‹ Histoire de la filiation et des migrations de peuples (volume 2)Chapitre 19 sur 39 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

AlVAIiOCïnS Dl» IiAMGlUBHi.

Il n'a existé qaHuie seide laagiM prkniilve.— Les langues sémitlqQes s'écrivent de droite à gauche.— «Leurs caractères sont en général les mêmes. — Les opinions yarient sur la sonrce^ et sont d'accord ma runité.^])es mots et de leurs eooibiiiaisons*^De Tantériorité entre Thébreu et le chaldéen.^ Premier coup d'œil sur les langues dolford. — CUssUieatIo» îles ian^aes par Leibniz.— Les langues Japhétiennes se divisent en septentrionale et méridionale. — Leurs rapports. — Les langues sont, entre elles, comme les migrations. — Le celtique antérieur an tudesque. — Du sanscrit. -* Analogue et antérieur à toutes les langues de l'Asie. — Au grec et au latin. — A de l'affinli^ 4Tee tontes W langues. — De l'antériorité entre le celliqne et le sanscrit. — Ces deux langues n'en sont qu'une dans l'erlglne. — Les familles dn raidi de l'Inde, de l'^ceident de l'Asie ou sémitîqnes« da nord de l'Asie on celtique, se résument Jus-

k qu'ici en trois langues : sanscrit, celtique, arabe ou chaldéen. — Bemarqnes à c^ auje^^ ^ Du persan f t de l'arabe. -<- Du zend. — Il s'écrit de droite à gauche. — Le zend était la langue de l'Arménie, de la C^ri^ , de l'Iran proprement dit, et de rAderbe4jan. — Du pars! et du pehlvi; ce dernier vient du zend.— Le pehlvi antérieur au parsl.— Le parsl, comme le pehlvi, vient du zend. —Le pehivi était parlé a^x Uem^ mêmes o^ était rimctenne Ghaldée. — Toutes les lances dont nous nous sommes entretenus aboutissent au celtique, au zend, au sanscrit. -^ Le zend et le sanscrit sont la même langue. — Le zend, le sanscrit, le celtique, sont les trois premiers dialectes de la langue primitive.

Toutes les langues de l'Jbdç, da la Perse et de TEurope, considérées, quant à leur substance même , et indépendamment de la phraséologie ,

sont originairement identiques , c est-à-dire composées des mêmes racines primitives que Imfluence du climat, la prononciation nationale, les combinaisons logiques, ont nuancées de diverses manières , tantôt remplaçant un son par un autre son homogène, tantôt étendant une idée du sens propre au sens figuré, ou la gi^aduant par une dérivation continue sans que les éléments du langage en soient essentiellement altérés. Cette analogie et cette différence sont communes à tous les idiomes de notre système ; mais il existe une analogie plus particulière entre ceux qui composent chaque famille, et qui présentent des sons de même degré, des radicaux secondaires parfaitement semblables et modifiés seulement par les syllabes qui leur servent d'affixes ou de désinences. Enfin, les langues réunies dans chaque rameau se rapprochent dans leurs désinences mêmes, et n'offrent plus d'autre distinction enbre elles que celle de leurs voyelles finales et de leur syntaxe individuelle.

Ces considérations précèdent, dans Fouvrage de M. Eichhoff,^ Texamen des langues suivantes,

* EiCHHOFP, Parallèle des Langues de V Europe et de l'Inde,

iil-4^,18S6, p.52.

qui résument toutes celles dont nous avons à nous occuper :

i^angùes indieniies : sanscHt, on indiâi.

Languies romanes : grec, latin, français.

Langues germaniques : gothique, allemand, anglais.

Langues slavonnes : lithuanien, rosse.

Langues celtiques : gaélique, cymre.

Langues persanes, dont le représeitant est le zend.

Il conclut à ridentité de ces divers idtèmes . dont Talphabet a été celui des Phéniciens ou des Hébreux, perpétué et modifié chez les Grecs , les Romains, les Germains et les Slaves.

Examinons cet aperçu général,

Lespremiershesoinsdes hommesont développé des besoins secondaires, amené Tobservation et le dénombrement des objets physiques et moraux ; enfiii,radoption des sons qui en réveillaient Tidée; voilà, selon Topinion la plus générale, les éléments primordiaux employés par degrés pour former la première langue. Xes mêmes besoins ont veillé à la conservation de ces éléments. Tout publie donc que les idiomes de tous les pays sont sortis d'une langue matrice, comme tous les ani-

maux , tous tes végétatt:^ , soat Botiib à'Mt gëtifte indestructible, qui en a assuré la petpéveti^. ^

S'il était possible de douter qu'une première langue ait été li sôvrce fideoade de tarit de sœurs de caractère différent , \eà ÔMtëÉ t^ktèmëûtih h tes îttnombrabieii i'4)^rts, à (iet à\t de famille, qui décèlent une origine commune :

S'il était besoin de joindre aux citations que nous venons défaire de l'opinion de deux hommes aussi savants, de nombreux témoignages, nous n'atit*i<M&s qtte l^èmbkfl'às d(i choix; L'un ét^irait à uniâ époque 6u les recherches silt' les khgués n'avaient pas fiiil les iuiitlenses p^gtôs dotit les ont enrichis les hommes k*éco]xlîûatardables ^ui, de de nos jours , se mmt oonBaçré» à cette étude; M. Eîchhoff, yenu après touà les autres^ nous offrey dans son savent ouvrage, bn résusié de leurs opinions, la doctrine définûive ^ui peut Mte éié* blie d'après leurs travaux et les sie-âê. On ne sstïh rait lui reprocher» eomme à son devancier^ la préoccupation qui présidait à son travail, et cette monomanie celtique d<Ntit ëe naônlrèrent atteints des écrivains fort estimables^ d'ailleurs.

* Le BnréAnô , cR>servài. sur les tangues. Prospctfios, p. Jf.

AFé%eni{^de ces deux auteurs et de leurs de* Yattciers , notre opinioili est qu'uae seule langue primitive ai été k racine de tontm les anire», que le& iiMdi#cieiâoÉft iiuccessives leur otit éonié cette piÉysfiMK)ttiie ^i les rend élrang^w 1 une à ïàM»e ; mM# ifo» dans toutes» à dîlSérents degrés, smtàttt Téldigttemeiit des. Êituilles qfui ha parlent, se retrouvent les déments de leur unité.

G'€f«i eielfe ongwe qu'il conyient de recfaerdher , afei de voir si les filiations (pie nrâs avons déjà eu ToccBsioU de vérifier ae retrouvent , dans le lan^ giSÉge, être les ttèaftè^ que par les eroyances et les lUoumnents kist^^^riques. Nouvelle vérification de Fhypttthède qcrë iKiHis avons établie. Noifê suî« vrous la métne marche , examinant d'abord les langues ot4estales {Sémitiques, les langues du nord eu scytbifj^es, et les langues de l'Iudostan. Noitie travail èâRté de oetoi des linguistes^ en ce que now» ne uous pf opOMM pas de faire ressortir lëis èoAcordànces pour démontrer l'homogénéité, mais le degré de ceà concordances pour élâWir

la fiKation.

Nous ne répéterons pas le passage que nous avons déjà donné au livre consacré aux Arabes, et qui commente le savant Mémoire de

Deguignes * sur les langues orientales sémitiques. Avant de donner/ sur les langues de Flude, l'opinion des hommes les plus oompétents, nous avons à faire ccHinaître, sous un aspect plus général que nous ne l'avons fait jusqu'ici, le. système des langues qui sont en usage parmi les peuples auxquels nous avons attribué le nom général d'Arabes.

Toutes ces langues ' ont un alphabet formé de lettres qui s'écrivent de droite à gauche, et qui portent les mêmes dénominations. Les Grecs^ qui avaient d'abord adopté cette méthode, l'ont changée pour écrire de gauche à droite, exemple imité par tous les peuples de l'Europe. Cet alphabet se compose de vingt-deux lettres qui sont consonnes ; les Arabes en ont vingt-huit , parce qu'ils en ont distingué quelques-unes par la prononciation, tantôt douce, tantôt aspirée. Les Grecs et les Latins ont également ajouté à leur alphabet» à mesure que le besoin de nouveaux sons se fit sentir. La forme des lettres est différente actuelilement ; le caractère hébreu est très carré , celui

* jécad. des Tnscrip., t. 36, p. 115.

» Ilfid, 114-115.

des Arabes très arrondi et lié, le syriaque tient le milieu entre les deux. Le caractère hébreu actuel est , suivant l'opinion de plusieurs savants , celui dont les Ghaldéens se servaient, et que les Juifs ont adopté après leur captivité, en quittant le caractère samaritain, dont ils avaient fait usage jusqu'alors.

Lçs Syriens ont, comme les Arabes , un caractère ancien et un moderne. L'ancien s'appelle le stranghélo.

. L'alphabet phénicien ^ est composé du même nombre de lettrés que l'alf^abet hébreu ; on y reconnsût la conformité avec les anciennes inscriptions grecques. Âù reste, ce caractère parait offrir quelques variétés, suivant les localités dans lesquelles il était employé.

Ce caractère, commun aux Phéniciens, aux Hébreux, aux Arabes, est l'origine de cdui de toutes les nations qui sont à l'occident de l'Asie. Du côté de l'orient, il a été en usage dans la Perse pendant long-temps, en sorte qu'il ^st peut-être

l'origine de toute écriture, soit directement, soit

indirectement.

* Acad. des Inscrip.^ p. lis, t. 56.

Il B est pas difficile de recoDBaitre ici la trace de la préoceupatiaii qi» fut toujours cette de Deguignes. ^ n ventait tout attire vetér de i'fîgypt^, et il va jusqu'à vouloir £ûre deseendre les caractères indiens de f Egypte, par sulte4^ €imqiiête$ d'Alexandre. Ce syst^e a été oombutiu et ren*versé, et il serait aujourd'hui superflu de te oofi}baitre de nouveau. €e qui petft reMer 4^ «a discussion, e^est que les caraetèt es ^énérausL ées langues occidentales de l'Asie sont efiéât«wment les moines; «pie Talpliabet de ces ifingms V^st répancki àust les TaMaces, dai|s k Grèce tetdus les (jaales; qpie, sll efitvnû que les bdÎMsafimit qttdques pMuwsdu sé}oiff des Chroes, «^b ne prouve pas, à heauemp près, qu'ils aient attendu cette époque pour adopter un syfltkne dTécrîtare.

