que c'est qu'ils ont voulu dire autre chose, non en qualité d'inter-^ prêtés, mais avec la liberté des prophètes. De là vient que lorsque les Apôtres allèguent quelques témoignages de l'ancien Testament, ils ne se servent pas seulenient de l'hébreu, mais de la ver- ^n des Septante. >
DaAs le Traité de la Doctrine chrétienne , saint
« CUé de Dieu, liv. 15, ch. 13.
Augustin * dit encwe que ces différences sont faites pour avertir le lecteur de diriger principalement son attention vers le sens spirituel, fl admet donc les deux livres comme canoniques; et si on ne peut les concilier autrement, il coiiseille de considérer ces diversités comme un mystère.
Ainsi, les Pères ne s'opposent pas à Fadoption de la chronologie des Septante. D*un autre côté, si on ne l'adopte pas, il faut condamner toute la chronologie profane,' celle des Ghaldéens, des Égyptiens, des Tartares , ou supposer que leurs rois ont régné sans interruption avant et après le déluge. Si on l'adopte, au contraire, ou au moins la chronologie des temps postérieurs au déluge, l'antiquité de ces peuples peut être contenue dans le calcul sacré, et s'accorde avec les époques de dispersion des enfants de Noé.
Nous ne voulons pas dire par là qu'il £aiille adopter à la lettre ces enfants de Noé ; mais qu'ils soient des êtres réels ou la personnifical^oii de peuples à l'époque de leur origine , toujours estil que le fait ou le temps histcH'ique/qu'iis irepré-
* Liv. 4, cap. 7,
^ RiccioLi, Chron, réfcrm.^ Uv. 6, p« 348.
sentent peut être également classé dans les calculs sacrés et prc^anes.
Si nous jugeons qu'il faille adopter la chronologie des Septante dans la partie postérieure au déluge , il n'y a pas de raison pour accorder une foi complète à une partie et infirmer l'autre. Ainsi, nous acceptons cette chronologie comme la plus conformeaux traditions, àla raison, et comme admise même par les écrivains sacrés.
Gela posé, la conformité de cette chronologie avec tontes les autres, devient ponr nous un argu-* ment puissant en Êiveurde la fraternité des peuples. Nous sommes d'autant plus fondé à en faire la remarque, que c'est principalement des difficultés chronologiques que l'on se sert pour nier ces rapports des peuples. Àien de plus facile effectivement que de multiplier les impossibilités en adoptant les chiffres énormes dont tous les empires ont chargé leurs annales; maisces chiffres sont en opposition avec tous les faits géologiques et historiques connus; il n'y a donc pas possibilité de les adopter; et, soumis aux calculs de la raison et d'une astronomie éclairée, ils reviennent à des termes égaux, si bien que c'est dans les impossibilités factices dont on s'armait pour soutenir les sépara-
lions des peuples, que Ton trouve une des armes les plus fortes en faveur de leur unité primitive.
Le fait qui nous reste à établir d'une manière plus complète est donc celui de l'autorité de la version des Septante. Avec ce teinte, tout est vrai dans les anciennes traditions , tout s'accorde ; sans lui, tout est abrégé; et ces concordances si merveilleuses, si elles n'étaient vraies» ^e seraient plus qu'un hasard impossible, ou qu'une erreur convenue et générale à laquelle il est aussi irn* {possible de se prêter.
Un grand nombre de juife s'étaient étabb's hors de leur pays, et particulièrement en Egypte. Là, ils s'étaient multipliés; et, avec le temps, ils avaient oublié la langue de leurs pères pour apprendre celle des Grecs répandue en Asie , et surtout en Egypte, par les successeurs d'Alexandre.
