CHAPITRE PREMIER
Suivant fiurbure et Pesche , le prieuré de Saint-Ttiomas remonterait audelà du v^ siècle , et appartenait aux religieux de la puissante abbaye de Saint-Aubin d'Angers. Déjà , au xi""*, Jean de La Flèche leur avait donné Sainte-Colombe, la Beuffrie et la Boirie, et même sa propre chapelle, dédiée à Marie sous le vocable de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont. Probablement , et ces dons considérables l'indiquent surabondamment , ces religieux avaient été les premiers à établir un centre paroissial à La Flèche, et par suite, en 1110, Tannée même de sa mort, Hélie, fils et successeur de Jean de Beaugency, donna à Dieu et aux moines de Saint-Aubin la bannière de Saint-Thomas auquel , disent les deux auteurs précités , il venait d'élever une nouvelle église. Nous avons lieu de croire que l'église existait déjà et qu'Hélie l'avait seulement restaurée et augmentée. (1)
(1) « L'an IIIO, le 13 des Calendes de norembre, UéUe donna à Dieu et à Saint-Aubin, X pour le saint de son âme et pour ses parents , la moitié de la foire , qu*il avait lui-même
< établie auprès du château de La Flèche, le jour de la fête de Saint-Thomas, en Thon- « neur duquel saint il venait de faire bdiir une nouvelle églite. Il investit de ce don Tabbé c de Saint- Aubin , Archembaldum, le jour mâme de cette fête, dans la maison des moines
< auprès de son château, en présence de part et d'autre des témoins ci-après : de Monachis;
• Hugo Mantellus; Kadulfus de Lusdo; Hameimus de Moleriit; de famtUis eorum Rotbertus
* frepoiitus; de hominibut comitis; Pagamu Lunellue; Girardut de Cleers; Hugo de Brat- € tel; Fromundut Chaliboth el plures aUi, »
Tout en maintenant, sous toutes réserves, en tête du chapitre troisième de notre première période, la date de 1109 pour celle de la mort d*HéUe de La Flèche . deuxième sei'^
27â LA FLÈCHE ET SES SEIGNEUP.S.
Cependant il ne nous paraît pas que ces moines desservissenl directement la paroisse de Saint-Thomas ; le curé devait, au moins jusqu'en H45, ôtre présenté à la collation de Tévéque d'Angers par l'abbé de Saint- Aubin.
Le titre que nous allons citer prouve parfaitement que les moines de Saint-Aubin n'avaient pas de demeure à La Flèche, au moins comme prieuré, puisque ce titre tend à leur en faire obtenir un.
Nous lisons, en effet, dans un cyrographe original de <U5 (4) qu'Ulgé-
goear de La Flèche , afin qu'eUe concordAt avec ceUe qui étail écrite sur sa tombe dans l'église de l*abbaye de la Coutare du Mans; rependant, pages 93 et 94 de la même période, nous déclarons que dans notre pensée la date du 11 juiUet 1110 est la plus exacte.
La charte authentique que nous produisons ici indique pour le mois une date discutable. D'après elle, Uélie, qui, en sa qualité de comte du Maine, résidait dans son palais do Mans, serait venu dans la maison des moines de Saint-Âubin, près de son chAteaa, le H des Calendes de novembre lUO.
Or, d'après la chronologie romaine, les Calendes de novembre étaient le 1<* novembre. et ces calendes se comptaient dans un ordre rétrograde. Ainsi , le 12»« jour des Calendes de novembre était le 21 octobre. Donc cette date ne concorde pas avec celle du 11 joiUet adoptée par les historiens.
Nous l'avons déjà dit, il arrivait très-souvent qu'une charte était dressée par la partie intéressée, ordinairement les moines, et que plus tard eUo était signée par ceux qui avaient été témoins de Toctroi du don. Nous remarquons que la signature d'Hélie manque à cet acte , et que par conséquent il n'était plus alors.
Il y aurait à rechercher, si la date de la fête de Saint-Thomas a toujours été, comme à cette heure, le 31 décembre. S'il en était ainsi, cette investiture aurait eu lieu en 1109 et non pas en 1110. De là la cause des incertitudes et peut-être de Terreur, puisqu'on a adopté la date de 1110 comme fondée sur deux chroniques de Saint-Aubin d'Angers, chroniques dont la charte que nous venons de citer fait probablement partie.
(l) Archives du Mans.
Les moines de Saint-Aubin habitant la maison do feu Sodins, curé de Saint-Thomas; s'y trouvèrent trop à l'étroit, et songèrent à s'agrandir ainsi quo nous l'indique une antre charte do 1145.
« Geoffroy, fils de Foulques, roi de Jérusalem , étant duc de Normandie et comte d'Anc gers, Ulgérius occupant le siège épiscopal de cette ville, et l'abbé Robert étant à la tête « du monastère do Saint-Aubin, les religieux de cette abbaye demeurant à Fixe (La « Flèche) s'occupent d'après l'ordre et les conseils du comte Geoffroy, et suivant la volonté tf de Geoffroy de Cleers, sénéchal, de faire construire près do Saint-Thomas de nouveaux « bâtiments pour leur prieuré, et étant gênés par l'exiguité de leur terrain, s'adressèrent 'c aux confrères de Saint-Gilios pour leur demander celui qu'ils possédaient depuis « leur maison jusqu'à l'Aumônerie. Les confrères, suivant l'avis dudit sénéchal, accor- « dèrent aux moines Tobjet de leur demande, et. en outre, 19 deniers de cens qui leur « étaient dus chaque année pour la maison provenant du prêtre Sodius. Pour ce motif, les H moines et les confrères s'associèrent de manière à ce que lesdits moines devaient être « membres de leur confrérie et que de même ces confrères seraient admis jusqu'à consomme mation des siècles à participer aux prières et aux bienfaits do Tabbayo de Saint-Aubin, « que lorsque Tun d'entre eux viendrait à mourir, les religieux de La Flèche sonneraient <c les cloches, célébreraient ses obsèques dans leur église et procéderaient à son inhoma- « tion. Pour confirmer cette convention, les confrères, par ordre dudit sénéchal et de « Arnulfo, alors prévôt de La Flèche, envoyèrent au chapitre de Saint-Aubin deux de « leurs membres : Johannem Scilicet de Bree et Amuflum Fnmerium, lesquels, après « avoir reçu pour eux et les leurs beneficium abbatie, abandonnèrent à leur tour les terrains « et les deniers précités, en investirent l'abbé et placèrent cette investiture sur raotel.
nus, évèque d'Angers à cette époque, donna en faveur de Tabbaye de Saint-Aubin, que Sodius, curé de La Flèche, ayant fait, à l'instigation dudit évoque, construire une maison , près de Téglise de Saint-Tiiomas , pour le logement des prêtres qui desserviraient cette même église et seraient chargés de prier pour lui, et ledit Sodius étant mort, Tabbé de Saint-Aubin, Robert, vint supplier cet évéque de donner cette maison à son monastère k la condition d'y mettre des religieux pour desservir l'église de Saint-Thomas, promettant de faire chanter chaque année une messe en l'intention du curé Sodius. Il offrait à l'évoque une maison située à Angers in Baltea-ria. Cet échange eut lieu en 1U5, indiction VIII.
Dans le môme siècle , le sieur Pinson , prêtre , fit donation à l'abbaye de Saint-Aubin de lui et de tout son bien , et en investit Guillaume , prieur de Saint-Thomas. Ce prieur est le premier dont le nom soit parvenu jusqu'à nous.
La pièce de <U5 établit donc d'une manière certaine que l'abbaye de Saint-Aubin n'avait alors aucun religieux pour desservir l'église de Saint- Thomas, que le curé n'était pas un de ses moines; cette église dépendait néanmoins de l'abbaye sur différents points. Les moines de Saint-Aubin demeuraient auparavant à La Flèche, près du château, suivant la pièce citée plus haut et datée \\\0; ils s'établirent après dans la maison du curé Sodius , et agrandirent leur terrain par les concessions des membres de la confrérie de Saint-Gilles. Guillaume Avit céda aussi, en 4145, une maison près de l'église de Saint-Thomas. Le prieuré avait son entrée à l'endroit où se trouve la porte de la prison actuelle.
Au reste, il paraît assez constant qu'ils présidèrent au moins comme conseillers, à la réfection de Saint-Thomas; « car, dit M. Poullain dans
< ses notes, que nous suivrons pour ainsi dire pas à pas, la disposition € des différentes parties de l'église de Saint-Thomas prouve que ces
< religieux , habitant depuis Jean de La Flèche leur prieuré de Sainte- € Colombe, et desservant, en outre, la chapelle du château (N.-D.-du- « Chef-du-Pont) (1) dirigèrent les travaux d'agrandissement de l'église « reconstruite par Hélie. En effet , toutes les parties de l'édifice sont exac- € tement placées suivant le type d'architecture dont s'écartait rarement
€ Les témoins furent Àrrandus, Gaufridus, Wercinardus , famuH MonMhorum, Robert, de « son câté, donna son consentement à cet acte on présence du sénéchal. Il fut encore con- K venu que tout confrère, en mourant, donnerait. s*il lo pouvait, quelque chose aux c moines. » — Cyrographe original en latin.
