‹ Histoire de la filiation et des migrations de peuplesChapitre 7 sur 15 · VOLNEY · texte numérisé non relu

VOLNEY

^ /Wd., 580.

< donna le nom de sa mère. IMai^* ni les auteurs,

c ni les prêtres ne sont d*accord à eei sujejK ; plu* € siettTS assurent que cette viMe a été bé|tie bien c pliis tard par un roi apnuxié 3u^i$. ^ >.

'LeB savants français de FexpéditicHi'dlËgypte^ expliquent cette d^érence (fopiiûa&s; ils <«tt mesuré géométriquement le local de Thi^bes, et nous y foQt distinguer quatre , et même <inq M« ceintes différentes. Les înatélriau!i employés ^ te^ styie et Tart des coi]i^tructk»)8, indiqiieiit d^ époques diverses. On à pu attribuer k fondation, de la ville à celui qui là fit la plus riche, et la plus puissante ; pour la part qui doit être rapportée à; Busiris, ce serait. cette portion qui porte 1^ nom de Karnak.' Ijes caractères astroaoïm'ques font penser que cette construction eut lieu veri 2400, i^x siècles avant 1 époque des pasteurs, que nous avons placé vers 1800 , avant notre ère.

Diodore ajoute que les années comprises entre Blenès et Busiris I^, sont de 1400, pàiis entre Bu^ isiriil P' et Bnsiris 11 de 200. Ajoutons 1600 au

* DiOD., liv. i, p. 18. Éd. Weselinc.

* VOLNBY, 585.

» Ihid., 408.

2400 trouvés ci-dessus, nous aurons, pour la pé*riode de Fère chrétienne à Menés 4000 ans. Ce qui est au-dessous de l'antiquité que les Égyptiens eux-fiïèfnes foulaient se donner, lorsque le même Diodore dit que leurs lois, suivant eux, £k>rissaiettt depuis 4700 ans. * .

' Tels sont les élénlents de k diseossion !dè Vol«' ney; nous ayons eu soin d'indiquer les sources, afin que la vérification des assertions , des calctïU ef des dates , fiit facile. Si Ton admet avec plusieurs auteurs que Menés soit le même que Menom des Indiens;ou Nôé des Juifs > Xixuthrus des Chair déens,on'trouvera sans douce impossible d'établir des concordances régulières ou absolues de tëmpsw Mais si Ton examiiie aussi qu'il n*y a dans tous les calculs de ce genre ^ queues hypothèses ingénieuses,et qu'au^dà:de:9000 ans swant notre ère, il est impossible, à qui que ce soit, de trouver des indications suffisantes pour établir une ofÂnion sur une base solide et complète : on pourra convenir, en général , que Tantiquité prodigieuse de tous' des peuples, an inôin)» d'après leurs éalculs, ne prouve pas^lus pour les uns que potir

* VoLNEr, 414.

les autres, et que les préteatioois chronologiques sont ûppuis^antçs à rien déterminer d'une manière, dont l'esprit puisse être satisÊdu

Au ^este, nous ne neios bornerons. point àl^ disoifisictt. de Yolney* L'obscurité de la que^on et rimportance qu'on y a toujours attachée, mé<^ ritent bien qu'on c|i^che à s'iédairer par plus d'ui^ opinion. Daps ces matières il en est pei^ iqui. soi^lt aussi wposantes que celle de Preret^ ISous allons l'expoj^r , et on verra qu'elle diffère pw de cdUe.de.yoliiçy; elle n'en diS&v/^ même point, ear dans les temps de ténèlnres, un petit nombre d'années sur d^s chiffres. éiippmjBs ne peut nous arràter.^ .

