CUMBERLAND OU SANCHONIATON
Fsvoç, Fsvea.
$wç, TTvp. ^).oÇ
Gewo«, Gen^a. Gênas, femilia.
Pfeo«, pur, phhx. Igms, lux, flamma.
Cassios, Libanos. Cassi]is,Iibaiuis(moD.
«signes).
num.
Agrioê, AlkfUê. Agrestis , yenator,
piscator.
A7p(oç, o^csuç.
Xpuffwp ôjeat >ïf ai<7Toç j CArtwor, i^pAoMtos (Vulcanus ignis, ar- Te^^Tuç, Y)»r»o<c. f fee/imte«, ^mo«. \ lifex, terniras.
Aypoç , A7pou>îpoç. Agros, Agroueros, Rus, Ager.
Apuvoç , pia7oç. ilmunos^ magos. Defensor, imbellis.
Mtffftip, xal 2u5u3(. Misor J 5w^c jJustus.
Nous mcm bônam^ ici à remarquer , ipi'aviiiit le déluge les noms des hommes étaient significatif. Cliee ks flébreox , 4aiis les deux branches de Gaïn et de Seth, tses noms se ressemblent; est dans les deux listes chaldéesme et phénicienne en penl saisir aus^^, mnlgré ia diffénence apparente de ces noms , de nombreuses ^malo^^îfô de $igmfioeitiDi&. Quelques pages plus bas nous mettrons en tableau cesdifierentes générations cpiand nous aurons parlé des Ghaldéeus et des Hébreux , et nous chercherons à faire ressortir ce rapport des noms. On les trouvera plus longuement et plus
thenticité du fragment de S- ^^^«^«ge de Fourrésumé on s'accorde kV y cument historique dV ^ ^>^ conséquences suites dironologfetes y^
leurs savantes p'^/'^O^ d'avant le déluge, San- Sânchoni' ^j^rjferiture , nous pré^
oubli n' '^^n^%^^ étaient les illustres de leur les a^ //^^^i»^ût dit les inventeurs des arts
^ Ifif'^i âCCOTà des trois peuples est la preuve éf^ciié de chacun d'eux.
^ nous accordera provisoirement ces asser- ^qui ne tarderont pas à être justifiées. Il est / Ace8S^^^9 avant de cherdber les concordances,
^ iiare connattre les différentes bases chaldéen- / ^5 et hébraïques, sur lesquelles cette concor«
dance doit être établie.
/ On ne peut élever de discussion entre les Phé*
niciens et les Hébreux sur les chiffres chrondo- / giques, car Sanchonia^n n'en donne pas, et se
borne à la série des g^érations.
* Béflex, crit. sur les hisi. des anciens peuples^ t. 2, p. 4«4 et sniv.
mble donc pas que les Phéniciens puis*-
Tre, plutôt que les autres peuples, à
^uité supérieure. Nous ne voyons d'ail-
^ , nulle part , qu'ils aient peuplé aucune par-
iJie de la terre. Leurs colonies ont bien promené
leur puissance plus loin que celle de tout autre
peuple, mais ils ne firent que des établissements
commerciaux qui supposent des populations
déjà assises et multipliées , à quelque degré que
ce fût, partout où ils s'arrêtèrent.
Indépendamment de cette observation, nous venons de remarquer que tous les documents anciens et Topinion des plus illustres écrivains , des plus savants hommes les rattachent, non conmie souche , mais comme descendance à des points de la mer Rouge , habités antérieurement à tous les temps historiques par la famille arabe , à laquelle ils appartenaient. Ils ne quittèrent probablement leurs anciennes demeures que par s^ite de quelque catastrophe naturelle ou politique, ou enfin pour choisir une position plus appropriée à leurs habitudes de trafic et à Fimpulsien voyageuse que nous leur necônnaissons entre tous les peuples.
Ce n'est donc pas dans la Phénicie proprement
T. 1. • iy
jSfo
dite, qu'il fout chercher le plus ancien peuple. Les documents historiques que nous avons cités, ne permettent pas de supposer qu'ils aient pris naissance sur les bords de la Méditerranée; et cependant Sanchoniaton et Philon de Biblos qui publia son ouvrage, ne nous les présentent que comme établis et fixés dans le lieu même qui porta le nom de Phénide. Lieu bien déterminé par tous les géographes. Ils ne vinrent point l'occu^ per sans apporter avec eux au moins la tradition de leur anci^me demeure; ce serait dcmc à ce point de départ qu'il faudrait rapporter le germe de leurs idées cosmogoniques : telle est aussi la vérité..
Elles ont pu se modifier depuis , et le voisinage des Hébreux a dû amener, entreles deux peuples, des ressemblances plus frappantes qu'entre ces deux branches et celles qui étaient restées au berceau commun : c'est ce que la comparaison démontre. Dans la famille arabe , les Phéniciens , les Ghaldéenç et les Hébreux ont été plus immé-^ diatement en contact et ce$t entre eux que les analogies sont aussi plus évidentes.
Les Phéniciens s'exprimaient à peu près comme Moïse quant à la manière dont le monde fut
formé, et ron trouve entre le récit deSanchooiaton et celui du législateur hébreux une con* formité assez marquée pour prouoncer que , du moins quanta au fond, la cosmogonie de Fun était, en partie, copiée sur ceUe de l'autre ,^ quel-* que fut d'ailleurs le premier; et pour lier cette communauté de cosmog<mie à une origine qui ex-* pUque la naissance des premiers rapports , nous ajouterons que dans les premiers temps la reli^ gion des Phéniciens et des f^ptiens était , en substance , la même. ^ Cette analogie s'étend même jusqu'à la langue \
Jules Africain * nou^ apprend que les Phéniciens Élisaient remonter leur origine à 30,000 ans. Nous savons œ qu'il faut rabattre de ces prétentHKDS communes à tous les anciens , mais il est constant que les Phénicîens,dès les temps les plus reculés, avaient coomiracé à parcx>urir le monde.
La Grèce connaissait les Phéniciens avant d'à- « voir aucune notion de l'Egypte. ^ Les Phéniciens
- yicad. des Insc, t. S4, p. 555.
^ Hist. univ. des anglais, t. 5, p. 183.
' yéead. des Insc, t. 54, p. 358.
* Stngbllb, p. 17.
* Joseph, contre ^ppion,^ liv. 1", n" la.
confiaient aux prêtres les archives de la nation , et en cela ils imitaient les Égyptiens et les Babyloniens. ^ Ces archives existaient encore du temps de rhistorien Joseph. Il les cite comme telles et comme s'il eut dû prévoir que Ton voudrait contester la vérité de ce qu'il avance.'