Ifeos aiha» voir Cout«à-rheure cpie le chaUéen et le pehlvî, suivant Will. Jones, s(hiI éoi» langues qui preoàdent L'une de l'autre* Que le pehhii, amenne kngue de la Perse, était 1» base de tous les dialectes de l'Itan, et qu'il était fait-méine> ainsi que le parsi, mais antérieurement, un dialecte du

* .^cad. des Inscrip., p. 11», t. 56.

zçnd. Aift^ De^uigfte.$, en «pus disant qm te ç%-

aiwnd» firtifeeUâDMni ^tt «»Qms, que I» i^et^vl appart«9m( î) ç^fi §frmAe. famlL^ lia gMalçtgte 4u p^lvi répondra c^ç pftm? tQ«|çs }ft$ Att^@§i «t

tes (xva$i4éraMpP.s ifW ^'y j^®4K0»t »«W^P»t hprç 4e 4QUtç (fo» h pcçflui^ langl») n'a p^ ^t^ çiBlte,(te la Syrie 9n de J'Égypfe. Pjçujyp qjjpcela fût, il %drait d'giUewsqve 4P9fte? te$ iradilioins

pay^-PMr l? twpeçftn ^ g^^re bnnww^ # rien,

jn^u'^ présent* fi ? PH nOHS faice qenç^y^û* oesUe idée,

I>eguign«;^,et m^e w généfali^jçtplus çgiffi lui, pMJsqne nn^os a^fnçUqn^ dans noti^ ^érje un sAn^

gi)an4 nARïJïrp 4'i<li^»fi§ qu'il n'en admot 4gns

la ^«ne, q^e Jçs flaçun^Q/eiUs d^ t<?H? te* peflptes

tp^ .^§ ieç l¥>mw€« pou i^vm

^nrpe en Syrie on ^ JÉgypt^, S|iivan$ yqufilqnçsvfp», sijips adopteijp J'opifl^adeç ^utrfis, ,q|ù ila |>lacegl d(|n& !l'(n4«> ^opf A^ nov$ ^^gpp9Dâ pa$ davan^e à l'avis de tous ceux qui vont la chercher

en Ethiopie, dans Tiran, dans TArménie, car tous

ces systèmes ont été mis en avant; nons nous bc»*-

nons,pourlenioment,àrecHeilfir un fait général; le

seufqui nous intéresse actuellement rla nature des

gués annonce qu'elles sont un héritage commun

d'une même origine prinûbve, et les opinions qui

varient sur la source ne variéitf pas smr l'unité.

Ainsi nous ne trouvons pas de divergeiîccia sûr

ee fait général de la fraternité des langues sémi-

tiques, et même de quelques peuples qui ne sont

pas compris sous cette dénominatioàé Mais ce qui

existe entre tes nations peut être remarqué aussi

à Toccasion des langues : elles se divisent eii &-

milles. Celles qui sont parlées par dés peuples

rapprochés conservent une ressemUahce plus frappante; cdles qui sont en usage parnii des hnulles séparées par le temps et Tespace, renferment des dMférences phis nombreuœs. Ainsi se cônstiluentdesgroiipesd'uûe pareille plus étroite; mais les rameau:» éloignés conservent encore les traits reconnaissables de leur origine. Nous voyons, dans l'Europe moderne, des familles de langues latines ou germaniques ; c'est de la même manière que dans Tantiqui té la plus haute ; nous irouvens la famille sémitique^ k famille iranienne,

scythiqueou indoue. Nous chercherons à établir, dans ce môme livre, comment les Iraniens ou Perses se rattachent aux Scythes parleur langue, comme nous avons vu qu'ils s'y rattachaient par l'histoire.

En général, lorsqu'<m examine de près tous les caractères dont je viens de parler^ dit Deguignes/ on aperçoit qu'ils partent d'un même fond. C'est un seri et même caractère que tous les peuples ont adopté, mais qui a souifert les altérations que le temps et réloignement ont dû produire. Cette source, pour les langues sémitiques, est l'arabe, dans lequel se retrouvent les racines de toutesles langues orientales.

' Nous avons vu, au livre seccmd, toutes les nations de l'Asie occidentale se réunir historiquement sous cette dénomination d*Ârabes, qui les résume toutes; nous voyons maintenant les langues que ces nations ont parlées se • résumer de même dans la langue arabe; mais ne nous hâtons pas de conclure. Après avmr parlé des lettres, nous devons suivre ces analogies dans les mots et dans leurs combinaisons : c'est de l'ensemble

* ^caâ. des Inscrip., p. 122, t. 56.

deo^j» rapports que doitréfiulter l« 4^ré d'adbé^ sion qm Vf» ^aocmdffn à ce»f^«Qhf»^

On aaîtqtie dans tes Iwguas Mfiikiqii«»« ^ Kl9proUi«^les kttKU du même wgtue font trèi» souvent mises les unes pour les autres. .0^9 cbaPgeiaMts Mpt fréquetttâ ^mh^hreUfCm ^yrîft^e, et pr}nQipdemçnl;en|iitth6;flaiopMoeitaé^ laii^ud mi k plus riche, «i cidle divat mm» e(mr naiewQs le mimx Ic^f préliMiâtt9s mc^ÎMiSb 4» tfm lettras» et ranuie dciM \Qm i^ iài^v^ t^ù-

rabâ, pour y pwser i«iefi<i^:i^f»Pfto!S/.

Nous trouvons, dans ce psusiigAgs # m^pi^, la cM|firi»<l^pn d^ ^ faH iWi^rl^, q^ ^ ra-

ons^ aéfQitiqsds put, ^ gé^^^l )# m^iHp ^^tîfkatipo; fi i^Wst là, 3mmi Ikg^m^s, - qijii g^ifit la même lOfÀiîcM, ce qui ^eBStîtjWs Hd^t^^ ces tengneB.

C'tèt fAT KcoamfiQ de n^e^ maisios ^êê s €i¥pUqiie la 0ai[it»dk)tiw x|ai ^mM^ft fégi40r d^ ce que certains dç ce» |>e)i(ilf)s op s eoieadaiiwi

* J. Klàpkoth, Mém. sur les Langues sémUiqiies. ^ Dkgvignes, Acad, des Insérât. ^ t. 56, p. i^.

pas les UDS les autres. Les frères de Joseph se font des reproches entre eux, en langue hébmij*que, )»ersttadés que Joseph ne les entendait pas.*

C'est une règ^ étafabe et généralement raeon* ii«e, q«e de t^Mbreu an syriaque, on on ckaldéeQ, ou à l'arabe, la variété ceqjisîste dqns fes w^ydàes, et non dans les œnsonnes radîea}es;<de là, la variété dtfis les sons des mots. Déplus, un ixifot peut qnelq^ois chauf^ d'aceeptîoii { enQn ^ pnwûo* ciatioB est sujette à varier finiralit les cantoos. il y a bien asses de ces causes popr ameiier de^ différences assez ^ndeç pour que les peuptos qui parlent une langue, radicateoBient laiHiéai|3,Qessent dee'entendre.

Ce n'est pu» tout pourtant , oertaines lettres d'une racine se <iiangmt e» d'autres tiQttpes, cette radne conswvaitf toujourp sa signiéioqtion. Ces changements arrivent apx ie^tt^ qui sent de même ergane , comme ^entdele'dîreKiaproth. Deguignes * en rapporte des ^emptes assee nombreux ; Klaproth adopte ces exempies et ies ré«

* Genè^e^cap. 42, v. 25.

^ Deguignes, p. 142, t. 56.

pète dans son Mémoire sur les langues sémitiques.

. Tous ces changements dans les racines altèrent assez les mots pour qu ils soient regardés, faute -d'examen, comme des mots, nouveaux et de langues d^érentes, et c'est ce qui explique comment il est possible que des peuples de même langue ne s'entendent pas. .

Le pêa de mots qui nous reste de Taocienne langue égyptienne peut être mis au nombre des radnes orientales/ Mais d'après ce que l'on peut en jugw par ce qui reste de ces mots et par la langue copte, la marche grammaticale de la langue égyptienne s'écartait davantage du type général, sans pourtant que l'on soît moins fondé pour cela à établir les mêmes rapports avec les autrçs langues. En effet, on ne pourrait se fonder sur rien pour établir que les Egyptiens, entourés de tous les peu^desqui ont incontestablement parlé la même langue, fussent les seuls à se servir d'une autre. Ajoutons que non seulement ils étaient voisins, mais que leur mélange avec ces peuples est hors de doute; les Phéniciens, les

* Deguiones, Acad.des 'nscrip.yi^. 144, t. 36.

Éthiopiens, les Hébreux , les Arabes , ont habité TËgypte. La source dé tous les langages de ces peuples a donc été la même , comme les peuples eux-ménies, que Thistoire tious montre constani» ment mêlés ; il n y a paë de raison pour établir que lès langages soient entre eux dam un autre rapport que les peuples, et le peu de documents que nous possédons atteste au contraire que ces rapports étaient les mêmes ; un passage de saint Jérôme est' positif à cet égard : c Quand nous € sommes en Egypte, nous ne pouvons parler la c langue hébraïque ; mais^ celle de Chanaan, qui c tient le 'milieu entre la langue d'Egypte et celle . c des Hébreux , et se rapproche beaucoup de la € nôtre/ » ;. ,^

La langue chananéenne ou phénicienne tenait donc le milieu entre rhébréa et Tégyptie»,- et ce rapport eàt bien celui^ que nous avons remarqué entre cespeuples. C'étaient les Phéniciens que les Hébreux appelaient Ghanânéenâ; et quoiqu'on ne puisse pas rendre uii compte exact de leur langue, on a pu recomiaHre qu elle était composée des mêmes racines que les autres langues

* Saint JéRÔME^ Comm. sur Haie, liv.r, c. 19, t. 4, éd. de Rom.

orieliUileB ^ et ^'efie aVait les fôHmd graàHMti* cailes dit syrûiqlie. Mi^fé kes ailératîéns que le syriaqM « luiMS y ses ranieri edblart dai» Fliéhteu OQ daM farabeé Ses ttoi»diai9ciM ^ étaBent ratitoéilicn, qm ï^m employait disoiB b Mésopotsimie, le diatMte dia PâAe^kie, parlé par les baintàtttâ déDMMte, dt Liban et die la Syrie propre; eiifiik k cbttMéeA » ^lé eh Aœytie €ft dem» k Ba* bylonie.

La làffgtifr afabef eM céBe qui a subi le n6ms d'alféràtioM ; elle éfatt divisée en deux dialectes priftcîpàttl : tûhii dé» H yémarîles ; Tailtre, celui qu'ettipiëyaiôirt te& descendant» d'iBoiaëdi Le dialecte hyéttiarit« était celm qui 'm Fapprbâbak le plus du syrien, suivant les Orientaux. Il et> devait êltè iAi^y poi&qn^ c'était ie lànugagède laudieniie âûtacbeafàb», à k(p]»Ue:5'étàieatiréimte^pIite tard tM desôêftdanls cf bmaëL Ce ivppoM de l'aAciea dkiletilè Mtibe avec ici t&jtksn Op^ét . tout ce ^le MùÈ iMttfs dit de Forigiâô éotnmrine de» Arabeis et deâ 8y)rieiis ou Qxaldéena, Camâle uni^piè dont la souche se trouvait entre les montagnes oùTEu' phrate et le Tigre prennent lemr source.

^ AssfEfllAM, JÛibL orient., t. d, p. 476.