(I) La statue de Notrc-Danie^u-Chef-du-Pont a été sauvée à Tépoque de la Révolution par la famille Leroy; elle est en ce moment dans la petite chapelle de A]<"« Leroy, demeurant dans la maison faisant le coin de la rue du Quai et de la rue Basse. Dans un temps très-reculé , dit la tradition , un jeune homme mort noyé dans le Loir fut porté aux pieds de cette statue et revint h la vie. — Renseignement oral de M. le curé Coulon, archiprétre.
âl74 LA FLÈCHE ET SES SEIGNEURS.
« Tordre de Saint-Benoit dans les églises soumises à sa juridiction. Le « maitre-autel était placé dans l'abside au fond d'un sanctuaire dont Tétroit « espace était exclusivement réservé aux ministres de l'autel. Les reli- « gieux , chargés de célébrer l'office divin du jour et de la nuit et de « remplir en même temps les fonctions curiales, avaient leurs stalles ran- « gées en demi-cercle dans la place occupée maintenant par la table de « communion et pouvaient sans trop se déranger sonner les différentes « parties de la prière publique. Les fidèles placés derrière les moines dans « la nef et les deux bras de Téglise, n'apercevaient que difficilement le « redoutable sanctuaire. On pensait alors que la foule des fidèles aurait « pu bientôt traiter légèrement les choses saintes , s'il lui avait été permis « de jeter sur elles un regard trop libre. La donation d'Hélie assigne une « date certaine à ces constructions.
Nous devons remarquer que les moines obtinrent d'Hélie de faire Toûter les parties les plus nobles de l'église de Saint-Thomas , le chœur, le sanctuaire et les deux chapelles des transepts. Le reste fut simplement lambrissé en bois de chêne.
Ce seigneur s'attacha surtout à la construction du clocher. Quatre chérubins , les bras élevés au ciel et les ailes déployées , semblaient supporter une flèche en pierre élégamment sculptée de 80 pieds de hauteur. Dans un tableau faisant partie de la galerie des Jésuites , ce clocher était ainsi représenté.
Nous connaissons maintenant un second cyrographe original de 4457 à 4187 (0 constituant une charte relative au prieuré de Saint-Jacques et indiquant positivement que Foulques et Hugues , prêtres et moines de Tabbaye de Saint-Aubin , jouissaient du droit paroissial. Il n'est pas question de prieur ou de curé agissant sous leur prééminence.
Guillaume, pr%e\^ de Saint -Thomas, — Or Guillaume, qu'une charte du même siècle intitule prieur de Saint-Thomas, comme nous l'avons indiqué ci-dessus , était abbé de Saint-Aubin , et c'est lui-même qui , sur la demande d'Hugues de Cleers , sénéchal de La Flèche , consent à ce qu'il soit établi des chapelains dans la chapelle bâtie en l'honneur de Saint-Jacques auprès du château de La Flèche, de l'assentiment de Foulques et Hugues, prêtres de la même abbaye, mais sous la réserve du droit paroissial et à la condition de remettre auxdits prêtres les oblations faites à Noël , la Purification , Pâques , l'Ascension, la Pentecôte , l'Assomption et la fête de Saint- Ouen (Sainte-Colombe).
Il parait que ces religieux, quoique tenant à la puissante abbaye de Saint-Aubin , n'étaient pas riches.
L'un des moines d'Angers parut désirer d'aller à La Flèche. L'abbé Geof-
(1) Archives da Mans.
PRIEURÉ ET CURE DE SAI?îT-THOMAS. 275
froy envoya donc ce moine au prieuré de cette ville pour 40 ans, à condition « qu'il en acquittera les dettes , qu'il y entretiendra convenablement « trois religieux, qu'il paiera les droits dus à l'abbaye, savoir : 40 sols à « Tabbé et au chapitre, 80 sous pour les pelisses ou peaux de mouton qui « garantissaient la tête et les épaules des chanoines ou religieux pendant « les offices du jour et de la nuit, 42 deniers pour l'armoire où dans chaque « monastère étaient conservés tous les titres et papiers et dont la garde « était confiée à un religieux nommé armoirier. » En outre d'autres conditions posées à ce moine nommé Manassès, il devait fournir annuellement nn septier de blé à partager entre le domestique du prieur et l'infirmier et, au bout de dix ans, rendre ce prieuré quitte de toutes dettes avec ses bâtiments en bon état. Cette obédience fut accordée au moine Manassès , en
Doit-on le considérer comme étant le prieur de Saint-Thomas pendant ces dix années? Il nous semble que cela doit être ainsi.
Nous avons dit dans notre première période que saint Louis était venu en 4230 à La Flèche. Il devait nécessairement loger au château, qai était encore entier, puisqu'il ne fut bombardé et brûlé par les Anglais qu'en 4386. Quoique le saint roi eut auprès de lui une chapelle (N.-D.-du-Chefdu-Pont), nous ne pouvons pas cependant mettre en doute qu'il ne soit venu s'agenouiller au pied de l'autel de Saint-Thomas.
A cette époque , quatre religieux de Saint-Aubin résidaient au prieuré et Saint-Thomas était desservi par un curé et deux chapelains.
La charte suivante, datée de 4246, nous dit que les fonctions des uns et des antres étaient bien distinctes, mais que cependant les moines du prieuré avaient la jouissance des principaux droits dans l'église de Saint- Thomas.
Il s'éleva donc une grande discussion, en 4246, entre l'abbé, les religieux de Saint-Aubin et leur prieur de La Flèche, d'une part, et le curé de La Flèche , d'autre part , au sujet des oblations et des prémices perçues dans l'église. Les prémices étaient la portion de tous les biens de la teiTe qae Dieu s'était réservés dans l'ancienne loi. Elles devaient servir à nourrir les clercs et à les délivrer de tous les soins temporels. — P. Thomassin » Discipline de l'Eglise.
D'un côté, le curé demandait aux religieux certaines prémices qu^its percevaient dans son église, et encore, au sujet du trait de ces prémices, des dîners aux cinq grandes fêtes de l'année et en raison de ce que le prieur et les moines ne célébraient plus les divers offices â Saint-Thomas , comme avaient coutume de le faire les précédents prieurs.
De'leur côté , le prieur et les moines faisaient des réclamations à peu près identiques. En conséquence, Michel, archidiacre transligerensiSf et Guillaume Lebascle , chanoine d'Angers , chargés de ce règlement , ren-
dirent un jugement contenu dans ane charte (archives du Mans), d'où il parait résulter que le prieuré de Saint-Thomas avait à La Flèche la sufréinatie paroissiale et par conséquent sur les églises de Saint-Thomas, de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont et même de Saint-Ouen ou Sainte-Colombe, qui avait 'pour desservant un prieur, moine de Saint-Aubin.
Au sujet des repas, il est dit que le curé avec ses deux chapelains et deux clercs seulement, s'il les a à demeurer avec lui et s'ils sont préposés an service des églises de Saint-Thomas, de Notre-Dame-du-Chefdu-Pont et de Saint- Ouen, auront cinq repas aux fêtes de Noël, du dimanche des Rameaux, de la Saint-Thomas d'été, de la Toussaint et de Pâques. Le prieur disputait aussi au curé la jouissance de la terre de l'Orme de Vernezelles. Dans le même arrangement , cette jouissance fut confirmée au curé de Saint-Thomas.
En conséquence de tous ces débats, l'évéque d'Angers voulut, en 4250, assurer de plus en plus les droits de cure de La Flèche en y attachant le titre d'archiprôtré.
Cette juridiction comprenait quatre paroisses, y compris l'archiprêtré de Vion. Toutes payaient une rente de 4 livres à l'archiprêtré de La Flèche qui, dans tout le ressort de sa juridiction, distribuait les Saintes Huiles, transmettait les mandements épiscopaux et faisait la visite canonique des églises. Mais la présentation à la cure de La Flèche, à l'abbaye du Mélinais et an prieuré de Saint-Jacques, appartenait toujours à l'abbaye de Saint-Aubin.
En 4404, l'abbé de Saint-Aubin passa une baillée à rente du four à ban situé à La Flèche et du droit de pacage en la forêt du Mélinais, concédés au prieuré de cette ville par ses premiers seigneurs , à la charge de bâtir sur ledit four une maison à quatre étages, et de payer chaque année un septier de seigle au seigneur actuel , le vicomte de Beaumont.
F. Macé Le Moullnet, prieur, — En 4442, Frère Macé Le Moulinet, prieur de Saint-Thomas, â la suite d'un procès avec le curé de Saint-Germain-du-Val, à raison de dîmes, transigea avec ce dernier.
F. Jean-Pierre de l'Épinay, prieur. — Jean-Pierre de l'Epinay, son successeur, n'accepta pas cette transaction , mais une sentence de l'ofBcial d'Angers, en date de 4443, obligea les contondants â s'en rapporter à la décision d'arbitres, dont le jugement serait définitif.
F. Pierre Regnault, prieur. — En 4453, nouvelle transaction entre F. Pierre Regnault , prieur, et M« Guillaume de Mareuil , curé de Saint- Germain. On convient que ce dernier toucherait toutes les dîmes de sa paroisse, mais n'aurait plus aucune prétention sur celles de Poulliers, de la paroisse de La Flèche. On se souvient qu'en qualité d'archiprôtré, le curé de La Flèche était commis par l'évéque à la visite de tous les bâtiments religieux. En conséquence, sous le prieur Pierre Regnault, le curé* voulut faire la visite du prieuré de Saint-Thomas. Ce à quoi Pierre Regnault se refusa d'une manière péremptoire.