U paraît que Sanchoniaton qui vivait vers le temps de la guerre de Troie/ composa ses livres d'après les opinions recueillies chez ses voisins et en particulier chez les Juifs. U joignit aux annales de sa nation ce qu'il y apprit, et cela expliqué la grande conformité qui existe entre les opinions cosmogoniques des deux peuples/ indépendamment de leur origine commune qui avait produit des traditions fort ressemblantes. Cette double cause de rapport suffit pour rendre raison de l'analogie que nous rencontrons dans les documents émanés des uns et des autres.
L'histoire de Phénicie écrite en phénicien , par son auteur, fiit mise en grec, ou plutôt paraphrasée, dans le deuxième siècle, par Philon de
* Joseph, contre ^éppion, liv. 1er, ip 6 ^ iMd., liv. 1", n°» 17—18—21.
' Suidas, au mot Sanchoniatan.
* Suidas, au mot lliérobaal.
Biblos, compatriote de Sanchoniaton , et nous retrouvons le fragment qui nous en reste dans Ettsèbe/
Les Phéniciens portèrent le nom de Cananéens. Salomon les nomme ainsi au livre des Pro« verbes.^ Sanchoniaton 1 affirme en disant dans le fragment cité par Eusèbe que Chna , abréviation de Ghanaan fut le premier dont le nom fut rendu par celui de Phénicien.
Ainsi, nous voyons les Phéniciens originaires de la mer Rouge : puis, dans les dynasties de Manethon nous trouvons les rois phéniciens, plus tard nous les trouvons dans la Syrie et le pays de Ghanaan; leur histoire est donc suivie et justifie leur origine première , que leur nom de Cananéens n'autorise pas à établir, au pays même de Ghanaan. On a même prétendu les séparer des Cananéens.^
Nous avons déjà étudié quelques-uns des peuples de TAsie, ou originaires de l'Asie, dont les annales prétendent à une antiquité effrayante.
^ Eusèbe, Prép. évang., t 1«% ch. 9,-10.
* Prov. 51—2*.
* Lanauze, t. 34, p. 175, Mém. de.VAcad, des Tnsc.
Déjà nous savons qu'il n'y a pas lieu de s'effrayer de ces chiffres immenses ; nous verrons bientôt cet aperçu confirmé. Nous sommes ramenés maintenant aux Perses, aun Ghaldéens et aux Indiens;
Au nom de Parses , l'imaginatimi cherche à embriasser cet immense empire de Gyrus dans lequel s'engloutirent tous les anciens peuples de l'Asie pour former la monarchie du roi des rois. Cette monarchie est évidemment postérieure aux peuples primitifs, puisqu'elle se forma de leurs débris. Il y aura lieu dès-lors d'examiner plus en détail ce qui se rapporte à son histoire , puisqu'elle nous offre deux états distincts dont le dernier est la centralisation des peuple de l'Asie. Antérieurement à cette époque, nous aurons à examiner son origine, son sol, ses lois et ses croyances. Mais les Ghaldéens que nous venons de voir plus en rapport avec les peuples dcmt nous avons déjà parlé , appellent plus immédiatement nos regards. Nous reviendrons sur cet empire des Perses ou empire d'Iran comme le nomment les Orientaux. C'est par lui et dans son sein que nous pensons avec William Jones qu'il faut chercher le point de départ de tous les peuples cauca-
siques, ou plutôt, c'est à loi qu'appartenait le terraÎD où s'est opérée la séparation de ces peuples.
L'wigine des anciens peuples est d'autant plus difficile à connaître^qu'ils remontent à une époque antérieure à l'usage de l'écriture littérale. Aucun d'eux n'a laissé d'annales contemporaines. C'est par induction et par l'étude de débris épars que l'on peut espérer d'obtenir quelques notions qu'il est nécessaire de lier entre elles. On ne peut guère se flatter d'atteindre plus haut qu'une probabilité plus ou moins vraisemUable. Mais s'il est possible de rapprocher et de mettre en lumière de manière à sati^aire la raison, sans violer les circonstancts locales, d^ données isolées, on aocordera que les chances de vérité sont toutes en &Tenr du système de concordance.
La raison dit qu'entre, deux peuples limitrophes de même race , dont l'un, livré aux travaux des sciences et de l'agriculture, habite un sol plat et approprié à ces habitudes paisibles ; l'autre, errant et vagabond , vit de pillage ou du soin des troupeaux, la raison, disons-nous, conduit à croire que le pjius ancien est celui qui est demeure errant. En effet, nous concevons qu'une tribu, jusque-là errante , s'arrête , se construise
des demeures, observe et se civilise. Une race civilisée ne quitte pas ses demeures pour devenir errante et pauvre^ Ainsi , si les Chaldéens et . les Arabes sont le même peuple originairement^ l'Arabe a pu devenir Ghaldéen , mais le Ghaldéea n a pas dû devenir Arabe.
Les Chaldéens ^ furent des Arabes civilisés, à qui rétendue et la planimétrîe des contrées qu'ils habitaient sous im ciel sans nuage, permirent d'observer les mouvemens des étoiles.^
y olney lait remarquer ici que Gicéron emploie le mot Assyriens; mais cela ne peut s'entendre que de ceux de la Babylonie, pays de plaines , et non de ceux de Ninive , dont le pays se trouve au pied du mont Taurus. Quelques lignes plus loin , Gicéron nomme, parmi ces Assyriens, le&Ghaldéens, ainsi appelés non de leur profession, mais de la province qu'ils habitent.
Jusqu'ici nous parlons des Ghaldéais et Assyriens suivant les récits d'Hérodote. Xénophon , dans sa Cyropédie,^ fait nsdtre une autre opi-
* VoLNEY, t. 2, p. 184, Recherches nouvelles.
* CicjÉROW, De divinatione, liv, 1", ch. 1. 8 XÉNQPnoN, Cyropédie, liv. 5, ch. 2.
nion» qu'ont adoptée plusieurs auteurs, et en particulier le savant et judicieux Freret/ Xénôphon donne le nom de Ghaldéens au même peuple qu'Hérodote appelle Ghalybes.
n le représente non plus comme une caste sacerdotale établie à Babylone , comme les mages en Perse, mais comme une nation barbare et peu nombreuse établie sur cette branche du Caucase, ou FEuphrate, le Tigre, TÂraxe et le Gynis prennent leur source. Ces deux opinions ne sont pas impossibles à concilier : il se peut que ce petit peuple barbare soit descendu de ses montagnes, abandonnant dans les plaines fertiles de la Babylonie un petit nombre des siens, et ait poussé plus loin, pour conserver en Arabie ses habitudes errantes.