JHérf>d9(e fit Diodçve comqa|^Q$al^^a)eme(|l: ri^BÛwe'd'ÊgypIe à:Ata«iès. ^ L'iiUervalle indiqué par le premiev est beaucoup phis long, que C9lui qm^sî^paale le secmid, U asi clair i^ Les prêtres consultés par Héi^odote, employaient des années {4ii3 aoijirte!S qtte celles des prêtref^. dwt ï)icdorj9 irappprtele AanbmeQt

En.supposant les 11340 aiis\d7Iérodote, pris pouf* des asiisonâ de trois mois égyptiens, nous

^ Frkhkt, t. 9, p. 14.

aurons 2794 ans solaires, suivant Freret, et 2855 ans, suivant Bailly. ' Os finissaient au règne de Sethon et à la guerre de Seînnacherîb, en Tan 710 avant iésus-Chrîst. Suivant cette Hypothèse, le commencement de Menés tombait

Tan 3504 avant Jésus-Christ, suivant Freret;

Fan '3545, suivant BaîHy.

Le» 9500 ans de Dibdore * pris pour des saisons de quatre mois lunaires , donnent 2964 solaires; Cet intervalle finit Tan 538 avant Jésus-Christ; le règne de Menés tombe dans cette hypothèse à Tan 3502. Les deux calculs ne présentent ainsi que deux ans de différence, ou 41 ans suivant Bailly; on aura peine à croire que cette coïncidence puisse être TefFet du hasard.

L'ancienne chronique égyptienne* compte 36,525 ans , depuis le règne du soleil , jusqu'à la fin du règne de Nectanèbus, 15 ans avant l'empire d'Alexandre. Elle ne comprend pas , dans ce t^lcul , le régne de Yulcain , qui est de 12,000 ans dans Diogène Laerce. * Ce chiffre de 36^525 était

* Astron.ind., discours prélim. p. citxxvj.

^ DiODORE, liv. 1, p. 29.

3 Syncelle , p. 51-53.

* DiOG. Labrce, liv. 1, cil. 15.

la période de reslitulion : il contient 33,984 anS, pour le temps du r^ne des dieux. Sur ces 35,984 ans, 30,000 sont afiectés au règne du soleil, 3984 à celui de Saturne et des douze grands dieux* Ainsi» il reste 2541 ans pour le règne des hom* mes , jusqu'à la fin de Nectanebus» Si on retran*che de ces 2,541 , 217 pour les huit demi-dieux,^ nous aurons 2,324 ans pour le règne des hommjes. Ces 2,324 finissent à la quinzième année, avant l'empire d'Alexandre , c'est-à-dire 346 ans avant l'ère chrétienne. Ainsi , en additionnant le règne des hommes, sans en séparer les huit demi-dieux , nous obtenons :.

Demi-dieux. ....... 217.

Hommes. . . . . . . . 2324.

. De la fin de Nectanebus à l'ère

chrétienne » 546>

Or, Manethon nous donne 3555 ans, comme la somme totale de la chronologie égyptienne ,

* SYrVCELLE , 51

jusqu'à la quinzième année, avant la conquête d'Alexandre. En retranchant les 2541, le com^ mencement des dynasties de Manethon tombait 1014 ans avant le temps historique.

Manethon comprensdt, dans son calcul de 2KK5 ans, non seulement le règne d'Osiris, dlsis, d'Orus et des dieux de la dernière classe; mais encore celui des dieux antérieurs à Osiris. Ainsi , le nombre de 115 familles,^ qu'il répartit entre trente dynasties , se compose des 92 de k vieille chronique , auxquelles it faut ajouter 21 règnes. Les 92 générations de la vieille chronique s'accordent ayec les 91 qui résultent des 55 d'ÂpoUodore,^ jointes aux 38 d'Eratosthènes/ le règne des dieux ne figure pas dans ces 91. Il est donc clair que Manethon , comptant 1014 ans de plus que la vieflle chronique , comprenait , dans sa chrono* logie, la durée des rois antérieurs au temps fais* torique.^

Syncelle nous apprrad que ces cent4reize rè-

^ Ihid. y p. 147,

* ma., p. 9i.

