DÉTAILS DIVERS DU XVI1« ET DU XVIII« SIÈCLES
M. de Montaigu , pour lieutenant-colonel M. le comte de Damas, pour aidemajor M. de Sarlaboust.
Le procureur-syndic de Thôtel de yille donna immédiatement connais*sance à toutes les communautés d'Ëtat et de métiers de la lettre de M. l'Intendant de Tours concernant le corps de carabiniers :
A La. Flèche, le 5/ février i76i.
« Messieurs,
« Vous êtes priés de la part de MM. les maire , échevins et procureur de « riiôtel commun de cette ville de vous assembler pour délibérer sur le « sujet de la lettre écrite à cet Hôtel de Ville par M. l'Intendant, en date du « 40 de ce mois, dont nous allons vous transcrire l'objet ci-après et de « nommer des députés pour apporter votre délibération par écrit, en la « manière accoutumée, à l'assemblée générale qui se tiendra en la salle dudit « Hôtel de Ville , le lund y 27 du présent mois, à neuf heures du matin.
« M. l'Intendant, par sa lettre ci-dessus datée, après avoir parlé des « avantages que doit produire , dans la généralité de Tours , l'établissement « d'un corps de carabiniers , tant pour le commerce que pour l'agriculture, « etc., etc., nous dit que M. de Poyanne a demandé à Sa Majesté qu'il lui € plût de faire bâtir dans l'une des villes de la généralité de Tours un corps « de caserne assez grand pour contenir le corps de carabiniers, et construit € relativement à tous leurs exercices; qu'il a été fait réponse que le roi ne € pouvoit faire cette dépense, étant obligé de faire des retranchements sur € toutes les parties de ses dépenses ordinaires. (1)
€ Pourquoi M. l'Intendant nous fait connaître que pour parvenir à la € dépense de cet édifice , il n'y auroit que la voie d'un emprunt auquel con- « tribueraient toutes les villes de la généralité, chacune suivant ses forces, ^ en nous déclarant que la ville de La Flèche y seroit pour environ 40,000 € livres; sur cela il demande que nous ayons à convoquer une assemblée « générale pour recueillir les voix des habitants »
Nous donnons la réponse apportée à la réunion pour les délégués du corps des procureurs.
II leur semble que cet emprunt de 40,000 livres n'est pas praticable , que les habitants sont déjà si surchargés qu'ils sont obligés de prendre sur leur nécessaire pour suffire à leurs obligations.
Puis il y avait certainement dans cette opposition une raison implicite. Il n'y avait pas à douter que la présence d'un corps privilégié ne vint déranger les habitudes calmes d'une petite ville, et que les mœurs ne dussent en souffrir ainsi que le repos des familles à quelque classe qu'elles appartinssent.
(1) La gaerre de 7 ans avait coosidérablemeot augmenté la dette publique.
On passa outre malgré toutes ces réclamations ; car nous voyons la même communauté , dont les décisions pesaient toujours d'un grand poids , s'opposer énergiquement au projet de logement de M. de Poyanne , le chef suprême du corps des carabiniers après Mgr le comte de Provence , dans la maison de M. de Boissimon , au prix de 400 livres par an.
D'ailleurs, dans les projets de M. de Choiseul, La Flèche était désignée comme devant avoir une école de cavalerie, ainsi que Besançon, Douay , Metz et Cambrai. Cette décision ne fut maintenue que pendant un an.
Cependant, M. de Choiseul ne parait pas avoir abandonné de suite ce projet relativement à La Flèche. M. Sarbourg, ingénieur, dont plus tard M. Cherrier, ingénieur des ponts-et-chaussées à La Flèche, épousa Tune des filles, avait été chargé de lever le plan de Saint-Jacques dans le but d'examiner si cet emplacement pouvait convenir à une école de cavalerie et à un manège. M. de Livron , major général des carabiniers , avait demandé si on ne pouvait pas débarrasser le bûcher du collège (maintenant gymnase couvert), voulant qu'il y eut à La Flèche un établissement militaire, sans dire s'il serait destiné aux carabiniers ou à d'autres troupes. En parcourant le parc avec le principal, il lui dit, le 12 décembre 4767, qu'on projetait certainement d'établir à Saint-Jacques l'école d'équitation. D'un côté, M. de Poyanne voulait qu'on abattit tous les vieux bâtiments, et d'un autre cdté, l'Intendant était d'avis qu'on en tirât parti. Mais Saumur vint offrir alors de faire toutes les dépenses demandées , et cela , en outre d'autres considérations , fit décider que cet établissement serait placé dans cette ville. Le but joù l'on tendait était d'établir pour tous les corps de cavalerie l'unité dans l'instruction et la méthode. C'est encore ce qu'on recherche à Saumur à notre époque.
Nous ne pouvons pas préciser la date de l'arrivée à La Flèche de la brigade de carabiniers commandée par M. de Montaigu ; mais nous savons qu'elle s'y trouvait dès 4768 et avait sa place dans la cérémonie du service de la reine de France. De plus , les carabiners obtinrent la permission d'établir leurs écuries à Saint-Jacques.
4766. — On signale à cette époque l'établissement d'une société à La Flèche sous la dénomination de Francs-Craqueurs. Leur principe était qu'une douce erreur était préférable à la dure vérité.
Elle avait été constituée par un étranger, qui prétendait avoir existé plusieurs siècles , et , doué d'une remarquable mémoire , citait des anecdotes locales que l'on se rappelait avec le plus grand élonnement. Il réunit donc plusieurs adeptes et , après , disparut sans qu'on sût ce qu'il était devenu.
L'un de ses adeptes s'occupait d'archéologie et découvrit chez un particulier, parmi des masures, une inscription paraissant dater du xv"* l^iècle.
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La pierre sur laquelle elle était inscrite était longue de deux pieds ; une sorte d'encadrement la bordait, et au milieu étaient les lettres romaines suivantes et dans cet ordre :
On adressa telle qu'elle la copie de cette inscription à tous les savants du pays et môme à l'Académie. '
Elle resta inexpliquée pour tous.
Enfin , un nommé Leroi , tanneur, surnommé le Cocasseur, à cause du bégaiement dont il était affecté , vint chez l'habitant de La Flèche qui avait découvert cette pierre. Comme pour plaisanter, celui-ci proposa au tanneur de lire cette fameuse inscription. Le tanneur se met à l'œuvre, et en disjoignant ces lettres tout différemment que n'aurait fait un homme qui lit couramment , prononce :