Quoiqu'il en soit, et cette identité originelle des Arabes et des GhaMéens étant réservée , il reste à examiner les traditions chaldéennes. Ge sera le moyen de les rattacher à leur vraie source. Avant de les classer, il faut les connaître , et pour arriver à ce but, nous allons examiner leurs opinions ou plutôt leurs prétentions^
* Freret, t. 5, p. 286.
Berose et d'après lui, Jules Africain et Alexan* dre Polyhistor nous donnent une chronologie des rois chaldéens antédiluviens/
Noms. Ann^c.
Alorus ,.,... 36,000
Alaspar 10,800
Amék>n 46,800
Améiioa 43,900
Metalar 64,800
Daôn 36,000
Everodach 64,800
Àmphis . . ; 36,000
Otiartes 28,800
Xixuthms 64,800
Cette série est absurde , quant aux chiffres , si on les considère connue l'expression de la durée de dix générations simples; mais si oii yopt y Tok*, comme le disent les écrivaiiis anciens euxmêmes, des calculs astronomiques ou astrologiques , Tabsurdité mérite d'être examinée.
Les Ëgyptieps, les Chaldéens, les Phéni*
ciens se donnent une antiquité extra¥agante »
* Syi^celle, p. 17—18,
c au moyen de oertsÛMs supputations astroloc giques*^ »
Examinons ce point de vue nouveau.
On appelle en astronomie grande armée ou année de restitution y l'espace de temps que le soleil, les planètes et les étoiles fixes emploient à rêvemr et à se retrouver tous ensemble à un point donné du ciel ; en d'autres termes , c'est l'exprèssien des révolutions simultanées de plusieurs astres partis d'un même point, et s'y retrouvant après une longue série de leurs mouvements inégaux. Cette grande année fut d'abord estimée 25,000 ans, puis 56,000, puis enfin 459,000; c'est le chi£Bre de nos dix générations. Ainsi , le zodiaque matériel a été converti en zodiaque chronologique , et on a appelé durée du monde ce qui n'est que la durée d'une révolution circulaire. De là, viennent les mots de annus et annutus, anneau et année; mundus et orbis; le monde ouïe cercle.
Cette grande période, supposée d'abord de 56,000 ans , n'ofirait pas un concours parfait de toutes les sphères ; pour atténuer les fractions et
* SyRCELLE , P- 45^r
les rendre insensibles, les mathématiciens ima-» ginèrent de les reverser sur plusieurs révolutions/
36,000 X i% = 432,000. Le déluge termine le cercle de révolution.
Pour continuer la série d'après les seuls documents profanes , nous ne nous sommes pas occupés des Hébreux. Leur origine chaldéenne les place naturellement ici.
La preuve de cette origine ressort naturellement de leur chronologie même. Nous pensons que ce peuple dérive d'une secte ou tribu chaldéenne, qui émigra, et vint, à la manière des Arabes , camper sur la frontière de Syrie, puis sur celle de l'Egypte.'
A la dixième génération après le déluge , exista chez les Ghaldéens un homme juste et grand, qui fut très versé dans la connaissancedeschoses célestes ; c'est ce que dit Berose dans Joseph.' Le même Joseph rapporte au même lieu différents témoignages de l'origine chaldéenne d'Abraham. Gom-
^ VoLNEY, Recherches nouvelles^ t. 1", ch. 1», p. 178 et suiv.
^ VOLNEY, t. i, p. 162.
2 y4ntiq. jud., liv. 1", ch. 7, parag. 2.
me il n y a pas lieu à contestation, et que Moïse est d'accord avec les autres, nous ne les reproduirons pas ici •
Voici la chronologie des Hébreux, suivant Moïse.
Noms.
Adam. .
Seth . .
Enos . .
Kainan .
Mahlaléel Jared. .
Enoch. .
Mathusala Lamech.
Noé. . .
Années île leur vie. Age à la natsiance de leurs 61s.
En ajoutant cent ans (100), qui s'écoulèrent après l'avertissement que Dieu dcmna à Noé, nous avons 1656 ans pour l'époque antérieure au dâuge.
Ce calcul moins effrayant que celui des Ghaldéens est encore assez impossible quant aux chiffres. Mais ce sont moins les chiffres que les générations qu'il faut' examiner ici et nous en
voyons dix comme chez les Ghaldéens. Chez les deux p6uples,ces dix générations sont suivies d un déluge. Il y a plus, ce déluge décrit dans laGenèse est absolument le même que celui des Ghaldéens décrit par Alexandre Polyhistor dans le Syncelle. * Àbydene le décrit de même dans Ëusèbe.^ Ge n'est pas à cela que se réduisent les analogies qui existent entre ces peuples. Les Indiens ont aussi leur paradis et les quatre fleuves qui en sortent viennent également d'une source commune *• La période indienne est la même que la période chaldéenne •
L'âge actuel du monde, suivant les Indiens, est de 4,320,000 ans qu'ils divisent en quatre âges plus courts.
Le premier est de. . . . 1,728,000 Le deuxième de. . . . i, 296,000 Le troisièBie de. . . . 8t(é,000 Le quatrième de. . . . 438^000
Ge dernier nombre est celui de la période <^al-
* STNCELrj , p. 50.
» EuaàBB , i¥«p. é«M^., liv. 9, ch. 12.
* VOLWEY, p. 188, t. 1.
déenne, et chacun des autres comme il est facile de le voir est 2, 5 et 4 fois ce même nombre de 432,000. Nous n insistons pas ici sur ce rappro* chement qu'il nous a paru nécessaire d'indiquer à cause de l'analogie firappante. Nous consacrons un livre aux Indous et nous nous y étendrons davantage.
Ce qu'il y a de singulier c'est que ce nombre divisé par 360, qui représente le nombre des divisions du zodiaque ^ le plus ancien , donne pour quotient 12,000 qui est la période perse et étrusque , et l'élément de la période chaldéenne. 12,000, ~ 24,000, — 36,000,— huit termes successif nous conduisent à 4SIS2,000.