L'étiik^îeil se rapproche ^alèih^t de Tàrabe, iefDrs co^tigaîsons soÉt modifiéeë de la luéme mtr liièi^è. Quelques^obs de leiurg usà^ grammati-^ uattx «ont 09UX des Gcif tes s et jAfar ki tu peut pvèsimièi* ({u'îIb m i^approchaifeat des Ë^rptiem« Ge-^ peadànt les ràpprocfaeimiils h» ptos «Xdctg foi^t desëendre les Éthiopiens deil Araèes pilirlôt que des Égyptiens.^

GeliJiî qui tëuf élAdtef la k<lg«è éthîdpieflne doit être exercé dans l'arabe ; car la parenté de cMdraK laligtte» attelle, qn'âppf e»^ tffi mot nrabe^ c^est ât)pf «Hdre ttii mot éthidt)i«âi^

Léd pfoitoifiiS) k coni^nrctîèfi de la phrase , eotit lei^ lÉèmes das^ lés lasgtifés orielitâlesi*'' Les OrêCK et lei^ L^thd oât ^ètop^uflté ««e pàttfe des prsncmid orieâfaux ; tt^s «(mt Id t«ttedu syi^tne

^ftmtiiMifiail ëÉC difféfélit} «tissî ItiUi* lâttgbge, liiélé de bswciwp d'OPietttài, diffèt^t^i dés tangoesi de rOrinR) bt téipëht plm en èfi»e regardé Gbimiie«iidtai(eote. G«ti-^|âiisq[ti'««[dè^éhdant éloighéqiâ â t^eAitt^adhé deè àflîàfitteg él^attgères.

WoTTONiDs, Dissert, de confus, ling. Babylonicd. Dans Chahberlatne, Oratio dominica, etc., p. 58. ^ OcKLBics, Introd, udiinf.^rimt.yT^. 190. ' Deguignes, /^cad. desinêcrip.y t. 86, p. 456.

Le temps et Téloignement ont nécessairement amené avec des besoins et des circonstances non"* velles ces modifications ; mais les rapports d'origine ne sont pas^truits pour cela, et on ne peat les méconnaître dans toutes ces langues. L'étude et l'expérience sont là pour nous l'apprendre, et l'opinion de tant de savants hommes justifie à chaque pas l'assertion de Merian : . -. . « n n'y a eu dans l'origine qu'une seule hn- € gue. * * :

Nous venons de voir que, pcMir les langues dites sémitiques^ les modifications apportées à ce lan* gage primitif sont de même nature et constituent un ensemble qui les groupe en une seule familk

Selden' comprend, sous le nom de Syriens, les mêmes peuples que nous désignons ici. sous le nom d'Arabes. Son point de vue n'était pas le même; mais il n'en reste pas moins que son avis était que les habitants de U Babyloniie, de TAssyrie, die laChaldée, de Ghanaan, de la Phénicien de la Palestine, de l'Arabie, de la Perse, etc., étaient une seule nation primitive.

*■ De V Etude camp, des Làngueê, p. 5. * Prolég. ad tract, de diis 9yriê, csp. 2,

Il est difficile de dire quelle fut laplus ancienne des langues hébraïque, chaldéenne et arabe. Rien n'indique, dans l'égalité parfaite de leurs fondements, que Tune soit dérivée de Fautre. Le syriaque descend du chaldéen et fut formé après la captivité de Babylone. Je suppose que Dieu , en confondant les langues, laissa quelqu'affinité entre les dialectes de ceux qui devaient rester voisins, afin qu'ils pussent se comprendre encore et continuer les rapports nécessaires. ^

Le docteur Wottcm n'oublie qu'une chose dans sa supposition, c'est que l'intention divine fut prédsément d'empêcher ces rapports nécessaires. Il faut donc chercher une autre raison. La confusion des langues à Babel ne put être et ne fut qu'un symbole explicatif d'un fait dont lorigine était inconnue, explication que l'ignorance des causes réelles ou des intérêts d'un autre ordre, rendaient nécessaire, et qui était analogue au récit de l'origine des peuples, attribuée aux fils de

Noé. La véritable raison est la dispersion même

des peuples et leur éloignement du centre primitif des populations. Moïse, par des motifs qui ne

* WoTTONios, de confus, ling. Bàbylonicd, p. 59.

sont pas de notre sujet, fit de la confusion des langues la cause de la dispersion, tandis que cette confusion en fut l'effet. Que les langues hébraïque , chaldéenne et araoe soient les plus anciennes parmi les langues sémitiques, c'est ce qoi parait mieux établi. Mais les Hébreux sont, de l'aveu même de Moïse, une branche des Ghaldéens ; restent donc les Arabes et les Ghaldéens. Nous avons établi^ que nous les considérions comme le même peuple, dont une partie resta sur le beau sol de la Babylonie , tandis que l'autre parvint à l'Arabie ; de-là les deux dialectes reconnus pour appartenir à la même langue, et confirmation nouvelle de cette origine des Arabes, dont nous avons parlé au même livre. L'un n'est pas plus ancien que Tautreé Nous pouvons croire que la langue dérive du pehlvi et du zend, et par conséquent n'est point étrangère au sanscrit , si ces deux dernières langues sont les mêmes, comme le pense William Jones.

Les fils de Japhet s'étendirent jusqu'aux pays les plus éloignés du côté du Nord et de l'Occident,

* Livre 2.

61 leurs dialectes, venus de TOrieiit, s'accordaient dans leurs bases principales^ ^

Junius, dans les fragfnents des Quatre Ëvangi* les, trouvés en Allemagne dans un vieux manuscrit, et écrits manifestement dans un dialecte leutonicpie, fait observer et prouve par de nom^ breux exemj^es insérés dans son commentaire, que les langues grecque et gothique ne sont que des dialectes provenant (f une même langue originelle. Cette langue se répandit dans la Germanie et la Scandinavie, et enfin dans la Belgique et l'Angleterre. Nous pouvons étendre cette filiation à la langue latine, puisqu'elle . vient . en partie du grec, ainsi que le pensent presque tous les érudits qui ont examiné la question.

Les colonies de la famille de Japhet, dispersées dans ces régions, ont-elles eu dans l'origine une seule langue divisée en dialectes divers, comme dans les contrées voisines de Canaan ? Ces dialectes, séparés sur un grand nombre de points, ontib des liens de parenté dans leurs fondements conmiuns? C'est ce qu'il n'est pas facile de déterminer pour une si grande antiquité, et dans la

* Wovtojnimy uU suivra.

disette de documents historiques où nous sommes. Les langues fennique, esclavonne et hongroise paraissent être originales, et n ayoir avec le grec et le teuton aucune affinité réelle. Je^ne déciderai point si la langue des Cantabres et Fancien gaulois ( dont l'idiome breton, bibemique et annoricain sont des dialectes ) sont également originaux. Il reste encœre les langues perse» chinoise^ des Indes orientales, de FÂfrique et de TÀmérique; il suffît pour moi d'aydr prouvé qu'il y eut, sinon plusieurs, au moins deux langues formées à la confusion de Babel. Moïse dit expressément qu'il n y en avait qu'une avant ceUe époque.

Ce que le docteur Wotton n'a pas osé dire, Leibniz, * moins timide apparemment, nous le dit ; il regarde le celtique et le teuton comme deux langues très rapprochées l'une de l'autre, et les langues des peuples occidentaux comme les dialectes d'une langue primitive. C'est aussi, jusqu'à un certain point, l'opinion de Wotton, puisqu'il trouve que deux langues sont sorties de la

* Wotton, ubi suprd.

^ Lettre à Chamberlayne^ dans VOraHo domîniea, p. 23.

confusion de Babel. Ces deux langues sont probablement les langues sémitiques etjaphétiennes.

Moïse , en donnant un seul langage aux hommes avant le déluge , reconnaît ainsi , implicitement, le fait de cette unité radicale, qui était une tradition de son époque; il a revêtu toutes ces traditions d'une forme particulière ; mais Tobjet de l'histoire est précisément d'arriver à la vérité, cachée sous ces formes. Toutes s'expliquent l'une par l'autre, -et sont empruntées aux mêmes sources.

Les langues de llnde et Tancien l^igage de la Perse ont été mieux connus depuis, qu'ils ne l'étaient à l'époque où vivaient les savants que nous vencms de nommer ; aussi , l'indécision où reste Wotton sur l'origine des langues s^eptentrionales n'a-t-elle pas airrété des. écrivains plus modernes. Ils n'xmt pas hésité à les rapporter au sanscrit, ou , plus ex;actement, au langage primitif dont le sanscrit est lui-même un dialecte.

Nous avons lié immédiatement ces ooosidérar tions générales sur les langues du Nord à nos observations sur l'identité des langues sémitiques pour que Ton pût mieux embrasser leur réunion en un point central et primitif. Les systèmes dif-

féreiHs qui les régissent aujourd'hui rendaient nécessaire de ne pas perdre de vue ces rapports antérieurs avant d'entrer dans un examen plus détaillé qui nous conduira déifoitivemeût aux félâultats que nous avons cru devoir effleurer^

Après avoir étudié la tnarche de ces langues et vu commeiit Les vaï'iétés qui les séparent, aujour-^ d'hui se sont établies sur des racines identiques^ il faudrait pouvoir remonter à ces racines mêmes qui ont dû composer le véritable Ismgage primitift. Mais nous ne trouvons plus un seul peuple réduit à ce langage. Il nous &ut donc^^après avroir vu que toutes les Langues sémitiques ne forment qq'un groupe, et à quelle souche .on peuples rapsCTi^t opérer Le même travail sur les autres langues. Quand ce rapprochement sera fait , s'il nous conduit au même résultat, nous verrons quels sont les rapports qui lient les deux groupes, si ces rap* ports existent, et nous en déduirons la séparation; ou Taffînité. Nous sommes déjà fixés sitrcèpomt^ que toutes les langues sémitiques se réunissent en une seule, que nous qualifions de langue arsd)e, parce que Tarabe est l'expression là plus générale qui les coordonne. Notre étude va se, porter maintenant sur les langues japhétiennes ou, plus exap*^

temeut, 3ur les idiomes des peuples septentrionaux et occidentaux. Si les résultats sont tels que nous l'attendons, nous les rattacherons toutes à leur berceau commun , et nous verrons s'il est le même que nous ont déjà donné l'histoire et les opinions religieuses et philosophiques.

L'étude des langues a deux objets : celui de communiquer les idées avec précision, et celui de^ démêler par les ipots l'origine des peuples qui les parlent et l'ancienneté de leurs coutumes. C'est le second point de vue qui est le nôtre ; c'est aux phi^. losophes qui se sont occupés de la métaphysique du langage qu'appartient le premier.

Le fond de la grammaire est le même^dans ton-, tes les langues, mais leur forme est différente.^

Leibniz faisait deux classes des principales langues connues; il les divisait en japhétiennes et en > araméennes. Les japhétiennes sont celles que l'on parle dans tout le septentrion, qqi comprend toute l'Europe; les autres, telles que l'hébraïque, lachaldéenne, l'arabe et la syriaque, sont celles qui ont été et scmt encore en usage dans le midi, de l'ancien monde.

* y^caâ. des Tntcript., t. 24, p. 569.