PRIEURE ET CURE DE SAmT-tHOMAS. 277
Alors le curé formula contre lui une sentence de suspense et d'excommunication dont ce prieur fut relevé et absous par une sentence de Tofficial d'Angers , en date de juillet U43.
F. André Le Normand, prieur, et Jehan Rvsi^ curé. — Une autre transaction eut lieu entre F. André Le Normand, prieur de Saint-Thomas, et M« Jehan Rusé, curé, en date du U juillet 447S, sous Tépiscopat du cardinal Jean III LaBalue. M» Jehan Rusé, curé de Saint-Thomas, était chanoine de Tours et cheffecier de Condé. Cette transaction avait pour objet le partage des oblations , dîmes , novales , prémices de la paroisse et certaines prééminences dans son église. Il fut convenu :
4<^ Que les curés de Saint-Thomas seraient à toujours quittes envers les prieurs dudit lieu de 28 boisseaux de froment de rente que le prieur Le nrormand leur demandait, et qu'à l'avenir lesdits prieurs continueraient de servir aux curés de cette paroisse 4 4 septiers de blé , 7 de seigle et 4 de froment, que le curé serait tenu d'aller quérir et voir mesurer en l'aire du prieur, qu'ils partageraient entre eux les prémices des bestiaux, pois, laines, chanvre et lins, de manière à ce que le prieur eut deux parts et le curé la troisième ;
%^ Qu'en ce qui toucherait les novales et exemples , le curé en prendrait les dîmes depuis l'hôtel du Barreau jusqu'au moulin du tertre d'Yvorie, et depuis ce chemin, en tirant droit auxSars, jusqu'au moulin d'Yvorie Bn reyenanl à l'hôtel des Benoit, à la Massonniére et audit lieu du Barreau, et que le prieur aurait la dime des autres novales et exemples faits en la paroisse Saint-Thomas, que quand il y aurait chanterie de mortuailles à messe à note, le prieur dirait ou ferait dire Tune de ces messes, et que, luand il y aurait service de décédés , il serait appelé à faire ce service , que le curé prendrait toutes les oblations qui seraient faites auxdits jours de mortuailles et de chanteries sans que le prieur y puisse rien prétendre , et que toutes les autres oblations faites en l'église seraient partagées en trois parts lont deux pour le prieur et une pour le curé ;
3^ Que le jour de Pâques fleuries , le prieur conduirait la procession dulit lieu de Saint-Thomas au cimetière et à la croix, exposerait ou ferait îxposer le saint évangile suivant la coutume, au retour ferait l'office de ittolite portas et dirait la grand'messe, si bon lui plaisait, et au cas où il le le voudrait pas , serait tenu de l'annoncer avant la procession au curé m à son chapelain , afin que l'un ou l'autre eussent le temps de se préparer à cet effet. -^ Archives du Mans.
Jehan Bourré, curé de Saint-Thomas. — Le 6 février U81, toujours K>us l'épiscopat du cardinal LaBalue, (4) qui avait certainement bien peu
(1) Cardinal La Balub. — Cet é^êque d'Angers, né en Poitou en 1431, sut capter le» bonnes grflcesde Lonis XI, devint éféque, aumônier du roi, intendant des Finances, et mi pendant plusieurs années toute Fautorité d'un ministre. Un peu plus tard, il fut élevé
i78 LA FLECHE ET SES SEIGNEURS.
le temps de s'occuper de son diocèse, il se fit un appointement (decntum edictum) entre le môme prieur, André Le Normand, et M« Jehan Bourré, curé de Saint-Thomas , pour le partage des oblations faites dans l'église, pour le droit de porter le Saint-Sacrement à la procession de la Féte-Diea et pour la dîme du jardin de la maison de Beaumont. Cette maison n'arait pas encore été donnée aux Cordeliers par le seigneur de La Flèche , René d'Alençon. Le résultat fut que le 17 avril U82 , il fut décidé que la dîme du jardin de Beaumont resterait au prieur, que , pour le droit de porter le Saint-Sacrement , le prieur et le curé le porteraient sur le cou en ime châsse, que seulement le prieur prendrait le bout qui lui conviendrait, soit en avant soit en arrière, et que s'il n'y en avait qu'un à le porter, ce serait toujours le prieur qui jouirait de cet honneur; que, quant aux trentaines (30 messes) et annuels faits et dits à note dans l'église , ils seraient dits par le curé, à moins que les fidèles ne désirassent que ce fut le prieur luimôme , auquel, sans que le curé pût s'y opposer, le salaire reviendrait. — Archives du Mans.
Les droits accordés au prieurs de Saint-Thomas par les premiers seigneurs de La Flèche sur les moulins, consistaient à prendre tous les dix jours , suivant le titre primordial , pendant un jour, les droits et émolaments de ces moulins et la pèche qui s'y faisait à la porte ou écluse près de la porte.
F. Hugues Vauduché, prieur. — Ce mode de perception de revenu sur ces moulins devint toujours de plus en plus impraticable. F. Hugues Vauduché, membre de l'abbaye de Saint-Aubin , s'entendit avec le seigneur moyennant une rente de deux setiers de froment, trois setiers de seigle, un quarteron d'anguilles à la Saint-André ou 45 sols tournois. De ces conventions fut dressé un acte par M« Martineau, notaire à La Flèche, le S6
à U dignité de cardinaL Mais, par auite de ses intrigues, il perdit la faveur d*an roi qui ne pardonnait pas qu'on agît soit en dehors, soit contre ses vues et ses projets, et futeofermë pendant onze années dans une cage en fer. Mis en liberté après la mort de Louis II, il mourut en Italie en 1491.
(2) CheffeeierfœdiluusJ^iehikn^usé, curé de La Flèche, avait le titre de cheffecier de ConàL Le cheffecier était l'officier de Tégiise qui avait soin des cires et des chapes. Boileau écrit dans son lutrin chevécier :
« Et son rare savoir de simple marguillicr « L*éleva par degrés au rang de chevécier. *
Navales (novalia). Dimes que les curés ou autres ecclésiastiques avaient coutume de lerer sur les terres qui ont été défrichées depuis un certain temps.
Impius hœc tam culta novama miles habebit.
Virgile.
Le berger voit avec douleur qu'un soldat impitoyable viendra s'emparer du fonds qu'il a cultivé et défriché avec tant de soin.
Dans ce pays de landes, alors non cultivées et qui se défrichôrent succcssiremeot, ces dîmes pouvaient avoir de l'importance.
février 1485. Ce traité , quelques temps après, fut confirmé par frère Hugues Grandéche, prieur de Saint-Thomas. (1)
F. Hugues Grandèche, prieur. — Par les libéralités soit des seigneurs soit des particuliers, le prieur de Saint-Thomas tenait, ainsi que ses religieux , une grande place à La Flèche; il était à la tête du clergé par ses prîTiléges, et, d'ailleurs, comme base de son importance, il avait pour la soutenir celle de Tabbaye de Saint-Aubin , Tune des mieux dotées de la province d'Anjou. Tous les détails que nous venons de donner, soit d'après les archives du Mans, soit d'après les notes de M. PouUain ou autres renseignements, précisent parfaitement les rapports constants de la paroisse et dn prieuré.
Nous voyons dans l'aveu rendu au roi de Sicile et de Jérusalem , duc d'Anjou , en 4453, par Jean, duc d'Alençon et seigneur de La Flèche, que la coutume (2) des foires de Saint-Barthélémy (Notre-Dame-des-Vertus) est commune entre le prieur de Saint-Thomas et le seigneur par moitié, et que le prieur prend aussi, le 40™ jour de l'an, toutes les coutumes des denrées passant par la ville, et, ce même jour, le profit des moulins dudit seigneur, situés en la rivière du Loir, près de son château de La Flèche. — Chartrier de M. Gouin d'Ambrières.
F. Pierre Le Gay, prieur de La Flèche, — Le môme seigneur de La Flèche, René, duc d'Alençon, fils de Jean II, donna, le 26 février 4490 (Archives du Mans), une charte très-favorable aux intérêts du prieur. Elle était octroyée à Pierre Le Gay, cellerier de l'Abbaye de Saint-Aubin et prieur de Saint-Thomas , et confirmait tous les privilèges accordés par ses prédécesseurs.
Cette charte accordait :
4 <" Le dixième des profits et revenus des moulins de La Flèche et des pêcheries des portes desdits moulins ;
2« Le dixième de la prévôté dudit seigneur pour en jouir, ledit prieur, chaque dixième jour de l'an sans réserve.
De plus , le prieur se trouvant privé de certaines dîmes ou oblations par suite de la fondation , nouvellement faite par le duc , d'un couvent de Saint- François, de La Flèche, ce prince, tenant d'ailleurs à avoir droit aux prières de ce prieuré , lui accorda de prendre , le dixième jour de l'an , la totalité, au lieu du dixième qu'il possédait précédemment, des profits et revenus des grands moulins à blé de La Flèche, appelés moulins Le Roy, et de la pêcherie desdits moulins, et, ce même jour, tout le revenu de sa
(1) Sur la liste des notaires que nous possédons, nous trouvons un M« Martineau qui commença h exercer en 1594. H est probable que celui qui dressa l'acte de 1485 était un parent; c*est certainement le plus ancien connu à La Flèche.