Après avoir donné séparément les dix générations hébraïque , phénicienne , chaldéenne , il ne paraîtra pas inutile de les placer en regard l'one de l'autre et d'en faire ressortir plus nettement les concordances à l'aide des explications qu'en a données Founnont. Ce sera un grand pas de fait, dans la recherche que nous nous sommes proposée des différentes branches de la famille arabe , que la certitude de l'union de ces
* VOLNBY, t. i", p. ir4.
trois branches principales sous le point de vue des traditions cosmogoniques et des premières générations d'honunes qui ont commencé à peupler le globe. *
Nous aurons encore à y remarquer des conformités d'une autre sorte et de nature à faire naître au moins Tétonnement. Nous voulons par* 1er des rapports ou plutôt des identités de noms entre les deux branches de Gain et de Seth. Dans les deux listes hébraïques nous trouvons Irad qui a un grand rapport avec lared et qui se trouve placé à la même génération; Mathusaêl et Mathusala ; deux Lamech , conformité singulière et qui semblerait indiquer que Fauteur sacré, au moins sous le point de vue généalogique, n'aurait pas eu des rapports bien complets ou bien authentiques. En effet il ne semble pas naturel de croire que les mêmes noms aient été donnés aux mêmes degrés de descendance, dans les deux branches de la même famille, lorsque des haines les séparaient. ( Voir le tableau en regard. )
Tabiemi campmré des ginéraiions hébraïques, dans les deux races ^
Chaldéenne et Phénicienne.
FamiHe deSeth.
breux.
Sama- Sepritainsatantes.
Rois ehald^DS.
Famille d«Cua.
i Adam
1 fAoft
1 Adam.
2 Seth
2 Àlaspar
2 Cain.
3 Eaos
5 Âmélon
5 Hénoch.
4 Raînan
4 Àménon
{ omis.
5 Malafeel
5 Metalar
6 Jared
6 Daôn
6 Irad.
7Y.mrh
7 Ëverodach
7 Maviaël.
8 Hathusala
S Amphis
8 Mathusaël
9Lamech.
9 Otiartes
9 T<amoch.
lONoé
10 Xixuthrus
GénéraHons Phéniciennes.
* IIpa>TO<yovoç.
Protogonos.
Primogenitas-
STévoç, Tevex.
Genos. Genea,
Genus, familia.
5$toÇj TTjp. ^)»oÇ,
Phos^ pur,phlox.
IguiSy lax, flamma.
4Kao'acoç. Xcêovo;.
Cassios, libanos.
Mont68,ca9sius , liban .
SMsfApo^voç* OvoTbio;.
Memrounos, ousoos
. Des cabanes, des huttes.
BA^pcoç, oàtsvç.
AgrioSf alieus.
Agrestis, venator, pis-| cator.
Chrusor, hephaisto ettechnites^geinos
g ValcanusigniSytartifex, terrenus.
S A«ypoç , k'^po'onpoç.
Agros, agroueros.
Rus, ager.
9 AfAUvoç , pt^a^oç.
Amynos, magos.
Defensor, imbellis.
10 MtffAip , xat Zv^^r.,
Miser y sydic.
Justus.
Cependant si Ton fait iittenlion que partis du même point et sous Tinfluence des mêmes besoins les hommes ont dû inventer ou rechercher les mêmes arts; que d autre part les noms étaient la représentation des idées qui s'attachaient aux individus et que cela devait être ainsi, Fétonnement cessera. Toutes les conclusions qu'on en peut tirer, bien loin de nuire à notre recherche ne font quela confirmer. Que Moïse ait complété les deux listes l'une par l'autre ou qu'il ait trouvé la source de toutes deux dans des documents antérieurs, ce sont d'autres questions , il ne s'agit que des faits d'analogie et Qotjçe remarque subsiste.
Les généi^tîons de Moïse dans les deux branches, rapprochées de celles de Berose et de Sanchoniaton ne présentent pas des rapports moins frappants.
l"" Adam, — Alarus^ — primogenittis* La qualification que les Ghaldéens donnaient à Alarus répond à celle dç primogenitus , premier né. C'est celui que Dieu a éveillé, auquel il a donné le mouvement. La première femme que Phi Ion de Biblos appelle Eon, découvrit la première que lesfruitsdesarbres pouvaient servir de nourriture.
2" Coï», •— Alaspar , — Genus. Dieu proinet la sûreté à Gain après le meurtre d'Âbel et déclare que lui-même prendrait soin de venger sa mwt. Les Ghaldéws ont nommé Alaspar, Dieu est son vengeur. On pourrait irouver quelque ressemblance entre le nom de Gaïn et leGenoide Philon.
3" Heiwch^ •— Amêton, — travaillant. Fourmont préfère la version amellaros , donnée dans la liste d'Âbydène ^ Irayaillani à llaide du feu. Cela se lie avec pur^ phos, pMox feu; de Sanchoniaton. Selon la Genèse Gain bâtit une ville et lui donna le nom dé Héûoch , son fils.
4** Amênon le faiseur de fortifications. G*est ce que Sanchoniaton dit de Libanus et de Gassius dans le fragment. Gette génération est omise dans la descendance de Gain donnée par la Bible.
5' Metalaros ou Megalaros, suivant la liste d'Abydène. G'est le Memrounos et TOu^oos de Sanchoniaton qu'on suppose des géants assez forts pour déplacer les montagnes. Ges géants furent toujours présentés comme les contempteurs des dieux. G'est une tradition constante chez les Anciens.
Mahalalel , en syrien , signifie contempteur de IHeu, et nous voyons le nom de Malaléel à la cinquième génération de la famille de Seth.
Le temps de Memrounos fut signalé par la prostitution des femmes, et cela s'accorde avec ce que Moïse raconte des désordres de ce tempslà. Cette génération est également omise dans la branche de Gain.
&" Jared, Irad, Daôn, Alkus. Jared signifie qui descend, chez les Hébreux. Ce terme a toujours été une espèce de nom d'office chez les Phéniciens , les Hébreux, les Arabes. L'Écriture l'emploie pour désigner les matelots , et en général les navigateurs. Alieus est absolument un pécheur. C'est aussi le temps où la chasse et la pêche furent portées à leur perfection.
T Chrysor, Evérodach. En chaldéen Ahhed- Orequin, signifie tenant des morceaux de fer. Ce chrysor porte, dans l'Écriture, le nom de Michi ou Michios, que donne Sanchoniaton. Bochart le fait dériver de chores-ur, qu'il rend par le mot grec Puritechnùès, artisan par le feu. Gumberland préfère la racine Charas , agir avec vigueur, battre; machi ou mechiest une machine, Chry-
sôr, invente tes voiles et periectioime la naviga* lion.