Les langues japhétiennes se diviseut elles-mêmes en deux branches, septentrionale et méridionale. Les langues française , espagnole, italienne, appartiennent à cette dernière classe; Tantre comprend tous les dialectes du tadesque et de Fesclavon, que nous avons dériyés du sansarit. ^

Un usage général, c'est de donner aux jours de la semaine les noms des planètes ou de quelque héros fameux de l'histoire ou de la mythologie. Le dimanche est le jour du soleil , le lundi celui de la lune» le mardi celui de Mars dans lès langues où le latin s'est mêlé, ou de Tuiscon dans les langues germaniques ; le mercredi est le jour de Mercure: c'est le jour consacré à Odin dans les langues du Nord ; le jeudi, ou jour de lupiter, est, dans les langues teutoniques , le jour du tonnerre Donnerstag ; le vendredi est le jour de Vénus, Freytag ou Friday ; en allemand et en anglais, jour de Frigga ou Freya, femme d'Odin, dont certains attributs étaient ceux de Vénus; les Goths l'invoquaient dans leurs amours ; samedi, jour de Saturne, porte en gaulds le nom de Sadurn.

^ Liv. 5, des Scythes, art. Escîavon»

Ainsi les peuples de langue septentrionale, unis entre eux, ont encore, par ces désignations , des rapports bien frappants avec ceux de langue méridionale, sortis de même origine septentrionale.

Une observation qui confirme singulièrement Funité des peuples du Nord, c'est celle d'un usage qui s'est conservé jusqu'à nos jours. Tous les peupies celtes, sans exception, ont cru que c'était la nuit qui enfantait le jour; on pensait dès-lors devoir préférer la nuit au jour pour compter le temps. Les Gaulois observaient cet usage du temps de César; les Germains faisaient la même chose du temps de Tacite. La loi salique et les constitutions de Gharlemagne emploient la même locution/ Les sentences, rendues en France, ordonnaient souvent de comparoir dedans 14 nuits ; et comme le jour était censé procéder de la nuit, on dit ensuite dans 15 jours; Les Anglais disent encore senight ^ seven night {sept nmts) pour une semaine , et for night , pour deux semaines , ou 14 nuits, ou 15 jours. '

* Keisler, JrU.y p. 197.

* Note sur la 6« fable de VEdda. Mallet, 26-27, iD-4».

Le nom de la lune est ma&colin en allemand. Gela avait lieu autrefois dans presque tous les dialectes de la langue gothique. * La lune est aussi une divinité mâle chez les Indous.

La langue tudesque ou germanique, de même origine que le celtique, mais dont les phases ne furent pas les mêmes, s'établit dans FOccident, après le celtique. Ce dernier langage était celai de toute la Gaule avant l'invasion des Romains. Le tudesque ne se mêla au latin, qui ayatt remplacé le celtique, qu'à Tépoque de Tinvasion des Francs, peuple germanique.

La question, soigneusement examinée, dit Leibniz,'la langue des anciens Gaulois n'^t pas la même absolument que celle des Germains, ouiis je trouve qu'elle est très rapprochée ; an point, qu'en examinant surtout les anciens mots germaniques, et prenant en considération leur origkie, on pourrait l'appeler à demi germanique. Il parait, en effet, qu'une seule grande multîtede, reniie des bords du TanaSs et de la Scy thie, se reprit dans la Gaule et la Germanie, et se divisa en dia-

* Note sur la 6« fable de VEdda, Mauet, 27. ^ Lettre à Chamberlayne, Oratio d^miniea.

lectes. Ceux-ci» par la distance des lieux et le mélange des peuples, devinrent des langues diffé-* rentes ; et comme une partie de ces émigraijits pé« nétra en Grèce par la Thrace et le Danube, il n'est pas étonnant que Ton rencontre beaucoup de choses conmiunes entre le grec et rallomand.

Les Celtes (c'est-à*dire les Gaulois et les Germains, suivant l'opinion précédente) ont peu{rfé l'Italie avant les Grecs : c'est une chose évidente de soi-même. Les peuples, en effet, se propagent facilement par terre, et plus difficilement et plus tard par la mer. Aussi la langue latine vi^it-elle du grec et du celtique. Plus cette langue celtique est ancienne, plus je la crois propre à éclairer les origines latines. Nous ne considérons pas comme un léger avantage de nous reneontrer si compté* tement dans tout ce que nous avons dit jusqu'ici, avec un homme tel que Leibniz.

Si l'on admet que les fles et les péninsules scmt peuplées par les emtîn^ts qui les avoisînent, on concevra pourquoi les anciens haUtants de k Bretagne, que Yaa appelle Gallois, représentent la langue des andensGermainset celle des anciens Gaulois limitrophes de l'Océan. C'est ainsi que les Anglais d'aujourd'hui, habitants de la Bretagne^

nous rappellent mieux Tanlique langue saxonne, que les Saxons eux-mêmes. On voit, en effet, que ces populations ont emporté avec elles leur lan. gage primitif et Tout conserré, tandis qne le peuple, don^ils émanaient, a subi, par le mélange de populations nouvelles, de nombreuses altérations. A défaut de toutes les preuves historiques, les témoignages qui résultent des langues suifiraient pour justifier ce que nousavons dit des caractères les plus généraux des migrations.^11 n'y apasd'écolier, en France, qui ne sache aujourd'hui que les Germains, appelés Francs, vinrent, sous devis, s'emparer de la Gaule, qu'ils nommèi'ent France; en d'autres terao^s, que l'invasbn germanique vint se superposer à la nation Celtique des Gaules. U ne faut pas une grande connaissance de l'histoire pour savoir que les Goths où Germains, vinrent s'emparer de l'Espagne, habitée parles Celtes, les Ibères, d'origine asiatique septentrionale , et que les Germains formèrent en ce pays la secondegraude série de migrations, comme ils l'avaient formée en France. Qui ne sait que les Saxons, les Goths de Scandinavie, en d'autres termes, dés peuples germaniques se superposèrent, en Angleterre, à des peuples celtiques, qui,

refoulés par la conquête, se réfugièrent en Ecosse et en Irlande» où nous les retrouvons aujourd'hui, comme nous les voyons, en France, dans la Bretagne, et en Espagne, dans les montagnes les plus occidentales et méridionales de la Péninsule.

Ce point de vue, tout historique, ne souffre qu'une explication qui naît du fait de la domination romaine en Espagne et dans les Gaules. Le séjour des Romains donne un caractère latin aux langues de ces pays, tandis qu'en Angleterre, où leur domination fut toujours. contestée et ne fut jamais répandue sur toute la surface du pays, le caractère général du langage est toujours resté celtique et germanique.

Les Francs, ayant cessé de parler leur langue tudesque, parlèrent la langue commime aux habitants des Gaules, le latin, dégén^ parFalliancedu celtique et de quelques mots conservés de leur propre langue; c'est de cette triple source qu'émane la langue que nous parlons aujourd'hui.

U en fut de même en Espagne : les Goths substituèrent, à leur langage tudesque, le latin que les peuples de la Péninsule avaient adopté ; et leur position, plus éloignée de la source germanique et des peuples du Nord, dut donner à leur

langue un caractère plus latin que français; ce qui a effectivement eu lieu. Les langues, dites la« tines, se rapprochent plus ou moins de cette km» ^ue, suivant la situs^n qu'elles occupèrent rdsh tivement à leur origine.

Le tudesque fut la langue des rois de la première race ; le testament de saint Rémi le prouve, par rapport à Glovis. * La langue de Gbarlemagoe était également le tudesque. Eginhard^ nbus apprend que ee prince avait commencé une grammaire de sa langue, et donné des noms, pris de cette même langue, aux vents, aux mois; iUes rapporte, et ces noms démontrent que la langue de Gharlemagne était le tudesque. C'était aussi celle de Louis d'outre-mer, car on fut obligé de lui traduire en cette langue, pour les lui faire entendre, des lettres du pape Agapet* -^

Mais, pendant que les rois parlairat encore k langue tudesque, la nation déjà parlait ce mélange, qui n'était pas encore le français, et qui porta le nom de langue romane, conmie <m le voit par les serments de Gharle&-le-Ghauve et Louis

^ BoiiAHT, jicad. des JPnêc.f p. 658, t. 94. ^ ^ DucHBSNB, Hist. Franc,, t. 2, p. 105. ^ DucHESNE, FYodoard, U 2, p. 615.

de Germanie, en 842.^ Si nous voyons, en 815, les évêques obligés de faire traduire des livres Is^s en tudesque , c'est que les vastes possessions de €harlemagne avaient amené à sa cour une multitude d'habitants de Germanie, et que, pour eux, cette traduction était nécessaire. La cour, sous Gharlemagne et ses successeurs à l'empire, réunissait des hommes de langues différentes. Mais ces considérations nous éloignent de notre sujet, qui nest pas aussi spécial; elles étaient cependant utiles, car elles confirment nos observations sur l'enchaînement des migrations.

La langue celtique, depuis que les Gaules furent conquises par les Romains, fut encore en usage pendant plusieurs siècles. Il subsiste encore aujourd'hui, dans le bas-^breton, un très grand nombre de mots celtiques; c'est un fait reconnu par tous les savants. D'autres mots eeltiques ont to^lement péri dans le bas^breton, et oiat été remplacés par des mots tirés du latin et du français. '

Les Scythes, nation vagabonde, et la plus

i I>UCHBSNB, t. â, p. 574.

^ L'abbé Fenbl. Memtsrq^ sur le mot Dunum. ^écad. de$Inse. t. ao, p. 410.

étendue qu'il y ait eu sur la terre; selon d'autres, les Phrygiens, en généra) les descendants de hz phet, quels qu'ils soient, ont répandu dans tout rOccident une langue, qu'il a plû à quelques savants d'appeler celtique* Selon eux, l'ancien grec, qui est la langue des Pélasges, et celle des Aborigènes, dont le latin est formé, sont ses premiers dialectes, aussi bien que le teuton primitif el ]e gaulois. *

Tous ces témoignages s'accordent pour établir que, de toutes les langues septentricmales, le celtique est la plus ancienne; que le teuton en est très rapproché, et en dérive ; que les peuples , refoulés par les conquêtes successives jusqu'aux extrémités des pays qui furent envahis, sont précisément ceux chez lesquels les restes de la langue celtique se retrouvent.

Ainsi la première migration septentrionale est celtique par les langues, comme elle l'est par les traditions historiques. C'est donc le celtique qu'il faut rapprocher des langues en usage au berceau du genre humain, pour y chercher des ressemblances qui attestent l'identité primitive.

* Falconnet, ^cad. de9 Inscrip., t. 20, p. 9.

La langue celtique est une langue primitire en* tièrement différente de la germanique, dit Schœll/ Mais il ne nous en est parvenu aucun monument complet, et nous n'en connaissons que des mots isolés. Cette assertion n'est pas exacte. Nous montrerons tout-à-*rheure, dans la comparaison da sanscrit et du celtique, qu'il reste des monuments, sinon étendus, au moins suffisants pour être d'un certain poids. Il n'est pas exact non plus de dire que les langues celtiques et germaniques soient entièrement différentes. Appar* tenant à des migrations différentes, elles ont subi quelque altération sans doute, mais cette altération est loin d'être fondamentale : elles ont , au contraire, de nombreux rappoi^ts.La nature de notre travail ne nous permet pas de joindre ici des rapprochements de mots, mais nous avons présenté l'opinion des hommes les plus illustres qui les avaient faits.