* Freret, t. 9, p. 26.

gnes successifs avaient duré f^5 ans , depuis là fondation de la monarchie, jusqu'à la quinzième imiiée ayant le règne d'Alexandre, qui a commencé, en Egypte , 351 ans avant Jésus-Christ/ Ainâi) nous voyons deux systèmes en présence :

1** Le calcul de Manethon.

2° Celui d'Apoîlodore et d'Eràtosthènes.

Les deul calculs n'offrent, comme différenoe; que les chiffres de 91 et^ générations; admettons ce chiffre de 01 : en supposant chaque génération de 30 an&, nous* obtenons, pour résultat, 2730 ans. S'il est vr;û maintenant que le chiffre de 3555 aas > donné par Manethon , représente la durée entière des successions égyptiennes , il est clair que tout ce que ce chiffre contient au-delà de 2730 ans doit être considéré comme représentant les vingt- et-un règnes que Manethon ajoute à* la cbroniq^ie. Or, la différence, entre 2738 et 3555, est 825; ce dernier nomhre devrait donc être considéré comme représentant le règne des dieux. En évaluant, comme des règïies ordîhai-

* Syncblle , i>. $2.

rep, ces viBgt*^t-une génâratoons de dieux, nous a^ons 59 ans, comme moyenne pour chacun; c'est trop , mai» ces règnes des dieux sont sus« ceptibles de tant d'objections , qtfil feut peu s'arrètçr aux caicuk au]tq«ds on les peut soumettre.

Es réunîssaiit «enfin aux 2730 des chroniques, les 825 de la génération des dieux , ou , en d^aur très termes , aux 3555 de Mànethon , les 346 ans écoulés., depuis èa quinzi^e année , avant le rè^ gne d'Alexandre , nous obtiendrons , pour la somme de prétentions égyptiennes, 3,901 ans ayant fiotre ère.

C'est le chiffre le moins élevé que Ton puisse donner à l'antiquité égyptienne. Le chiffre donné à l'antiquité du monde par la Yulgate, est de 400U sms; suivant le plus grand nombre de chronologistes; ainsi; il y aurait à peu près accoixi entre Manetbon et la Vulgate.

Mais il existe une autre méthode d'évaluation qui peut conduire à des résultats tout-à-fait en rapport avec ce* que nous aurons à établir quand il sera question de la chrono^o^e des autres peu-^ pies.

Diodore * dit formellement que les Égyptjen&

^ Liv. i>sect. 1, parag. ^.

mit compté les mois pour le^ années. Or , ces mois n'étaient que des mois lunaires, ou de 28 jours; il est facile de s'en assurer dans la discussicm de BaiUy* ^

Or, 50,000 ans du règne du soleQ, font 840,000 jours, à peu près 2500 ans solaires ou 2543 ans lunaires.

Les années des dottze grands dieux sont de ta même espèce; ainsi, les 5984 font 515 ans. ^ . n est plus simple et plus naturel de préférer ce calcul astronomique , lorsqu'il s'agit de religions astronomiques, à des calculs de chronologie et de générations , toujours incertains.

IVOUS OBTIENDRONS AINSI :

Pour le règne du soleQ 234Slaiis.

Pour les douze grands dieux • 315

Pour les huit demi-dieux ........ 217

Aimées solaires jusqu'à Nectanebus . . . ^S8A

Jusqu'à notre ère 346

Total. 3544

Joseph donne à la durée du inonde, avant notre

* Mlronomie ind, DUc.prél, p, cxviij.

* Ihid., p. cxxxvj.

kre^ 55S5 ans» C'est le cliif&e le plus élevé de la chronologie égyptienne^ il sfaccorde avec ceQe dc^ Septante. Ainsi, il .se trouverait entré les deux çhjçffres 9i)e très-légère âifférence : dans les deux cas il n'y aurait donc ^ppint lieu à des prétentions exagérées.