(2) Par le mot coutume, on entend, dans les coutumes de Tours , du Loudunois et autres les redefances en blé , vins et autres denrées. — Dictionnaire de Richelet.
prévôté de La Flèche tant des denrées passant par le corps de la ville, que toutes autres denrées au dedans de ladite ville et des quatre barres , (1) ^^ des étalages tant des halles que autrement , avec la moitié des confiscations ou forfaitures. Ces concessions furent faites sans diminution des deux joan de foire où le prieur avait coutume d'avoir et de prendre tout le droit de prévôté et étalage en ladite ville de La Flèche , aux jours de Saint-Barthélémy et de Saint-Thomas. En outre, pour plus grande récompense, le duc a fait remise au prieur et à ses successeurs d'un septier de seigle de rente dà par le prieuré à sa recette de La Flèche le jour de TAngevine, et de 4 sols 6 deniers tournois sur les 5 sous de service d'un chacun an , au jour de Noël, à cause du droit d'usage qu'il possède dans la forêt du Mélinais pour chauffage et réparation de ses bâtiments , lequel droit est confirmé par le seigneur, qui se réserve seulement 6 deniers tournois de devoir, (2) payables chaque année audit terme de Noël à sa recelte de La Flèche. Le dnc René donna le droit de faire paître (en paisson) en ses deffais de Mozay (3) et de Douvereau jusqu'à concurrence de 20 porcs appartenant soit au prieuré soit à sa métairie de Saint-Barthélémy (N.-D.-des-Vertus).
En raison de l'accroissement de la population , on dut supprimer le cimetière, qui, suivant l'usage, entourait une partie de l'église de Saint- Thomas , pour le placer dans le lieu où on le voit encore aujourd'hui.
Il est fait mention de ce nouveau cimetière dans la charte de fondation du couvent des Cordeliers , par le duc d'Alençon. Les habitants se cotisèrent pour subvenir aux frais de clôture.
Déjà des écoles avaient été établies pour l'éducation des enfants des deux sexes. En U90, les prieurs de Saint-Thomas étaient en possession de surveiller exclusivement la nomination des chefs de ces établissements. Quelques personnes voulurent troubler le prieur Pierre Legay dans l'exercice de ce droit. Mais celui-ci, ayant invoqué le suffrage des habitants œi paroissiens (suivant la dénomination de l'époque) fut maintenu dans ce droit tenant si intimement à son ministère.
Simon, moine de Saint- Aubin, prieur, et Jean Beaufils, archiprêtre. — En 1506, l'église de La Flèche était gouvernée par Simon, dixième prieur de Saint-Thomas , moine de l'abbaye de Saint-Aubin , et par Jean
(1) Barre de palais (curiœ repagulaj. Barre où se met le premier huissier do Parlement et où se font les adjudications des biens saisis réellement. — Richclet.
Ducange obserre dans ses notes sur les établissements de saint Louis que le mot bam est pris pour siège de justice.
Par le mot barres on entend certainement ici les fermetures de la ville, au dedans des quatre barres ; elles étaient au nombre de quatre.
(3) Deroir de vassal à son seigneur.
(3) Deffais veut dire en terme féodal pêcheries. — Richclet.
Il est probable qu'il s*agit ici de marais desséchés dans l'intérieur des bois ou anciens étangs fertiles en herbe et pouvant dtre pâturés.
Beautils, archiprêlre de cette ville. Le 45 mai 4506, Michel Merlet, habitant de La Flèche, requit M« Michel Durand, prêtre, (4) notaire de la Cour de M* Beaufils , archiprétre, de rédiger son testament. L'acte, reçu en présence de deux autres prêtres , fut homologué « par le grand vicaire pour € les choses spiritudles et temporelles du Révérend Père en Dieu Mgr Fran- € çois de Rohan, par la miséricorde divine, archevêque et comte de Lyon, € priniat des Gaules et étêque d'Angers »
« Je veux et ordonne , quand il plaira à Dieu que je passe de ce siècle en c l'autre, mon corps soit ensépulturé en ladite église de Saint-Thomas de « La Flèche près les fonts et devers la grande porte.... »
Le même fonde une basse messe au grand autel de l'église tous les jeudis de Tannée, en Thonneur du saint sacrement de l'Eucharistie. Quant aux dettes , il charge les prêtres de les acquitter sur la simple déclaration des créanciers.
« Item, je veux et ordonne que mes dettes soient payées à chacun de « mes créanciers, et s'il y a aucuns ou aucunes qui désirent et maintien- « nent qu'il leur soict dû auculnes debtes , qu'ils soient payés et contentés « par ainsi qu'ils rapportent par serment sur le précieux corps de Jésus- € Christ la debte leur être due loyaument. y^
Ce testataire ajoute :
« Je ne dois rien au sieur Blanche , ce nonobstant , je veux croire au « serment ledit Blanche, sur le vray fust de la croix de monsieur sainct < Laud , à Angers. »
On se souvient que Louis XI jurait toujours sur la croix de Saint-Laud.
Tous les ans , aux principales fêtes de Notre-Dame , dit une pièce de 4444, les moines de Saint-Thomas se rendaient en procession à leur ancienne chapelle de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont. Plusieurs personnes choisirent cette chapelle pour le lieu de leur sépulture, et le clergé, moyennant 40 sols, y chantait le Libéra sur la fosse des trépassés.
Cet oratoire était toujours desservi par les Bénédictins de Saint-Aubin.
En 4509, un prêtre de la paroisse de Sainte-Colombe, nommé Simon Bourré, fonda une chapelle ou chapellenie de Notre-Dame-du-Chef-du- Pont à l'autel Sainte-Anne « par le pouvoir, permission et congé du Révérend Pèr^ en Dieu Mgr d'Angers. »
Le chapelain , qui était à la présentation alternative des prieurs de Saint- Thomas et de Sainte-Colombe, devait chaque semaine célébrer deux messes
(1) Au Mans , lus notaires apostoliques , institués par rëvéque et attachés à la eour de son oiHcialité, formaient, au ziii»« siècle, avec les avocats et procureurs attachés aa même tribunal, une confrérie sous le patronage de sainte Catherine. Leurs fonctions principales consistaient à rédiger les actes émanés de l'autorité ecclésiastique , les contrats ayant pour objet les fondations religieuses, les donations en faveur des pauvres, des églises, des m(H nastères, etc.
basses, dont Tune le samedi, et Tautre à volonté. Cette fondation pour laquelle Simon Bourré assigna des rentes sur une maison de La Flèche et sur des immeubles en Sainte-Colombe , fut peu de temps après autorisée par Mgr de Rohan.
45 août 4507. Aveu du prieur Simon à la duchesse d'Alençon pour les biens temporels de son prieuré de Saint-Thomas , € à très haulte et très « puissante princesse , très honorée dame, M"»» Marguerite de Lorraine, € duchesse d'Alençon , princesse du Perche, vicomtesse de Beaumont et de « la Guerche, ayant la garde et le gouvernement de très haut et très puis- « sant prince et redoutable seigneur, Mgr Charles, duc d'Alençon, pair de € France , son fils , au regard de la baronie , terre et seigneurie de La € Flèche, dépendant du duché de Beaumont.... ma maison du prieuré, « pressoir, cour et jardin , le tout en un tenant , clos de murailles , conte- « nant un journal de terre environ , joignant d'un côté au chemin (ni ha- « bité ni pavé) tendant du pilori au port de cette ville , et d'autre côté à la « maison et au jardin de la cure, abutte d'un bout à l'église paroissiale et € d'autre bout au port — Le pré aux Moines, de 48 hommées, commune « de Sainte-Colombe — Le pré de la Durandière , de 7 hommées , même « commune — Une pièce de vigne de 4 0 quartiers appelée le Verger — « 45 quartiers de vignes nommés les Mottes-Bretteaux — La chapelle, « domaine et métairie, vulgairement appelés Saint-Barlhelémy, composés « de plusieurs choses , près le grand cimetière , la pièce d'entre les Moutiers € de 8 journaux , près le grand cimetière ; une pièce , de l'autre côté dudit € cimetière, de 4 3 journaux — La pièce du 6ué-de-Verron , de U jour- € naux — La dîme des profits et revenus des moulins Le-Roy et des pé- « chéries adjacentes — Le dixième des droits sur les marchandises qui « entrent à La Flèche , et les droits entiers sur les marchandises des foires « de Saint-Barlhélemy et de la Saint-Thomas — Droit de bois mort et de € mort bois pour chauffage , et bois de charpente pour les réparations du « prieuré, dans la forêt du MéHuais, après qu'il aura été marqué par les € officiers du seigneur, et droit de mettre ses porcs dans ladite forêt jus- « qu'au nombre de 20, et dans les deffais de Mozé. Le tout à la charge de « 6 deniers au seigneur et le divin service. »
Cimetière. — En 4525, l'assemblée générale des paroissiens de La Flèche décida la clôture entière du nouveau cimetière où l'on enterrait déjà depuis près de 50 ans. Le cimetière autour de Saint-Thomas , et particulièrement sur l'emplacement appelé plus tard le Pilori et maintenant place Henri IV, fut abandonné vers 4480 ou 4485. Chacun y apporta son offrande en argent ou en corvées; on dressa, à ce sujet, un acte sous seing-privé, où il fut indiqué que la clôture serait complète et terminée en suivant ce qu'en avaient fait construire feu Louis Taritay ou Tiratay et sa femme Perrine Hermon. Le nom de Tiratay est encore assez commun dans la contrée.