L'allemand descend de la langue primitive, qui Ait celle de la première génération asiatique : le celtique est plus immédiatement lié à cette première génération. Nous avons Vu l'émigration ger-

^ Tableau des Peuples, ^.'2^.

mauique du quatrième siècle/ C'est au point de départ de cette migration qu il faut chercher les sources des modificatious. Or, le point de départ était les environs du Pont^Euxin, où la langue de la Perse était parlée; on trouve effectivement, en allemand , beaucoup de mots sortis du persan. Le persan vient du send, conmie nous le montrerons, et nous établirons la position du zend, vis4«visdo celtique et du sanscrit.

William Jones nous a dit , dans son Mémoire sur les dieux de la Grèce, de lltalie et de Tlnde, que ce& peuples avaient eu des croyances corn* munes , ou que leurs croyances émanaient d'une source commune. Le grec, le latin» le persan, Fallemand , nous amènent à la même conclusion sous le rapport des laisgues. Nw-^seulement ces langues ont un grand nombre de racines omimu^ nés , mais la ressemblance s'étend même à des parties essentielles de la grammaire, La oomparaiscm des idiomes conduit a un résultat qui prouve que la langue indienne est la plus antenne de ces langues, et que les autres en $ontdérivées» ^

^ Liv. 5, des Scythes, article des Germains.

^ F. SCHLE6EL, dansScHCLL, Tableau des PeupleSyp. 119.

Schlegel établit d*abor4 la ressemblance des racines et l'appuie de nombreux axamples. La comparaison prouve constamment que la forme iiadieim^ est la plus ancienne. Souvent les formes qui, d^ns les langues dérivées de Findien, se sont beaucoup éloignées les unes des autres « se re<trouvent dfins le sanscrit , comme dans une racine commune. De$ racines, Sehlegel passe à la structure grammaticale, et établit que la comparaison des gr^fpmaîres assure Tantériorité au sanscrit. Sans entrer dans letude des exemples qu'il cite, nous rapporterons quelques résultats généraux.

« * La difiTérence principale, dit-il, entre la < grainm£(ire indieiioe et celle des langues qui en c dérivent, ccmsiste en ce que la première est plus « régulière, plus uniforme dans la formation , et c p^r Gpnséquent à la fois plus simple et plus arti-* c ficielle que les langues grecque et latine. Les « verbes iiréguliers de Tindien sont beaucoup « moins nombreux qu'en grec et en latin , «la conjugaison est en général plus régu- <i lière.

* F. ScBLEGiL, dans ScHŒLL, Tableau des Peuples, p. 155.

c Ce serait aller trop loin que de dire que le « grec et le latin sont, à Tégard de leur grammaire, € dans les mêmes rapports qui existent entre le c latin et les idiomes qui en sont nés ; mais il est c incontestable que les grammaires gi*ecque et c latine contiennent les éléments du passage aux c grammaires modernes , tandis que l'immuable c uniformité du sanscrit prouve sa haute antic quité.

c Les diangements qui se font dans la déclic naison et la conjugaison ont lieu sur la racine

< même. »

L'antériorité du sanscrit sur les langues grecque, latine, allemande et persane, paraît donc hors de doute à Schlegel ; mais tout li'est pas là, et cette filiation est insuffisante pour rendre raison des rapports de langue entre tous les peupies. Le sanscrit, présenté tomme la source des langues, doit conserver cet avantage exclusif. C'est ce que nous verrons en étendant cette recherche aux langues sur lesquelles Schlegel ne s'explique pas.

Les cinq nations principales qui, endifierents siècles, se sont partagé le vaste continent de l'Asie et les îles nombreuses qui en dépendent, sont

les Indiens, les Chinois, les Tartares, les Ârabefâ et les Persans. ^

« Le sanscrit, langue de la plus haute antiquité, « dit Hahled,*est la grande source de la littéra- € ture indienne et le père de tous les dialectes qui € se parlent depuis le golfe persique jusqu'aux tf mers de la Chine. On en reconnaît les traces « dans presque tous les cantons de TÀsie. J'ai été c étonné de trouver des mots sanscrits qui avaient € la plus grande ressemblance avec d'autres des « langues persane , arabe , grecque et latine ; ces

< mots n'étaient pas purement techniques, ni de

< ceux que la communication des arts peut avoir c transportée d'un peuple chez un auti*e ; mais ils € forment quelquefois la base du langage. Ce sont « des monosyllabes ou des noms de nombre, ou c bien ils désignent des objets dont on a dû s'oc- € cuper dès l'origine de la civilisation. La ressem- € blance qu'on remarque sur les médailles et les c inscri{)tions de différents, districts de l'Asie, la c lumière qu'elles se prêtent mutuellement, et €. leur grande analogie avec le grand prototype ;

* 5« Dise, annfv» par Wili. Jones ^Calcutta, p. 501, t 1.

* Grammaire Bengale,

tout cela est un ample sujet pour exercer la curiosité des antiquaires. Les monnaies de Kachmyr^ d'Acham» de Népal et de plusieurs autres royaumes, pwlefit toutes des inscriptions sanscrites » et offrent des allusions avec là mythologie sanscrite. On trouve la même conformité sur les sceaux du BoUtan et du Tibet. L'arrangement deà lettres qui composent Talphabet sanscrit est une preuve d'àtitant plus forte en faveur de notre opinion » qu'il ne ressemble en rien à celui des alphabets cohnus dans les autres parties du mondé. Là inême combinaison extt*aordinàire se retrouve dans les autres al][)habets usités deptatis Hbdé jusqu'au Pégu pour de^ lettres et des langues qui paraissent absolument isolées ; mais bel ordre identique de lettres démontre leur origine commune. »

Nous ne chercherons pas à excuser là longueur de cette citation et de celle qui Va àUîVré ; elles sont tellement adaptées à notire sujet , que nous «^aurions pu,sanslësai!biblir, en supprîmer quelque chose. Il suffirait de les rapprocher de ce que nous avons emprunté à Deguignes {Livre des Arabes), et des conclusions conformes des recher-

ches sur le Pali / pour avoir un aperçu général des identités qui lient entre elles les langues se-* mitiques, les langues indiennes, par conséquent toute r Asie, sauf la partie septentrionale, dont nous allons bientôt nous occuper,

€ La langue sanscrite, ^ quelle que soit son anc tiqtiité, est d'une structure admirable, plus par-

< faite que le grec, plus riche que le latin et plus c raffinée que Tun et Tautre, On lui reconnaît « pourtant plus d'affinité avec ces deux languei!, c dans les racines des verbes et dans les formes « grammaticales, qu'on ne poutrait l'attendre du c hasardé Cette affinité est telle, en efTet , qu'un € philologue ne pourrait examiner ces trois lan- € gués sans' croire qu'elles sont sorties d'une •€ source c(»nmune qui, peut-être , n'existe plus.

« Il y a une raison semblable, mais qui n'est c pas tout*^à«fait aussi victorieuse, pour supposer

< que le gothique et le celtique, bien qu'amalga- € mes avec un idiome très différent , ont eu la

< même origine que le sanscrit, et l'on pourrait « ajouter le persan à cette famille. >

Nous venons de voir, dans la citation de Hah-

* Essai sur le Pali^ p. Eue. Burnocf.

' WiLL. Jones. Calcutta, p. 508, t. 1.

led, que l'arrangement des lettres rapprodiait toutes les langues de l'Inde et celle du Tibet William Jones ajoute que Tarrangement des sons que présentent les gramibaires chinoises, correspond, à peu de choses près, à celui qu on observe dans le Tibet, et diffère à peine de celui que les Indous regardent comme TinTention de leurs dieuXr

Il résulte de ces considérations rapides, dit William Jones ^ en terminant son discours, que les Indous ont eu, depuis un temps immémorial^ de Taifinité avec les anciens Persans , les Éthiopiens et les Égyptiens, les Phéniciens, les Grecs et lès Étrusques, les Scythes ou Goths, et les Celtes, les Chinois, les Japonais et les Péruviens; doiùc nous sommes fondés à condure que ces nations et eux sont sortis d'une région centrale.

C'est à cette conclusion et à détermina cette région centrale que nous ^yous voulu arriver; nous la cherchons en ce moment par le moyen des langues, comme nous lavons cherchée d'abord par l'histoire etensuite parles croyances et les opinions. Jusqu'ici, la concordance ne nous a pas

* 5« Disc, ann, Calcutta, p. 3d9, t. l\

manqué. La fin de ce livre nous montrera si les langues ne sont pas une autorité plus positive encore.

Les langues sont aujourd'hui le mur de séparation entre les peuples. La difficulté de remonter à leurs sources a fait imaginer initie hypothèses qui , toutes , avaient le défaut d'établir un système à priori , tandis que c'est en examinant les rapports et en remontant par la simplification qu'il £aut en général étaUir les probabilités qui asseoient une opinion. Cette simplificaticHi pour les langues, c'est le retour aux racines, et nous voyons les linguistes établir aujourd'hui sur cette base qu'il n'y a qu'une langue primitive. Ainsi, les systèmes phéniciens, hébreux, celtiques, arméniens, etc., cmt tous le défaut d'être exclusifs, de combattre pour une vam'té ridicule de prio* rite, et non dans un véritable intérêt scientifique.

Les deux opinions qui ont été défendues avec le plus de chaleur dans cette lutte des amours-propres nationaux » sont celles-ci : les uns se fondant sur la descendance apparente des langues, et joignant à ces rapports d'autres éléments de conviction puisés dans la marche de la civilisation , ont

attribué à FOnent , et après lui à l'Asie occidentale et méridionale, la civilisation du genre humain et la population du globe.

D autres ont attribué les mêmes effets à l'Asie septentrionale^ et la présentent comme la source de toute population ; aucun n'a semblé croire que ces deux sources avaient pu couler pai*allèlement et être unies à leur départ* Les premiers ont inscrit sur leur bannière le mot sansûrii; les autres le mot cettiquCé Ohacun , exclusif dans son opinion, ou , ce qu'il est plus naturel de croire , privé des ccmnaissances que les travaux modernes ont rendues plus femilières , n'a considéré qu'une face de la question ; il est plus facile de la généraliser aujourd'hui.

C'est avec les mots de la langue des Brames qu'il était nécessaire de comparer les sons et la signification des monosyllabes celtiques. ' Ce travail a été fait ; et quoique Schlegel nous dise que le celte a une moindre analogie avec U sanscrit que l'allemamd , il n^est pas défendu d'appeler de cette décision, peu édairée peut-4tre, car il est permis

^ Le BRiGàND, observations sur les langues anciennes et moiernes, p 9.

de croire que Schlegel était peu familier avec le celtique.