^ous expliquerons, plus tard, au livre réservé aui( çoiiQordaaces ehrondogiques, pourquoi nous adoptons le calcid des. Septante. Nous en avons a|ss^z.dit pour affirmer que, sous le point de vue chroncdc^ique , l'Ëgyple n'est pas fondée à réclamer la priorité. Cette prétention disparaîtra l^en davantage, si nous nous repoi^tôns à ce que nous avons dit des races , au livre premier. Nous avons vu que les Égyptiens sont une nsAion évi^ demment mêlée de plusieurs races. Enfin , ces deux données se fortîQeront encore d'autres considérations de civilisation et de langue qui feront Tobjet de recherches ultérieures.

Parlons de l'Ethiopie que les anciens nous pré* sentent , comme k source de la^ civilisation et de la population de l'Egypte.

Ils^ partageaient l'Ethiopie en orientale et occi-

* f^ôyage de Norâm, p. 166, t. a. [Note de langlès.)

dentale. La première dé ces deux contrées s*é* tendait vers la Mauritanie , la seconde versTÊ* gypte sur les confins de la Thébaïde, avec laquelle on Ta souvent confondue. II y a tout lieu de cr<ttre que les Indiens, partis dés bords de Tindus , s'établirent en Afrique , au-dessus de TÉ* gypte, c'est-4-dire dans l'Ethiopie occidentale. Le caractère éthiopien a même porté k>ng4eïnps le nom d'Indien ; Postel ' désigne cette langue sous le nom de Lmgua Indica dans son alphabet. Leurs descendons auront ensuite peuplé TËgy pte, tandis que d'autres colonies indiennes se répan»daient d^ns ja Chine ^ et au Japon, où elles por*» tèrentJleQ sdences et tes arts. De là, cette éton«^ nante ressemblance entre les Indiens, les Égyptiens et les GhiiK)is.

La filiatidii des Chinois, par les Indous, est une opinion de WilL Jones ^ adoptée par Langlès.

Nous Texaminerans plus tarda l'article des Chî-i nois.

Will. Jcmes', prétend que les Éthiopiens de Mé*

* Postel, alph. Durod. linguarum.

^ Voir Livre des Chinois.

3 necherehfs asiatiques, l. 5.

roé étiakni le .méi|ie pm^ que les premiers Egyptiens et les pren^iers Indous. Ajoutoss que les caractères alphabétiques, les monuments d'architecture et de sculpture, et les imni^ises travaux soiûiterrains de ces trois nations démontrent, jusqu'à l'évidence, leur primitive identité/ En effet, le caractère cofite ou moderne des Égyptiens, ainsi que l'Éthiepien et le sanscrit s'écriv€«it de gauche à droite : les voyelles, dans les deu?L derniers alphabets , sont annexées aux ccmsonnes^ forment, avec eUes, un système syi^ labique très simple; enfin, il suffit d'avoir les pre^ mières.n^tfionsde la langue éthiopiemie poiir être firsgptpé de : llétonnante ressemUance des lettres de cette langue avec les caractères de TancieB sanscrit, et surtout avec ceux des inscriptions des caves de Ganaràh, qui remontent au-delà de toos les périodes connus de l'histoire indienne* L'hu* mense étendue de ces caves, de celles d'JËlé* phanta , d'Ambola et d'Ëllora; les innombrables et colossal statues qu'on y a creusées dans le roc même, les idoles qu'on déterre journellement

* NoRDEN, t. 5 {Noies de LangUs), p. 548 et suiv.

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à Gayah^ les plas antiques pagodes de f Inde à forme pyramidale , décèlent à la fois les préjugés religieux, l'industrie, le style, la patience et les traits bi^i prononcés de cette même race d'hommes , qui creus^ent les syrinxprès de Thèbes, les catacombes de Sakarah , sculptèr^t les statues colossales delà haute et basse Egypte et élevèrent les pyramides. Certains naturels de llndo et de l'Afrique nous offrent encore aujourd'hui d'autres conformités sur lesquelles nous n'insisterons pas; celles que nous avons indiquées suffisent pour établir qu'à une époque très reculée, les habitants de l'Inde et de l'Egypte avaient la même origine, la môme religion et les méiqies

arts.