8" Amphis, Mathusaladms la branche de Setb, Mathusaël dans celle de Gain, Agros. Au nom d'Agros et Agroueros, Sanchoniaton ajoute les Aletai ou coureurs. Amphis, dans Berose, signifie se séparant , dispersus ; dans les deux branches hébraïques, Mathusaêl et Mathusala représentent le mot arabe Matash, qui signifie séparation. G est à celte génération qu'appartiennent les laboureurs.
9" Lamech — Amynos — Magos — Otiartes. — Lamech et magos se sont dits de ceux qui ont bâti des villages. Otiartes^ dans Berose , représente cette signification. Othi signifie Cooperiens^ couvrant ;ilr^e^ on Aria signifie les nuds, les lieux nuds« G'est à cette époque que les hommes for* jnèrent des villages et rassemblèrent des troupeaux. Les quatre branches conviennent encore.
10" Noé, Sydik, Xixuthrus, Sisuthrus dans la liste d'Abydène. — Noé est appelé le Tsaddique en arabe, ou le juste par excellence. Xixuthrus est celui que Dieu cacha. C'est à ce person-
nage, dont le correspondant n'existe pas dans la race maudite de Gain , qu'arrive le déluge. Nous observerons que, quoique Moïse n'ait pas fait mention de dix générations dans la race de Gain , il ne s'ensuit pas qu'il n'y ait pas eu dix générations dans cette ligne avant le déluge. Moïse ^ ne dit pas qu'il n'y ait pas eu d*autres descendants que ceux qu'il a nommés ; mais ayant un autre objet en vue que la race de Gain , il n'est pas étonnant qu'il ait cru pouvoir négliger les noms qu'il ne lui semblait pas utile de rappeler. Au reste, cette observation n'a qu'une importance très secondaire , et nous ne la mentionnons que pour n'être pas accusés d'oubli ou de négligence.
Sans vouloir trop presser ces analogies , que nous empruntons à l'ouvrage de Fourmont,* en les abrégeant beaucoup, il est impossible de ne pas les considérer comme un puissant motif de croire à l'unité de tradition entre les trois peuples, et par conséquent à l'unité d'origine.
L'objet de l'auteur pliénicien parait avoir été
* Hi$t. imiv. des Angl., t. l",p 582 (notes).
^ Bêcher ches $ur les anciens peuples, t. 2, ch 25, p 4(51
de pcriîuader que sa nation était la plus ancienne. Cette prétention est celle des antres branches de la famille arabe. Au lieu de l'attribuer à la vanité natkmale , ilest bien plus naturel de croire que, Itô tffadttiaiis. étant communes , il n'y ayaiit réel* lement d'autre cause de cette prétendue vanité, que la parité même des situations» Chacune des cosmo^nles était, au fond ^k même ; et lespeu- ^s, venant d'une source ([commune, ont conservé, chacun de ^n côté , la descendance telle que les moyens du temps le rendaient possible. Chacun d'eux , pris k part , pouvait se cooasidérer comme le premier, car son récit ét^t bi^i le tableau de la souche primiûve., tel qu'il avait été transmis à la famille entière. Seulement, les deux peuples profanes, les Chaidéens et les Phénidens , paraissent avoir adopté de préférence la descendance de Caîn : cela parait assez naturel. C'est à cette branche que Mœse lui-même attribue rinvention des arts. Les. premiers bienfaiteurs de l'humanité ont été ceux dont l'humanité a dû conserver le souvenir. Si Moïse n'a pas choisi <îette branche à leur exemple , c'est que sa position de réformateur lui a fait préférer une autre descendance pour obliger le peuple hébreux à se
considérer comme la famille choisie, et lui rap*' peler sans cesse les devoirs particuliers que sa nussion lui imposait.
Nous concevons sans peine que chaque branche, livrée à elle-même, a dû altérer plus ou moins la tradition de ces descendances. Ce que nous y cherchons, c'est une série de concordances assez nombreuses pour en tirer cette conclusion : que tout dérive de la même source. Placés plu$ haut ou plus bas , les mêmes noms , et par conséquent les mêmes idées , se retrouvent dans les différents tableaux; cela suffit pour les mettre en rapport : ainsi, que Sydyk doive, d'après le récit de Sanchoniaton , se trouver plus bas que Noé , cela déplace , mais ne détruit pas le rapport. D y a plus , on doit trouver peut-être une plus grande garantie dans ces différences. En effet , si elles n'existaient pas , on pourrait facilement imaginer
que les opinions cosmogoniques sont calquées les unes sur les autres, tandisque les variations qu'on y remarque, trop peu considérables pour constituer des traditions différentes, s'éloignent assez pour qu'on pense que chaque peuple , livré à son imagination, na fait que varier le même fond, ce qu'il nous importait d'établir.
Nous ne devons pas passer sous silence l'observation de Freret , qui fait remarquer que les Égyptiens ont , par le chiffre même des générations , une antiquité supérieure à celle des GhaU déens. *
Les générations égyptiennes sont au nombre de 92 depuis Menés, celles des Ghaldéens ne sont que de 86» ainsi, il y aurait six générations en faveur des Égyptiens; mais observons que Menés est le premier du règne des hommes en Egypte , comme Alorus est le premier des Ghaldéens et qu'il n'existe pas d analogie à établir entre Âlorus et M^iès, tandis qu'on en a établi entre Menés et Menou des Indiens, entre Menés et Noé, entre ce dernier personnage et Xixuthrus et par conséquent entre Menés et Xixuthrus. La première génération égyptienne se rapporte à la dixième des Ghaldéens. Ainsi , la différence établie par Freret n'est pas réelle* Gai;, dans les deux pays , on peut remonter au même personnage, au moins autant que ces analogies peuvent être considérées comme constantes, et dans les deux pays, il n'y a
* Tome 0, p. 56.
plus au-dessus que le règne des dieux en Egypte, et les dix générations dans la Ghaldée. Le point de dépari serait donc le mèixie.
