‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 118 sur 251 · ANES · texte numérisé non relu

ANES

L'oreille de l'antiquaire saisit cette prononciation et trouva que le cocassenr était l'Œdipe cherché.

Ce fut bientôt le bruit de toute la ville.

Un cordonnier en ayant eu connaissance dit qu'étant fort jeune, son père lui apprit qu'il tenait de son grand-père qu'au coin de leur maison (rue Saint-Louis — la Beuffrie) il y avait une inscription qui y avait été placée pour indiquer que les ânes devaient enfiler cette rue pour passer sur le pont, qui n'était alors qu'une passerelle en bois , le cours d'eau faisant le tour de la Beuffrie passant au milieu de la route.

Le 44 juillet 4770, mourut à l'Ecole militaire M. Paris-Duverney, qui en était l'intendant.

Au mois d'août de la même année un duel eut lieu entre M. Garnier et

M. du Cerceau. M. Garnier fat tué. M. du Cerceau, qui avait donné le sonflet, fut dégradé de noblesse et condamné à vingt ans de prison. Les officiers de carabiniers présents à ce duel et servant de témoins subirent «n, an de prison et furent déclarés incapables de servir le roi.

Dans une ville aussi calme que la nôtre, cet incident dut très- vivement impressionner.

Une note nous apprend que le comte d*Esseuille cmt (on ne dit pas sur quelles données) qu'il trouverait à Mareil une mine de cuivre ; il fit venir pour faire des fouilles deu\ mineurs , qui travaillèrent sans résultat.

28 novembre 4770. — Les eaux grossirent de moment en moment; les grains ne purent arriver au marché. Le 29 , la rivière déborda , Créans et Sainte-Colombe furent couverts d*eau; le château, le parc du collège, ane partie de celui des Dames, tout le bas de la ville jusqu'à l'alignement de la maison de M. Montandain furent inondés. Le pont commun des moulins fat emporté. Très-heureusement^ le chemin commencé cette même année par ] M. Sarbourg creva ; sans cet écoulement donné aux eaux la ville entière eut été couverte.

Le 30, les eaux commencèrent à baisser et les communications sur le Mans et Angers furent rétablies.

Les débordements du Loir dont on a conservé le souvenir sont :

Ceux du 25 septembre 4 579 et du 26 janvier \ 586, Les eaux montèrent à une hauteur prodigieuse et la ville , dans ces deux circonstances , fat menacée d'une submersion totale.

Le débordement du 25 février 4665 est rappelé par l'inscription latine suivante gravée sur un marbre que Ton voit encore au-dessus de la porte de l'ancien petit Saint-François , près de l'hospice. Telle en est la traduction :

« Amour de la terre et du ciel, gloire du clergé « Excellent pcuiteur, protégez nuit et jour « La maison de pénitence de la Saulaie, « Si le jardin de Damm (paradis terrestre) a € Perdu nos premiers parents, c'est du jardin « De Gethsémanie qu'est venue notre délivrance.

« Souvenir de l'an 4665, oxi le pont s'écroula

€ Et Veau s'éleva ici de trois pieds.

Ce débordement fut causé par la rupture subite de la chaussée des moulins de la Bruère. L'eau monta de plus de douze pieds au-dessus du niveau ordinaire de la rivière.

Nous avons mentionné celui de l'hiver de 4740 ; la conduite des membres de l'Hôtel de Ville dans cette occasion fixa l'attention du roi, qui accorda, comme nous l'avons dit, des lettres de noblesse à M. de la Rue, maire.

DETAILS DIVERS DU XYIl* ET DU XVII1« SIÈCLES. 239

En 4774, les eaux furent si hautes qu'elles gagnèrent jusqu'aux environs des coteaux de Saint-Germain.

De 4762 à 4779, on s'occupa à différentes reprises de mettre les propriétés rurales et la ville de La Flèche à l'abri des inondations.

Plusieurs pièces viennent le prouver.

En 4762, les présidents et conseillers de la compagnie des marchands fréquentant la Loire et ses a£Quents ont fait assigner Mgr le comte de Choiseul, ministre et secrétaire d'Etat des affaires étrangères, propriétaire du moulin des Navrans, situé sur la rivière du Loir, « à comparoir par devant « NX. SS. du Parlement dans six semaines pour répondre et procéder aux « fins de ladite commission. » — Un mémoire vient dire que « la mau-

< vaise qualité des foins a fait tomber plusieurs haras, d'où sont sortis « nombre d'excellents chevaux. Le pays y était d'ailleurs fort propre ; leur « nourriture n'étant plus la même à cause des inondations , ils ont perdu « de leurs qualités. Plusieurs gentilshommes qui se livraient ainsi que « plusieurs particuliers à cette éducation, se sont dégoûtés des soins dont € ils ne tiraient plus ni agrément ni utilité ; il résulte le même inconvé-

< nient par la qualité des bétes à corne , objet plus intéressant encore pour « le commerce et pour l'agriculture dans ce pays où le labourage se fait

< avec les bœufs. »

La ville de La Flèche, en son particulier, était dans le cas de craindre et d'éprouver presque annuellement les plus grands désastres, deux de ses faubourgs et la rue Basse étant inondés plus ou moins tous les hivers.