On a retrouvé dans les sons celtiques le même sens que dans ceux de la langue sanscarile. ^ Il ne s'agit pas ici de quelques mots détachés, rappro^ chés avec adresse ; ce sont des pièces entières prises au hasard par un étranger (Hahled) qui n'avait nullement en vue la comparaison du sans* critâvec toute autre langue. C'est de cette épreuve que sont sorties, presque sans altération^ deux langues qui paraissent n'en former qu'une seule : le sanscrit et le celtique.

Tout le monde convient, quelque opinion que l'on professe d'ailleurs sur la priorité, que le

sanscrit est une des langues les plus anciennes et les moins altérées. Sa ressemblance avec la langue que parlent aujourd'hui les Armoricains est donc une des plus fortes pi*euves que celle-ci, au moins dws ses mots primitife, est restée pure, et rédproquement; car une telle identité, après tant de siècles, et à de si grandes distances, prouve la conservation intacte de IHilie et de Tautre.

^ Le Brigand, ObservcUiùfis sur les langues anciennes et modernes, p. 10.

STANGS RiCULlèRE TIRÉE DE LA PRiiFAQB Q0E M. HAUBD A MISE A lA TÊTE DU GODE DES GERTOUX , PA6B Si.

Santerit. Ceêtifuê.

Peeta che reenewan Shetrooh Bé-tad-ké ré-^n-van Zé-troh

Mata ahetrooh resheeleenee , Mata Zé-troh rai-zé-lé-né

Bharya roopewetee shetrooh Bar4-a ro-pa-v-été Zé-troh

Pootreh shetroo repundeeth. Potr-reh Zé-troh raiboatété.

Traduction française.

Un père endetté est rennemi Père qui reste trop endetté est (de son fils). cruel.

Une mère d'une conduite scan- Mère est cruelle qui fait ce qui daleuse est ennemie (de son n'est pas la loi. fils).

Une femme d'une belle figure Belle femme infidèle est cruella est ennemie (de son mari).

Un fils ignorant est ennemi (de Fils indocile est cruel à ceux ses parents). qui Pont fait exister.

Un autre exemple est cité dans le méine ouvrage de Hahled, et oous y renvoyons ; celui-ci suffit pour justifier 1 étonnante conformité qui existe entre les deux langues, et pour rendre, au moins fort probaUe, Topinion qui ai £iit originairement, une sevlOk Nous obsçrvcms seulement que le TFqui se voit dans la citation sanscrite, est une lettre empruntée à Talphabet anglais, et qui ne peut représenter un vrai sonde la langue des Brames; peut-être M. Hahled a-t-il

voulu ainsi approcher, par un équivalent, de la prononciation originaire. ^

S'il faut convenir qu'il existe une langue primitive, * organique, physique et nécessaire, commune à tout le genre humain, qu aucun peuple du monde ne connaît ni ne pratique dans sa première simplicité , qui fait le premier fond du langage de tous les pays; on ne peut disconvenir non plus qu'il y a ici plus que ces simples analogies de radicaux monosyllabiques, représentation du premier cri , du premier besoin de l'homme aux premiers jours de la création.

Toutes les langues doivent être considérées comme des langues composées. Les nations se sont mêlées à la suite des premières migrations* C'est à la seule migration que l'on pourra considérer comme la première qu'il faut avoir recours pour retrouver, avec quelque probabilité , l'élément de comparaison. En effet, le mélange même des langues suppose toujours au moins deux langues antérieures, dont la fusion a produit la langue nouvelle. Il est certain, d'après cela, que

^ Lb Brigand^ p. 60, ub. sup.

' Db BaossBS, Disc, prélm., t. i , p. 16. Fùrm. des langues.

ces langues ne devaient être que. des dialectes» et remonter à un type principal. En effet, si on les supposait toujours différentes radicalement, on arriverait nécessairement à autant de divisionsou de langues qu'il y aurait eu d'hommes, ce qui choque la raison autant que robservation.

Ainsi, un dialecte suppose une société que des rapports plus ou moins éloignés rattachant Uni* jours à une souche primitive ; plus les rapports sont étroits, plus les langues qui les offrent se rapprochent de leur berceau commun. La ques^ tion est de savoir si cette souche primitive a été unique, ou si Ton peut renumter à plusieurs souches distinctes.

Les considérations générales que nous avons présentées jusqn îci, nous ont fisiit trouver trois sources de langues, comme trcHs tiges de peuples, dans le celticpie, Iç sanscrit et rarabe. La compa* raison que nous venons de présenter de deux de ces sources nous permet d'étabfir, comme très probable , que ces sources n'en ont réellement formé qu'une seule. Cette probabilité deviendra bien plus grande encore et sera une certitude, autant toutefois qu'elle existe dans les choses humaines, si nous trouvons que la troisième tige des

populations se rattache aussi par les langues à ces deux premières; si nous sommes ramonés par les considérations tirées des langues au ter^ rain commun^ que nous avons recoimw être la Perse orientale.

La confusion des langues, à Babel , ne fut autre chose que la transposition , l'interversion des lettres radicales» laddition ou la suppression de let*tres ou voyelles. *

C'est une chose positive et qu'il faut admettre ^ sans prétendre entrer^ d'ailleurs, dans la question de révélation ou d'inspiration des livres sacrés, que pour les peuples de race arabe ou hébraïque, cette confusion des langues, ou le commencement des dialectes, prend sa source dans les plaines de la Cbaldée; c'est là qu'est le point de départ des peuple^ dits sémitiques; c'est là qu'il faut toujours arriver, quand on remonte l'échelle des peuples de l'Asie occidentale. Ce fut l'origine de l'opinion qui attribuait, à l'ancienne langue hébraïque, une priorité que les philologues et les linguistes s'accordent à lui refuser aujourd'hui. On se range d'autant plus volontiers à leur avis,

* ChrUt. Besoldus, de naturd popul, p. 75, in-4o.

qu'il est difficile de croire que les Hébreuic, colonie chaldéenne, fussent restés en possession exclusive de la véritable langue, tandis que les Babyloniens auraient oublié la langue primitive si complètement, que les Hébreux captifs furentcontraints d'apprendre cette nouvelle langue, à l'époque de leur captivité. Nous croyons plus probable que les altérations, considérables ou non, doivent plutôt être attribuées à la colonie émigrante,qu'à la souche primitive, restée aux mêmes lieux et dans les mêmes conditions. Il est de règle générale, que c'est par les émigrations que les races et les langues s*altèrent, comme les eaux se troublent dans leur cours, et non dans leur source. Cette source, pour les langues sémitiques, se rapporte à l'arabe, dans lequel se trouvent les racines de toutes leà langues orientales/

Pour les langues de l'Inde, c'est le sanscrit. Toutes les langues de l'Inde peuvent être considé* rées comme des dérivés du sanscrit; nôtre mission n'est pas de donner une démonstration matérielle de ce fait, auquel nos connaissances ne nous permettent pas d'atteindre. Si nous nous

^ Degui€nb8, i#ca<i.; t. 56^ p. 158.

exprimons sur des langues qui nous sont inconnues, c'est qu'il faut bien admettre les résultats des travaux qui sont désormais acquis à la science, et qui nous servent de base. Or, nous voyons dans VE^sai sur le Pali^^ ouvrage consciencieux et savant, auquel s'ajoute l'autorité des noms des orientalistes les plus célèbres sur lesquels il est appuyé, que les nombreux traits de ressemblante qui identifient les langues de l'Inde entre elles naissent de leur origine sanscrite; que le rapport des caractères qui les réprésentent ne vient pas de ce qu'ils dérivent l'un de l'autre, mais de leur communauté d'origine, et de ce qu'ils sortent du sanscrit, qui les résume. *

Cette conclusion est la même que celle de Habléd.

Les langues de l'Europe ancienne sont le celtique,^ le teuton , qui est l'ancien germain à peu de choses près ; l'esclavon, l'irlandais, l'écossais, qui se parle dans les montagnes. Dans4a plupart de ces langues, les mots qui désignent les choses les plus communes, qui qualifient les objets qui

* Eue. BoRNOUF, Essai sur le Pali^ chap. 2.

^ /Wdl.,p. 69.

8 BuLLET, Mém, sur la langue cçUique^ 1. 1, p. 2.

furent d'abord présents à la vue des hommes, sont

absolument les mêmes.

De ces langues, celle qui parait, sans s éloigner de la source commune, se rapprocher plus particulièrement de celles que l'on parle encore dans la Perse, est le germain ou teuton. Mais toutes se résument pourtant dans la plus ancienne , qui est le celtique; les diiîérences qui peuvent exister se rattachent à la Perse.

Quelques écrivains sont partis de ce point pour séparer les peuples du Nord en deux fractions distinctes. Notre but, dans le livre que nous avons consacré aux peuples scythiques ou celtiques, a été de prouver que quelque fût le degré de différence qui se remarquât aujourd'hui entre ces peuples, l'unité primitive y était facilement reconli^issable. Nous avons dit que la première migration celtique qui avait peuplé l'Occident aurait pu, devait même paraître s'éloigner davantage dans son ensen^le,mtais non dans leschoses primitives, du type originel. Le temps plus long , qui s'était écoulé depuis la séparation , laissait effectivement plus de latitude aux modifications. Enfin nous avons dit qu'il y avait deux phases principales de migrations : la migration celtique et la migration

germanique* Les langues nous offrent la méaie remarque à faire, et nous conduisent à la même conclusion. Les partisans de la séparation réelle ont donné une portée trop grande à une distinction réelle, mais dont les causes, une fois connues, ne détruisent pas les relations, en y établissant des degrés.

L'analogie de Tallemand avec le persan est une conséquence de la double migration. Les Germains, partis plus tard, ont participé plus tard aux modifications de langue qui ont eu lieu au beveeau commun, ou près de ce berceau ; les Celtes, émigrés les premiers, ont conservé plus intact rididme parlé, et peu altéré encore au point de départ. Ainsi, Fanalogie plus grande des sonsj)rimitifs du celtique avec ceux du sanscrit , vient à Tappui de la priorité qui nous a paru résulter de l'ensemble des faits* Cette antique famille (les Celtes, dit M* Ëichhoif ) fut la première séparée, et par conséquent la plus éloignée de son origine asiatique. En général, la différence porte sur les mots qui ont dû venir à la suite d'une civilisation déjà commencée, tandis

* Parallèle des langues de V Europe el de l'Inde^ in-40, 435^^ p. 51.

que l'identité porte sur les mots représentatifs des premiers objets qui ont frappé les sens. ^ Les Celtes et les Indous, aux deux extrémités de la chaîne, les Persaiis et les Âlleinands, chaînons intermédiaires, doivent donc se trouvw respectivement dans les conditions de langue ou nous lès voyons ; le raisonnement est complètement d'accord avec le fait

Ainsi, par l'union des dialectes en trois souches, qui se rapprochent l\ine de l'autre, la question d'identité ou de séparation se trouvé circonscrite jusqu'ici^ entre ces trois dialectes : l'arabe, lé sanscrit et le celtique. Le sanscrit et le celtique ont été l'objet d'une comparaison qui établit leur situation respective, qui les identifie, ou du moins en fait deux dialectes les plus rapprochés de la langue primitive. Il nous reste à rattacher Tarabe à cette source, et à montrer comnleÉit le persan, auquel se rattache le teutonique, s'y i*àpporte luimême; à chercher si, entre l'arabe et le persan, il y à un point de départ qui fasse connaître leur parenté.