Ptolémée Philadelphe, vers les dernières ^nées de son règne, voulut former une nombreuse bibliothèque, dont il donna le soin à Démétrius de Phalère. Ce fut à cette occasion que les juifs d'Egypte demandèrent au roi de faire traduire en grec leurs livres sacrés. Ptolémée écrivit au souverain pontife Ëléasar, et dit dans sa lettre : *
* JosÈPHE, Antiq., !iv. 12, cap. 2.
c Voulant faire une chose qui soit agréable
< aux juifs qui sont ici, à ceux qui sont répan- « dus dans le monde, et même à ceux à venir,
< nous ayons pris la râs^ution de faire traduire « en langue grecque votre loi écrile en hébreu, « et 4^ h m élire danë notre bibliothèque. »
Pour que cette traduction fôt plus exacte et plus authentique, il demanda six hommes doctes de chaque tribu, et le pontife Eléazar les lui envoya avec U loi écrite en lettres d'or. Ces^ in terprêtes sont ceux qu'on appelle communément les Septante , quoiqu'ils fissent au nombre de 72. Ptolémée les fit conduire dans l'île du Phare , et là, ils travaillera^ ensecoble à mettre ^i grec la loi de Aloïse« Celt0 version achevée fut examinée scH^eusepiant et a^ppjroiAvée par tout le corps de la nation, hes juifs firent même, à cette occasion, des fêtes publiques, et chaque année ils se rendaient à Tile du Phare ^ pour rendre grâce à Dieu d'un si grand bîenladt.
Avant J.-€., cette versioii était en usage , nonseule9ient parmi les nabons qui ignoraient Vhé-^ breu , mais parmi les juifs eux-mêmes.
* Philon Jcn., liv. 2 , de vita Moêis.
< Us examinèrent (les Gentils) soigneusement « les livres de la loi pour y trouver des ressem- « blances avec leurs idoles. * »
Or, oes Gentils ne pouvaient lire que la traduction grecque des Septante, et ce passage fait assez voir que, sous les Machabées, la version des Septante était en usage dans la Palestine.
Les évangélistes se sont également servis de ia version des Septante.
c U est écrit, dit saint Mathieu ' : l'homme ne < vit pas seulement de pain, mais de toute pa- « rôle qui sort de la bouche de Dieu. (Deittéro- « nome, ckap. 8, V. 5.) »
Ces mots, de toute parole^ se trouvent dans les Septante et dans la Yulgate^ mais ne sont pas dans rhébreu; il faut donc, ou que le texte primitif ait été altéré» ou que saint jMathieu se soit servi de la traduction grecque.
Nous pourrions multiplier beaucoup les citations de cette nature , mais nous ne voulons pas entreprendre une comparaison des deux textes ; nous indiquons seulement que ce genre de travail
* Maghab., liv. !•% ch. 5, vers. 48.
* Saint Mathieu, Cap., 4, v. 4.
conduit avant et après J.-G. à celte conclusion : que la Tersion des Septante était reçue chez les juifs et les Gentils. On pourra voir ces exemples en grand nombre dans Pezron/ qui s*est livré avec une grande étendue à l'examen de cette ques^ tion importante pour la chronologie. '
Si des juifs et des évangélistes nous passons aux apôtres, nous verrons qu'ils lont également adoptée.
< C'est la véritable interprétation approuvée <c par les apôtres, dit saint Jérôme. ^ »
« 11 &ut observer, dit encore saint Jérôme , ^ <c que généralement les saints apôtres et les c hommes apostoliques , toutes les fois qu'ils parc lent aux peuples » se. servent des Écritures ou c des témoignages qui étaient déjà répandus « parmi les nations. »
Ces paroles de saint Jérôme s^at d'autant plus à remarquer qu'il passe, en général, pour être peu favorable à la version des Septante. Cependant il en parle lui-même avec éloge; nous l'avons
* Pezron , ^ntiq. des temps défendue, eh. 4. ' H»EROx>., prcB/" in Evangel. ad Damasum
* HiBROif., in Genesim., édit. Rome, p. lôO, t. 5.
vu par les passages préoédentSi et saint Augustin, * parlant de cette version dans une de ses lettres an même saint Jérdme , nous feit assez eiltend^s que cedernier areconnu TéTidende de son authenticité* Le saint évéque témoigne le désir d'avoir la version que saint Jér6me a faite des Septante » traduction dont il ignorait l'existence. B ne témoigne, d'ailleurs, aucun ébonnemefit, et- n'aurait ptsiômanqué de le faire» s'il avait reconnu saint Jérôme comme un advwsaire décidé des Septante ; il l'aurait fait, sans dOute, d'autant plus volontiers que ces deux hommes illustres ne s'épargnaient pas les critiques; qu'eSes vont quelquefois jusqù^tà une aigreur qu'ils désavouent chrétiennënient , mais qui est visible, principaletnent dans saint Jêtàmé.
