‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 103 sur 251 · EHRAIT DES RAPPORTS DE M. GOLRERT DE GROISSY, 1661, & DE M. THOMAS HUE · texte numérisé non relu

EHRAIT DES RAPPORTS DE M. GOLRERT DE GROISSY, 1661, & DE M. THOMAS HUE

DE MmOMÉNU.

A peine arrivé au pouvoir, le grand Colbert sentit que pour réaliser les immenses améliorations qu'il voulait introduire dans l'Etat, il lui était indispensable de savoir comment dans toutes ses parties les affaires publiques y étaient administrées. Il envoya donc dans les provinces, avec l'agrément du roi, des conseillers maîtres des requêtes avec des instructions qui en faisaient de nouveaux Missi Dominici.

Charles-Albert Colbert de Croissy, frère du ministre , avait rempli cette mission en Alsace et dans les trois évéchés en 1 663 , puis dans la généralité de Poitiers en 1668, après qu'il eut été chargé, en 1664 , de visiter la généralité de Tours dans laquelle La Flèche se trouvait comprise. (1)

Un mémoire daté du 1 1 octobre 1 664 , arrêté au Minimes du Mans , fut présenté au ministre Colbert. Les représentants de chaque . élection y indiquaient les souffrances et la misère du peuple.

(1) M. Colbert de Croissy, ministre et secrétaire d'Etat des affaires étrangères, frôre da grand Colbert, moarat à Versailles le 28 juillet 1699. C'était un homme d*un esprit sage, mais médiocre, qu'il réparait par beaucoup d'application et de sens et qn'il gâtait par rhnmenr et la brutalité naturelle h sa famille.

II avait été longtemps président à mortier dont il avait peu exercé la charge et avait été ambassadeur à la paix d'Aix-la-Chapelle et en Angleterre. Enfin , il eut la place de M. de Pomponne , à sa disgrâce , et la survivance pour M. de Torcy, son fils, qui avait celle de président à mortier. •— Saint-Simon, 1» vol., p, 379, chap. XXV.

Ce mémoire était signé, entre autres, par M« Audiau, maire de La Flèche, et par M« de la Fontaine, président de l'élection de cette ville.

M. Colbert de Croissy arriva à Angers le lundi 30 mars 4665 et descendit chez M. Louis Boylesve, lieutenant général et fils du président au présidial.

Dans le rapport de M. Colbert de Croissy au roi, nous trouvons mention de la carte de l'Anjou, faite aux frais du sieur Artaud, archidiacre, par Jean Le Loyer, de La Flèche, géographe, en 4654.

René de la Yarenne était mort à cette époque; car nous lisons dans le rapport qu'alors le lieutenant du roi en Anjou était le marquis de la Varenne, dont le grand-père, dit Colbert, avait été très-fort considéré par lefeuroiHenrilV. Il était engagîste du domaine de la Baronie (sic) it La Flèche pour 8,000 livres et riche de 30,000 livres de rente. — Belle maison à La Flèche, dont il était aussi gouverneur particulier.

« Il est dans la réputation, dit Colbert, de ne pas avoir beaucoup de « jugement, de bonne conduite et de religion. Son frère, qui était très- « violent, a été assassiné par les gardes des bois de M"*» la comtesse da « Lude. »

Le sénéchal d'Anjou et de La Flèche était le sieur Servien , marquis de Sablé; cette terre de Sablé , démembrée du duché de Mayenne, contenait 50 paroisses dans sa mouvance.

« Le lieutenant général, dit Colbert, est homme de bien et s'acquitte « assez bien de sa charge. Son père, qui était receveur, est mort in- « solvable. »

. « Les deux charges de président sont possédées par un seul, le sieur

cg « Jouy , honnête homme. Entre tous les autres officiers , il y en a trois ou quatre

2 « qui ont du mérite, le sieur Bourdeaux, assesseur fort habile et honnête

« homme, ainsi que le sieur Rouvray, bon consultant, appelé dans les « grandes affaires de la province ; le sieur Leblouques a des belles-lettres « et est riche de 400,000 livres. Le procureur du roi, honnête homme, fait « bien sa charge. »

« L'affaire la plus considérable qu'il nous ait paru dans ce siège , en exa- « minant le criminel et en visitant les prisons , a été le procès fait aux « sieurs Poyant, Vareille et autres, prétendus complices de l'assassinat « commis en la personne du sieur Faure , tant à cause de la qualité de l'af- « faire et des personnes intéressées que des plaintes respectives qui nous € ont été faites de ce qui s'était passé dans ViTistruction et le jugement de € ce procès. Dans l'un et dans l'autre, nous avons remarqué, en examinant « comme nous l'avons fait, le procès depuis le commencement jusques à la « fm, des manières de procéder et déjuger qui nous ont paru assez extrait ordinaires. Les principaux témoins, qui ont déposé à deux reprises diffé- < rentes, n'ont point chargé d'abord les accusés, mais, dans leur seconde

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