DÉTAILS DIVERS DU XVII* ET DU XVIII« SIÈCLES
chefs de ce corps , était parti incognito avec une femme qu'il entretenait,
laissant tous ses gens très-inquiets. Son escapade ne dura que quatre ou
cinq jours, et, à son retour, il trouva de la part du chef de brigade,
M. de Montaigu , Tordre de garder les arrêts. »
29 juin 4772. — Nous citons ici la mort de M. Richard , maître de poste, ion pas parce qu'il fit son chien légataire d'une somme de 40 écus, mais >arce qu'il fut le père du baron Richard , d'abord conventionnel , puis préét sous l'Empire.
Son petit-fils fut longtemps l'un des avoués le plus justement estimés Luprés du tribunal de \^ instance de La Flèche.
3 juillet. — On apprit au commencement de juillet que, moyennant 14 ,600 livres , la ville de La Flèche pourrait acquérir tous les offices munilipaux créés en 4774. On se relâchait ainsi des 2/3 de la taxe, qui, pour les acquéreurs étrangers était fixée à 200,000 livres.
On sut aussi que les carabiniers partiraient bientôt, mais on ajoutait [ue , suivant toute apparence , ils seraient remplacés par un régiment de Iragons.
6 juillet. — La Flèche reçut le 6 juillet la visite d'un personnage connu jurtout par la bisarrerie de son caractère. La maison de La Flèche devait e recevoir avec honneur; car il était le neveu de Paris-Duverney, le véritable fondateur de l'École militaire de Paris et fils de Paris-Montmartel , qui ivait joué, comme ses frères, un grand rôle dans toutes les affaires civiles, Inancières , commerciales et même militaires du xviii"»* siècle.
C'était M. le marquis de Brunoy. Il voulut voir le collège et surtout la chapelle.
Sa conversation ne roula que sur les ornements de sa paroisse et l'éclat le ses processions de la Fête-Dieu. Il trouva fort beau le grand ornement le la chapelle : « Il a, dit un mémoire de l'époque, pour ombre attachée K à ses pas un certain abbé adulateur, qui a mis devant nous Brunoy auc dessus de Rome.... » Ce qu'il y a de plus triste, c'est que le marquis de Brunoy mangea toute sa fortune en se livrant à ces excentricités.
Le 9 octobre, M. de Limon, intendant général des Finances de M. le comte de Provence, frère du roi, passa incognito à La Flèche se rendant à Baugé. Son voyage coûta dix mille livres de rente à la ville d'Angers. Malpré ce mécompte , on lui a offert le vin et, à Saumur, on en a fait plus en lui remettant les clefs de la ville, comme représentant le prince.
Le 26 , M. de Limon revint à La Flèche ; la ville lui présenta les vins ; le présidial et l'élection le complimentèrent. Les élèves du collège furent les seuls gagnants ; car, au nom du prince, M. de Limon demanda pour eux un jour de congé. Un grand dîner lui fut offert au collège même , où assistèrent MM. Chaubry, Pihery, Ducan, Busson et quelques autres magistrats et officiers de la ville.
â42 LA FLÈCHE ET SES SEIGNEURS.
n73. — L'usage youlait à La Flèche que chaque particulier donnât à son tour un ou deux repas à tous ses amis; ce que les seigneurs du pays appelaient les anniversaires de la ville. Quelques-uns des principaux habitants commencèrent à y renoncer dès cette année. M. Chaubry doont l'exemple, qui fut suivi par plusieurs.
Cependant nous avons vu encore de nos jours ces repas d'honimes se donner.
Les grands seigneurs du pays eux-mêmes réduisaient leurs maisons à fa môme époque : entre autres le duc de La Châtre à Malicorne et M. le marquis de Gallerande à Pringé.
Il y avait, à ces réductions de luxe, une cause influant généralement snr toutes les classes de la société. Des troubles avaient éclaté à Tours. Un règne nouveau allait bientôt s'inaugurer; des convois de blé avaient été arrêtés.
Sept villages des bords de la Loire et la populace de la ville de Tours avaient pillé tous les convois de blés qu'ils avaient rencontrés, entre autres 33 bateaux. Ces pillards se firent rendre un de leurs complices qui avait été arrêté et cherchèrent môme à brûler la prison. La maréchaussée fut maltraitée et chassée à coups de pierres. Le régiment de dragons en garnison à Saumur fut envoyé sur la chaussée de la Loire pour la balayer de plus de 40,000 hommes ou femmes qui interceptaient tout ce qui arrivait soit par terre soit par eau.
O Nous n'en avons que trop l'expérience : quand le calme tombe, le crédit
le suit de près : les bourses se ferment et le mal devient de plus en plus
17% grave.
iS 4774. — Le nom du marquis de Turbilly est bien connu comme
^ agriculteur recherchant le progrès dans tout ce qui concerne soit l'in-
îD dustrie soit le commerce. On n'avait pas à cette époque une opinion
\uÀ favorable sur tous ces essais, qui aboutirent à sa ruine : « J'ai été
1^ « à Turbilly, dit M. Dupont de la Motte, avec M. Ducan et son gendre
€ M. Le Royer de la Motte, le chevalier du Hauthierray, M. de Montaign, « chef de brigade des carabiniers, et l'un de ses officiers. De toutes ses « entreprises , je n'en vis qu'une dont il puisse tirer vraiment parti, sa « poterie. Elle résiste au feu le plus vif et au passage subit du brasier à « l'eau froide. »
En 4760, il fit paraître un mémoire sur l'agriculture concernant surtout les défrichements. Il s'y plaint de ce que la moitié du sol est laissée sans culture.
Pour les causes de ruine de M. le marquis de Turbilly, nous pouvons arguer avec justice de la conduite de sa femme , dont il dut se séparer.
On cite d'elle qu'elle joua au lansquenet le moulin de Turbilly avec nn officier de carabiniers et qu'elle le perdit.