Saint Irénée , qui écrivait dans le second siècle de l'Eglise , dit ces propres paroles : *
c Les apôtres sont conformes à Tinterprétac tion des Sëplante, et les Septante cd^rmes à c la tradition des apôtres. »
Dans l'Église de Rome, on né s'est servi , dans les premiers siècles , que de la version des Sep-
*' AuG., Epist. ad Hieron., t 2, p. 20i Édi(. dés Bénédictin». ^ Irenœus, liv. 5^ cont. Heresœos, cap. 2».
tante. Cette Église doit être , pour dous , la pluâ importante de toutes les autorités » puisqu'elle est la règle et la mesure de l'orthodoxie. Les apôtres n ont pu que lui laisser l'usage des Ëcritures qu'ils avaient eux*mémes adoptées. Origènes Vemarque que saint Paul a suivi dans ses écrits la vérité qui se trouve ds^ns les Septante.
Des témoignages plus directs encore émanent du siège apostolique lui-même. Saint Clément, disciple des apôtres, et second successeur de saint Pierre» n'a employé que la version des Septante; on en trouve la preuve dans l'épltre de ce pontife aux Corinthiens. Elle est remplie de citations de Moise et des prophètes, et il les emprunte , non au texte hébreu, mais à la version des Septante. Or, il est permis de croire que, dans les premiers temps de l'Ëgiise, la langue hébraïque n'était pas inooonue aux évéques; et si elle l'était, ils ne pouvaient avoit recours qu'à la traduction grecque. Ainsi , dans Ttine ou l'autre des hypothèses , pmr rapport au pape Clément, il s'est servi des Septante, ou par nécessité, ou par choix, et c'est
* Origènes, sur le chap. 10 de VÉpitre aux Romains, t. 4, p 629. Édit. de Paris, 1759.
également les reconnaître; ou bien, il employa cette version parce qu'elle était la seule familière aux peuples, et c'est prouver d'une autre manière son autorité.
II y a plus, les juifs dispersés, n^ont lu dans leurs synagogues que la version des Septante. La langue grecque s'était tellement répandue après les conquêtes d'Alexandre, et sous la domination de ses successeurs, que l'usage de la langue hébraïque était renfermé dans un cercle étroit de docteurs et d'interprètes. Saint Justin dit que les livres saints dans la version des Septante étaient sur toute la terre ceux des juifs. *
Saint Cypriai ' ne se sert que de cette version dans les traités qu'il a composés contre les juifs ; c'est assez indiquer que ses adversaires en reconnaissaient l'autorité.
Cet usage des juifs régnait au sixième siècler car nous voyons une c(Histitution de Justinien qui ordonne que les juifs, qui cmt la connaissance de la langue grecque, se serviront dans leurs asseœ-» blées de l'interprétation des Septante. *
* JusTiH., ^polog., t. !•', p 62. Édit.des Bénédictins.
* €ypriân, m Tt^. Testimon,
» Justin., Novel. 146. Tit. de Hebraels.
On en peut conclure , il est vrai , que si cet édit était devenn nécessaire , c'est qu'il y avait discussiiHi entre ks synagogues, et en effet; mais Justinien décide en faveur des Grecs. Nous donnons la préférence, dit-il» à ceux qui choisissent la version grecque. Gela venait de ce qu'à Jérusalem les écritures hébraïques étaient lues dans les synagogues; mais on y joignait la lecture de la version, parce que la langue hébraïque vulgaire n'était plus celle des Écritures, et la plupart des juifs entendaient le grec. Cet usage a duré jusqu'à l'empire des Sarrazins au septième siècle, et l'achèvement du talmud de Babylone. Depuis lors les juifs n'ont lu dans leurs synagogues que le texte hébreu, comme ils font encore aujourd'hui. *■
On a prétendu que la version de saint Jérôme était faite uniquement sur l'hébreu des juifs. Il se peut, en effet, que ce soit sur cette base que le travail de saint Jérôme soit établi ; mais il déclare lui-même ' qu'il ne s'est arrêté à aucun interprète en particulier, et qu'en traduisant l'hébreu il s'est accommodé à la manière des Se plante dans les
' Pëzron, Jntiq. des temps défendue, ch. 5, p. 561/ ^ Saikt JEROME, Proemium in Ecclesiasien.