Cette clôture ne coûta que 86 livres, bien qu'il y eut à élever 265 toises de maçonnerie.
Guillaume Righer, archiprétre, curé, — En 4532, le lieutenant du sénéchal d'Anjou au siège de Baugé rendit une sentence sur un procès intenté par Guillaume Richer, curé de Saint-Thomas, contre les Cordeliers, en raison d'une sépulture que ces religieux avaient faite à son préjudice.
Le 25 février, sous le ministère de ce curé de La Flèche , M. Le Royer, bailli de la ville, dicta son testament à M« Martineau, notaire ; outre le don de plusieurs immeubles à la Fabrique de La Flèche, M. Le Royer fonda deux chapelles ou chapellenies en l'église paroissiale. La première, chargée de deux messes , le lundi et le vendredi de chaque semaine , « à l'autel de € Notre-Dame de monsieur Saint-Thomas de la ville de La Flèche. » La seconde aussi chargée de deux messes en la chapelle de Saint-Claude à Saint-Thomas (laquelle se nommait chapelle de Notre-Dame-de-Pitié).
4r Je élis ma sépulture en l'église de M. Saint-Thomas , devant l'autel « Notre-Dame, où mes père et mère ont été inhumés. »
Il fonda de plus une messe à note et donna 10 livres pour aider à payer ce qui était dû pour la grosse cloche. (4)
F. Jean Roirand, prieur. — Simon eut pour successeur frère Jean Roirand , onzième prieur. Ce fut vers ce même temps que Mgr Gui , évoque de Rennes, commissaire adhoc de Mgr Bouveri, évèque d'Angers, fit, le 4 avril 4551, « la dédicace et consécration du grand autel de l'église de « Saint-Thomas de La Flèche et des autels Saint-Laurent (depuis Sainte- « Chantai) et du Saint-Nom-de-Jésus (depuis Saint-Nicolas). » De cette cérémonie fut dressé acte par M« Bertrand de Lépinay, prêtre, notaire apostolique , selon l'ordre du roi , en présence de M» Nicole Corbin , docteur en droit, de Pierre Le Breton, procureur de ladite église, de Florimond de Marsollier, licencié, avec un nombre compétent de prêtres de l'église.
En 4557, la dame veuve Richer fit son testament par devant M" de la Roche , notaire à La Flèche ; elle y faisait des fondations de messes et demandait à être enterrée dans l'église Saint-Thomas, où reposaient ses père et mère.
Le prieuré en commende, — Guillaume Boureau, prieur, \^ prieur comme^ida taire, — A la mort du prieur Roirand, le prieuré de Saint- Thomas fut réduit en commande et conféré à M« Guillaume Boureau, 42"» prieur et 1«' commendataire de Saint-Thomas, résidant à Paris, près l'église collégiale du Grès. Cet ecclésiastique séculier était déjà pourvu d'autres bénéfices.
11 ne parut jamais à La Flèche , mais envoya en mars 1 557 un pouvoir de
(1) La famille Le Royer do la Motte occupe encore à Tëglise de St-Tlionias le même banc qai appartenait à leurs ancêtres au xy* siècle.
vendre un journal et demi de terre, partie de la pièce du cimetière, poor subvenir au paiement d*un écu et demi auquel l'avaient taxé, sur son prieuré de Saint-Thomas , les députés du clergé d'Anjou. Il s'agissait de subvenir en cette occasion au payement d'une taxe sur le clergé imposée par le roi de France avec une autorisation de la Cour de Rome.
En 4 581 , la peste sévit à La Flèche et continua ses ravages pendant le cours de 4 années ; une congrégation de Saint-Sébastien se forma pour conjurer le fléau. Les messes et ofiices de la confrérie furent célébrées jusqu'en 1790. Supprimée à cette époque , on n'en avait retenu qu'un salut avec procession du Saint -Sacrement à l'intérieur de l'église.
Abel Cochet, prieur commendataire, — M« Boureau eut pour successeur Abel Cochet, 43"^ prieur et 2"^ commendataire. Il eut des discussions avec le curé de Saint-Germain-du-Val , René Morand , au sujet de dîmes, en 1587. M« Cochet renonça à cette dîme moyennant 80 livres de rente, payables à Noël de chaque année. Le curé de Saint-Germain , se refusant plus tard à payer celte rente, s'y trouva contraint par sentence de juge sons le successeur d'Abel Cochet, M« Bertrand Le Prévost, 14»* prieur, 3"» commendataire, chanoine de Notre-Dame de Paris, demeurant au cloître dndit lieu , titulaire du prieuré de Saint-Thomas , membre de l'abbaye de Saint- Aubin.
Bertrand Le Prévost, /<"• prieur, œmmendataire, — L'absence continuelle du prieur, abbé commendataire, apportèrent beaucoup de relâchement parmi les moines du prieuré de La Flèche. Le monastère de Saint- Aubin et le prieur continuèrent à toucher les revenus de ce prieuré; mais la paroisse ne fut plus administrée que par des prêtres séculiers restés attachés à sa desserte par l'autorité de l'évoque. Le curé, archiprétre de La Flèche, ne jouissait que d'une faible portion du revenu de l'église, appelée « portion congrue , » que payait l'abbé de Saint-Aubin , en sa qualité de gros décimateur.
Ce fut à peu près vers cette époque que Henri IV envoya, pour être placée plus tard dans la chapelle du collège, une statuette de la Vierge, d\ie de Notre-Dame-de-Montaigu. Quelques vieillards se rappellent d'avoir entendu raconter à leurs ancêtres qu'au jour de la réception de cette statuette à La Flèche , elle fut pompeusement reçue aux portes de la ville par tout le clergé séculier et régulier de la ville et des environs, et, d'abord, déposée dans l'église de Sainte-Colombe. Elle fut ensuite transportée, non dans la chapelle du collège, qui n'était pas encore bâtie, mais dans la salle qui en tenait lieu alors , précédée d'une procession dont la longueur comprenait tout le chemin qu'elle avait à parcourir.
Sauvée du désastre au moment de la Révolution, cet objet, précieux par les souvenirs qu'il rappelle, est maintenant placé dans l'église paroissiale de Saint-Thomas.
M. Bertrand Le Prévost était donc, en 4606, pourvu du bénéfice du prieuré; il afferma le temporel pour 300 livres.
« Peu d'années après, dit M. Poullain, mourut à La Flèche Catherine « Foussard, épouse de Guillaume Fouquet de la Varenne. Son testament « est daté du 2 octobre 4608. Elle fonda trois services annuels pendant « lesquels devaient être chantés, au chœur de Téglise de Saint-Thomas, « Credo quod redemptor meus et les réponds , versets et oraisons , Deits € veniœ largitor et fidelium Dem , et aussi la grosse cloche tirée et fait
< sonner 42 coups avec intervalle entre eux au nom des douze articles de € la Foi , et à ce qu'il n'y ait confusion en la distribution de la somme de « 30 livres , prix desdits services , demeurera d'icelle à ladite Fabrique la € somme de 9 livres fournissant sans fraude par ledit procureur d'icelle c trois cierges pendant lesdicts services , les plus beaux et les plus riches € ornements tant à l'autel, pupitre, que sur le corps de la défuncte, avec « chappe, chasuble et vestemens pour les prêtres, diacres, soubs-diacres « et claustral , avec don à la Fabrique des parts et portions afférentes à « ceux qui sont absens desdits services et pour ce quelques années avant « ledict testament , ladicte défuncte dame de la Varenne saisit et donne à « ladicte Fabrique une grande boëte d'argent relevée de belles figures pesant « 5 livres 4/2 et une once, et laquelle est placée à présent au trésor de « ladicte Fabrique pour mettre et tenir le grand nombre des hosties très « sacrées aux grandes fêtes dont le peuple communie pour la plupart. Pour « mémoire d'un tel bienfait, il sera chanté au chœur à perpétuité dans
< ladicte église au retour des processions parochiales , comme l'on a fait € depuis le don de la belle boëte, Tantum ergo sacramentum par trois fois € par tous les prêtres présents, debout et tenus non assis, sinon à genoux, « puis par le prêtre qui dira la grand'messe, chantera l'oraison propre, le € verset préalablement dit. »
Ce testament de M""" de la Varenne fut ratifié par acte du seigneur son mari , le 9 septembre 4609, en présence des fabriciens et de M. Le Sourd, curé de La Flèche.
H. Poullain commet une erreur au sujet de la mort de Catherine Foussard, première femme.de Guillaume Fouquet. En 4606, ce seigneur était déjà remarié à Jeanne de Poix^ ainsi que le constate l'acte de mariage de René de la Varenne. Seulement, le testament de Catherine Foussard a pu n'être ratifié que plus tard et seulement le 9 septembre 4609; car nous avons eu entre les mains un acte du 20 juillet de la même année , dans lequel il est rappelé que , par son testament , Catherine Foussard fonde deux chapelles dans l'église des Récollets. Ce bienfait nous fixe à peu près sur l'époque de la mort de Catherine Foussard. Les Récollets , par suite de circonstances dont nous aurons à parler, remplacèrent les Cordeliers en 4604 ; or elle a fondé deux chapelles dans l'église des Récollets; elle était morte en 4606.
Donc ce décès ne peut avoir eu lieu que de 1604 à 1606; el très-probablement en 1604 , M. Fouqaet de la Varenne étant déjà remarié en 1606.