Mais nous le répétons , nous ne croyons pas qu'il y ait rien de positif à tirer de toutes ^ces chronologies sur lantériorité relativedeâ peuples. Tout ce cpi'ôn en peut <x»idure, c'est la: parité des méthodes de calcul, qui prennent chez tous ces peuples leur source dans Fastrcsiomie. Ces calculs auront été faits eîi rétrogradant dans un passé obscur» suivant Forgu^l de chaque peupjie^ et le chiffre est plutôt rexpressioD de la vanité qnede Tancienneté des nations* Nous n'y voyojQô que la r^titiondes mêmes moyens, la probabilité d^an* ciens enseignemens communs, et par conséquent d'origine commune. Nous y trouverons , tout au moins, la preuve que les peuples çë sont copiés les uns les autres sans que rien fasse bien distinguer la copie de Torigiaâl-
Les Ghs^ldéens ^ poussèrent la connaissance des astres plus loin qu'aucun autre peuple. Us portèrent ensuite cette science dans l'occident, appri-
^ Abul Farage, Hisl. dyn., p. 184.
rent aux hommes à élever des temples aui^: éU>i« les, et à les disposer de manière à attirer leurs influences salutaires. Deguignes ^ affirme que toutes les données astronomiques des Orientaux sont les o^iaes^ et bikàmce^epir^^ les Indiens^^t les Chai* déens pour Thonneur de l'invention.
G(^ rapports sont tels ^ qu'il parait nécessaire pour s'en r^odre compte de les attribuer, à une origine miÂquo, La période cbaldéenneiimultipiiéo par dix.» dkNme 4^^20,000 ans , quiform^it la période indienne* Cette période immense est remplie ou doit l'être, par dix avatars ou appariti(ms de Yichnou. 'Le dixième de. oes avatars est enowe à venir, il y a donc parité dans la base de la période astronomique etdans le nombre d'avatars, quelque chose quirappelle lesdix générations des Cbaldéens, des Hébreux et des Phéniciens.
Nous reviendi'Oiis sur cet aperçu* Nous avons à examîpçr maintpn^nt le f^it^ s'il est coiistant , de l'identité des Arabes et des Ghatd^ns. Avant d'entrer dans une question de priorité entre les
* ^cad. des Inscript,, t. 47.
* WiLL. Jones, Calcutta, — Mém. sur Us Dieux delà Grèce, àsV'talieetdeVInde.
Chaldéens et les Indiens, il est nécessaire que nous soyons bien fixés sur ce qu'il faut entendre par le premier de ces peuples. Il est, suivant nous, une des branches dont nous avons parlé dans ce livre, et qui viennent se confondre dans une souche unique que nous avons désignée sous le nom d'Arabes. Nous ne nions en rien, assurément, les nombreuses distinctions que lliistoire a établies entre ces branches, mais il s'agit de tirer de toutes ces diversités des points de réunion qui, antérieurement aux temps historiques, fassent retrouver les mêmes éléments , une tige unique comme point de départ des peuples devenus distincts.
Séparé du reste du monde, le peuple arabe a conservé ses mœurs, sa langue , ses traits et son caractère primitifs aussi long-temps et d'une manière aussi remarquable que les Indous eux-mêmes. Il forme un contraste frappant avec ces mêmes Indous par les traits et 1 expression.' Dans les plaines, comme dans les villes, il était parvenu à un très haut degré de civilisation plusieurs siècles avant de conquérir la Perse.
* WiLL. Jones, t. a, p. 3, Mémoires de Calcutta,
La langue arabe est l'une des plus anciennes du monde et il est aussi vrai qu'étonnant qu'elle ne ressemble en rien au Sanscrit, source illustre de tous les dialectes Indiens; sous quelque rap port qu'on les envisage, elles paraissent avoir été inventées par deux races d'hommes différencies.* Le plus ancien caractère arabe connu était le Koufique qui servit à la première publication du Coran. Les caractères modernes en sont dérivés et l'origine en est la même que celle des lettres hébraïques ou chaldéennes. Nous sommes dans l'ignorance à l'égard des lettres Hhemyarytes,' qui paraissent cependant, suivant quelques auteurs être les mêmes que l'on observait sur les bandelettes de certaines momies d'Egypte* On a dit la même chose des caractères phéniciens.
On dit aussi dans l'Inde , que des marchands Indous ont entendu parler le Sanscrit dans l'Arabie Heureuse , et quelque induction qu'on en puisse tirer sur la souche commune des deux nations, cela peut ne prouver que d'anciennes relations de commerce. On dit encore qu'il existe
* WiiL Jones, t. 2, p. ii, 12, 15.
2 ïbid.,i}. 141, notée.
de la ressemblance entre les religiond des Arabes payens et des Indous : deux nations peuvent avoir adoré le soleil et les étoiles sans être unies par le sang. C'est une superstition commune à plus d'un peuple, et nous pouvons en toute sûreté dire qu'avant Mahomet les Arabes étaient idolâtres.
On peut donc croire que les Arabes, tant du Hhedjaz que de TTémen sont sortis d'une souche absolument distincte de celle des Indous, et qu'ils formèrent, à peu près aux mêmes époques, leurs premiers établissements dans les régions qu'ils occupent aujourd'hui.^
Nous n'avons affaibli en rien l'opinion do William Jones, elle tend à séparer le& Arabes des Indous et il noufs importe d'établir dès à présent que cette opinion n'est point exacte. En effet, nous aurons à prouva que les Ghaldéens ou Arabes appartiennent à Ja même race caucasieraie que les Indous eux-mêmes, et si nous laissions s'accréditer cette séparation, telle que l'exprime William Joms, nous serions Conduits à admettredif-
^ WiLL. Jones, t. 2, p. 16, Mémoires de Calcutta,
fërentes souches caucasiennes, ce que nous n'admettons pas et ce que l'histoire est loin de faire supposer.
William Jones étend plus loin encore cette assertion , en séparant aussi arbitrairement la souche Tartare ou Scythe des deux autres, Arabe et Indou. La distinction qu'il établit se borne au fond à reconnaîti'e des familles distinctes, mais il les présente comme assez isolées les unes des autres pour faire supposer une séparation plus profonde quelle ne Test réellement, comme nous le ferons voir.