choses qui ne diifëraîent pts beaucoup de Thébreu. Aussi laVulgate^ telle que nous laTons aujourd'hui^ aht>€Ue dû être et a*»t-«Ue été remuniée« La Yulgate, dit ié cardinal BeUarmin ^ dans les controverses , quoiqu'elle appartieune pour la pks grande partie à saint Jérôme, n'est pourtant pas exactement la version qu'il a tirée del'hé-' breu; elle contient quelque mélange et des pas^ sages eu assez bon nombre de la version des Sep^ tante, qui ne se trouvent pas dans l'hébreu. L'Ê-* glise elle-même a diHic conâacré la sainteté et l'autorité de la version des Septante.
Nous en avons assez dit pour justifier l'autorité que nous accordons à cette version. Les anciens Hébreux regardaiait ses auteurs comme inspirés de l'esprit de Dieu. Ce sentiment a été partagé par les pères grecs et latins. Leurs écrits font foi qu'ils ont considéré cette version comme sainte et divine, et dès-lors ce caractère, qu'ils lui atlri^ buent, rejaillit sur les supputations qui y sont enfermées. Ces supputations, et non celles de l'hébreu , s'accordent avec les calculs profanes, et
* Bellarm., de verho />at^cap. 9, lib. «.
oa doit bîea adiaettre qae les documents profaaaes peuvmit avoir aussi leur vérité.
D^diUeurs, ccMmoe nous Tâtons observé, oe ne sont pas seulement quélques-unsdes Pères qui ont adopté œ smttiment^ mais tous; et le cardinal BaroniuB ^ le dit positivement dans des Annales, où il ccmsao^e unlong article à la traduction des Septaate.
c T^oite les Pères, convaincus par Texamën et c Texpériencé, ont adopté avec sincérité lé senti- « ment que cette version a quelque chose de dit vin plntôt que d'huitaain , et que les intet^prètes, « animés de Tesprit (fivin , ont parlé avec Tauto- « rite des prophètes. Tous grecs ou latins, sans c en entreprendre le dénombrement , ont attesté c la même chose. »
Qu'on nous permette une dernière observation
^ Baronius, in AnnaU ad annum, 251, $ ai.
In hujîiê sententiam, quod illa versio divini potius aliquid hàiwtU -quÊ/tn kum^i, éosiem qwe dM.no affkUoê "sjArtm , eom in$&rprpiutoë et prqpheiicè inieNkm laquatûê, paitre$ (mm9,rem expérimenta satisperspectamhabentesyiineeriêr simè professi mnt; omnes que tam grœcilquam latini, ne singtiios recensere laborem, id ipsum testait eunt.
(Baronivs, C/b. $up.)
pour terminer ces considérations générales. Nous avons, dans le discours préliminaire , établi la loi de pr(^Fès dont J'hj^manité est à la foid Tobjet et la démonstration. On ne peut disconvenir que les Écritures, bien entendues^ ne soient le résumé, la coordination de toutes les connaissances antérieures, et que de cette connaissance ne dût résulter pour Thumanité une base plus complue et qu'il importait de répandre. Dès4ors, il était nécessaire que les livres saints fussent transportés dans une langue d'un usage plus général en Asie que la langne des docteurs juifs. Depuis Alexandre jusqu'à la domination romaine ,. cette langue fut le grec; ainsi, humainement parlant; ou plutôt par un effet nécessaire de cette loi providentielle de progrès se manifestant par des moyens humains, il fallait que l'élément de ce progrès, et il était contenu dans les anciennes Écritures, fût répandu et mis à la portée de tous les hommes juifs on Gentils. Ainsi,' il eût été contraire à la loi divine et humaine du progrès, que la version des Septante manquât de l'autorité dont elle est revêtue. Nier cette autorité et proscrire l'instrument du progrès, serait nier le progrès luimême , et nier le progrès , c'est mettre sur la même
ligne la première association des Bimanes ei la société chrétienne. S'il est une Providence qui régisse les destinées humaines, elle n'a pas pu permettre que les hommes fussent appelés à la lu* mière par une œuvre de ténèbres; et, par cela seul que la version des Septante a été Finstrument de Fœuvre éternelle du progrès de Fhumanité, son authenticité ne peut pas être révoquée en dcmte plus que la Providence eUe-mémé.