Les langues, que Ton peut appeler de seconde

* BULLIT, p. 6.

migration, ont, indépendamment de leurs ressemblances radicales, des analogies de combinaisons et de grammaire qui les rapprochent davantage , et copslituent les faniilles. C'est sur des recherches de cette nature que l'analogie du persan et de l'allemand a été établie.

Cette distinction des familles de langues a été bien observée dans l'ouvrage de Mérian. *

Il n'y a eu, dans l'origine, qu'une seule langue. Ce qu'on appelle communément langues ne consiste réellement que dans les dialectes de cette langue primitive. La forme des mots varie ; leur Bssence ne varie jamais.

L'auteur cite l'opinion conforme d'un écrivain espagnol (Zamacola), qui s'exprime ainsi :

« Si l'on compare aujourd'hui les nombreuses « langues qui sont répandues sur la superficie du

< globe, on verra que toutes descendent d'une

< seule, et qu'elles conservent une telle fraterc nité, une telle analc^ie dans leur structure, c qu'elles ne sont autre chose qu'une même lan- « gue primitive variée, changée, enrichie. >

Qu'on se figure une boule sur laquelle on fixera

* Principes de l'étude comparée des langues, p. 5.

le point où le langage a commenoé, et d'où il est parti pour s'étendre sur toute la surface du globe, qu'il a enveloppée comme d'un vaste réseau. *

Ces considérations , résultat des études modernes, renversent le vieil édifice des écoles qui nous enseignaient constamment la doctrine des quatre époques, et nous m(Hitraient les peuples et les langues s enchaînant en ligne droite, descendant des Assyriens aux Perses, des Perses aux Grecs, des Grecs aux Romains, constituant ainsi le reste du monde, en aggrégation de sourds et muets apparenunent.

Il faut bien reconnaître les séries parallèles des langues et des peuples, sous peine d'arriver à une foiile de commencements , et de faire de l'histoire un amas de lambeaux. ' On peut bien importer des termes techniques, des noms d'animaux, de plantes; mais comment concevoir qu'on ait importé chez tous les peuples des mots nécessaires, comme soleil ^ lune, terre?

Une double affinité existe donc entre tous les idiomes du globe : 1^ le lien commun et radical.

* Principes de V étude comparée des langues,]). 5. ^ Ibid., p. 14-15.

elles rapprochements de familles; 2<> les points de contact qui offrent des signes d'une parenté plus marquée, et qui ne sont dus, peut-être, qu a l'uniformité des impressions et à la similitude des organes. Mais ceci rentre dans les études physiologiques, qui ne doivent pas nous occuper directement.

Pour le premier point ^ il y a deux situations à reconnaître :

Les formes radicales, qui se retrouvent partout,

Les formes grammaticales, qui servent à la classification par familles. On ne peut pas cependant s'arrêter trop exclusivement à cette distinction. En effet, tous les linguistes classent invariablement l'allemand et le persan dans la même famille, malgré la différence de leurs grammaires ; il faut donc admettre que c'est, en général , de la comparaison des mots et des formes que résulte le rapport le plus essentiel des langues, et que l'étude même des rapports des peuples , sous le point de vue historique, ou l'ensemble des données historiques, est indispensable pour arriver à des résultats satisfaisants d'analogie ou de descendance pour les langues et pour les hommes.

C'est ce que n'ont pas s^nti les écrivains qui

ont voulu exclusivement faire descendre les peuples de tel ou tel peuple primitif, Quelle que soit la race , Tunité première du genre humain se retrouve dans l'unité radicale des langnes;ies séries de familles s'enchaînent comme les séries de langues ; les mêmes familles d'hommes parlent les mêmes familles de langues. En d'autres termes, le lan* gage est l'attribut de l'humanité , et les bogues sont des variétés du langage , comme les hommes, sont des variétés de l'humanité.

Nous avons déjà vu le celtique se rattacha au sanscrit, et nous en avons rapporté un exemple concluant; nous avons admis que les langues teutoniques et l'allemand, qui en est le représw^ tant le plus immédiat , se rattachaient au persan , et plus directement peut-être au sanscrit ; que les langues occidentales se lient toutes à ces deux sources , et par conséquent doivent finir par se retrouver au même berceau. Le teutonique et le celtique sont donc les deux grandes sources des dialectes européens*

Nous n'avons pas pensé devoir entama une discussion grammaticale sur cette analogie du persan et de l'allemand ; nous indiquons assez de sources pour qu'il soit facile de vérifier les résul*

tâts que nous présentons ^ et qui, d'ailleurs, sont assezconnus, pour la plupart, pour qu'il soit possible de les présenter comme acquis à la sc^nce.

Nous ajouterons encore ce peu de mots sur la langue celtique dans les Gaules; nous aurons ainsi l'avantage de rappeler Tattention sur un fait qu'il nous importe de ne pas percke de vue : celui de la priorité du celtique sur les autres langues du Nord.

Duclos et Fabbé Lebo&uf * ont prouvé dans plusieurs mémoires que la langue celtique a subsisté dans la Gaule jusqu à l'établissement de la langue latine; que du mélange de ces deux langues s'est formé le roman ; enfin le roman , lui-même , mêlé de quelques termes tudesques apportés pir les Francs , a fait le fond de la langue que nous parlons aujourd'hui.

On a controversé l'importance plus ou moins grande du rôle qu'ont joué dans la langue les divers éléments dont elle est composée, mais on est d'ac<^ord sur ces éléments eux-mêmes et sur la base celtique à laquelle ils se sont superposés. Sous la seconde race , les noms de langue celti-

4 Acad. des Inscrip., t. 25, p. 244.

que, gauloise, romane, française, étaient devenus synonymes; sous la troisième, on voit encore la distinction entre la langue latine et la langue vulgaire, qui se perfectionnait; enfin, versTépoque de Philippe- Auguste , la langue française prend possession du premier rang.

Ainsi la base fondamentale fut le celtique; et s'il y eut deux langues en France, * leur fraternité primitive facilita leur union.

En résultat, les langues occidentalçs se rattachent : l'une , le celtique , directement au sanscrit ; l'autre, le teutonique, au persan et au sanscrit; toutes les deux, à TAsie septentrionale. La question porte maintenant sur le persan et Tarabe , qu'il nous faut rattacher à leur véritable source.

La famille persane a pour type primitif le zend, ridiôme sacré des Mages, la langue de Zoroastre, qui, issue de la même souche que le sanscrit, s'est répandue à l'ouest de l'Asie parmi les adorateurs du soleil i et s'est conservée dans les fragments précieux qui nous restent du Zend-Avesta. Elle fut en usage chez les anciens Perses , comme le pehlvi, autre idiome mêlé de chaldéen, fut

* Acad. des Tnsc.^ t 25, p. 249.

parlé par les Mèdes et les Parthes. Plus mâles et plus concises que le sanscrit, ces langues étaient appropriées à des nations guerrières. *

Un doute se présente d'abord à l'examen, et c'est par là que nous arriverons à rattacher l'arabe et le persan à leur véritable origine.

Ona, pendant long-temps, lait remonter tous les peuples et toutes les langues aux Hébreux, et William Jones conclut de l'analogie du pehlvi et du chaldéen que le pehlvi descend de cette langue. Cette opinion tendrait à présenter deux sources distinctes à toutes les langues : l'une , dite sémitique, émanerait du chaldéen; l'autre, du sanscrit par le parsi, qui en est un dérivé. En dé» rivant le pehlvi du chaldéen , Will. Jones nous accorde au moins la ressemblance entre ces langues , et la priorité du chaldéen resterait à établir. C'est cette question que nous allons essayer de traiter. Des preuves nombreuses attestent que le pehlvi peut, avec plus de raison, être ramené au zend et au sanscrit qu'au chaldéen. Cette origine bien établie , nous devrons adopter que les deux

* EiCHHOFF, Parallèle des langues de r Europe et de Vlnde, p. 25.

langues de VliaD, leparsi et le pehlvi, toules deux enfants duzend et du sanscrit, sont devenues respectivement la source de langues de deux migrations, et un lien de plus qui rattache les peuples à leur source primitive. Le mémoire d^Ànquetil du Perron, dont nous allons donner les résoltats, mettra hors de doute cette fraternité du pard et du pehlvi.

Klaproth ^ établit les Q<Mnbreuses analc^ies du chaldéen et du sanscrit. Si , d'une part, il est vraisemblahk, d'après la concordance de tous les témoignages , d'établir dos migrations descendues des sources de llndus , il n'est pas aussi facile de comprendre les Ghaldéens, abandonnant leurs fertiles contrées pour remonter vere les montagnes , dans un but que rien ne peut faire deviner. On ne les voit pas, en effets former d'établissements, au nuHns reconnai^sables, dans les pays indiens. On peut donc crcke que le§ Indiens ont déjà, pour eux, une antértori.té apparente. Ve* nous au mémoire d'Anquetil, ^

*■ Mémoirû sur les langues sémitiques; dans Touvrage de Mérun , sur l'Étude comparée des langues, ' ytcad. des Inscript., t. 31, p 546.

Les Parses , qui regardent les ouvrages de Zo roastre comme des lÎTres sacrés , les cachent avec soin à des gens qu'ils croient sous Tempre de Fesprit impur. Aussi la coimalissàËiëè du 2eiid at*élle été pendant bien longtemps inaccessible aux étrangers. Ânquetil raconte toutes les diilicultés qu'il eut à vaincre , et la combinaison d'événements qui le mit en état de pénétrer leurs mystères. *

Selon [dusieurs écrivains persans, Djemscbid, prince de la première dynastie des Perses, ^ parlait le parsi pur. C'est donc à cette langue que les noms des clauses 4|u'il avait établies doivent se rapporter.

Il divisait les bommes en ministres de ht divinité., en soldats , en laboureurs et en gens d'arts et de métiers. Division pareille à celle qui eiciste dans rinde. Nous voyons déjà que le parsi était la langue usitée dans les premiers temps de k monarchie.

On retrouve dans les anciens livres des Parses deux sortes de caractères : le zend et le pehivi.

* Journal des Savants^ Juin, 1762.

* ^caéU des Inscript., t. 51, p. 552.

Le premier est celui de la langue de YAvesta^ et cette langue se nomme aussi lezend, parce qu'elle s'écrit avec les caractères zends.

Le mot tend * signifie vivant, de sorte qu'il semble que les Mages aient qualifié leur livre , qu'ils estiment sacré, du titre de vie, ou livre de vie.

Le mot zend signifie dcmc vivant, surtout lorsqu'il est question des \bnre& de Zorosstre,. et catractérise la parole d'Oranud et les ^mvn^ies de ce législateur. ' Le mot avesta s^nifie pardie, et Zend'Avesta, parole vivante : c'est le nom général que les historiens et ta tradition osât conservé aux ouvrages de Zoroastre.

