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CAPUCINS

M. Jouy des Roches, conseiller à Télection de La Flèche, fut autorisé par lettres patentes de Louis XIII à faire l'acquisition de quatorze jardins et de deux maisons pour rétablissement des Capucins, en 1635. Ce fut la province des capucins de Touraine qui paya cette acquisition. Le P. Jérôme, de La Flèche , était alors provincial.

La première pierre de l'église fut posée par Pierre de Rueil , évéque d'Angers, en 4635, (1) et son successeur, Henri Arnauld, en fit la consécration les août 4669 sous l'invocation de Sainte- Anne. Le tableau du maitre-autel représentait Abraham, sous le costume d'un turc, sacrifiant son fils, la Sainte-Vierge se présentant au Temple, et Saint-François, faisant parallèle à la Sainte- Vierge et présentant tout son ordre. Ce tableau avait été peint de 4636 à 4637. Nous ne connaissons pas l'auteur de cette bisarre conception.

En 4656, les aipuciiis de Bretagne remplacèrent à La Flèche ceux de Touraine ; ce changement ne se fit pas sans une certaine opposition. Avaiton reconnu que ces derniers avaient pris trop d'attache à leur fondation et au pays lui-même?

Le plus grand nombre des religieux dans cette communauté a été de 48, savoir : 4 4 prêtres , 3 clercs et 4 frères.

La boiserie de la chapelle de la Sainte- Vierge fut exécutée, en 474S, par un sculpteur de La Flèche, nommé Urson, très-pauvre, et le même qui a sculpté celle des Récollets.

Le tableau de cette chapelle représentait Notre-Seigneur tenant des flèches et des verges, symboles de son courroux dirigé sur l'Univers repré- MDté par un globe. La Sainte-Vierge cherchait à le désarmer en lui présentant une foule de capucins.

En 4740, le P. Thimothée, fils d'un nommé Péchard, apothicaire à La Flèche, fut fait évéque de Béryte et consulteur de la congrégation des Rites de la Propagande à Rome. Il avait été appelé par le général de l'Ordre, remplit des missions délicates , fut également agréable au roi et au pape et mérita la dignité d'évêque in partibus qui lui fut conférée. Il revint demeurer dans le couvent des capucins de La Flèche et il choisit pour sa demeure habituelle l'infirmerie , qu'il fit arranger. Par ses soins , le chœur fut boisé et les tableaux restaurés.

Ces tableaux, et la majeure partie de ceux du collège, ont été peints par on nommé Besnard , artiste très-pauvre , originaire de Malicorne et fixé à La Flèche.

(1) M. Poulain dit que d'après délégation de l'évèque d'Angers, Pierre de Rneil, la première pierre du couvent des eapucins fut posée le 3 août 1636 par M. Fermian, secrétaire du roi.

Le P. Péchard, persécuté par les Jansénistes, se réfugia auprès des religieuses du Refuge, (4) dont il connaissait la supérieure, puis se fixa à Nantes , où se trouvaient deux communautés de son ordre. Il y mourat à 80 ans, en 4744.

On admirait dans le réfectoire deux tableaux de prix ; Tun représentait la vision du prophète Ezéchiel , autrement le jugement dernier, peint en 4669, et l'autre la naissance du Sauveur. Le premier avait été donné pour prix de seconde à M. de Kerbabut, le second à M. de Beguegnon, aussi comme prix : tous les deux étaient pensionnaires au collège de La Flèche et en avaient gratifié les Pères Capucins.

Le même réfectoire renfermait quelques portraits des grands personnages de l'Ordre, parmi lesquels celui du frère Ange de Joyeuse, immortalisé par ce vers :

11 prit , quitta , reprit la cuirasse et la haire ;

et du P. André, connu au xvii"« siècle par ses sermons et honoré de la protection du cardinal de Richelieu.

Comme le P. Péchard, évèque in partibiLS, le P. Laville de Gouriacy, issu d'une famille distinguée de Bretagne, dépensait au profit de cette communauté le revenu assez considérable qu'il recevait annuellement

Le P. Gallois était recommandable par son mérite personnel et par ses connaissances étendues. Il était frère d'un avocat du roi très-distingué an siège présidial de La Flèche. On distinguait aussi les deux Jouye, fils d'un charpentier, mais tenant néanmoins à l'une des meilleures maisons de la ville.

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