Ainsi l'Église, la raison, Tobservaticm, les livres sacrés^t profanes sont d'accord sur l'autorité que l'on doit accwder à la vwsion des Septante.
Après amîr parlé de la version des Septante en général, c'est aux supputations de t^mps que nous devcMSS mamtensoit nous arrêter.
Le chiffre des années supputées par les Septante est lui*mème susceptible de discussion. Les différents interprètes ne s'accordent pas entièrement, mais ils ne sont pas à une grande distance les ims des autres^ Nous avons déjà eu occasion de le dire : ce n'est pas une exacte coïncidence qu'il faut chercher dans tous ces calculs, mais des rapports dans les termes généraux, qui, tout en laissant une latitude assez grande à l'incertitude des jugements humains, ne permettent pas
d mfîrmer la base d'après laquelle ces caloils ami été faits.
Ainsi , que Jules Africain cdmpte 2962 ans depuis la créaticm du monde jusqu'au déh^e; que Josèphe en compte 2256, Ëusèbeet Suidas 2242, d'autres enfin 2237 ou 2t48/ il est constant que tous ces ehifires peu distants, entre eux, ont en pour base lé cskxà des Sefrtanfe.
Les mtadds incertitudes se retrouT^it ausâ Inen dans une veraon que dans l'aulre; chacun a supputé, suivant ses propns opmkHis; et, soit qu'on ait choisi une base ou Farutre^ chacun des duronologistes approché plus ou moins de cAtte base, que de légères différences n'infinnént pas.
On n'a pas voulu dire que la; versk» des Sep* tante dût être considérée comme préléribk au texteprimitifhébreu,dûntlesSepftatateeax*méme9 ont tiré leur Version ; mais après moir prouvé fadoptien générale de cette vwsicai , Ik fidélité que le consentement de ton» lui aceerde, la pureté du texte d'après lequel ^eUe a été faite» il £rat Uea convenir que les supputations dis Septante sont véritablement celles de l'ancien textes et que les
* RiCGiOLi, Chronologie rèform , p. 247.
différences plus modernes ne peuvent être que des altérations ou des erreurs d'interprètes. Ainsi toute traduction grecque ne doit pas être adoptée par cela seul, mais celle-là seulement que le consentement de l'Église a consacrée. Sixte-Quint est tout-à-fâit explicite à ce sujet :
€ Nous voulons et sanctionnons * (dit-il), pour t la gloire de Dieu et l'utilité de l'Église, que le € vieux Testament grec, ainsi revu et purifié, soit
c admis et conservé par tous Défendons de
c &ire à l'avenir aucun changement à cette nou- € velle édition, soit en ajoutant, soit en retran- « chant.' »
Ce qui doit nous occuper, c'est la supputation des siècles jusqu'à J.-C. C'est à ce point que nous avons amené les chronologies profanes; c'est aussi à ce point que nous devons amener la chronologie des Septante.
D'abord nous devons montrer sur quelles autorités on peut admettre la durée générale adoptée par les Septante , et ensuite entrer dans le dé-
*■ Décret de Sixte-Quint, an. 1586^ 8 octobre. ^ Il s'agit de Vimpression ordonnée à Rome en 1586. Réimprimée à Paris en 1641, par Simon Piget.
tail de ce calcul par la récapitulation des diffé rentes époques entre lesquelles se décompose cette durée générale.