Le zend , de même que l'hébreu , l'arabe et le persan moderne, s'écrit de droite à gauche; ce qui le distingue de ces langues, c'est l'emploi des voyelles ; ce caractère le rapproche deâ langues arménienne et géorgienne, dans lesquelles les voyelles sont presque toujours exprimées par des lettres. D'un autre côté, le zend a le même nombre de voyelles que l'indien de Guzarate. Ces

* D'Herbelot, Bib, orienta, p. 929.

^ ^cad. des Insc, p. 556, t. 31

deux langues sont aussi les seules où an long et an bref soient mis^u nombre des voyelles. *

Cette espèce de rapport de Falphabet zend avec le géorgien, l'arménien et l'indien, indique à peu près les lieux où il avait originairement cours. Ce sont les pays qui séparent, du côté du nord, rinde de l'Arménie.

Nous pouvons ajouter à cette remarque que l'emploi des voyelles usité dans les langues occidentales , comme dans le zend , est une induction de la filiation directe de ces langues et de leur séparation d'avec les langues méridionales , au point même où régnait la langue zend, et antérieurement à Tusage de l'écriture.

L'arménien et le géorgien se rattachent au zend i l'alphabet de ces langues en conserve en^ €ore un assez grand nombre de caractères : l'arménien donne quelques ressemblances, et le géorgien, le génie. ^

En résumé, des rapports généraux rapprochent le zend de l'arménien et du géorgien, et des resseiQblance^ particulières le fixent dans les pays

* /icad. des Insc.^ p. 559.

2 ibid.^ 561.

où ces deux dernières langues sont en usage. * L'objet d'Anquetil , dafns ce mémoire , est d'établir que le tend était, a^Eint Fère chrétienne , la langue de la Géorgie, -de Tïran proprement dit et de FAderbedjan. Il tire cette conclusion du rapport que le 2rend oflre ayec les langues autrefois usitées dans ces pays, des noms d*hommes, de lieux et de fleuves. Un mot mède rapporté par Hérodote et retrouvé dans le zend, hii foît admettre que cette latigue y existait déjà au temps de cet historien , et il termine par ce résultat : B est constant que la langue et les lettres zends étaient en usage avant Fère chrétienne dans les pays situés à Fouest de la mer Caspienne, c'est-à-dire dans FIran, la Géorgie et FAderbedjan ou la Médie septentrfonale.

Deux langues, le parsi et le pehlvi, se partagent la Perse.

Les caractères pehlvis ont un rapport sensible avec ceux du zend; * mais dans le pehlvi, la plupart des lettres se joignent les unes aux autres ; lescaractèrefs zends ne se lient pas. De là viennent

^ /fcad. des Tnsc., p. 562, t. 51.

î Ihid , p 400.

eh partie les différences qu'offrent les deux alphabets.

Le génie du pehlvi ne diffère pas^ pour le fond, de celui du zend. Cette langue renferme encore quantité de mots zends qui décèlent son origine. ^

Le pehlvi se rapproche du parsi dans les diffé^ rences qui Téloignent du zend; quant à son antiqiiité, les écrivains perses la font remonter au-delà de Zoroastre ; et le témoignage d'un peuple entier doit toujours paraître respectable. '

Les sons du zend sont plus durs, ceux du pehlvi plus doux. La lettre r se change en / dans le pehlvi. C'est une observation constante que le langage des montagnes est plus dur que celui des plaines , on en peut inférer que le zend s'est adouci à mesure que les peuples ou peuplades qui le parlaient descendaient dans les plaines. Quoi qu'il en soit , le pehlvi a cessé d*étre d'un usage habituel quand le parsi est devenu Tidiôme dominant. '

Je suppose, dit Ânquetil, la Perse divisée en

* ^COd.^ p. 406, t. 51.

» /Wd.,p. 406. .

» Ibid., p. 407.

trois parties. La première, berceau du zend et do genre humain , comprendra la Géorgie, l'Iran et l'Aderbedjan ou la haute Médie.

La seconde, allant vers le sud, sera composée du Pharsistan et de quelques pays situés entre cette province et l'Aderbedjan; c'est là que le parsi avait particulièrement cours*

La troisième renfermera la Médie inférieure , le Dilem, le Guilan, le Kohestan et llrak-Adjemi. Le pehlvi était la langue de ces pays mêlés de montagnes et de plaines. IKHerbelot * appelle le pehlvi la langue du Dilem.

11 parait, par l'histoire orientale, que les premiers Pehlavans étaient originaires du Kohestan et des pays voisins: Lorsque le pehlvi fut devenu la langue dominante , il s'étendit vers l'Irak arabique , et le voisinage y introduisit beaucoup de mots arabes.

Je remarque^ à ce sujet, que le pehlvi, sorti originairement du zend, s'est altéré par degrés et a adopté, dans différents temps, quantité de mots syriaques et arabes. Souvent ceux qu'il tient du zend ont presque perdu leur caractère distinctif ,

* Bib. orient,, p. 254.

mais la forme des verbes, quoique défigurée, est restée foncièrement la même. ^

D résulte de ceci que le pehlvi, né du zend» ainsi que son alphabet, présente des traits qui semblent voiler son origine; mais pour peu qu'on l'examine avec attention, le rapport des deux idiô** mes n'est pas difficile à saisir. Ajoutons ce que remarque William Jones , dans son Discours sûr les Persans : des centaines de mots parsis sont de pur sanscrit.

Le parsi subsiste encore, et peut être regardé comme une des plus anciennes langues du monde. Les écrivains orientaux entendent quelquefois par Pars, l'Iran entier; et c'est de là qu'ils appellent parsi les différentes langues qui y étaient autrefois notées. ^ Mais il est ici question du Pars projM^maoït dit> province particulière de l'Iran. On ne peut douter cpi^ le nom de Perses ne soit très ancien^ et même antérieur à la guerre de Troie, si Ton s'en rapporte à Diodore de Sicile. *

Les caractères du persan moderne sont ceux

* Acad, des Inscript., t. 51, p. 409.

* lUd., p. 411.

3 Bih., liv. 2, p. 109. Édit. Uhod.

des Arabes, auxquels les Persans ont ajouté quatre lettres qui étaient sans doute dans Fancien alphabet: on les retrouve dans le zend etJepehlvi/ Si on suppose le par si dégagé du mélange arabe, je dis ^ que le parsi vient du zend et non du pehlvi : il a adopté , il est vrai , beaucoup de mots de ce

dernier idiome; la forme des noms et des verbes

désigne une source commune, mais ne prouve pas que lune vienne de Fautre.

Sorties toutes deux du zend, ces langues, malgré heurs différences , ont du conserver des traits de famille, ce sont deux sœurs. L'une, plus rude, n'a perdu qu avec le temps la grossièreté de son origine : c'est le pehlvi; l'aiitre, plus douce sous un climat plus tempéré, s'est façonnée presque en naissant : c'est le parsi.

Toutes deux viennent du zend directement et parallèlement, d'abord parce que les pronoms parsis n'ont nul rapport à ceux du pehlvi et viennent du zend , et ensuite parce que l'antiquité connue du parsi le fait remonter aussi loin que le pehlvi.

1 ^cad. des Inscrip.^ t. 51, p. 412.

^ Md., p. 413-14.

Les rois parthes, au rapport de Straboù/ tenaient, ainsi que les Perses , leur cour, 1 été à Ecbatane, l'hiver à Séleucie, sur le Tigre, près de Babylone; enfin les princes de la quatrième dynastie s'éloignèrent des lieux où on parlait pehivi ^ et se rapprochèrent de ceux où le parsi était usité. :

Ainsi le pehivi était parlé dans les lieux mêmes où était Fancienne Ghaldée.

De l'ensemble des faiti; et des observations contenues dans ce livre , nous arrivons à ce triple résultat : c'est que toutes les langues dont nous nous sommes entretenus viennent aboutir à ces trois principales: le celtique, le zend, le sanscrit.

Nous avons montré, au commencement de c livre, l'analogie qui existe entre le celtique et le sanscrit, analogiç telle qu'il est impossible de méconnaître, non seulement la communauté d'origine dans les radicaux ou les mots nécessaires, mais cette même communauté d'origine perpétuée assez long- temps, pour que les premières combinaisons aient pu s'établir. La similitude

* Liv. 11, p. 522.

2 Acad, des Inscript. ^ t. 51, p. 429^

qui existe entre le zend et le sanscrit n'est pas moins marquée.

Je reconnus avec un étonnement inexprimable, dit William Jones, ^ que sur dix mots zends, six ou sept étaient des mots sanscrits, et m^e que quelques-unes de leurs modifications étaient conformes à la grammaire de cette langue. Un rapprochement aussi frappant ne peut manquer de conduire à une identité primitive à peine altérée.

Examinons les lieux , et voyons quel sera le point commun, géographiquement parlant, au • quel se rattachent les trois langues et les peuples qui les employaient. Tous trois touchent les montagnes qui séparent l'Inde de la Perse, l'un par le versant méridional ou l'Jnde; l'autre par le versant occidental , l'Iran, dans son acception la plus étendue ; le troisième par le côté septentrional : c'est la Scy thie ou la Gelto-Scythie, puisque nous avons établi que les peuples septen-' trionaux remontaient à une souche commune.

Est-ce aller trop loin, après cette observation, que de dire que les trois langues n'en sont

Discoure sur les Persans,

qu'une, composée originairement dé simples radicaux monosyllabiques, modifiée une première fois dans les trois peuplades qui s*écartèrent du point central, et altérée ensuite au point où nous les voyons, conformémait aux milliers de combinaisons auxquelles les lieux, les besoins, les cli^ mats différents OEt donné naissance?

Ne pouvons-nous pas croire que si ces altérations sont nécessairement le produit de la succession des influences différentes en raison de Téloignement des temps et des lieux, le sanscrit, resté à sa source, a dû subir ces altérations dans une proportion moins grande que les langues actuelles de la Perse, restées près du berceau également , mais sur un territoire qui fut le champ de bataille de tant de peuples, et où tant de peuples s'établirent ? On s'explique également bien pourquoi la langue celtique se sera moins altérée que les idiomes germaniques. Reculée par le fait même de la priorité d^émigration aux bornes de TOccident, refoulée dans les montagnes et loin du commerce des peuples, elle a conservé sa physionomie originale; tandis que ses descendants, mêlés à ceux de ses sœurs, zend et sanscrit, ont reçu l'empreinte des passions, des

combats, des malheurs de Inhumanité, comme aussi de son luxe, de ses arts et de son expérience : conquêtes brillantes, mais qui seraient plus belles encore, si sur ce riche manteau de la civilisation ne se retrouyaiei^t pas des taches de sang et de larmes ; si à côté des mots sonores consacrés au dévouement, à l'humanité, à tous les sentiments nobles et généreux, il ne fallait pas laisser une place, malheureusement trop large, pour la langue de Tégoîsme, de la tyrannie, de toutes les passions, qui sont la lèpre et le fléau de Thumanilé.

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