‹ Histoire de La Flèche et de ses seigneursChapitre 16 sur 251 · L. ET 4. DE BEAU6ENGY. i · texte numérisé non relu

L. ET 4. DE BEAU6ENGY. i

Les détails que nous donnons seulement en note sur la maison de Beaugeocy, indiquent surabondamment les rapports de celui-ci qui en était le chef, avec les comtes d'Anjou et du Maine, gendre de l'un, beau-frère de l'autre, apparaissant comme témoin dans des actes importants de concession et de fondation ; il est évident que Lancelin î^y seigneur de Beaugency, avait autorité dans ces provinces : et il nous semble que nous sommes suffisamment appuyé par les chartes et les faits pour dire qu'il était possesseur; car, surtout alors, personne n'avait au^ori^^, s'il n'y ^\aii possession. M. de Burbure nous dit dans son Histoire de La Flèche, utile, mais pleine d'errev/rSy que Lancelin déclara la guerre à Guillaume de Preuilly, comte de Vendôme, le vainquit et ne lui rendit la liberté qu'à la condition que tous les cadets nobles du comté de Vendôme posséderaient en propriété et non en usufruit seulement, les biens dont ils hériteraient, et que les procès de quelqu'importance du Vendàmois seraient portés par appel à Baugé, ville dépendante de l'Anjou et qui avait été fortifiée par Foulques- Nerra.

Il ajoute que quelques historiens (Trouillard, entre autres, dans ses mémoires sur les comtes du Maine) ont appelé à tort Lancelin de Beaugency Lancelin de Baugé. De cette condition d'appel à Baugé, il parait ensuite tirer cette conclusion : « Nous savons même que La Flèche était possédée, « vers l'an 4050, par Lancelin de Beaugency. » Il nous paraîtrait naturel qu'un Lancelin de Baugé , vainqueur, ait imposé une pareille condition , mais pourquoi Lancelin de Baugency? Nous nous permettrions de dire qu'une première erreur de nom en a fait commettre une seconde, si on ne lisait dans les mémoires du chantre de l'église de Vendôme : « et c'est la € raison pour laquelle les cas royaux duVendômois vont encore aujourd*huy c à Baugé. » De plus, nous lisons dans un mémoire sur l'Anjou , de Miroménil (4699) : « La juridiction de la Sénéchaussée de Baugé s'étendait au- € trefois dans le Vendàmois, mais depuis que Vendôme a été érigé en duché- € pairie, on a ôté la justice ordinaire aux officiers de Baugé, et on leur a c attribt^ seulement la connaissance des cas royaux. »

Fa noblez chevaUer et d'OUenois noaris.

Sire fa d'ane ville qui ot Don Baagensis , Sagez fa et soutes etc. . . {Hugues Capet, ven 48}. L*Oilenoi8 est aujourd'hui rOrléanais.

La seigneurie de Beaugency, d*où sortent les seigneurs de La Flèche, fut vendue par Raoul m au mois de mars 1291, au roi Philippe-le-Bel, pour cinq milles livres et quatre cents livres de pension pendant sa vie , se réservant quelques-unes des terres qui en dépendaient; après avoir été plusieurs, fais vendue, donnée ou engagée, elle fut enûn érigée en c(Mnté en faveur d'Henriette de Balsac , marquise de Verneuil , qui eut pour héritier de ses droits Henri de Bourbon, duc de Verneuil, qu'elle avait eu d'Henri IV; vendue ensuite an maréchal de La Ferté, elle fut enfin réuaio au duché d'Orléans.

Les armoiries des seigneurs de Beaugency furent : échiqueté d'or et d'argent à la face dt gneules.

En tous cas, quelle que soit la raison du fait qui précède, ce n'est pas Lancelin de Beaugency, père de Jean de La Flèche, qui a fait la guerre à Geoffroy (et non Guillaume) de Preuilly, ce ne peut être que son fils aîné et héritier Lancelin. On lit, en effet, dans les mémoires du chantre de Téglise de Vendôme : « estant en guerre en 4090 avec Lancelin, seigneur « de Baugé (sic), il (G. de Preuilly) il fut fait prisonnier,., etc. »

Ce Geoffroy de Preuilly, comte de Vendôme, qui se croisa et vivait encore en 1134, était le petit-fils de ce seigneur auquel est dû Tusage des tournois : « hic Gauffridus de Prulliaco torneanienta i^ivenit. » (Chronique de Saint-Martin de Tours, Ménage). La note où se trouve les détails sur la maison de Beaugency indique que ces seigneurs avaient des droits et des possessions jusque dans la ville de Vendôme ou au moins les faubourgs. Il serait donc tout simple de penser que les procès en appel auraient pu par la volonté du vainqueur être portés à Beaugency, BalgentiacurHy à la Cour du seigneur et non à Bauge. Nous savons, par ce qui précède, qu'il en fut cependant ainsi, mais plus tard peut-être et par suite d'autres circonstances.

Nous n'exprimons ici qu'une opinion, qui se trouverait peut-être victorieusement combattue, si nous avions entre les mains la charte de l'abbaye de Vendôme dans laquelle Hugues de Cleers, en iU6, est signalé comme sénéchal de La Flèche et de Baugé, Dapifer Fissœ et Balgiaci.

Une charte de 988 nous indique qu'à cette époque Lancelin de Beaugency était déjà arrivé à l'âge d'homme. Le vicomte de Blois , Robert , avait été le restaurateur de l'abbaye d'Evron ; par une charte datée de Paris, en 988, il fit restituer à cette abbaye une partie de ses propriétés. Cette charte signée par Hugues Capet l'est aussi par Landry ou Lancelin de Beaugency, qiii apparaissant, en 988, dans une charte signée par le roi de France, les comtes de Blois, le vicomte de Châteaudun, Fulbert des Roches, Rotroch le Normand et Kamald , devait avoir déjà de 25 à 30 ans. Nous devons croire que ce Landry ou Lancelin est Landry-Sobre dont le fils Lancelin devint le premier seigneur de La Flèche. (Notice historique sur Evron, pag. 127), Lancelin de Beaugency vivait donc vers Tan 1000 (Art de vérifier les dates). On le voit apparaître dans différentes chartes, en 1033, en 1040 el en 1050. Puis aucune trace de lui depuis 1051. Il est donc probable qu'il mourut de 1051 à 1060. Jean, son fils cadet, défendait son château de La Flèche en 1064 contre le comte d'Anjou. Est-ce par Lancelin /«•• ou par Jean^ son fik, que ce château a été bâti? Le premier tenait-il cette seigneurie du chef de sa femme Paule, fille d'Herbert-Eveille-Chien, comte du Maine? Le second, Jean, ne pouvait-il pas, lui, l'avoir reçue de sa femme nommée aussi Paule, fille d'Hugues II, beau-frère de Lancelin, et par conséquent nièce de la mère de son mari : car en parlant des trois filles d'Hugues II, comte du Maine, Orderic Vital dit : « Tertia rero Johanni, Domini Castri « quod Flecchia dicifnr, nupsit. »

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