La durée générale du monde, depuis sa création jusqu'à J.-*G., a été Fobjet de nombreuses controverses. Nous avons déjà parlé des innombrables systèmes qui ont été bâtis sur les calculs des livres sacrés ou profanes» et nous avons dit qu'aucun ne s'élevait au-dessus de 7000 ans, et ne descendait plus bas que 3700. Nous ne parlons pas de la théorie exposée dans un ouvrage intitulé Nouveau système des temps, par Gibert père et fils.^ Ce système, qui n'est pas si nouveau que son titre semble l'annoncer, ne donne au monde que 3600 ans de durée au l^*' juillet 1834, et fait naître Adam 1797 ans avant J.-C, le 1^ juillet
Nous avons établi, à l'égard des auteurs profanes, notre opinion, fondée sur la réduction en jours ou en mois, en plus ou moins grand nombre, des années ou révolutions de temps auxquelles ils donnaient ce nom. Partout nous avons trouvé le monde dans le sixième millénaire jusqu'à J.-C. Il
4 1 vol. in-40, 1811.
s'agit d'établir que les Pères ont aussi été de cette opinion •
Selon les Écritures saintes» dit saint Augustin/ depuis la aréabon de Thomme, il n'y a pas lencare six mille ans accomplis. Il dit la même chose au chapitre 12 du même livre. Il est donc évident que saint Augustin, comptant jusqu'à son temps près de six mille ans, et écrivant près de quatre cents ans après X-C, place la naissance de J.-G. vers le milieu du sixième millénaire, ou vers 5500 ans depuis la création. C'est précisément lé calcul des Septante, suivant Josèphe, qui donne 5555
ans.
* Saint Augustin est plus explicite encore sur le temps écoulé depuis Adam jusqu'au déluge. cDe- « puis Adam jusqu'au déluge, suivant nos livres < saints, difc-il, il s'est écoulé deux mille deux cent c soixante-deux ans \ selon nos exemplaires , et c mille six cent dnquante^six ans, selon les Héc breux.» C'est la supputation de Jules Africain; et, suivant elle, M athusalem était mort avant le déluge . C'est une des difficultés qu'on objectait contre le
* De dvUate D$i, liv. 12, cap. 10.
^ Au6., de Civit. Dei, liv. 18, cap. 20.
calcul de 224S ans» et ce calcul de 9SSSk ans se trouvait dans les exemplaires les plus fidè^s/ où l'on fait mourir Matbuaalem six ana avant le déluge.
^ Le premier âg9 jusqu'au déluge éuiît donc calculé par saint Augustin sur la version des Septante, Le même docteur compte de Noé à Abraham mille soixante^oiise ans^ au lieu de deui cent quatre-vingt douse oe l'hélireu. « Bifférence c dont on ne rend nulle bonne raiaon , ou dont c on ne pourrait rendre raison que difficilec ment. > '
On n'est pas plus fondé à dire que saint Jérôme a suivi l'opinion des quatre ndlle ans. Saint Jérôme a été le traducteur et le continuateur de la chronique d'Eusèhe» et Ton peut croire que cette chronique était 4M>nforme à son opinion personnelle, car il n'a jamais dit que ses calculs fussent errcmés. Or, Euaèhe donne à la dorée du monde 5900 ans jusqu'à h-C., et 9SU» d'Adam au déluge. Nous retrouvons encore là la version des Septante. Pour lever tout doute sur Fopinion de saint
* AUGUST., Quœst, 2, in Geneêim,
* Civ. Dei., liv. 16, cap. iO.
Jérôme à c<A égard, nous pouvons citer ce passage, en réponse à Ruffin ^ : fai Icm Eusèbe sur sa sfnéthode des temps. S'il y axwt ai dkmze cents ans de diSërenoe ^itre Eusèbe et saint Jérôme, ce <iemw n'eût pas écrit cet éloge.