A l'époque du concile de Trente, la jouissance du prieuré de Saint- Thomas de La Flèche appartenait encore à M* Bertrand Le Prévost. Ce concile avait ordonné que dans chaque province, il serait établi un ou deux séminaires où Ton recevrait des jeunes gens nés en légitime mariage et qui se destineraient à Tétat ecclésiastiique. Ceux d'entre eux qui se trouvaient hors d'état de payer pension devaient être élevés gratuitement et entretenus au moyen de contributions levées sur les bénéfices des diocèses, sans qu'aucun Ordre pût être dispensé de cette charge, à Texception des Ordres mendiants et celui de Malte. L'évéque, assisté de deux chanoines, devait faire la répartition de cet impôt.
L'abbaye de Saint-Aubin d'Angers, après avoir adopté la réforme de Saint-Maur, occupa exclusivement ses religieux à l'étude des hautes sciences, des lettres et des antiquités religieuses, bien négligées depuis longues années. Les réguliers furent donc retirés des bénéfices à charge d'âmes. Déjà l'abbé de Saint-Aubin avait laissé occuper les bâtiments do prieuré par des prêtres séculiers. Comme de l'absence continuelle des prieurs commendataires surgissait des difficultés inextricables, cet abbé renonça en faveur de M. Bertrand Le Prévost et de ses successeurs à toutes ses anciennes prétentions sur le prieuré de La Flèche, moyennant la cession, en toute propriété, de la métairie de la Chévrière, près de la ville. Il ne réserva à son monastère que le droit de présentation à la cure de Saint-Thomas et une rente appelée le gros. Elle était de 50 sols par an, et fut régulièrement payée à l'abbaye jusqu'en 1790.
En suivant l'écrit de M. Poullain, nous pouvons nous rendre compte de^ changements successivement opérés dans l'église de Saint-Thomas.
Le maître-autel , nous dit-il, était toujours resté placé au rond-point de l'abside ; à la suite d'un sanctuaire assez restreint se trouvaient les stalles des anciens Bénédictins, occupées depuis leur départ par les prêtres de la paroisse. M. Pierre Jouye des Roches, riclie habitant de La Flèche, el Demoiselle Françoise de la Porte, sa femme, firent construire à leurs frais, en 1613, une tribune pour y placer un orgue et un jubé pour la prédication et le chant des leçons de Toffice du matin les jours de grande solennité. Ce jubé fut d'abord placé près des stalles , non loin de l'endroit occupé par les pupitres. Au bout de quelques temps, le curé, tout le clergé, avec le maire, les échevins et les notables , désirant agrandir le sanctuaire et rapprocher le prédicateur de son auditoire , s'entendirent avec M. Jouye des Roches, afin de transporter le jubé et la stalle sous l'arcade du crucifix; toutefois, celui-ci ne se prêta â cet arrangement, du 5 février 1624, que moyennant la concession d'une place devant l'autel de Notre-Dame. A cette oc-c^ision, ce bienfaiteur donna deux pièces de tapisserie du prix de 500 livres pour
être étendue les jours de fêtes sur les murs de la nef. L'une représentait la Cène et l'autre le martyre de Tapôtre Saint Pierre. M. Duplessis, pour participer aux prières qui se faisaient dans l'église, fonda, par contrat du 20 arril, 10 livres de rente pour aider à l'entretien des orgues et à payer les gages de l'organiste. Une autre personne avait fait une fondation de 45 livi-es pour faire célébrer, entre la première messe et la grande, une messe votive en l'honneur de la Très-Sainte Trinité.
Outre le chœur et le sanctuaire, l'église de Saint-Thomas ne se composait que de la nef et des deux transepts avec deux petites chapelles. L'une située du côté de Saint-Sébastien , la seconde , sous le vocable de Saint- Antoine, près l'autel de Notre-Dame. L'église devenait insuffisante en raison de l'augmentation de la population à laquelle avait largement contribué la fondation du collège des Jésuites et la suite des seigneurs qui résidaient désormais dans le château bâti par la Varenne. L'un des marguilliers , Etienne Guillemin, huissier audiencier à l'élection de La Flèche, se résolut à agrandir l'église du côté du Pilori. Ce nouveau bâtiment fut prolongé jusqu'au bas de l'ancien édifice, et forme la contre-nef du nord, surmontée de trois pignons aigus. Dans son procès-verbal de février 4626, Etienne Guillemin représenta au maire , aux échevins et aux paroissiens qu'en sa qualité de procureur et receveur de la boëte des trépassés en l'église Saint- Thomas, il avait ménagé les deniers de ladite boëte, en sorte que les deniers des services déduits , il avait tous les ans un certain boni. Il proposa avec ce boni , celui qu'il pourrait encore amasser pendant 7 années, et le surplus qu'il offrait de payer de ses deniers pour élever une chapelle près de l'autel de Notre-Dame , en place de celle de Saint-Antoine , aussi grande que la chapelle parallèle. Il voulait, disait-il, faire à cette construction deux arcs, l'un à côté de ladite église, l'autre du côté de l'autel Saint- Crépin et Saint-Laurent (depuis Sainte-Chantal), pour l'utilité des paroissiens qui ne pouvaient pas assister à l'ofllce divin, faute de place, aux jours solennels. Le maire accepta les offres de ce marguillier et lui permit de prendre le sable nécessaire sur la place du Pilori, qui n'était pas encore pavée, à la charge d'unir ensuite le terrain. Etienne Guillemin fit un marché à forfait avec un charpentier et un tailleur de pierres. Ces derniers s'engagèrent à fournir les matériaux de toute espèce et à construire, moyennant 1075 livres, la chapelle, depuis du Sacré-Cœur, avec le vitrail audessus de l'autel. Ils s'obligèrent ensuite à placer dans la croisée « une borf dure de verre peinte en mosaïque ou guillochin, au bas des panneaux, « des tètes et ornements de morts, à faire une niche au dehors de l'église € pour y placer les images de Notre-Seigneur et de Saint Thomas, enfin < de transporter la chaire du prédicateur dans le pilier dudit arc avec une « vis rampante de bois de noyer. » La première pierre de celte chapelle fut posée, le 22 avril 1626, par Mgr René de la Varenne. Il voulut payer le
vitrail de Tautel , qui fut dédié à Sainte Catherine, patronne de son épouf*. Le même autel eut plus tard Sainte Anne pour patronne et fut ensuite coqsacré au cœur de Jésus-Christ.
Olivier Aubert, pour être enterré dans l'église de Notre-Dame-du-Chefdu-Pont, donna 42 livres de rente avec fondation de messes. Il donna â l'église de Saint-Thomas une pièce de tapisserie de 200 livres. Il ajouta 5 livres 40 sous de rente pour diverses prières.
Ce ne fut qu'après le départ définitif des moines de Saint-Aubia que les curés de Saint-Thomas purent tranquillement gouverner leur paroisse.
Jean Le Sourd, archiprêtre. — Le premier curé qui jouit de ce bien réel avantage fut M. Jean Le Sourd , né au commencement da siècle , et le cinquième dont le nom est venu jusqu*à nous.
François Le Sourd, curé archiprêtre. — Il eut pour successeur son frère, François Le Sourd (septième curé), fils de Jean Le Sourd et de Renée Richer, qui mourut le 20 juillet 4631 et fut inhumé dans l'église Saint- Thomas, près le pilier en face de la porte nord donnant sur le Pilori, à côté de Jérôme Le Sourd , son autre frère , qui y avait été placé le 4 4 septembre 464 4 . On voit aussi , incrustée dans ce pilier, l'épitaphe de ces deux personnages, à côté de celle des deux dames Nadereau, pour lesquelles la Fabrique avait à acquitter des prières de fondation.
M. Bertrand Le Prévost était encore pourvu du prieuré en commende au mois de septembre 4620. Il soutint à cette époque un procès à Paris contre René Fouquet, marquis de la Varenne, pour s'opposer à des usurpations faites au pré des Moines , dépendant du prieuré. Il eut pour successeur noble personne M^ Louis de Guyard, Z^™* prietir, commendataire de Saint- Thomas, chanoine de l'Eglise de Paris, Celui-ci afferma le temporel de son bénéfice en 4633.
Louis de Guyard, prieur commendataire. — L'année suivante , le religieux sacristain de l'abbaye de Saint-Aubin vendit une rente qui lui restait sur le prieuré de Saint-Thomas. Les receveurs de cette abbaye renouvelèrent le bail du gros réservé par l'abbé sur ce prieuré.
M. Jacques Jouye, seigneur de la Rélenuère, conseiller du roi, élu en l'élection de La Flèche , était alors procureur de la Fabrique ; il rendit les plus grands services à Saint-Thomas par l'exactitude qu'il exigea pour le paiement de toutes les fondations et honoraires. L'honoraire d'une messe était alors de 7 à 8 sols.
La confrérie du Saint-Sacrement, établie dès 4645 avec la sanction de Paul V, était très-nombreuse et comptait parmi ses membres la noblesse, les magistrats et les fonctionnaires publics. Il en fut ainsi jusqu'à la fin da xviip» siècle.
Le pilori était alors couvert d'herbe ou de sable. Un marché s'y établit. La Fabrique , pour augmenter ses revenus , fit construire des boutiques
PRIEURÉ ET CURE DE SAmT-THOMAS. 289
entre les piliers de l'église paroissiale; elles se louaient de 5 à 6 livres» elles disparurent successivement; nous avons encore vu les dernières existantes.