Ajoutons, car non^ ne voulons pas tirer de tout ceci les ccmdusions de Langlès , qui rapportait toute civilisation à l'ËthiqMe; que la civilisation de l'ancienne Egypte n'a pas suivi le cours du Nil/ Elle a , au contraire, remonté ce fleuve^ aussi les mots, coptes viennent des langues; ind<^* germanique. Les identités établies par Langlès n'en sont pas moins constantes, et nous en ferons usage pour arriver à notre but.

* MAI.TTBRUN, t 2, p. 669. précis de la Géographie.

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On ne peut pas attribua* la civilisation éthiopienne aux^ Arabes hiémarites» à cause de la similitude de leurs langues; car la conquête de l'Ethiopie» ou d'une partie, par les Arabes , a dû les y porter, et c'est d'un temps plus reculé que nous parlons. ^

11 est impossible, après les similitudes que nous venons de signaler, de se refuser à croire à des rapports anciens ; mais il reste toujours une difficulté insoluble au premier coup-d'œil, sur laquelle, cependant, une attention plus réfléchie peut jeter quelque lumière.

Partout où nous voyons la race nègre , livrée à elle-même , partout oii l'absence d'influence extérieure se fait reconnaître, à peine trouvons-nous trace de la civilisation la plus imparfaite. Or, tous les naturels de l'Afrique sont de véritables nègres, les Égyptiens comme les autres, s'il fallait en croire Volney.

« Ce sont de véritables nègres, de l'espèce de tous les naturels d'Afrique. ^ j»

Gomment se peut-il donc que les Éthiopiens ,

^ Sylvestre de S ac y, /n«crîp. , t. 80. * f^oyage en Syrie, t, 4, p. 75.

qui sont nègres de pure race , puissent descendre des Indiens:, paarmi lesquels il y a des nègres , à la vérité, mais à traits aqnilins et tout différèanls de la race africaine ? GcMoiment seraient-ils arri** vés à une civilisation analogue à celle des Indiens, si, d'ailleurs , nous voyons la race nègre rester dans un état d'^ance qui se retrouve dan» tonte retendue des territoires qu'elle couvre; e'est qu'il fant faire nne distinction entre les peuples délégués connue Êthic^ns; et tout eu convenant que la race i^gce a du se trouver très répandue en Egypte , accorder que les classes élevées an moins , appairtenaient à la race Uancbe cancasiqne.

Les Indiens , partis des bords de l'Ihdus , ont dû reoïonter le cours du Nii, et s'y seraient pré*babkfment 'établis , si une colonie naissante et nécessairement peu nombreuse avait. pu résister aux inondations du fleuve qu'eHë- n'avait pas appris à connaître , et qu'elle ne pouvait m' prévoir, ni arrêter. Ghai^sée de ses premiers établissement», une pensée toute naftureHe a tfû lui persuader que plus on se rapprocherait de la source du fleuve, moins les inondations seraient à craindre, et son nouveau pèlerioage fut la eonsé-

quence dé ce raisonne Aient. Ce fut ainsi qu'elle remonfei jul^qu'à FÉthiopie. Là se trouvait la race nègre sanà civilisation , niais nombreuse relativement à la colonie, car elle habitait le pays lé plus fertile dé rAfriqué, Mêlée à cette population; la colonie ihdiedne * , par des alliances successives dut altérer son caractère primitif. Mais il est dans la nature dés choses qUéla puissance appartienne aux Mimîèrës et à la civilisation, il est naturel de Croire que la colonie indienne^ en s'assimilant jusqu'à un dërtaîii point comme racé à là race la plus nombreuse et là plusfôrté , amena à son tour cette même race à'seé usagés et à sa civilisation. Elle forma toujours la classe la plus élevée; conquête réciproque dé rîhtelligôhèe et dé là matière réagissant de Tiiné à l'autre tàcé, et qui opéra utfe fusion complète coiitre laquelle l'expériéritie ni là logique ne jieuvfetft rédamer. Là Chine nous mon* tréra plus tard le rtiêcbe phénomène. L'Ethiopie civilisée pût à son tour suivre eri rédesoendarit le cout's du fleuve, et préveriir par sOii industrie, lés cata^trojphes contre lésqueDés n'avait pu lutter