Les rafipDrts qui existent entre les supputatiens $a<a'ées et prp&nes nous paraissent ainsi hors de doute, et nous pourrions ^ à côté de saint Jénôme et de saint Augustin, fmre compsuraîlre beaucoup d'autres écrivains, Clément d'Alexandrie, qui donne S&3A alis, Nic^kore de Gonstantinople, 5700 ans. On trouvera le tableau des principales supputations dans la Chronologie reformée de Rîccioli. *
Riccioli ' arrive à cette conclusion : que de la version des Septante , mise en rs^port avec l'histoire, il résulte que l'époque la plus vraisemblable de l'apparitftm du Christ est 6634 après la création; mais qu'il est certain que, dans l'hypothèse des Septante, ce nombre d'années n'excéda pas 5904, et n'est pas au-dessous de 5054. Or, ce
* HiERON, Apolog. adv. fiuffinum, t. 2, p. 145. Édition de Rome.
* RiCGtOLi, p. 290 , et aux pièces justif. à la fin de cet ouvrage. 3 P. 295.
nombre, le plus vraisemblable, est 5654, et cest celui qui se rapproche le plus du calcul de ii> sèphe. Il y a plus, si nous prenons la moyenne entre ces trois nombres, nous arrivons à 5550, ce qui, pour ces tempg, n'est pas une différence avec 5555 donnés par rhistorien. Or, le chiffre de Josèphe est aussi le plus rapproché des calculs profanes; il ne s'éloigne que de soixante-dix-neuf ans du calcul de 5654présenté comme le plus probable; il concourt avec l'hypothèse déduite de saint Augustin. C'est par ces motifs que nous avons choisi de [«référence ce calcul. Voici comme il est établi:
De la création du monde au déluge 2256 ans.
Du dëlj]ige à la naissance d'Abraham .... 1192
De la naissance d'Abraham à TExode. . . . S05
De l'Exode à la construction du Temple. . S92 De la constractioD du Temple à rinemâie
par Nabuchodonosoi', 470
De l'incendie à la naissance de Jésus-Ghiîst. 540
Âinsif nous ne trouvons rien à réformer dans les tableaux que nous avons donnés précédemment. Les concordances que nous avons signalées sont justifiées par la discussion à laquelle nous
avons dû nous livrer sur Fautorité de la version des Septante , et chronologiquement , aussi bien que sous le rapport historique , nous sommes arrivés à cette conclusion : que les peuples, sous le rapport de leurs traditions, sont issus d'une même souche, et que, sous le point de vue do leurs calculs, ils ne sont pas m^oins en accord que sous celui de leur histoire.
Il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d'œil sur des fragments qui long-temps, à Rome^ eurent toute Tautorité des oracles, et qui, sur quelques points, reproduisent les opinions asiatiques anciennes d'une manière véritablement surprenante. Nous voulons parler des vers sibyllins.
Les huit livres connus sous ce nom ne sont pas authentiques, il est vrai, et on les attribue à une époque comparativement rapprochée de nous, au règne d'Ântonin. Us contiennent sur Jésus-Christ des prédictions qui sont faites après coup très probablem^it. D'autres opinions les font antérieurs, et les attribuent à des juifs d'Asie. Cette dernière version parait assez probable, en ce point qu'ils renferment des doctrines évidemment asiatiques et antérieures à Jésus-Christ. La sybiUc de
G urnes a parlé de la durée dfis tâèdes, et les partage en dix âges, suivant Pesron; en quatre âges, suivant d'autres, au dernier deafwds en^ dok voir une réparation de fout le genre bumaîni, et TAge d'or r^oaitre.
Ultima Cumœi venit jam carmnis œtas Magnus àb intégra seculorum nascUur or do. ^
Qui ne reconnaît dans ces âges les siècles d'or, d'argent, de cuivi-e, de fer; les Avatars des In* dous, les âges des Étrusques, et toutes ces opinions asiatiques sur lesquelles nous nous sommes arrêté plus haut.
Si Ton s^arrête à la supposition que les vers sibyllins ont été forgés .par des juifs d'Asie , c est dans les documents émanés des juifs qu'il: convient de chercher l'explication dece qu'il faut entendre par^s dix âges.