Les maires et échevins de La Flèche s'occupaient avec le plus grand soin des affaires de l'église. Cette gestion en était naturellement gratuite pour les tabriciens , qui considéraient ce titre comme trésrhonorable. Le compte des deniers de la Fabrique était rendu chaque année. Les délibérations étaient homologuées par le président de cette assemblée. Les émoluments des divers ofTiciers de l'église , l'acquit des messes de fondation à la charge de la confrérie élevaient la dépense annuelle à la somme de 600 livres.
En 4646, M. Jouye des Roches, maire de la ville, fonda une rente de 400 livres pour l'entretien d'un chantre dans l'église paroissiale. II donna, en outre , 600 livres à l'église en demandant à être enterré à côté de son épouse.
Il se trouvait à La Flèche 26 prêtres habitués; M. Jacques Jouye, seigneur de la Reténuére, chercha à en diminuer le nombre, qui fut réduit à douze ; il engagea ceux qui furent écartés du service paroissial à se pourvoir ailleurs d'une manière plus fructueuse pour eux et pour la cause religieuse , et de ne pas se borner à attendre des intérim.
Nous avons parlé du petit collège ; l'abbé Bourdoise donna le règlement.
Ce fat dans ce temps que mourut en odeur de sainteté un élève du collège des Jésuites, nommé Guillaume Rufin, de Laval. Il fut enterré avec une grande solennité près de l'un des piliers intérieurs au bas du côté droit de Téglise Saint-Thomas. On avait placé une plaque de cuivre où étaient gravés son nom , la date de son trépas , avec un éloge de sa sainte vie.
Pierre de Grave, /ô"» prieur, commendataire. 1678. — II eut quelques différents avec M« Pierre Hamelin , 7"»« curé.
Henri d'Arnoy de Poussan, licencié en Sorbonne, /7"« prieu/r.
Pierre Hahelin, 8"* curé. — - Frère du précédent, s'intitulait cure primitif et dédmateur, vicaire perpétuel du prieur.
Pierre Le Noir des Ormeaux, 9"« curé. — Sieur de la Cochetière, conseiller-clerc au présidial de La Flèche. Il appartenait à une vieille famille de La Flèche, alliée avec les plus connues du pays. Il épousa Renée des Champs, fille d'Adam des Champs, et en eut huit enfants. Devenu veuf, il se fit prêtre et devint, en 1701, curé de La Flèche.
Les Le Noir de la Cochetière portent : d'argent aux trois têtes de Maure de sable, tortillées d'or, posées de deux et une; leur devise est : Nomine niger, corde candidus.
Il s'éleva de nouvelles difficultés avec le prieur, M® de Poussan, qui afferma enfin toutes ses prétentions aux revenus du prieuré pour 500 fr. de rente annuelle. Ce fut ce prieur qui fit à Louis XIV la déclaration féodale où figure encore sous le nom de Saint'-Barthélemy la chapelle qui prit
bientôt celui de Notre-Dame-des-Vertus. Ce fut encore M. d'Amoy de Poussan qui Tendit, moyennant une rente annuelle de 60 livres , la maison, cour et jardin de son prieuré, aux sœurs de Saint-Joseph , pour être annexés à l'hôpital fondé par M. Jérôme Le Royer de la Dauversière.
En 4654, fut passé l'acte de consentement pour obtenir de Tévêque d'Angers l'homologation du contrat d'acquêt de la maison presbytérale de Saint- Thomas par les mômes sœurs hospitalières de Saint-Joseph, entre M« Blicbel Hamelin, curé de la paroisse de Saint-Thomas, et noble homme René Le Royer, sieur de Boistaillé , conseiller au présidial , Jérôme Le Royer, sieur de la Dauversière , administrateurs du bien des pauvres dudit hôpital et lesdi tes filles hospitalières avec le consentement des maire, échevins et habitants de La Flèche, pour la somme de 6,000 livres.
En 4696, M« Pierre Jouye, sieur des Roches, conseiller du roi en l'élection du Mans, vendit sa maison , située sur la place du Pilori, pour le prix de 4,400 livres, à M. Charles Le Noir, curé, pour servir de presbytère.
La perception des dîmes de son bénéfice donna encore de graves embarras à M. d'Arnoy de Poussan. Il fut obligé de faire des restitutions à M« Pierre Gaignard , dixième curé , vicaire perpétuel du prieur de La Flèche , et de défendre ses droits contre dame Françoise-Philiberte de Froulay-Tessé, veuve de messire Claude II Fouquet, marquis de la Varenne, conseiller du roi , lieutenant-général au gouvernement d'Anjou , baron et seigneur de La Flèche. Il fallut un arrêt du Parlement pour forcer cette dame à payer, comme par le passé , au prieur de Saint-Thomas , l'ancienne rente de deax setiers de froment, trois de seigle, et un quart d'anguilles au jour de Saint-André, au lieu du droit de pèche dans le Loir.
Ce qui vient nous affirmer que cette dame jouissait au moim de la seigneurie de La Flèche comme douaire viager. Le titre suivant nous prouve que le partage du marquisat de la Varenne et de la seigneurie de La Flèche comprise dans ce même marquisat n'était pas effectué entre les héritiers de la maison de Champagne. Nous l'inscrivons ici pour faire suite à ce qae nous avons dit livre 4«% chapitre 3"®, page 76.
Titre nouvel de plusieurs rentes en argent et en nature assignées sur les dépendances du château de La Flèche, notamment une rente de 6 boisseaux de seigle et de 80 jaillards de vin blanc sur la terre des Sars , chaque jaillard valant une pinte, le tout mesure de La Flèche, consenti par Julien Le Royer, huissier audiencier de la mairie de La Flèche , au nom et comme procureur spécial de Messire César-Gabriel , comte de Choiseul , mestre de camp du régiment de Conti-cavalerie, et de dame Marie de Champagne, son épouse, ainsi que de Messire Le Tellier, comte d'Estrées , maréchal des camps et armées du roi, et de dame Anne-Catherine de Champagne, seules héritières de Messire René-Brandelys de Champagne, chevalier, marquis de Villaines , leur père , liéritier lui-même de Messire Anonyme (sic), mar-
quis (le la Varenne , son cousin , seigneur propriétaire du château de la Varenne , et engagiste de la baronie de La Flèche. 1740.
Ce messire , Anonyme , était le fils de Claude II , mort après son père, et de Françoise-Philiberte de Froullay-Tessé, qui jouissait encore évidemment, en 4740, de l'héritage de son fils. Nous pensons que les titres se renouvelaient au nom des héritiers du fond , jusqu'à l'époque de la mort de cette dame, qui décéda très-probablement à Paris.
M» Gaignard, yo«°« curé. — M« Gaignard était né à La Flèche le 16 décembre 1 664 ; la cure de La Flèche lui avait été résignée par M« Le Noir de la Cochetière.
Le bénéfice de la chapelle St-Blaise, au Petit-Ruigné , en Sainte-Colombe , devait à la cure et à la Fabrique de Saint-Thomas deux setiers de seigle.
Si nous plaçons ici le récit du terrible orage qui fit tant de mal à notre ville le 18 décembre 1725, c'est que ce fut l'église de Saint-Thomas qui, de tous les monuments de la ville, fut la plus maltraitée. Elle y perdit son beau clocher, qui ne put être relevé que plus de cent années après. Ce même jour, à onze heures du matin , une épouvantable tempête éclata sur la ville et sur les campagnes environnantes. Rien ne put résister à la force des vents déchaînés. L'église de Saint-Thomas, le couvent des Carmes, le château de la Varenne furent horriblement maltraités. Il ne resta presque plus d'ardoises aux toits de ces édifices. En rase campagne, les plus gros arbres furent tordus , brisés et déracinés. Plusieurs fléchois furent blessés et un nommé Dubreuil fut tué. Enfin , la belle flèche en pierre de l'église de Saint-Tliomas s'écroula avec un fracas épouvantable. Elle était haute de 80 pieds. La pointe de l'aiguille, taillée à jour, avait été revêtue en plomb vers 4648 par M. de la Rétenuère, procureur de la Fabrique; cette opération avait coûté 465 livres. On vit avec effroi le clocher se détacher de sa base et s'élever dans les airs , ballotté par l'orage. Il resta quelques secondes sur le chœur de l'église et tomba ensuite à 40 pieds de distance sur une maison située derrière l'abside. M. Louis de Vives, capitaine d'artillerie, descendant d'une vieille famille de Guise, fut tué dans son lit. Il avait épousé, en 1700, la sœur du curé Gaignard. Ce vénérable prêtre s'occupa , quelques mois après , avec le maire et les adjoints de la ville , de la réparation du clocher dans ce qui pouvait être fait. On ne pouvait songer à le rétablir dans son état primitif avec les statues et les dorures dont la flèche était ornée. On couvrit la base du clocher avec une charpente. Les marguilliers firent refondre les deux cloches pour remplacer celles que l'orage avait brisées.
Cette dépense coûta 1500 livres; il fallut refaire la toiture de la chapelle du Saint-Nom-de-Jésus (depuis de Saint-Nicolas); mais la voûte, faute de ressources, ne put être reconstruite. En 1736^ les recettes et les dépenses de la Fabrique montaient à 2000 livres.