Dans l'origine, quoique abondante, la rivière du Loir ne pouvait être considérée que comme uu très-fort ruisseau.

Les propriétaires des grands fiefs y établirent, dans les temps les plus reculés , des moulins pour leur usage et celui de leurs vassaux. Pour parvenir à cet établissement utile et très-multiplié , il fallut, comme sur toutes les rivières de cette espèce, retenir les eaux par des digues nommées chaussées dans le pays. Cette opération rendit cette rivière capable de por-< ter des bateaux qui prenaient jusqu'à 30 pouces d'eau; ils se nommaient hannequim.

L'avidité de quelques meuniers leur fit imaginer, par suite , d'exhausser leurs chaussées; les propriétaires s'y prêtèrent, ne voyant alors que l'avantage de retenir plus d'eau pour le service de leurs moulins ; ce qui tendait au contraire à leur perte par la surcharge d'un poids qui fatiguait et endommageait souvent leurs chaussées.

L'exhaussement de proche en proche devint de plus en plus général, et à cette époque on vit paraître pour la première fois sur le Loir des bateaux beaucoup plus considérables , prenant depuis 40 jusqu'à 50 pouces d'eau. Us se nommaient havriers. Les riverains eurent bientôt à souffrir des inondations et à se plaindre ; les propriétaires des moulins commencèrent

à sentir leur faute, et, d'un commun accord, on sollicita un règleme assujettissant les meuniers à ouyrir leurs écluses, quand l'eau serait à a hauteur désignée.

Déjà , dans ce temps , on observa que par la négligence des cnltiTatea les flliëres et les larges fossés entourant les terres et surtout les prairi voisines , et servant de clôture et surtout d'écoulement pour les grand eaux , étaient comblés et remplissaient une œuvre absolument contrai — Mémoire du xviii»* siècle.

En ce temps on cherchait une maison soit pour y établir une pension soi pour loger les carabiniers ou leurs chevaux. On pensa d'abord à cell qu'habitait M. Moreau , chef des pépinières de mûriers de la ville , et qaî était située vis-à-vis la poste aux chevaux , rue Saint-Jacques. C'est la même qu'habitait le baron Bertrand Geslin, maire de La Flèche en 4830, et aujourd'hui M. Raguis. Dans l'état civil des anciennes familles du pays^ nous trouvons l'acte mortuaire, daté du 25 avril 4637, du sieur Claude Moreau , marqueur au grand jeu de paume de la ville , qui était placé dani la partie comprise, au milieu des jardins, entre la rue Vernevelle et les douves. Il devait être contigu à la maison de M. Gouin d'Ambrières, qoi était celle du tripot ou autrement du cercle. Cette singulière dénomination se lit dans l'un des actes de vente de cette maison.

4774. — Les autorités de la ville conçurent le projet de reconstruire l'Hôtel de Ville. Les halles bâties en 4737 étaient devenues insuffisantes. Cependant l'intendant de la province s'opposa d'abord à ce projet, puis s'; rangea en partie, puisqu'on février 4772 il autorisa la ville à se bâtir des halles , mais sans étage et pas d'hôtel. Ne montrait-il pas un peu de rancune de l'opposition mise par tous les corps d'états de la ville à la construction d'un établissement pour les carabiniers et à l'imposition qu'on voulait mettre sur les habitants de la somme de 40,000 livres?

Un arrêt du conseil, du 5 mai 4772, rendu sur la demande des officier» de l'Hôtel de Ville, autorisa la construction d'un bâtiment remplissant cette destination ; mais au mois de décembre de cette même année , requête fut présentée pour ajouter un étage à ce bâtiment, devant servir d'Hôtel de Ville, lequel serait composé d'une grande salle d'assemblée, d'une chambre du conseil , d'un dépôt pour les archives et d'un autre pour les gardes. Cette requête fut présentée par MM. de la Rue, maire; Couallier, Davyet Micault, échevins. C'est l'Hôtel de Ville actuel, moins le pavillon bâti en

Ce n'était pas sans raison qu'on avait redouté le séjour des carabiniers à La Flèche. « MM. les carabiniers, nous dit un mémoire, étaient un peu € bruyants pour les paisibles habitants de La Flèclie. Une partie des cava- « liers-maîtres étaient logés dans -la Beuffrie et y menaient joyeuse vie. « Les officiers leur donnaient l'exemple. M. le duc de Sully, l'un des jeunes

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