WiUiam Jones s'exprime d'une manière si positive et son autorité est si puissante dans ces matières qu*(m a peine à se défendre de se ranger à son opini&n, mais son nom, tout puissant qu'il soit , ne doit pourtant pas empêcher l'examen , et l'examen conduit à croire qu'il s'est ex-* primé d'une manière trop absolue, en séparant arbitrairement les traits et l'expression des Ârarabes de ceux des Indbus. Guvîer ^ reconnaît au contraire que ces peuples ne forment qu'une race,'
Disc, prélim. aux Oê$. fossiles.
et sur ce point Topinion de Cuvier a plus de valeur que celle de William Jones. U est vrai que Cuvier se sert du mot Ghaldéens , tandis que William Jones parle des Arabes, mais si nous établissons que les Arabes et les Ghaldéens sont le même peuple, la question restera placée dans les mêmes idées si non dans les mêmes mots.
n existe dans les contrées orientales plusieurs peuples distincts qui ont un langage particulier et ce langage malgré les différences que Ton y remarque, semble n être que celui dune famille qui en se divisant et en s'éloignant de sa source primordiale et du pays qu'elle habitait dans son origine, a souffert des changements et des altérations considéraUes , d'où il est résulté autant de langues différentes. 11 s'agit de ce langage où si Ton veut des langues que parlaient autrefois les Hébreux , les Phéniciens , les Syriens , les Ghaldéens, et que parlent aujourd'hui les Arabes et les Éthiopiens. On doit y ajouter pour les temps anciens les Égyptiens qui n'existent j^s et dont les Goptes sont les descendants. Toutes les langues de ces peuples, regardées en général comme des langues différentes, ont entre elles une telle affinité, qu'il serait plus exact de les
prendre pour de simples dialectes d'un langage général que Ton parlait dans les contrées que ces peuples habitaient. *
U est impossible d'être plus explicite que ne la été Deguignes, dans le passage que nous venons de citer : nous chercherions vainement une auto^ rite qui s'appliquât plus directement à notre objet et à nous appuyer du nom d'un plus savant homme. Cette similitude qu'il remarque dans les Mangues se fait remarquer jusque dans les carac-
tères qu'elles employaient. Anciennement, dit un académicien estimable, quoique moins célèbre / les caractères arabes étaient bien différents de ce qu'ils furent ensuite et de ce qu'ils sont aujourd'hui, leur alphabet était celui des Hébreux.
Si nous ne perdons pas de vue que le caractère hébreu avait été emprunté aux Ghaldéens , après la captivité de Babylone, nous trouverons, entre les Chaldéens, les Arabes et les Hébreux» un
* DBGDieNES, Sur les Langues orient.-^ Aead. des Inscr.,
* Ddpct, Àcad. des In$ef\, t. 56, p. 271.
nouveau rapprochement, et qui n'est pas sans importance- Cette ressemblance des mots et des caractères n'est pas la seule que Ton puisse signaler; elle s'étend jusqu'aux noms : un voyageur estimé en fait la remarque dans ce passage.
c Je prie les savants de rechercher d'où pourrait venir cette grande ressemblance entre . les noms arabes et les hébreux/ » C'est le vœu de Niebuhr, que nous essayons de réaliser sans prétendre au titre qu'il assigne à ceux qui peuvent se livrer à cette recherche.
Les livres de Moïse sont une source abondante d'idées sur ce sujet, et ne nous sont pas de peu de secours. La géographie que l'on a tirée de ces livres, est précieuse. Elle indique l'identité d'origine de presque tous les anciens peuples des bords de l'Euphrate, d'une partie de l'Asie mineure, de la Syrie et de l'Arabie. Identité parfaitement constatée par les ressemblances de leurs langues, car l'arabe, l'hébreux, l'araméen ou ancien syria-
^ NiEBDHR, Descript. de VArfOnUy p. â5i.
que, OBt autant de rapports entre eux que lltalien, l'espagnol et le français. ^
Nous ne craignoas pas de joindre à ces témoignages» celui d'un des plus anciens orientalistes deFrance : celui du savantmissionnaireqœ François I^' ayaitchargé de renseignement des langues orientales au collège de Franco, nouvellement fondé. Nous tirons d'un de ses livres, ce seul Élit*
c Ces trois langues, (rhébreux, le chaldéen, l'arabe) n'en sont qu'une. »
Ainsi , nous voyons figurer sur la même ligne et se confondre dans la même opinion, les érudits, les orientali^s, les géographes, l'historien sacré. Une telle concordance met hors de doute laquestbn d'identité à la recherche de laquelle nous nous sommes engagés.
Observons de plus, que les philosophes €haldéens étaient Sabéens, et quoique le sabéisme ne soit pas partioilier aux peuples de la famille arabe, et fut plutôt un culte commun au genre hu-
* Maltebrun, Précis de Géographie, t. !•», p. 20. » GoiLL. PosTEL, De originihus, cli. 8, p. 52, de lingua arahca.
main dès son origine, cependant, comme aucun de ces peuples n est soustrait à cette observation générale, nous en pouvons conclure , du moins, qu'ils n ont pas subi le mélange de races étrangères à ce culte; le pays des Ghaldéens est encore de nos jours, rempli de Sabéens, surnommés chrétiens de Saint-Jean. ^
Ainsi, similitude de race , de croyance et de langue, concordance entre tous les témoignages qui établissent cette similitude ; on peut en con« dure affirmativement l'identité des Arabes et des Ghaldéens.
A côté de la question d'identité, se trouve celle d'origine. On dispute pour savoir si les Ghaldéens, si tristement célèbres dans l'histoire juive , descendent d'Arphaxad, souche des hébreux. On â même cherché à retrouver les Ghaldéens, tantôt dans les Ghaly bes des Grecs , tantôt dans les Scythes qui firent une invasion dans l'Asie. Mais toutes ces discussions desavants modernes n'ont pu fixer le sens des indications vagues que les écrivains hébreux, postérieurs à Moïse donnent sur ce peu-
* Court de Gehelin, t. 8, p. 8.
pie, d abord féroce et conquérant, bientôt riche , eiviiîsé et adonné aux sciences.
L'opinion de Xénophon , que nous avons rapportée plus haut y a un caractère assez plausible. Cette race barbare qu'il place à la source duTigre, de FEuphrate, de FAraxe et du Cyrus, peut, non-seulement sans choquer la vraisemblance , mais avec beaucoup de probabilité, être considérée comme la souche de la nation civilisée établie sur les bords de FEuphrate. Les premiers habitants des belles plaines de la Babylonie ont dû naturellement descendre des hauteurs, en suivant lecours du fleuve. Les populations ont toutes suivi cette marche. La richesse du pays, la beauté du sol, a dû les engager à y fixer leurs demeures. Quelques-u ns d'entre eux, plus persévérants dans leurs habitu* des barbares, plus amoureux de leur sauvage indépendance, auront porté leurs pas jusqu'en Aralne. Cette croyance, qui ne choque aucune tradition et s'accorde avec Xénophon, estaussi d'accord avec les similitudes de race justifiées par les considérations que nous venons de présenter sur Fidehtité des familles chaldéennes et arabes.