Les âges ne peuvent être qu'une révolution de plusieurs siècles , et nous voyons dans Josèpbe ' que la grande année s'accomplissait en six cents
* ViHc, Egïogue*^ vers i^ ^ Àntiq., liv. 1", ch. 5.
ans; or^ si Virgile aniMmee qil'oti est au dernier âge de la sibylle, il àtmonce que Voù éi^t dans le sixième millénaire, car dix fais six cebts font jus^ tecriènl six mille.
11 y a deux choses aii mmns singulières à remarquer dans ces rers sibyllins, le rapport du nombre des âges avec les traditions asiatiques, et le rapport du chiffre deâ ànâéés avec la chronologie profane et la chrOndogié' sacrée de là Vëi*âioh des Septante.
Quelque patft qiïé noiis allions cherche^ nos tradiéons, bous retOfittbèAs toujours sut' ces antiques opinions de l'Asie où notis t^tivoiïs rinc4>iï< tei^ble berceau du genre humain.
Les plils anciens habitants de FÉspagne , Celtes d'origine , suitant Tordre de migrations que nous avoùs étaMi , et probaldeiàieiif pfôlicés par les Phéniciens^ avaietit, au rapport de Strâbon*, des monuments qui attestatunt six mille ans d'antiquité, jusqu'à son temt]is, qui était celui de J.-C.
« Les Turdules, dit-il, les plus instruits des « peuples de l'Espagne, ont des écrits sur les € choses anciennes, des poèmes, et des lois
* Straboîï, Géog., liv. 5, p. i5&.
< écrites en style mesuré, depuis sii mille ans» > Les calculs de Varron, comme ils sont établis^ par Gensarin/ nous donnent également une àirée supérieure au calcul de la Yulgate. Eki effet, il fait remonter le déluge d'Ogyges à deux mille trois cent soixante-seize ans avant J.-Gm ce qui placerait ce déluge avant Noé , puisque le calcal latin place le déluge universel deux mille trois cent cinquante :ms avant J»-G.
Nous concluons donc, et nous pensons que le calcul des Septante est le seul que Ton puisse adopter» Il est en parfait accord , pour là durée générale des temps, avec les caleub réduits des empires anciens. L'origine des Hébreux étant in» contestablement chaldéenne-arabe, leur chronologie a dû être la même que celle de ces peiq>les«^ C'est ce que le texte sacré véritable et l'histoire profane nous prouvent également ; nous le répé-: tons donc, la chronologie comparée confirme toutes les traditions historiques.
Nous ne cherchons pas à nous dissimuler, nous cherchons bien moins encore à dissimuler aux autres ce qu'il y a d' incomplet , de hasardé même
^ CBNSORirr, lib, de die natali^ eap. 21.
dans toute recherche chrondogique. Mais cependant, si cette étude, faite de bonne foi, nous con* duit à des résultats semblables à ceux que les autres aspects des questions historiques peuvent fournir, c'est une probabilité de Texactitude des uns et des autres. Supposons, par exemple, que Tunité de civilisation des peuples soit constatée par Thistoire, la comparaison des langues et des croyances , et qu'il ne faille plus pour arriver à révidence que la concordance des calculs , certes, il y aurait lieu d'espérer que cette concordance ne manquerait pas seule à la démonstration d'une vérité établie par tant d'autres preuves. Nous n'avons pas cherché à torturer des textes ni à altérer des chiffres , nous les avons puisés dans les au- ^ teurs les plus accrédités, et dont la bonne foi n'est pas suspecte. Nous indiquons ces sources , et si nous sommes arrivés ainsi à la concordance non , comme nous l'avons dit, par des calculs émanés de nous*méme , mais uniquement en nous fondant sur des documents accrédités, acquis à la science historique et chronologique; si nous nous sommes appuyé sur l'autorité des hommes les plus recommandâmes en cette matière, nous pouvons croire que nous ne nous sommes point abusé sur le ré-
snhat. Nous avci» «tiMre, il «st Yfài , k démon* tuer celte id^tifé des peuplés âotis le rapport des cfoyanoes et des lâtf^tfes, mm fiotts pontons d'ayaiice considérer les condnsions des livres qtie notts allons consacrer à ees questions, comme ds> sess près de nous pour lent emprunter un simple raisonnement qui ne sera pas démenti par la suite de nos recliefcfaes.