1 Sur VJnalogie du culte indien et égypt. Voir p. 524^ t. 5

de NORDEN.

une faible colonie* Il faut considérer de plus que le nom d'Éthiopien a été beaucoup trop généralisé. Les anciens le donnaient à des peuples asiatiques tandis que les recherches des modernes l'ont circonscrit dans une partie de l'Afrique à rOccident de la Nubie et de l'Abyssinie. C'est à l'Abyssinie que l'on doit surtout rapporter ce qui se dit de l'analogie des Éthiopiens et des Indous. Mais il est juste d'accorder que le voisinage des Éthiopiens et des Abyssins a dû amener, soit dans la civilisation, soit dans les races , une fusion qui explique les nombreuses ressemblances qui existent entre les Abyssins, les Éthiopiens, les Égyptiens, les Arabes et les Indous.

Ainsi s'explique le récit des anciens historiens qui font descendre les Égyptiens de l'Ethiopie. Les Coptes, descendants desanciens Égyptiens, ne sont pas des nègres quoiqu'ils retracent quelquesuns de leurs caractères. Ils appartiennent à la race caucasique par la forme' de leur cerveau. La tète du sphinx prouve le rôle que la race nègre a dû remplir dans l'Egypte, c'est l'extérieur nègre et il semble, à considérer les restes des monuments Égyptiens, que l'art chez eux empruntait ses formes à plus d'un type. Cela se rapporte à l'obseï-

vation de Blumenbach.* Telle est la condition toute naturelle de l'Egypte. Limite de l'Asie et de TAfriquè, elle a été le terrain d'assimilation op les deux races se sont réunies et ont rendu, sans Téléver jusqu'à cette idée sans doute, mais par le fait de leur alliance, le premier hommage à la fraternité universelle.

Il restera toujours après cela qu'il y a eu diverses races entre lesquelles il est impossible d'assigner des rangs d'ancienneté : Cette question n'est pas de nature à être soulevée ici , quelque soit d'ailleurs l'intérêt qu'elle puisse offrir. Les éléments n'en sont pas de nature à ouvrir un champ bien vaste à la discussion ; car où trouver les monuments de la race nègre, et prouvera-t-on jamais Tune ou l'autre de ces deux propositions : les races inférieures sont-elles une dégénérescence ? Ou les races supérieures un progrès dans Tordre delà création? '

Nous ne prétendons rien préjuger sans doute , quoique nous puissions croire que la dernière proposition soit théoriquement plus conforme à

* Livre 1"

la loi générale de progrès , et noiis nous arrêtons à l'opinion de Cuvier/

€ Tous les caractères nous montrent que jla € race nègre a échappé h la grande catastrophe « sur un autre point que les races Gaucasiqi^e et « Altaïque dont elle était peut-être séparée dec puis long-temps quand cette catastrophe ar- € riva. »

Nous accordons pleinement cette conséquence.

Notre but n'est pas de remonter au premier homme, ni à un fils noir, comme Cham, d'un père bl^c comme Noé; nous cherchons à établir par l'analogie les liens qui rapprochent les peuples les uns des autres^ et autant que nps connaissances peuvent nous y conduire, à déterminer les sources de la civilisation pour en constater l'unitéy base nécessaire de toute étude de sçs dévef loppements et de ses progrès. Ainsi les trois races f sont antérieures au dernier bouleversjsm^nt Cç bouleversement dès-lors ne fut pas complet, et si ' pour vouloir admettre d'une manière rigoureuse l'assertion de la destruction totale affirmée par

* Disc, prélimin., Ossem, fossiles.

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