Nous avons donné plus haut l'opinion de Stra-
bon/ qui fait des Arméniens» des Arabes et des Syriens, un même peuple; nous ajouterons à rautorité du géographe grec cette observation extraite d'un mémoire d'Anquetil. ^
Le peuple Marde occupait , très anciennement, différents points de la Perse, et Ton retrouve dans l'histoire différents témoignages de ses invasions ou migrations successives. Alexandre le combattit après la prise de Persépolis et lui accorda la paix. Avant le héros macédonien, le pays des Mardes n'avait pas souffert d'invasions, et ils exigeaient tribut des rois d^Asie. Partout ils habitaient les montagnes , et ils étaient disséminés sur les différents points du vaste empire d'Irsuu Leur bravoure , dit Arrien , était due à leur pauvreté. Ils étaient adonnés au brigandage : toujours ^i course, en chasse, en expéditions militaires. Placés entre l'Iran et le Touran (la Scythie) , allant du Mazanderan à l'Oxus , leur nom de Marde, homme en persan, répond très bien au mot Pahlvan. Rien ne convient mieux que les détails
* Stkabon, iiv. !•', p. 4i.
? Anqubtil^ Jcaêémiê det fn$cript,, t. 45, p. 157-^1509.
de leurs mœurs aux Pahlvans , ou héros, braves , qui occufiaieBt le Djebal et le Sistaa sous les rois de Perse.
Le pehlvi était la langue de ces anciens Perses ou Scythes, car leurs usages sont scythes si leur séjour est compris dans l'Iran. Leur caractère moral est ceiui des sauvages de F Amérique, des Arabes du désert , des Grecs dans les premiers âges , des anciens habitants de l'Europe.
Mardes , Ghaldéens de Xénophcm , Arabes du désert, sont unis par les moeurs et li manière de vivre. Après œ rapprochement, il pourra parais tre assez vraisemUable d'assimiler, comme tribus d'une même £unille , ces Ghaldéens des soim^s de TEuphrate » ces Mardes de moeurs arabes , qui occupaient divers points du territoire de riian , ces braves que ToQ nommait Pahlvans et dont la langue était le pehlvi. Chose remarquable, le pehlvi est regardé comme l'analogue , siûoa comme la source du chaldéen; aîn», les Ghaldéens de la plaine awaient aivec les Ghaldéens des sources de l'Ëuphrate, le nom et le langage corn-' muns. Ils ne feraient qu'un peuple avec les Ara* bes , et l'on retrouve chez les Arabes les mœurs des Ghaldéens primitifs; donc , les Ghaldéens de
la plaine, Arabes eux-mêmes suivant tous les historiens, doivent être , d'après toutes les probabilités , le même peuple que les Ghaldéens des montagnes; et cette probabilité est presque l'équivalent d'une certitude, si Ton se rappelle que la montagne verse ses populations sur la plaine , et que la Babylonie est aux pieds de la chaîne caucasique , oii les Ghaldéens primitifs faisaient leur séjour.
Nous pouvons tirer des ouvrages de Moïse une induction qui n'est pas sans valeur dans la question de l'origine des Ghaldéens. Les enfants de Noé se sont répandus dans différentes directions, mais tous ont eu leur point de départ dans les montagnes d'Arménie, où l'arche s'arrêta. Or, Moïse peut bien être soupçonné d'avoir voulu tout ramener à la tige des Hébreux , mais non d'avoir déplacé cette tige. Son seul intérêt, pour en faire la race choisie entre toutes les autres, était de la ramener au berceau même de toutes les populations , suivant les Asiatiques occidentaux. Les Ghaldéens , d'après l'Écriture même , sont la souche des Hébreux ; donc , de l'avis de Moïse, les Ghaldéens descendaient des montagnes d'Arménie. On ne peut pas soupçonner.
sans doute , Moïse et Xénophoa de s'être concer-* tés, et cependant Moïse, Xéiiophon et lé bcxi sens, s'accordent parfaitement dans la ques*^ tion.
Enfin, si Ton pbrte le sûrapule jnisqu'à élever un doute, fondé sur la croyance populaire, qui fait desc^idre les Arahes du fils d'Abraham Ismael, nous ne manquerons pas d'autorités pour écarter cette (^^inion.
On distingue deux sortes d'Arabes; L'Ëcrkùre ^ les tire de là même souche que les Hébreux, par Héber, père de Jectan, qu'elle donne coinme l'auteur de la famille arabe. M^*s elle exk désigne une autre Ivianche dans Ismaèl ^ et ses enfants.
Parmi les nombreuses bmilles que désigne l'Écriture , certaines ont dû prendre l'ascendant sur les autres; aussi yoitMin^. que les Arabes, même avant Ismfkêl , avai^it des rois; Thistoiro orientale nous l'appreud. Le Coran parle des INr<^hètes Qiood dt Tbamud, et suppose déjà des rois; quelques-uns. mêmes prennent ces prophètes
' GBNksE , 10—25.
* Genésb , 25—15—14—13.
pour Héber et Saleh, ce qui mettrait les Arabes plus loin que Hébw, malgré FËcriture, qui le donne comme leur ^musnt.
Diodore nous dit aussi ^ qu'avant Ninus, les Andies avaient r^né à Bàfby lone , et quTii y eut «ne s^iance entre Niûms et Ariens, roi des Ara* bes. U résidterait ; de plm , de ce passage de Dio* dore 9 que les Ghaldéens et les Arabes ont été unis dans la même 'monarchie, et se séparèrent long temps avant Niimd» puisque celui-cî a recours à on de leurs roisL L'observation que nous avons Êûte , et qui consistait à Êiîre séjourner dans les plaines de la Babylonie nue certaine portion de cette race ^èaldéenne , CMrigintt*e des montagnes, se trouve par là appuyée à*utï témoignage historique.
Ainsi, toutes les recherches faites sur les peuples dits mal à propos sémitiques , nous condœsent à une souche dialdéenpe ou arabe , ee qui est la même chose. L'opinion de Xénophou rattache cette soin^ ans sources de nSuphrate : l'Écriture la confirme. Nous verrons plus tard
^ Livre 2, au commencement.
que rÂrménie comme la Médie faisaient partie du grand empire que les Orientaux ont toujours désigné sous le nom dlran. En conséquence, nous pouvons établir que la race arabe se rattache à llran par TArménie.
Nous verrons plus tard si cette souche peut être liée à celle qui s'est propagée dans l'Inde. Mais avant d'entrer dans les détails de cette filiation , nous avons à examiner la question des Tartares , pour an:iver ensuite à réunir, s'il se peut , les trois races, mdoue, tartare et arabe, dans une seule.