En 1740, les paroissiens voulurent obliger le prieur décimateur à faire
toutes les réparations. Il s'y refusa. En 4744, cependant, il fit faire à l'orgue des réparations dont le prix monta à 2340 livres. Toutefois, l'avis de la communauté des avocats-procureurs, au sujet des réparations de l'église , avait été que suivant l'article 24 de l'Edit de 4695, concernant la juridiction ecclésiastique , le décimateur n'était pas obligé à rétablir le clocher abattu par l'ouragan.
Le curé, M« Gaignard, mourut le 6 février 4744 ou 4742, dit Burbure, dont les dates sont souvent douteuses , à l'âge de 77 ans. Et nous en donnons ici la preuve : car Burbure, le faisant naître (p. 435) le 46 décembre 4634 à La Flèche, le fait mourir à 444 ans, en 4742.
M<> Gaignard était issu d'une famille distinguée dans la robe. Il fut d'abord précepteur d'un petit-neveu du cardinal de Richelieu, et, quoique placé à la source des grâces , il se contenta de la cure de La Flèche. De grands honneurs lui furent rendus. Les Jésuites , qui n'assistaient jamais aux cérémonies funèbres, parurent à ses obsèques, voulant témoigner ainsi de l'estime particulière qu'ils portaient à ce digne ecclésiastique. Les Carmes seuls s'abstinrent , retenus par la rigueur de leurs statuts.
Jean de la Barre, //"• curé, — Jean de la Barre, prêtre habitué de la paroisse depuis plusieurs années , succéda à M® Gaignard.
M« Georges de Mathefelon , /7"« prieur, commendataire. — Messire Georges de Mathefelon était prêtre licencié en Sorbonne et demeurait au grand séminaire de Saint-Sulpice , à Paris.
Charles-Louis de Montagne , /8"« prieur. — Charles-Louis de Montagne, docteur en Sorbonne, était directeur de Saint-Sulpice. Ce prieur reçut plus tard « titre nouvel de la rente de bled et anguilles due au sieur « prieur par très haut et très puissant seigneur. Monseigneur César- « Gabriel de Choiseul , duc de Praslin , pair de France, chevalier des Ordres « du roy, seigneur de Charzy, Giry, Toizy-la-Rivière , La Flèche, Saint- « Roman et autres lieux , lieutenant de Sa Majesté en ses armées et de la « province de Bretagne, cy-devant ambassadeur près Leurs Majestés Im- « périales, ministre secrétaire d'Etat, ayant le département des affaires « étrangères, chef du conseil des Finances, et très haute et très puissante « dame Marie de Champagne , ducliesse de Praslin. » Tels étaient alors les titres des seigneurs de La Flèche à cette époque.
Les procureurs de la Fabrique au xviii™ siècle furent M. de la Reténuére — 4728, M. Robert Couallier, sieur des Huberdières, avocat en la sénéchaussée — 4736, Marie-Julien Gérez de la Motte, conseiller du roi, officier en l'élection de La Flèche — 4738, François Richer, sieur des Pins, avocat au présidial — 4747, M» Gabriel Houssaye , avocat au présidial — M» Jean-François Blondeau > avocat en la sénéchaussée , et M« Joubert licen* Clé es lois, procureur au siège présidial. Ce fut après ce dernier quOi ver» 4775, les procureurs de la Fabrique furent payés.
Nous n'avons pas parlé d'un second cimetière qui avait été béni solennellement le 47 mai 1664 par l'évëque Arnauld. Il était destiné uniquement aux petits enfants et était situé sur une partie du port actuel. C'était, jus- ' qu'en 4747, et depuis l'origine de la ville, une grève à fleur d'eau où venaient s'amarrer les bateaux qui apportaient à La Flèche des matériaux , des bois de construction ou autres marchandises. Ce cimetière fut supprimé en 4782.
En 4749, la Fabrique créa un office d'huissier ou bedeau, devant suivre ou précéder le curé dans les cérémonies religieuses ; il fut vêtu d'une robe i rabat et portait à la main une masse d'argent.
Un arrêt du roi décida que le procureur de la Fabrique ne pouvait, sans autorisation, faire une dépense de plus de 400 livres. Pour une dépense de 500 livres^ il devait prendre avis du maire, des échevins, du curé et du plus ancien fabricier. Pour toutes les sommes excédantes , il était ordonné qu'il en serait délibéré dans une assemblée générale des paroissiens , laquelle était composée du maire , des échevins représentant le corps des margnilliers, du curé, des fabriciens anciens et actuels et, après eux, sans distinction aucune de rang, de tous les gentilshommes, officiers de justice, notables, bourgeois, principaux marchands ou artisans payant au moins 40 livres de taille , qui voudraient s'y présenter en personne et y donner leurs suffrages.
L'arrêt est contre-signe Charles-Pierre Savalette, chevalier, seigneur de Magnanville, Soindres, Flacourt, Boinvilliers et autres lieux , conseiller du roi en ses conseils, maître des requêtes ordinaires en son hôtel, intendant de Justice, Police et Finances en la généralité de Tours.
Ceci avait trait à une affaire de bancs de l'église, qui prit assez de gravité pour être portée, en 4754, devant le conseil du roi. Le procès-verbal des plaintes des officiers de l'Hôtel de Ville , d'une part; d'autre part, des sieurs de la Rue , Le Bret , de Bascardon , de Bordeaux , de Vaux , de Coutances et autres habitants notables sur les contestations qui s'étaient élevées entre eux à l'occasion de la reconstruction des bancs à l'église paroissiale de Saint-Thomas; ce procès- verbal , disons-nous, fut dressé devant le sieur de Pamay, subdélégué de l'intendant de Tours.
Les communautés des divers états avaient reçu communication du projet de reconstruction des bancs; car nous voyons dans l'un de leurs procèsverbaux (celui des avocats-procureurs) qu'ils y donnent leur consentement à condition qu'il leur en soit réservé un pour leur compagnie , décent , convenable , comme serait celui du onzième ou douzième rang du côté de la table de la communion , à prendre depuis la grande allée jusqu'au mur de Téglise ou jusque sous l'arcade, sauf rétribution convenable.
L'arrêt fut signifié aux opposants sus-dits à la reconstruction des bancs de l'église.
L'imprimé sortait des presses de Louis de la Fosse , alors seul imprimeur du roi à La Flèche. (4)
En 4756 , on enleva du fond de l'abside le maître-autel de l'église; il y avait près de huit siècles que les Bénédictins l'y avaient placé. On construisit un autel à la romaine entre les deux piliers du clocher où était alors le lutrin. Les stalles des Bénédictins furent enlevées de leurs anciennes places sous la voûte et rangées dans l'endroit où étaient l'autel et le sanctuaire avant ce changement. Enfin on sépara l'enceinte du nouveau chœur par une grille de huit pieds de hauteur , par imitation de celle qui ornait alors le sanctuaire de l'église cathédrale d'Angers. Les armoiries du roi, de Vendôme et autres devaient être placées auprès du tabernacle. C'est ce que nous apprend un arrêt du conseil du roi de 4624 , ordonnant au sieur
(1) Par deux arrêtés, du 21 jmllet 1704 et 31 mars 1739, les rois Louis XIV et Louis XV ont fixé à un le nombre des imprimeurs.
Nous rencontrons ici Toccasion d'insérer une intéressante note relative aux imprimeurs de La Flèche. C'est, du reste, un devoir dont nous avons à nous acquitter Tis-i-vis de M. Besnier, notre zélé collaborateur, et de son beau-père, M. Jourdain, fondateur de VEeho du Loir.
Après la mort de Robert d'Arbrissel , fondateur de Fontevranlt , son successeur s'adressa à Baudry ou Baldéric, né k Meung-sur-Loir, abbé de Bourgueil , évoque de I)ol en 1107 et mort en 1131, k l'Age de 84 ans, pour le prier d'écrire la vie du saint religieux. Ce chroniqueur, connu déjà par ses œuvres, y consentit. Elle fut imprimée à La Flèche en 1641.
1575. — René Troismailles, le premier que nous connaissions.
1605-14. — René Jacques, imprimeur du roi.
1619. — Chappelet , Sébastien , fils de Claude Chappelet, libraire, juré à Paris en 1588, et de Marie Nivelle. Il est probable qu'il était simplement libraire, comme son père; cependant il édita ou fit imprimer plusieurs ouvrages remarquables, qui l'ont fait distinguer des autres libraires de son temps. Il avait pour marque un chapelet ou rosaire , faisant aUnsion à son nom, avec ces mots : « Cœloque rosaria fiweni, » Il alla s'établir à Paris, où il fut syndic des libraires de 1630 à 1632.
1617-29. — Hébert, Louis ou Pierre, imprimeur-libraire ; son fils, Etienne Hébert, fut reçu libraire à Paris le l*' décembre 1633.
1615-67. — Griveau , Georges , imprimeur ordinaire du roi et du collège royal.
1668. — Veuve Georges Griveau.
1624-27. — Laboe , Gervais , imprimeur-libraire.
1636. — Guiot.
1667. — Anonyme.
1677-1715. — Laboe, Jacques, imprimeur-libraire, petit-fils de Gervais.
1684-97. — Griveau , N***, fils de Georges Griveau.
1723-53. — Ilovius , N'^^, imprimeur ordinaire du roi et du collège royal.
1738. — De la Fosse , Eustache , imprimeur du collège royal.
1758-79. — De la Fosse, Louis, fils du précédent.
1759. — Hovius, veuve de Louis.
1805. - Royer, N**^.